Le compostage est une pratique fondamentale pour tout jardinier souhaitant améliorer la fertilité de son sol de manière durable. Qu'il s'agisse d'une méthode de type « gacon » (en tas libre) ou d'une structure plus organisée comme la ruche anglaise (bac à compost), le principe reste le même : transformer les déchets organiques en un amendement riche et naturel. Composter, c’est recycler les déchets verts du jardin et de la maison en les amassant en tas pour qu’ils se décomposent. Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques en un terreau riche, d'excellente qualité et 100% naturel.

La recette fondamentale : L'équilibre des ingrédients
Voyez le compostage exactement comme une recette de cuisine où chaque ingrédient sera bonifié par un autre. Ici, je fais constamment un stock de matières végétales : un peu de foin, de paille, de feuilles mortes, du broyat, des brindilles. Cela, dans le but d’équilibrer mon compost de déchets ménagers notamment, toujours trop humide. C’est très important pour que le compost se décompose dans un bon équilibre d’air et d’oxygène.
Imaginez une pâte à crêpe en balançant la farine par-ci, les œufs par-là, le lait encore ailleurs sans devoir tout rassembler dans un saladier. C’est pareil pour le compost : on va rassembler les éléments diversifiés, humides et secs, en tas. Pour réaliser un bon compost, il faut mélanger des catégories de déchets opposées : les carbonés avec les azotés ; les humides avec les secs ; les grossiers avec les fins. La règle d'or est de maintenir l'équilibre entre les déchets verts (tonte de gazon, fruits et légumes gâtés, épluchures) et les déchets bruns (broyats de bois sec, paille, carton). Une bonne proportion est de 2/3 de matières humides pour 1/3 de matières sèches.
Que mettre réellement au compost ?
Vous pouvez mettre presque tout au compost, car toutes les matières organiques rentrent dans la recette. Venant de votre cuisine, vous pourrez prendre les filtres à café, les mouchoirs en papier, le thé, le marc de café, le pain, les coquilles d’œufs, et surtout vos épluchures de fruits et légumes. Au jardin, utilisez les fleurs fanées, les feuilles, l’herbe coupée, les fines branches, le bois de taille une fois broyé.
Portez simplement une attention particulière aux tailles de résineux. Contrairement à ce qu’on entend, elles ne rendent pas le compost acide. En revanche, elles contiennent des inhibiteurs de croissance qui ralentissent ou empêchent le développement de certaines plantes. Les os sont aussi déconseillés (mais on peut les mettre…), simplement car ils prennent beaucoup de temps à se décomposer.
- Les ingrédients verts (humides, riches en azote) : épluchures, tonte fraîche, déchets de cuisine. Ils génèrent des températures élevées.
- Les ingrédients bruns (secs, fibreux) : carton, paille, brindilles, feuilles mortes, sciure. Ils apportent structure et aération.
La gestion des désagréments et l'entretien
Il se peut que votre premier compost entraîne des désagréments, mais ils sont faciles à résoudre. L’odeur d’œuf pourri est souvent due à un compost trop humide et trop tassé. Idem si vous sentez une odeur d’ammoniaque, souvent causée par des tontes de gazon en épaisseur trop importante qui fermentent. Si les moucherons s’installent, recouvrez mieux vos déchets de cuisine. Enfin, si un dépôt blanchâtre apparaît en surface, c’est qu’il manque d’humidité.
L’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas. Mélangez le tas le plus souvent possible (toutes les 4 à 6 semaines) pour bien aérer le tout. Avec un outil adapté comme l'aérocompost, formez des puits d'air dans le compost.

Le choix du bac et l'emplacement
Un bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre, car une situation trop chaude le dessèche. Comme composteur, vous pouvez utiliser des silos du commerce ou le construire vous-même avec des planches de bois. Prenez garde à bien laisser le fond de votre bac en contact avec le sol, car c’est une source directe de micro-organismes indispensables à la réussite de votre compost.
L’idéal est d’avoir au moins deux compartiments afin de pouvoir le retourner aisément : pendant que vous laissez un bac terminer sa fermentation, remplissez le second. Les bacs en bois conservent à la fois la chaleur et l’humidité. Si vous n’avez pas de place pour un gros bac, le compostage de surface consiste simplement à déposer les matières organiques compostables à même le sol.
Composter c'est facile !
Les méthodes alternatives : Bokashi et Lombricompostage
Pour ceux qui ne possèdent pas de jardin, d'autres solutions existent. Le compost Bokashi, par exemple, fonctionne en faisant fermenter les déchets dans un bac hermétiquement fermé, en l’absence d’oxygène, grâce à un mélange inoculant de micro-organismes. Le « jus » extrait régulièrement de ce seau est un fertilisant hautement concentré.
Le vermicompostage utilise quant à lui des vers rouges qui décomposent rapidement les déchets de cuisine. C'est une méthode très efficace qui produit un fertilisant de haute qualité en quelques semaines seulement. Ces méthodes montrent qu'il existe une foule de façons d'obtenir de très bons substrats sans avoir besoin de grands espaces.
Maturité et utilisation du compost
Le compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière et s’effrite facilement. Il peut être mûr au bout de 3 à 6 mois au printemps ou en été, ou 6 à 9 mois en automne ou en hiver. La maturité signifie que la chaleur du tas a pratiquement disparu. Retirez-le par la base et incorporez-le au pied des plantes ou dans les trous de plantation de façon superficielle.
Contrairement aux engrais synthétiques qui nuisent à la vie du sol, le compost agit comme un stimulant biologique. Il nourrit la vie du sol et permet aux organismes d’aider les racines des plantes à retrouver nourriture et humidité. Considérez-le plutôt comme un catalyseur, et non une source principale de nourriture. C'est une démarche écoresponsable qui transforme des corvées de désherbage ou de tonte en opportunités pour nourrir la terre.