Compost et Semis Direct : Un Guide Complet pour un Jardin Prospère

Le compostage et le semis direct sont des pratiques fondamentales pour tout jardinier soucieux de la santé de son sol et de la vigueur de ses plantes. Ces méthodes écologiques permettent non seulement de valoriser les déchets organiques, mais aussi d'enrichir durablement la terre, favorisant ainsi une croissance optimale des cultures. Cet article explore en profondeur le rôle du compost dans le fonctionnement du sol, les différentes manières de l'utiliser pour les plantations et l'entretien, ainsi que les techniques de semis direct, y compris le compostage de surface.

Le Rôle Essentiel du Compost dans la Vie du Sol

Le sol est bien plus qu'un simple support pour les plantes ; c'est un écosystème vivant, la partie animée de la croûte terrestre, peuplée par une grande diversité de micro-organismes. Du point de vue agronomique, un bon sol doit être constitué d’au moins 3% à 5% de matière organique (dépendant du type de sol et de sa teneur en argile), ce qui équivaut au taux d’humus, la couche supérieure du sol qui grouille d'activité biologique. Certaines prairies en très bon état auront un taux plus élevé, tandis que les monocultures céréalières alimentées en intrants chimiques présenteront des taux bien inférieurs. Un sol en bonne santé est nécessairement riche en matière organique et surtout riche de vie, comme le décrit si bien Peter Wohlleben dans La vie secrète des arbres : « Une poignée de terre forestière contient plus d’organismes vivants qu’il y a d’êtres humains sur Terre. Une cuillère à café contient déjà à elle seule un kilomètre de filaments de champignons. Tous ces organismes ont une action sur le sol ; ils le modifient, l’amendent, lui donnent sa valeur pour les arbres. »

Schéma de la vie du sol avec différents organismes

Le compost apporte de la matière organique au sol. La matière organique se dégrade d’abord lors du compostage, qui la transforme en eau, en gaz, en chaleur, en minéraux et en compost (matière organique humifiée, au sens chimique). C’est une première étape de biodégradation de la matière. Le compost agit ensuite comme l’humus : il stocke le résidu de matière organique, d’eau et de nutriments qui n’ont pas été totalement décomposés lors du compostage et libère progressivement tous ces éléments dans le sol une fois épandu, plus lentement. C’est la minéralisation ou transformation finale de la matière organique en éléments minéraux et inorganiques qui deviennent de nouveau disponibles pour les plantes. C’est pourquoi un sol perd naturellement de la matière organique au fil du temps. Cette perte doit être compensée par de nouveaux apports, sous forme de compost, de fumier ou de paillis de végétaux (feuilles, branches…). Il faut des milliers d’années pour créer naturellement quelques centimètres de sol de surface en bonne santé, où les échanges entre le sol et la plante s’équilibrent. Si une prairie était laissée totalement libre d’activité humaine, elle finirait par (re)devenir forêt, dans peut-être mille ou deux mille ans. « Le sol crée son propre climat. » Le compost ne va pas restaurer les forêts primaires, certes, mais il participe à la régénération des sols et à les laisser jouer leur rôle de puits de carbone.

Qu'est-ce que le Compost et Pourquoi est-il Bénéfique ?

Le compost est un matériau organique décomposé, obtenu à partir de la transformation naturelle des déchets organiques par des micro-organismes, des champignons et parfois des lombrics. Le compost est composé de déchets d’origine végétale et/ou animale qui vont fermenter de manière naturelle, bien qu'il faille éviter d'intégrer trop de déchets d'origine animale car ils fournissent surtout de l’azote organique. Il s’agit d’un amendement organique utilisé pour améliorer la structure et les qualités microbiologiques du sol. Le compost peut également servir de terreau pour les plantes en pot, mais il ne faut pas planter directement la plante dans le compost, mais plutôt dans un mélange enrichi avec des minéraux complémentaires, car la minéralisation n’est sinon pas suffisamment rapide pour satisfaire les besoins des plantes dans un petit volume.

Le compost est une véritable bombe nutritive pour vos plantes. Riche en azote, phosphore, potassium et oligo-éléments, il fournit aux racines tout ce dont elles ont besoin pour un développement optimal. Ces nutriments sont libérés progressivement dans la terre, ce qui nourrit vos plantes de manière continue. C’est un atout précieux pour aider vos semis à germer rapidement et à croître sans carence. De plus, le compost améliore la structure du sol en l’allégeant et en favorisant l’aération. Les racines de vos jeunes pousses y trouvent ainsi plus facilement l’eau et l’oxygène dont elles ont besoin pour bien se développer. Enfin, un sol riche en compost possède une meilleure capacité de rétention d’eau, ce qui réduit la fréquence d'arrosage.

Microorganismes utiles pour les plantes et le sol (Résumé)

Faire son Compost : Méthodes et Matières

Le compost est le produit issu de la fermentation aérobie naturelle de déchets biodégradables, principalement d’origine végétale, issus du jardin ou de la maison. L’intérêt du compost est multiple : il permet de recycler des déchets biodégradables, d’enrichir le sol de manière écologique et de limiter l’utilisation d’engrais chimiques. Il augmente la cohésion des sols légers et sableux et allège les sols lourds et argileux, tout en augmentant la capacité de rétention d’eau et des éléments fertilisants. Il favorise l’activité de la microfaune et microflore du sol et permet de recycler ses déchets organiques ménagers et du jardin.

Organisation du Compostage

Il existe plusieurs façons d'organiser son compost :

  • Compostage en tas : C’est la technique la plus simple pour les jardins. Les matières à composter sont placées directement sur le sol afin de former un tas d’une hauteur allant de 0,5 m à 1,5 m. Ce tas doit être placé dans un endroit plutôt ombragé, bien à l’abri des vents desséchants et du détrempage dû à la pluie.
  • Compostage en bac : Vous pouvez fabriquer un bac avec quelques planches ou rondins, ou en acheter un. Privilégiez un composteur qui s’ouvre totalement sur une face pour retourner les déchets et vider le compost facilement. Couvrir le composteur et le placer dans un endroit ombragé, à l’abri des vents desséchants et de la pluie. Un composteur permet de maintenir une chaleur régulière et de protéger votre compost des intempéries ou des animaux indésirables.
  • Compost en appartement (lombricompostage) : Le compostage en appartement fait appel à des vers, connu sous le nom de lombricompostage. Cette pratique se fait grâce à la superposition de plateaux munis de trous : le lombricomposteur. Les déchets de cuisine (épluchures, marc de café, sachets de thé, carton, papier, …) sont dégradés par des micro-organismes, puis des vers de compostage. Le lombricomposteur doit être placé dans une pièce aérée, une cave, ou sur un balcon, dans un environnement avec une température ambiante comprise entre 15°C et 25°C.

Types de Matières à Composter

Pour fabriquer un compost équilibré, il est essentiel de bien doser deux types de matières : les « verts » (riches en azote) et les « bruns » (riches en carbone).

  • Matières vertes (matières humides, azotées) : Épluchures de fruits et légumes, marc de café, sachets de thé, pain, restes alimentaires cuits, coquilles d’œufs broyées, feuilles vertes, tonte fraîche d’herbe, plantes, etc. Ces matières apportent l’humidité et les nutriments nécessaires aux micro-organismes.
  • Matières brunes (matières sèches, carbonées) : Feuilles mortes, tailles de haies, petites branches broyées, herbes sèches, coquilles de noix, papiers, carton non imprimé, paille, sciure ou copeaux de bois non traités, etc. Les « bruns » améliorent la structure du compost, évitent qu’il ne devienne trop compact et permettent à l’air de circuler plus librement.

Pour un compost de qualité, visez un ratio d’environ deux tiers de « bruns » pour un tiers de « verts ». Si votre compost est trop humide et dégage une odeur désagréable, ajoutez plus de « bruns ». S’il est trop sec ou se décompose lentement, incorporez davantage de « verts ».

Déchets à éviter :

Tous les déchets organiques ne sont pas bons à mettre dans votre compost. Certains risquent d’attirer des nuisibles ou de dégager de fortes odeurs, tandis que d’autres peuvent contaminer votre tas ou ralentir la décomposition :

  • Viandes et produits laitiers : Ils attirent rapidement les mouches, rongeurs et autres indésirables, et peuvent émettre de mauvaises odeurs.
  • Huiles, graisses et sauces : Difficiles à décomposer, elles peuvent enrober les autres matières et perturber l’oxygénation du compost.
  • Plantes malades ou invasives : Risque de propager des champignons ou des parasites.
  • Déchets traités chimiquement : Restes de bois peint ou verni, cendres de charbon, litières d’animaux domestiques ayant reçu des traitements antiparasitaires.
  • Coquillages, charbon de bois, litières, matières plastiques.

Les trois règles d'or du compostage :

  1. Étaler et mélanger : Alterner matières sèches (1/2 à 3/4) et matières humides (1/4 à 1/2), sans apporter un même matériau en trop grande quantité. Les éléments riches en azote (fumier, plantes fermentées…) activent le processus de compostage.
  2. Vérifier l’humidité : Le compost doit toujours être légèrement humide, mais jamais détrempé. Si le compost est trop sec, ajoutez de l’eau. S’il est trop humide, étalez-le pour que le surplus d’eau s’évacue ou ajoutez des matières sèches.
  3. Aérer et décompacter : Mélanger les matières sèches et humides régulièrement, soit par brassage, soit par retournement à l’aide d’une fourche, toutes les 2 à 3 semaines. Cela introduira l’oxygène nécessaire aux micro-organismes et accélérera la décomposition. Un compost bien décomposé est une matière relativement sèche, friable, qui ne présente aucune odeur nauséabonde. Une mauvaise odeur révèle un problème de fermentation ; il faut dans ce cas aérer le compost, voire ajouter des matières sèches.

Illustration des étapes de la fabrication d'un compost

Maturation du Compost : Jeune, Mûr ou Trop Décomposé

La maturité du compost est un critère capital. Un compost immature peut contenir des résidus organiques en décomposition, produisant de la chaleur et des substances pouvant brûler les racines des plantes. Un compost demi-mûr est déjà décomposé mais on distingue encore la forme des végétaux. Lorsqu’on le manipule à la fourche, il se tient en galette. Dans cet état, il peut être utilisé en paillage de sol au pied des arbustes ou en couverture de sol nu après récolte à l’automne.

Le compost mûr prend l’aspect d’un matériau sombre, meuble, et sans odeur désagréable. Il dégage une odeur agréable de terre fraîche et humide. Il doit être prélevé dans la partie basse du composteur, la plus décomposée, et cela peut prendre entre 6 et 9 mois, selon le type de déchets et la température. Si vous doutez de la maturité de votre compost, laissez-le reposer quelques semaines supplémentaires ou testez-le en y faisant germer des graines (par exemple, du cresson ou des radis).

Utilisation du Compost dans le Jardin

Le potager est évidemment l’endroit où l’utilisation du compost est pertinente. En semis, en rempotage ou en surface en entretien, le compost est un amendement polyvalent.

Utiliser le Compost lors des Plantations

Le compost mûr peut être apporté en surface et mélangé avec les 5 à 10 premiers centimètres du sol lors des plantations (et surtout ne pas enfouir le compost au fond du trou) :

  • Légumes exigeants (tomates, courges, artichauts…) : 2 à 3 kg par plante
  • Légumes moins exigeants (carotte, haricot, persil, pois…) : 1 à 2 kg par plante
  • Plantes vivaces : 0,5 à 1 kg par plante
  • Arbustes et rosiers : 3 à 6 kg par arbuste
  • Arbres fruitiers ou d’ornement : 8 à 10 kg par arbre
  • Création de pelouse : 2 à 3 kg / m2 avant de semer

Pour la plantation d’arbres, arbustes, rosiers, vous pouvez ajouter à la terre extraite 10 à 20% de compost, mélanger de façon homogène et utiliser ce mélange pour reboucher le trou de plantation. Dans le cas des plantations en racines nues, la technique du pralinage est très efficace. Elle consiste à tremper les racines nues dans un mélange d’eau, de compost mur et de terre fine de façon à former une boue qui adhère aux racines, favorisant la reprise.

Attention à utiliser un compost bien mûr, de couleur sombre, bien homogène et peu odorant.

Utiliser le Compost en Entretien

Si l'utilisation du compost est bien connue en création des semis ou en entretien du potager, il constitue un très bon engrais pour le gazon, les arbustes et arbres fruitiers ou non. Le compost permet d’entretenir la terre, notamment les terres pauvres en humus ou celle du potager très sollicitée par les cultures exigeantes qui exportent une bonne partie de la biomasse produite par le sol. Le compost est toujours à utiliser en surface, après récolte à la fin de l’été ou début d'automne, ou en fin d’hiver :

  • Plantes vivaces : entre 1 et 2 kg / m2 tous les 2 ans
  • Arbres et arbustes : entre 1 et 2 kg / m2 tous les 3 à 4 ans
  • Arbres fruitiers : 3 kg / m2 tous les 2 ans, en automne
  • Arbustes fruitiers (fraisiers, framboisiers…) : 3 à 5 kg / m2 par an
  • Pelouse : 0,5 kg / m2 tous les 3 à 4 ans

Attention à ne pas trop abuser du compost ! Utilisé en excès, un compost nutritif et bien gras issu de matière organique riche en azote peut libérer des nitrates dont les plantes se nourrissent à outrance, favorisant leur vulnérabilité vis-à-vis des maladies et des ravageurs. De même que l’utilisation excessive d’un compost plus fibreux et riche en carbone, bon pour structurer plus durablement le sol mais plus pauvre en azote, pourrait freiner la croissance des plantes à court terme.

Utiliser le Compost pour la Création d’un Jardin

Avant de créer un jardin, il est nécessaire de connaître la nature et la qualité du sol. Pour les sols pauvres en humus, comme c’est souvent le cas dans les villes où la terre de remblais a chassé la terre végétale d'origine, il sera nécessaire d’amender le sol avec du compost, pendant plusieurs années :

  • 15 kg / m2 lors de la création du jardin sur un terrain très pauvre
  • puis 10 kg / m2 par an pendant 2 ou 3 ans (avec des apports en automne et au printemps)

Pour les terres pauvres en argile comme les terres sableuses ou les terres limoneuses, les proportions indiquées dans les utilisations du compost pour les plantations et pour l’entretien peuvent être augmentées d’un tiers, mais pas plus.

Utiliser le Compost pour les Plantes d’Intérieur

Pour les plantes d’intérieur, le compost bien mûr peut s’utiliser en surface, en remplaçant par du compost les 2 à 3 centimètres de la couche supérieure du pot, dépendant de la taille du pot et de sa plante. De cette manière, le compost va apporter ses éléments nutritifs progressivement aux racines en profondeur, au fil du temps et des arrosages. À utiliser de préférence 1 ou 2 fois par an, entre avril et octobre, hors de la période de repos de la plante. En plus de nourrir la plante, le compost va enrichir la structure du substrat sur le long terme et éviter de devoir rempoter la plante. Le compost de lombricompostage est également une excellente option pour les plantes d'intérieur.

Semis Direct dans le Compost : Possibilités et Limites

Planter directement dans du compost ou du fumier, sans ajouter de terre, est une méthode qui intrigue de plus en plus de jardiniers. Ces techniques promettent des sols riches en nutriments, une réduction des apports d’engrais chimiques, et une gestion écologique des déchets organiques. Le compost est souvent présenté comme un « super engrais » naturel. Riche en matière organique et en nutriments essentiels, il offre un environnement idéal pour favoriser la croissance des plantes. De plus, planter directement dans du compost peut simplifier la vie des jardiniers, car le compost bien mûr contient les nutriments nécessaires, éliminant souvent le besoin d’apports supplémentaires d’engrais.

Cependant, il est crucial de bien comprendre les avantages et les limites de cette pratique. Un compost immature ou un fumier frais (encore riche en ammoniac et en éléments non stabilisés) peut brûler les racines des jeunes plants. La qualité du compost peut fluctuer en fonction des matières premières utilisées.

Plantes Adaptées et à Éviter pour la Culture Directe dans le Compost

Planter directement dans du compost peut être une méthode avantageuse pour de nombreuses cultures, mais elle ne convient pas à toutes les plantes.

Les légumes et fruits les plus adaptés :

Certains légumes et fruits, gourmands en nutriments, s’épanouissent particulièrement bien lorsqu’ils sont cultivés dans du compost :

  • Courges (courgettes, potimarrons, butternuts) : Elles adorent les sols riches et bien drainés. Marc, maraîcher amateur, a tenté de cultiver des courges directement sur un tas de compost encore en décomposition avec succès, en notant que « Pour des plantes comme les courges, planter sur un tas encore légèrement actif est une astuce géniale, mais attention à ne pas faire ça pour des plantes plus sensibles. »
  • Tomates : Très exigeantes en nutriments, elles peuvent germer dans du compost pur. Julie, potagère en ville, a réussi une production abondante de tomates bien sucrées et juteuses en cultivant ses tomates dans un bac rempli uniquement de compost mûr. Son conseil : « Je m’assure toujours que mon compost est bien décomposé avant de planter. J’ajoute aussi une poignée de cendre pour équilibrer les nutriments. »
  • Pommes de terre : Elles bénéficient d'un sol riche.
  • Fraisiers
  • Choux
  • Laitues

Les plantes à éviter :

Si le compost est idéal pour de nombreuses cultures, certaines plantes y sont moins à l’aise :

  • Racines profondes (carottes, betteraves, radis) : Elles préfèrent un sol léger et meuble, et peuvent se déformer dans un compost trop riche ou dense. Pauline, apprentie jardinière, a échoué à planter des carottes dans un compost pur : « Je n’avais pas compris que les légumes-racines préféraient un sol plus léger. Le compost dense a bloqué leur croissance. »
  • Plantes méditerranéennes (lavande, thym, romarin, herbes de Provence) : Elles préfèrent des sols pauvres et bien drainés. Claude, passionné de biodiversité, a constaté : « Il faut bien connaître les besoins de chaque plante avant de choisir le compost comme substrat unique. »
  • Ail, échalote et oignon : Ces cultures n'aiment pas l'humidité excessive, ce qui peut être un problème avec certains composts.

Tableau des légumes adaptés et non adaptés au semis direct dans le compost

Technique de Plantation Directe en Compost : Étape par Étape

Planter directement dans du compost demande quelques ajustements spécifiques pour garantir le succès de vos cultures.

  1. Préparer la parcelle ou le bac : L'aération est importante. Écartez le paillis végétal dans un coin à l'aide d'un râteau (ne soyez pas tenté de l'incorporer à la terre car dans ce cas, la décomposition mobiliserait des bactéries et de l'azote, tous deux nécessaires à la croissance des légumes).
  2. Creuser et planter : Procédez au semis ou à l'installation des plants.
  3. Pailler et arroser : Remettez en place le paillis entre les rangs, de manière progressive pour ne pas étouffer les jeunes pousses de légumes. Le paillage stabilise le compost et limite les variations de température. Au printemps, le compost est généralement humide grâce aux pluies. En été, le compost peut se dessécher rapidement sous le soleil, il faut donc veiller à l'humidité.

Les jeunes semis auront besoin d’arrosages légers et fréquents. Choisissez au départ des arrosages délicats (une fine pluie ou bruine), afin d’éviter de déplacer votre arrangement. Vos plantules ont des racines minuscules ; une grosse sécheresse d’une journée peut être suffisante à tuer votre plant. Par contre, créer de légers manques encouragera la plantule à développer un système racinaire puissant et efficace. Une méthode d’arrosage par immersion peut être utile pour les semis en godets ou plaques : installez les contenants dans un bac d’eau et laissez-les jusqu’à ce que la terre soit humide en surface. L’eau remontera doucement par capillarité, humidifiant la terre sans déplacer les graines.

Erreurs Courantes à Éviter

  • Planter dans un compost trop riche ou trop frais : Les nutriments, particulièrement l’azote, peuvent être présents en quantités excessives, risquant de brûler les racines.
  • Ignorer les besoins spécifiques de certaines plantes : Toutes les plantes n’ont pas les mêmes besoins en nutriments, en aération, et en texture de sol.
  • Utiliser un compost mal équilibré en nutriments : Un compost non mature ou mal équilibré peut entraîner des carences ou des excès.

Le Semis Direct au Potager : Avantages et Techniques

On croit souvent que les semis directs sont l’option facile par rapport aux semis intérieurs. Il y a, en réalité, des avantages et inconvénients aux semis directs : il est vrai qu’à l’extérieur, Mère Nature régule plusieurs paramètres toute seule. Exposées aux éléments de la nature, nos petites graines et plantules sont moins protégées, leur taux de germination est habituellement moindre et elles risquent d’être consommées par les animaux et les insectes, mais les survivantes sont généralement plus robustes.

Préparer la Parcelle

Bien préparer la parcelle dans laquelle vous ferez vos semis est une étape décisive pour votre succès. La première chose à faire est de vérifier les conditions optimales d’une plante et de déterminer si des amendements seront nécessaires. Idéalement, on choisit des plantes qui seront heureuses dans les conditions naturelles que votre terrain offre. C’est le secret pour avoir facilement des jardins resplendissants.

  1. Désherber ou sarcler : S’il y a des adventices qui occupent l’espace, il faut les retirer. Les adventices survivent souvent à l’enfouissage et leurs racines seront plus profondes et plus difficiles à enlever. Le désherbage peut se faire à la main, avec un sarcloir, une bêche, une binette, un arrache mauvaise herbe ou un désherbeur thermique.
  2. Décompacter et aérer la terre : Utilisez par exemple une grelinette ou une fourche à bécher pour ameublir le sol.
  3. Biner la terre : Cette opération consiste à remuer le sol en surface en utilisant une griffe à trois dents ou une binette. Le binage assèche les graines des plantes adventices et les empêche de germer. Il est fortement recommandé, voire essentiel pour les personnes qui ne paillent pas leur terre, et doit être fait toutes les 2 semaines par temps ensoleillé et sec.
  4. Égaliser la terre.
  5. Faux semis : Cette opération consiste à préparer le sol comme si on allait faire un semis direct ou une transplantation, sans toutefois le faire, afin d’offrir les conditions propices à la pousse des mauvaises herbes. Puis, lorsque ces dernières ont germé quelques jours plus tard et se trouvent au stade « fil blanc », on les tue en passant la houe. C’est une technique qui s’utilise pour n’importe quelle culture, mais surtout pour celles qui sont difficiles à désherber une fois implantées. Si vous faites le faux semis, suivez toutes les étapes d’avant la transplantation SAUF la fertilisation.

Les Différentes Techniques de Semis

Réussir à faire germer ses semences demande un peu de méthode, beaucoup de patience et énormément d’attention.

Semis en pleine terre (semis en place) :

Cette méthode très facile se réalise uniquement avec des plantes rustiques ou dès lors que le sol du potager est suffisamment réchauffé.

  • Semis à la volée : Cette technique, évoquant l'image romantique du semeur, permet de semer rapidement de larges quantités de graines. Comme on sème beaucoup, ce n’est pas très grave si le taux de germination est moindre. Pour ceux qui ne maîtrisent pas la technique, on voit parfois l’usage d’un semoir aussi appelé épandeur à engrais, notamment pour les semis de gazon. Si vous semez à la volée de très petites graines, pour éviter une trop grande densité, il convient de les mélanger avec du sable. Exception faite des graines qui ont besoin de lumière pour germer et doivent être placées en surface, pour améliorer la germination de nos graines semées à la volée, il convient de les enterrer selon la profondeur idéale.
  • Semis en ligne : Cette méthode permet de créer un écartement régulier entre les rangs de légumes et se réalise aussi bien en terre, pour la quasi-totalité des légumes (panais, carottes, betteraves, laitues, chicorées, épinards, fèves, courgettes, radis…), qu’en caissette pour les oignons, les poireaux et les céleris.
  • Semis en poquet : Il consiste à placer, dans un même trou, plusieurs graines ensemble. Ce semis maximise les chances d’obtenir au moins un plant viable par poquet, notamment pour les graines un peu âgées ou ayant une germination aléatoire. Semez en poquet, aussi bien en terre qu’en godets, les plantes à grosses graines : cucurbitacées (courges, courgettes, melons, pastèques…), fabacées (haricots, pois, fèves…), tournesols, maïs, capucines, ipomées…

Semis en contenant intermédiaire :

Cette méthode s’effectue dans un contenant intermédiaire avant d’être repiqué ou mis en terre au potager. Réalisé plus tôt dans la saison et placé sous un abri, il permet de gagner du temps sur le cycle de culture et offre des légumes plus rapidement.

  • En godets et plaques de culture : La plaque alvéolée se compose d’une multitude de cellules individuelles plus ou moins grandes selon les modèles. Peu encombrante, elle permet de réaliser de nombreux semis sur un espace très réduit et se déplace aisément. Plus gros qu’une alvéole de plaque, les godets ou les pots s’emploient pour les plantes dont le besoin en terre est supérieur.
  • Mini-mottes ou blocs de terreau : Popularisés par le jardinier-maraîcher Eliot Coleman, les mini-mottes se fabriquent à partir d’un presse-motte. Cet appareil offre de petits blocs de terreau individuels, serrés les uns contre les autres, avec une cavité en leur centre pour accueillir les graines. Ils se déposent simplement dans des caissettes.

Infographie des différentes méthodes de semis

Préparer le terreau de semis :

Un bon terreau à semis bio est une base essentielle pour réussir ses cultures. Le terreau à semis se compose de quatre éléments principaux : de la tourbe, de la vermiculite, du compost et de la chaux. Son utilisation est toutefois controversée en raison de la présence de tourbe, extraite de milieux naturels menacés.

Conditions de Semis et Entretien

  • Humidité du sol : On évite la terre détrempée ainsi que la terre complètement sèche. Pour déterminer le bon niveau d’humidité, prenez une poignée de terre : si l’eau coule, la terre est trop mouillée (pensez à améliorer le drainage). Si de la poussière file entre les doigts, elle est trop sèche et il faut arroser avant de semer.
  • Température du sol : La température de la terre joue un grand rôle sur le taux de germination et le temps de maturation. Idéalement, on mesure la température du sol avant de semer avec un géothermomètre. Si la terre est trop froide, la graine va attendre avant de germer. Les jardiniers pressés peuvent accélérer le réchauffement du sol en mettant des géotextiles ou des plastiques.
  • Profondeur de semis : Semez à la profondeur recommandée pour chaque variété. Si la règle générale de semer à une distance de 3 ou 4 fois l’épaisseur de la graine fonctionne souvent, certaines semences nécessitent de la lumière pour germer et doivent simplement se déposer en surface.
  • Éclaircissage : Parce que les conditions des semis directs sont moins contrôlées, on sème généralement plus de graines que l’espacement final recherché. Si on éclaircit des plantules semées en poquets, il est préférable de couper la partie aérienne des plantes en trop, car leurs racines sont probablement entremêlées.

Protection des Semis

  • Paillage : Le paillage agit comme une barrière pour empêcher la germination des mauvaises herbes et aide à garder l'humidité. Il faut attendre que la plante ait ses premières vraies feuilles avant de pailler. Généralement, on enlève complètement le paillis des plates-bandes où l’on fait des semis directs, car le paillis ralentit le réchauffement du sol au printemps.
  • Protection contre le froid : Pour protéger les plantes du froid, de nombreuses options s’offrent à nous (voiles d'hivernage, châssis, serres). Il est important que ces outils puissent être retirés ou aérés rapidement lors des journées chaudes, car la chaleur peut s’y accumuler et faire autant de dommages que le gel.
  • Protection contre les nuisibles : Nos plantules sont tendres et délicieuses pour grand nombre de nuisibles, dont les limaces, mais aussi les petits rongeurs et les oiseaux. Des filets de protection ou des barrières physiques peuvent être nécessaires.

Le Compostage de Surface : Une Méthode Naturelle et Efficace

Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes. Un gain en temps et en fertilité, alors pourquoi s’en priver ?

Qu'est-ce que le Compostage de Surface ?

Le compostage en surface, ce n'est pas du compostage en tas (dans un composteur), c'est reproduire ce que fait la nature. En fait, c'est très simple : composter en surface, c'est déposer des déchets végétaux directement sur le sol de son potager. Ces déchets végétaux vont se décomposer sur place, ce qui va fertiliser et améliorer la terre. C'est la même chose qui se passe dans la nature : les brindilles sèches et les feuilles mortes se décomposent sur place chaque hiver. Et au printemps, les plantes repoussent de plus belle, d'année en année. Cela revient à reproduire un cycle bien connu de la nature, celui de la matière organique : une plante pousse, meurt, et tombe au sol. Puis elle se décompose, améliorant ce dernier au passage. Le compostage de surface consiste à reproduire cela au potager : vos déchets organiques sont déposés à même le sol du potager et recouverts (dans la majorité des cas) par un paillage pour garder un côté esthétique.

Microorganismes utiles pour les plantes et le sol (Résumé)

Avantages du Compostage de Surface

Le compostage de surface présente de nombreux avantages :

  1. Garder une bonne terre de potager, riche en humus : Si vous complétez le compostage en surface avec une bonne couche de paillis en été, il ne sera plus nécessaire d'ajouter d'engrais pour faire pousser de beaux légumes. La structure du sol va s'améliorer et devenir grumeleuse, facile à cultiver.
  2. Ensemencer le sol en micro-organismes et favoriser la biodiversité : Le sol est ensemencé en micro-organismes participant à la biodiversité. Un équilibre naturel va se créer et les attaques de ravageurs ou les développements de maladies vont s'auto-réguler.
  3. Moins de travail : Terminée la corvée de nettoyage des restes de culture, terminée l'évacuation des mauvaises herbes. Maintenant, tout est coupé et laissé sur place.
  4. Préservation de l'énergie des matières organiques : Si vous compostez en tas, cette énergie est en grande partie transformée en chaleur et est donc dissipée et perdue pour la vie du sol. Si le matériau est apporté frais au sol, cette énergie sera alors mise à disposition de l’activité biologique du sol (vers de terre, micro-organismes, larves d’insectes…). Les matières non compostées sont composées de sucres, de protéines, de cellulose… qui nourrissent directement la vie du sol. Plus un compost est mûr, moins il contient de tels composés.
  5. Simplicité de mise en œuvre : Pas besoin de faire un tas dans les règles de l'art, il suffit de déposer les matières compostables au contact du sol.

Quand et avec quelles matières composter en surface ?

Vous pouvez le faire toute l'année, et c'est même recommandé pour garder un sol vivant. Mais il y a deux occasions propices pour commencer :

  • Après une culture : Quand la récolte d'un légume est terminée (haricots verts par exemple), au lieu d'arracher les tiges et de s'en débarrasser, coupez-les au ras du sol et dispersez-les sur place, après les avoir découpées si besoin en morceaux plus petits.
  • En automne : Préparez le potager à passer l'hiver en couvrant toutes les parcelles du potager avec un mélange de feuilles mortes et d'autres déchets végétaux du jardin.

N'oubliez pas qu'à chaque fois que vous cueillez un légume (un poireau, des radis), vous pouvez au même moment enlever les parties que vous ne mangerez pas (les pointes vertes du poireau, les fanes des radis) et les remettre sur le sol. Certains vont même jusqu’à nettoyer et préparer les légumes dès la cueillette. Cela permet par exemple de laisser les fanes de betteraves ou de carottes pour ceux qui ne les cuisinent pas.

Avec quelles matières recouvrir le sol ?

Quantité de possibilités s'offrent à vous :

  • Après une récolte, découpez en morceaux les tiges des tomates, haricots, pois, courgettes…
  • Toutes les fanes de légumes (betteraves, radis, choux, carottes, salades). Si vous trouvez que ça fait moche par terre, recouvrez-les avec un autre paillis !
  • Les tontes de pelouse (en couche fine et sèche).
  • Les mauvaises herbes arrachées.
  • Certaines plantes intéressantes par leurs propriétés : ortie, consoude, aneth, bourrache…
  • Du BRF (bois raméal fragmenté) : tailles broyées d'arbustes.
  • Du compost venant de son composteur (eh oui !).
  • Tous les déchets de cuisine peuvent aussi être épandus au potager sous le paillage au fil des mois. Évitez tout de même la viande, le poisson et les produits laitiers qui peuvent devenir embêtants en attirant les rats.
  • Et tout ce que votre terrain produit ! Des feuilles, des restes de tailles bien hachées.

Exemples de matières organiques pour le compostage de surface

Une chose importante à savoir : On peut tout à fait utiliser des restes de plantes atteintes par des maladies (en particulier le mildiou de la tomate) pour couvrir le sol. En effet, toutes ces maladies ne survivent pas à la décomposition des matières sèches, surtout si la température n’atteint pas les 70°C.

L'épaisseur du couvert végétal dépend de la grosseur des débris végétaux :

  • Faible épaisseur (2 à 3 cm) pour les débris fins et humides (tontes de pelouse).
  • Forte épaisseur (jusqu'à 10 cm) pour les restes plus grossiers (tiges de haricots, de courges, de tomates).

Il faut toujours veiller à ce que le sol puisse respirer. On évitera donc les paillis trop denses ou trop épais.

Dans quels cas faut-il éviter de composter en surface ?

Attention, il y a quelques situations où il vaut mieux ne pas le faire :

  • Pendant l'hiver avec les sols très argileux, où il vaut mieux semer un mélange d'engrais verts.
  • Au début du printemps afin de laisser les rayons du soleil réchauffer le sol.
  • Pour des cultures qui n'aiment pas l'humidité (ail, échalote et oignon).

Comment semer et planter après un compostage de surface ?

Après quelques saisons de pratique du compostage en surface, vous devriez pouvoir réduire de beaucoup le travail de votre sol, car la terre restera meuble en permanence, comme la litière d'une forêt. Si ce n'est pas encore le cas, vous allez simplement aérer la terre avec une fourche-bêche ou une grelinette. Le but est juste de décompacter le sol en dérangeant le moins possible la vie qui s'y est installée.

Pour mettre en place une nouvelle culture, préparez la parcelle de la façon suivante :

  1. Écartez le paillis végétal dans un coin à l'aide d'un râteau (ne soyez pas tenté de l'incorporer à la terre car dans ce cas, la décomposition mobiliserait des bactéries et de l'azote, tous deux nécessaires à la croissance des légumes).
  2. Procédez au semis ou à l'installation des plants.
  3. Remettez en place le paillis entre les rangs, de manière progressive pour ne pas étouffer les jeunes pousses de légumes.

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