Notre cher "maître composteur" David Gabelin nous livre aujourd'hui une leçon de physique pour réaliser un bon compost. Derrière ce titre, on n'entrevoit pas nécessairement une des réalités fondamentales du compost : l'équilibre des matières, autant physique que chimique. Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques par des micro-organismes (bactéries, champignons…) et petits animaux (collemboles, vers de terre…) en un produit comparable au terreau : le compost. C’est un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin ou son potager. Le rapport Carbone/Azote, souvent abrégé en C/N, est un facteur fondamental dans la compréhension des mécanismes de fertilité des sols, en particulier dans le cadre du compostage. Il désigne la proportion de carbone par rapport à celle de l’azote contenue dans les matières organiques. Un compost équilibré, avec un rapport C/N idéalement compris entre 25 et 35, favorise la transformation des déchets en amendement riche et fertile.

Le rapport carbone/azote (C/N) joue un rôle fondamental dans le processus de compostage. Comprendre cette notion est essentiel pour quiconque souhaite créer un compost efficace et équilibré, optimal pour la fertilité de son jardin. Dans cet article, nous explorerons les différentes dimensions du rapport C/N, son importance dans la gestion des déchets organiques, ainsi que des conseils pratiques pour maximiser les bienfaits du compostage.
L'Équilibre Fondamental du Compost : Une Alchimie Physique et Chimique
La réalisation d'un bon compost repose sur un équilibre précis des matières. Chimiquement, pour des raisons de qualité finale du compost, et pour maîtriser en toutes circonstances les éventuelles odeurs, l'équilibre entre ces deux types de matières doit être respecté. En effet, le carbone, piégeant l'azote grâce à ses liaisons chimiques, permet de bloquer les effets néfastes de la transformation de l'azote libre. D'autre part, il permet au compost de diffuser plus tard lentement et régulièrement l'azote nécessaire à la croissance des végétaux. Ce n'est pas uniquement une question chimique. Si l'on se contente d'équilibrer chimiquement le mélange des matières, on risque malgré tout d'avoir de sérieux problèmes et de ne pas obtenir pour autant un bon compost. Pourquoi ? Parce que le mélange doit rester aéré pour se composter dans de bonnes conditions. Le mélange des matières azotées et carbonées doit donc respecter un équilibre tant qualitativement que quantitativement. Ainsi, on prendra soin de ne pas mélanger ensemble des matières toutes fines, toutes très compactables, même si elles sont dans de bonnes proportions chimiquement.
2 min pour comprendre l'humidité de l'air
L’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie : la transformation des déchets est réalisée par des bactéries qui produisent de la chaleur. Pour éviter la putréfaction, il est nécessaire de brasser régulièrement le compost (toutes les 4 à 6 semaines). Le compost ne doit en aucun cas être tassé. Un compost tassé conduit à un processus anaérobie (sans air). La formation d'humus est alors impossible. Il est également important de trouver un équilibre pour conserver une température suffisante : aérer, mais pas trop. Si le compost est trop humide, son aspect est brillant, proche d’une « bouillie visqueuse » qui coule entre les doigts et qui dégage une odeur de pourri. La mauvaise odeur révèle un manque d'air : il est urgent de le retourner pour l'aérer. La flore microbienne nécessite de l’oxygène, nécessaire à la vie des micro-organismes. Une baisse du taux d’oxygène se produit en raison de l’activité microbienne, de l’épuisement des particules organiques, et de la quantité d’eau présente. Le phénomène d’aération naturelle est due à l’évaporation d’eau à la surface du tas en évolution et à l’échange gazeux avec l’atmosphère.
Le Rapport Carbone/Azote (C/N) : Une Boussole pour le Composteur
Le rapport C/N fait référence à la proportion de carbone par rapport à l’azote dans la matière organique. Il est important de savoir quelles associations de matières il faut privilégier, et en quelles proportions. Les matières azotées, riches en azote (comme les épluchures de légumes ou les tontes de gazon), doivent être mélangées avec des matières carbonées, qui sont plus riches en carbone (comme les feuilles mortes ou les branches broyées). Pour que la qualité finale du compost soit intéressante agronomiquement parlant, donc ayant une bonne valeur fertilisante, il est nécessaire que le C/N du mélange de matières soit environ entre 25 et 35 au départ du processus, pour finir entre 10 et 15 en fin de mûrissement. Cependant, attention, cela ne veut pas dire qu'il faut mettre 30 fois plus de matières carbonées que d'azotées en volume. Il faut que la quantité de l’élément chimique carbone (C) soit 20 à 30 fois plus importante que la quantité de l’élément chimique azote (N) en fonction de leur composition chimique. Cela ne veut pas dire qu’il faille 20 à 30 fois plus de matières carbonées que de matières azotées en volume !
Un compost dont le rapport C/N est trop faible sera trop azoté, ce qui peut entraîner un emballement du processus de décomposition et des odeurs désagréables dues à des processus anaérobiques. À l’inverse, un compost trop riche en carbone ne décomposera pas efficacement, car il "moissonne" l’azote dont les organismes de décomposition ont besoin pour fonctionner correctement. Si un compost possède un rapport C/N trop élevé, cela signifie qu'il rendra trop captif l'azote, et ne servira pas à libérer suffisamment d'azote pour les besoins de la plante. Cette asymétrie entraîne souvent des problèmes de fertilité du sol qui pourraient être évités.
Pour calculer le rapport C/N de votre compost, il faut identifier les matières utilisées et estimer leur rapport respectif de carbone et d’azote. Par exemple, le C/N du gazon est de 10. Le C/N de la paille est d'environ 70. Prenons un exemple : 2 parts de gazon et 1 part de paille. Deux parts de gazon font 20. Soit dans notre exemple : (2 X 10 + 1 X 70) / 3 = (20 + 70) / 3 = 90 / 3 = 30. Le rapport chimique est bon, et en plus, on a mélangé une matière très structurée (la paille) avec une matière azotée fine. Le rapport C/N d'un compost mûr de fumier de cheval est de 10. Les épluchures de pommes de terre, qui sont souvent identifiées comme matière azotée, présentent un rapport C/N d’environ 15/1. Les feuilles, quant à elles, peuvent avoir un rapport C/N variant de 30 à 80/1 selon leur type. La clé est d’ajuster vos ingrédients en conséquence pour atteindre le rapport optimal.
Voici un mélange à éviter, même si le C/N final semble bon : 9 parts de gazon et 1 part de sciure donnent : (9 X 10 + 1 X 200) / 10 = (90 + 200) / 10 = 290 / 10 = 29. Le C/N semble bon (proche de 30), mais par contre le mélange ne l'est pas, car les deux matières sont toutes deux très fines, et auront tendance à se colmater, donc à se tasser, donc à asphyxier le compost. En termes simples, si vous pratiquez le 50/50 en volumes de matières des deux catégories, vous aurez toutes les chances de produire un compost très satisfaisant, moyennant quand même le fait que les matières les plus dures et sèches soient suffisamment broyées pour se composter dans des temps raisonnables. Au final, que faut-il en retirer ? Une à deux parts de matières azotées pour une part de matières carbonées.

| Rapport C/N | Impact sur le compost |
|---|---|
| Inférieur à 20 | Problème de déséquilibre, car l’azote est trop disponible, entraînant des odeurs et un emballement de la décomposition. |
| Entre 20 et 30 | Rapport idéal pour un compostage efficace, assurant une décomposition harmonieuse. |
| Supérieur à 30 | Risque de carence en azote, ralentissement du processus de compostage, l'azote étant rendu trop captif. |
| 25/1 (standard souvent recommandé) | Favorise la fertilité optimale du sol. |
| Équilibre carbone/azote | Essentiel pour assurer une activité bactérienne efficace et une bonne décomposition. |
| Sources d’azote | Épluchures, déchets de cuisine, tonte de gazon. |
| Sources de carbone | Feuilles sèches, paille, papier, carton. |
| Suivi du C/N | Permet d’ajuster les matières ajoutées pour maintenir l’efficacité du compost. |
Matières Azotées et Carbonées : Comprendre et Combiner
Les matières utilisées dans le compostage se répartissent en deux grandes catégories : les matières carbonées et les matières azotées. Les chaînes chimiques carbonées sont utilisées par les organismes comme source énergétique, qui donnera du CO2 gazeux et de la chaleur. Ce sont principalement les déchets Bruns, Durs et Secs (BDS), comme par exemple les branches, les feuilles mortes, la paille, les branches broyées, le papier, le carton. On pourrait croire que, comme ils sont riches en énergie, ils vont être vite transformés. Mais comme ces matériaux ne contiennent pas beaucoup d’azote, les décomposeurs n’y trouvent pas tous les éléments nécessaires à leur croissance ainsi qu’une humidité suffisante. Leur décomposition sera donc assez lente. L’automne est un moment important pour préparer son compost. C’est en effet l’occasion de ramasser les feuilles mortes (ou de récupérer celles du voisin) et de les stocker précieusement !
Les matières azotées, aussi appelées matières "vertes", sont facilement digérables. Les micro-organismes y trouvent sucres et protéines en abondance pour se nourrir, se développer et se reproduire. Elles sont suffisamment humides (avec parfois un taux d’humidité supérieur à 80%). Elles posent de ce fait un problème important : étant donné qu’elles sont sans structure, elles ne laissent pas circuler l’air et n’assurent pas bien l’élimination de l’eau excédentaire. Si on travaille uniquement avec des matières azotées, on risque d’obtenir une substance visqueuse et la formation d’odeur désagréable (processus anaérobiques). Il faut donc mélanger judicieusement ces deux types de matériaux pour avoir un bon rapport Carbone/Azote.

Les matières à privilégier sont un mélange de plusieurs choses : broyat, paille, feuilles mortes, un peu de carton brun déchiqueté, des boîtes de carton d'œufs, un peu de copeaux si on veut et qu'on en dispose… Si on a majoritairement du broyat ou de la paille, aucun souci. Il est important d’équilibrer les apports entre les déchets de cuisine, de jardin et les déchets organiques non alimentaires. L'équilibre carbone/azote est essentiel pour assurer une activité bactérienne efficace et une bonne décomposition. Pour réussir son compostage, il est recommandé d’inclure divers ingrédients tels que des épluchures de légumes, des feuilles sèches ou des tontes de gazon, tout en surveillant le rapport C/N.
Ni trop fin ni trop gros, les copeaux broyés doivent approximativement être de la taille d'un ongle de pouce, sur quelques millimètres d'épaisseur. La paille peut être grossièrement hachée et piétinée. Les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux.
Le Processus de Compostage : Une Transformation Biologique en Plusieurs Étapes
Le compostage est une transformation biologique appelée fermentation. Ce processus se déroule en présence d'air (processus aérobie). Il est réalisé par des micro-organismes qui dégradent la matière organique en la transformant. Le rapport C/N est un indicateur clé de l’évolution du compostage, tout comme l'humidité, la température, le pH et la teneur en éléments fertilisants.
1. Les Acteurs du Compostage : Une Armée de Micro-organismesUne véritable armée de micro-organismes se met au travail quand de la matière organique tombe sur le sol. Les micro-organismes sont la cause de l’élévation de température. Le compostage est un processus d'interactions entre différents organismes vivants, à savoir les bactéries, les champignons (ou Mycètes), les protozoaires et les algues. Les bactéries, de par leur relative fragilité, sont très sensibles à certains facteurs de milieu défavorables (trop sec ou trop acide…). La rapidité d’action des bactéries dépend de la température atteinte et de leur équipement enzymatique. Les champignons, quant à eux, possèdent un équipement enzymatique plus complet et sont capables de dégrader les matières organiques plus complexes comme la lignine, la cellulose et la subérine. Ils sont aussi moins sensibles aux conditions de milieu défavorables, tels que les milieux trop secs ou trop acides. Le processus de leur propre destruction s’appelle l'autolyse.

2. L'Évolution Thermique et Chimique du CompostLa température du tas de compost est un indicateur crucial. Elle varie continuellement au cours de la fermentation. En début de compostage, une activité importante est enregistrée. L’élévation de température du tas est une conséquence de la transformation de la matière organique par les micro-organismes. Des pics de fermentation peuvent atteindre jusqu'à 70°C, entraînant une réduction des volumes des substrats, la destruction de germes pathogènes et de graines d’adventices. La chaleur a deux « devenirs » possibles : une partie sert à augmenter la température interne du tas et à évaporer l’eau ; le reste, excédentaire, est perdu vers l’extérieur.
Une fois la phase thermophile passée, une baisse progressive de la température survient. Le pH du milieu, qui peut diminuer en début de compostage, a tendance à augmenter par la suite. Le pH de la phase mésophile (entre 40 et 70°C) est d'environ 6,5 à 8,5, quels que soient les composts. La matière organique subit une décomposition très lente si la température n'est pas optimale. Le processus de maturation est caractérisé par une dégradation moins soutenue, mais l’activité résiduelle est encore enregistrée. Il est important d'avoir des matières équilibrées et sans polluants pour une dégradation optimale des matières organiques.
3. L'Humidité et l'AérationUne bonne humidité (comprise entre 50 et 60 %, pour une moyenne de 55 %) et une aération régulière permettent d’éviter toute nuisance odorante. Le taux d'humidité est crucial ; si le compost est trop sec, la décomposition ralentira. Les matériaux à broyer nécessitent d'un temps de compostage et justifie un broyage préalable. L’aération peut être forcée dans un fermenteur ou sur tas. Des poches anaérobies apparaissent, c'est que l'air est déjà manquant : il faut aérer le tas.
4. Les Indicateurs de Maturation du CompostLe suivi du rapport C/N permet de déterminer le degré de maturité du compost. Un compost mûr de fumier de cheval a un C/N de 10. Un compost dont le rapport C/N est trop élevé rendra l'azote captif. Le rapport C/N d'un compost mûr est presque souvent proche de 15. D'autres indicateurs incluent l'évolution de la teneur en matière organique, l'aspect et la proportion d'agrégats stables. La teneur en matière organique varie de 41 % sur sec, et 24 % sur brut. La teneur en azote est de 1,5 % sur sec avec des écarts de 1 à 2,4. Un compost équilibré favorise également une meilleure structure du sol. Les micro-organismes qui décomposent la matière organique produisent des substances qui aident à lier les particules de sol, favorisant ainsi l’aération et la rétention d’eau. Ces caractéristiques sont essentielles pour un jardinier désireux d’améliorer la productivité de son potager.
Conseils Pratiques pour un Compostage Efficace
Pour faire un compost, il ne suffit pas de mettre n’importe quelles matières organiques dans un fût ou sur un tas. Vous êtes seul maître à bord, faites vos expériences, observez ce qui convient ou non à votre compost et si nécessaire, faites appel à des guides ou maîtres composteurs de votre région.
1. Préparation des MatièresUtilisez des matériaux variés et broyés. Comme nous l’avons vu, les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux. Ni trop fin ni trop gros, les copeaux broyés doivent approximativement être de la taille d'un ongle de pouce, sur quelques millimètres d'épaisseur. La paille peut être grossièrement hachée et piétinée. Préférez une tondeuse pratiquant le rebroyage pour le gazon.
2. Emplacement et Structure du ComposteurLe bon emplacement est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche. Le compost est mis en contact directement avec le sol (terre ameublie). Cela permet aux micro-organismes et aux vers de terre de coloniser aisément le compost. Comme composteur, vous pouvez utiliser les silos du commerce ou le construire vous-même avec des planches de bois ou du grillage. L’idéal est d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément, en transférant le compost d'un silo à l'autre. Le fût composteur est adapté aux petits jardins uniquement et doit être placé à même la terre. Un tas de compost doit avoir 1m au minimum et 1m75 au maximum. Les côtés seront inclinés. Il peut être couvert d'une enveloppe laissant passer l'air.
3. Gestion de l'Humidité et de l'AérationL'aération est un facteur essentiel. Brassez régulièrement le compost (toutes les 4 à 6 semaines). Le premier mélange ne doit être réalisé que 2 à 4 semaines après la mise en tas des déchets. Si vous avez des volumes importants de matière, votre compost montera en chaleur au-delà des températures permettant la destruction des germes et des graines. Il faut éventuellement remouiller un peu le tout en le mélangeant « à la fourche légère » si le compost est trop sec.
4. Matières à Éviter ou à Utiliser avec PrécautionBien que dégradables, certains éléments sont généralement déconseillés en dehors des grosses installations professionnelles. Il est conseillé d’éviter l’ajout de certaines matières comme les graisses ou les produits laitiers, qui peuvent déséquilibrer le rapport C/N et nuire à la décomposition. Ces matières sont longues à composter, susceptibles d’apporter de mauvaises odeurs et peuvent parfois attirer des nuisibles (rongeurs, fouines…). Les excréments d'animaux, notamment carnivores, sont également déconseillés car ils risquent d'attirer les rongeurs et les mouches et sont générateurs d'odeurs nauséabondes.
Certaines plantes sont longues, voire très longues à se décomposer, le bambou par exemple. Cela ne pose pas de problème pour votre compost, celui-ci restera aéré par ces éléments et lors du tamisage, vous les réintégrerez dans le prochain tas. Si vous avez peu de volume ou que votre compost ne chauffe pas au-delà de 60°C, donnez les au ramassage de déchets verts de votre commune. Les plantes traitées en agriculture biologique posent peu de problèmes. En revanche, certaines plantes (rares) contiennent des substances fongicides, insecticides et herbicides (thuya, cyprès). Il ne faut pas du tout en mettre dans le compost. Les feuilles de noyers sont herbicides et les feuilles de rhubarbes sont insecticides.
Les papiers, mouchoirs, boîtes d’œufs et cartons bruns (PQ, sopalin…) déchiquetés sont parfaits dans le compost car composés de cellulose. Mais attention à tous les produits trop encrés à éviter (journal, prospectus) car ils peuvent contenir des produits chimiques. Généralement, la simple logique vous permettra de faire le bon choix. Par exemple, les cendres de cigarettes ne conviennent pas. Tout ce qui n’est pas d’origine naturelle est à proscrire.
5. Quand le Compost est Prêt ? Utilisation et TamisageLe compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, l’humus et s’effrite facilement. Il peut être mûr au bout de 5 à 6 mois au printemps/été ou 9 à 12 mois en automne/hiver s’il est bien isolé et retourné régulièrement. Incorporez-le alors au pied des plantes ou dans les trous de plantation. Attention à ne pas l’enterrer mais à l’incorporer de façon superficielle.
Lorsque votre compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Vous pouvez les récupérer en tamisant votre compost. Réincorporez-les ainsi dans votre prochain tas de compost. Une simple caisse en plastique trouée peut faire office de tamis pour des quantités familiales. Il est possible d’utiliser le compost avant la fin de la maturation en tant que paillage. Comme nous l’avons vu, ce sont les macro-organismes (principalement les vers de compost) qui terminent la maturation.
2 min pour comprendre l'humidité de l'air
Les Bénéfices du Compost pour la Fertilité des Sols et l'Environnement
L’un des principaux rôles du rapport C/N est de déterminer la vitesse à laquelle les matières organiques se décomposent. Un rapport approprié favorise une activité microbienne optimale, ce qui accélère le processus de compostage. De plus, cet équilibre évite une situation où l’azote est funestement captif et ne peut pas être rendu au sol sous forme de nutriments.
1. Amélioration des Sols et Croissance VégétaleUn compost bien équilibré enrichira le sol en nutriments, offrant ainsi une source de nourriture pour les plantes. En fournissant des éléments comme l’azote, le phosphore et le potassium de manière prolongée, le compost aide à maintenir un environnement propice à la croissance des plantes. Le compost est un fertilisant d’excellente qualité et 100 % naturel qui nourrit vos plantes, les rend plus saines et plus résistantes aux maladies. Les propriétés formidables du compost sont principalement dues à la formation des complexes argilo-humiques.

Le compost améliore les propriétés mécaniques, physiques, hydriques et chimiques des sols et le maintien de leur fertilité. Il augmente la capacité de rétention d’eau (jusqu’à 7 fois son propre poids), ce qui est précieux pour les sols sableux ou pour les climats secs. Il favorise la vie biologique et la nutrition des plantes, en contribuant au redressement biologique des sols. La matière organique évolue en composés humiques plus stables. Cet apport de matière organique du sol est essentiel, qui comprend aussi les engrais naturels, très appréciés des agriculteurs « biologiques ». Le compost participe à une activité biologique soutenue du sol.
2. Impact Environnemental et ÉconomiqueEn utilisant un compost équilibré, le jardinier peut réduire sa dépendance à des engrais chimiques, qui peuvent être nocifs pour l’environnement et la santé des sols à long terme. Ce choix favorise une approche plus durable et respectueuse de la nature, essentielle dans le contexte écologique actuel. Le compost permet de valoriser les déchets organiques des ménages, des commerces agro-alimentaires, et les déchets verts. Le compostage évite de brûler les déchets végétaux et contribue à la réduction du volume des ordures ménagères.
Le compost, en tant qu'amendement organique, aide à reconstituer les réserves de matière organique des sols qui s’épuisent d’un été satisfaisant. Les matières organiques du sol se dégradent naturellement, libérant du CO2 gazeux et de la chaleur. Le compost contribue à la formation de l'humus, qui est la matière vivante des sols.
3. Autres Valorisations et ConsidérationsLa chaleur dégagée lors du compostage peut potentiellement être valorisée (par exemple, pour le chauffage de locaux), bien que les coûts de raccordements soient souvent un frein. Le compost peut également être étudié pour d'autres applications, comme l'alimentation animale. Le compost urbain, notamment, a été étudié comme aliment pour les porcs, car il entraîne une augmentation du taux protéique. Il peut servir d'aliment complet d'élevage ou d'aliment de lest cellulosique. L'utilisation du compost en complément de l'alimentation a montré des effets positifs, par exemple, une augmentation de la production de ferrique chez la truie. Des études par ROSEN et al., en 1989, et GOLUEKE en 1989 aux USA, ont également examiné la présence d'hormones dans le compost obtenu à partir de déchets verts, et la capacité à détruire la majorité des germes pathogènes entre 40 et 70° C. Le compostage peut également contribuer à la destruction des graines d’adventices, avec des taux de destruction allant jusqu'à 98 % en 24 jours pour certaines graines.
Le rapport Carbone/Azote : Indispensable pour un compost sain. En comprenant et en appliquant les principes de ce rapport, chaque jardinier, novice ou expérimenté, peut contribuer à la santé de son sol et, par extension, à celle de l’environnement.