Les déchets alimentaires représentent environ un quart du poids total de nos poubelles. En récupérant certains déchets de cuisine et en les mélangeant à des déchets de jardin, il est possible de fabriquer son propre compost qui servira d’engrais pour le jardin. Cette démarche réduit le poids des poubelles et évite que ces déchets soient incinérés. Les déchets de cuisine et de jardin sont composés de matière organique biodégradable. Dans la nature, la matière organique, d’origine végétale ou animale, se dégrade naturellement pour permettre aux plantes de grandir. Dans le composteur ou dans le centre de compostage, le principe est le même que dans la nature.
Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques par des micro-organismes (bactéries, champignons…) et petits animaux (collemboles, vers de terre…) en un produit comparable au terreau : le compost. C’est un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin ou son potager. Le compost est un fertilisant d’excellente qualité et 100 % naturel qui nourrit les plantes, les rend plus saines et plus résistantes aux maladies. Depuis la nuit des temps, les feuilles tombent, les animaux défèquent, les arbres meurent. Le sol de nos forêts n’est pourtant pas recouvert de déchets organiques. Quand de la matière organique tombe sur le sol, c’est une véritable armée de micro-organismes qui se met au travail. En quelques années, quelques mois ou quelques jours, cette matière est revalorisée. Tous ces composants sont remis à la disposition des végétaux.

Les Matières Premières du Compost : Un Équilibre Essentiel
Pour un compost 100% naturel, il est conseillé d'utiliser les déchets verts de la maison (fruits et légumes) et du jardin. Il est important d’équilibrer les apports entre les déchets de cuisine, de jardin et les déchets organiques non alimentaires. L'idéal est d'utiliser des matériaux variés et broyés - les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux - en mélange équitable de matières sèches (bois, rameaux, feuilles mortes) et humides (encore verts). La diversité des déchets utilisés fait du compost le meilleur engrais organique.
Les déchets de cuisine acceptés :
- Épluchures
- Légumes et fruits abîmés (crus ou cuits)
- Coquilles d’œuf ou d’huître broyées en poudre
- Thé
- Marc de café
Les déchets de jardin acceptés :
- Mauvaises herbes sans graines
- Petites branches, brindilles
- Paille
- Feuilles mortes
- Fleurs et plantes fanées
- Litières de rongeurs herbivores (lapin, hamster)
- En petite quantité : tontes de gazon, tailles de haie
L'importance du broyage :Un broyeur est toujours favorable au compost, car plus les matières sont fines, plus elles sont accessibles aux bactéries. Cependant, il ne faut pas broyer la matière en pâte compacte qui bloquerait la respiration des bactéries. Il faut donc broyer fin mais pas en bouillie. Dans certains cas de compostage, le broyage alimentaire est obligatoire (pour plus de 1 tonne par semaine avec des déchets de type SPAn3, comme la viande et le poisson, et hors des déchets de cuisine et de table), en particulier quand il y a un risque qu’il y ait des morceaux de viande de plus de 12 mm d’épaisseur. La loi l’exige pour des raisons d’hygiène, car en garantissant une épaisseur maximum, cela assure aux bactéries un temps de digestion adéquat. Le broyage est également indispensable pour composter les emballages compostables.
L'Équilibre Carbone/Azote : Le Cœur de la Transformation
Le succès du compostage repose sur un équilibre judicieux entre les matières carbonées et azotées, souvent désignées par le rapport C/N. Il faut faire attention aux quantités de Carbone et d’Azote apportés. Les chaînes chimiques carbonées sont utilisées par les organismes comme source énergétique, qui donnera du CO2 gazeux et de la chaleur. Ce sont principalement les déchets bruns, durs et secs, comme par exemple les branches, feuilles mortes, la paille, les branches broyées, le papier, le carton. On pourrait croire que, comme ils sont riches en énergie, ils vont être vite transformés. Mais comme ces matériaux ne contiennent pas beaucoup d’azote, les décomposeurs n’y trouvent pas tous les éléments nécessaires à leur croissance ainsi qu’une humidité suffisante. Leur décomposition sera donc assez lente.

À l'inverse, les matières azotées, ou « déchets verts », sont facilement digestibles. Les micro-organismes y trouvent sucres et protéines en abondance pour se nourrir, se développer et se reproduire. Ils sont suffisamment humides (avec parfois un taux d’humidité supérieur à 80%). Ils posent de ce fait un problème important : étant donné qu’ils sont sans structure, ils ne laissent pas circuler l’air et n’assurent pas bien l’élimination de l’eau excédentaire. Si on travaille uniquement avec des matières azotées, on risque d’obtenir une substance visqueuse et la formation d’odeurs désagréables (processus anaérobiques). Il faut donc mélanger judicieusement ces deux types de matériaux pour avoir un bon rapport Carbone/Azote ; ce rapport doit être théoriquement entre 20 et 30. Cela signifie que la quantité de l’élément chimique carbone (C) doit être 20 à 30 fois plus importante que la quantité de l’élément chimique azote (N) en fonction de leur composition chimique. Cela ne veut pas dire qu’il faille 20 à 30 fois plus de matières carbonées que de matières azotées en volume, mais bien en termes de proportion chimique.
Il est important d’équilibrer les apports entre les déchets de cuisine, de jardin et les déchets organiques non alimentaires. Un bon mélange des apports en azote (fruits, légumes, tontes humides…) et en carbone (broyat, feuilles mortes, cartons, tontes sèches…) est nécessaire.
Ce qu'il ne faut pas composter : Les Éléments Problématiques
Bien que dégradables, certains éléments sont généralement déconseillés en dehors des grosses installations professionnelles. La simple logique permet souvent de faire le bon choix.
Matières d’origine animale : Elles sont longues à composter, susceptibles d’apporter de mauvaises odeurs et peuvent parfois attirer des nuisibles (rongeurs, fouines…). Les viandes, poissons et produits laitiers sont à proscrire du compost domestique.
Plantes spécifiques :
- Plantes lentes à se décomposer : Certaines plantes sont longues, voire très longues à se décomposer, le bambou par exemple. Cela ne pose pas de problème en soi pour le compost, celui-ci restera aéré par ces éléments et lors du tamisage, ils seront réintégrés dans le prochain tas. Toutefois, si les volumes sont importants et que le compost ne chauffe pas au-delà de 60°C, il est préférable de les donner au ramassage de déchets verts de la commune.
- Plantes aux substances indésirables : Certaines plantes (rares) contiennent des substances fongicides, insecticides et herbicides (thuya, cyprès). Il ne faut pas du tout en mettre dans le compost. En revanche, les feuilles et déchets de taille de ces arbres sont d’excellents paillis de longue durée. Il est recommandé de les réserver pour couvrir les allées du jardin et pour étaler au pied des végétaux comme les arbustes dont le système racinaire n’est pas trop superficiel. Les feuilles de noyers sont herbicides et les feuilles de rhubarbes sont insecticides.
- Plantes malades ou indésirables : Il est déconseillé de composter les plantes susceptibles de porter des maladies (rosiers et arbres fruitiers), les mauvaises herbes en fleurs ou en fruits, et toutes parties malades d'une plante (feuilles, tiges, fruits).
Produits chimiques et traités :
- Produits de traitements : Si les plantes dont vous disposez sont traitées en agriculture biologique, il y aura peu ou pas de problèmes. Si non, dans votre compost, les produits de traitements peuvent perturber le fonctionnement biologique, mais ils finissent par se dégrader.
- Produits synthétiques non biodégradables : Tout ce qui n’est pas d’origine naturelle est à proscrire : verre, plastique, métaux, tissus synthétiques, langes jetables, etc.
- Papiers trop encrés : Les papiers, mouchoirs, boîtes d’œufs et cartons bruns (PQ, sopalin…) déchiquetés sont parfaits dans le compost car composés de cellulose. Mais attention à tous les produits trop encrés (journal, prospectus) car ils peuvent contenir des produits chimiques.
- Cendres : Les cendres de cigarettes ne conviennent pas. Les cendres de bois sont également à éviter en grande quantité, tout comme la terre et le sable.
Le Processus Chimique et Biologique du Compostage
Le compostage est un procédé de fermentation et de transformation des déchets organiques grâce à la présence d’oxygène. Il permet l’obtention d’une matière fertilisante stabilisée et riche en humus : le compost. La transformation des déchets est réalisée par des bactéries qui produisent de la chaleur. Ces réactions nécessitent de l’oxygène et dégagent de la chaleur. Le processus de compostage se déroule en plusieurs phases caractérisées par des variations de température et l'activité de différents micro-organismes.
1. Phase Mésophile Initiale : La Montée en TempératureLa phase mésophile marque une étape essentielle du compostage. Il s’agit d’une période importante pendant laquelle les champignons et les bactéries sont les plus actifs. Ils détruisent les polymères tels que les protéines et l’amidon ainsi que les matières simples comme les lipides et les sucres. À ce stade, la température monte rapidement en pic pour atteindre 35 °C au bout de seulement quelques heures ou jours. Grâce à la forte multiplication des bactéries et de la température, une hausse importante du taux d’oxygène, de la valeur d’eau et du CO2 se produit.
2. Phase Thermophile : L'Hygiénisation et la Dégradation IntenseLa température continue de s’élever au cours de cette phase définie comme la plus chaude du processus. Un pic de la température de 55 °C à 70 °C pourra avoir lieu. Le processus de l’amendement organique se déroule rapidement. Grâce à cette hausse importante de la température, les micro-organismes mésophiles se transforment en micro-organismes thermophiles. Pendant cette étape de décomposition totale des composés simples, les champignons ne se développent plus. Le rejet de CO2 entraîne une réduction du poids et du volume du compost à la moitié. La fin de cette phase est caractérisée par l’arrêt de l’élévation de la température. Une bonne aération du compost et une surveillance rigoureuse sont nécessaires à ce stade. Il faut que le fertilisant naturel atteigne cette température élevée pendant un temps suffisamment long. Cependant, il est conseillé de ne pas dépasser les 70 °C pour ne pas rater le compostage domestique au cours de ces 2 premiers mois. Cette montée en température assure l’hygiénisation des matières, détruisant la majorité des germes pathogènes et des graines d’adventices.
3. Phase de Refroidissement : Le Retour des MésophilesCette phase, qui dure environ un mois, marque la réduction de l’activité bactériologique. La quantité de matière organique diminue, tout comme la chaleur qui descend de manière progressive vers 40 à 50 °C. Les champignons reviennent, accompagnés d’autres micro-organismes tels que les cloportes, les lombrics, les actinomycètes et les vers du fumier. Ces derniers assurent la décomposition de la lignine, de la cellulose et de l’hémicellulose.
4. Phase de Maturation : La Formation de l'HumusLa phase de maturation est la phase de fermentation où règne la macro faune. Cette étape se caractérise par la transformation totale du compost en humus. La température descend sous la barre de 30 °C. Le processus de maturation est caractérisé par une dégradation moins soutenue. Les propriétés formidables du compost sont principalement dues à la formation des complexes argilo-humiques.
🍂 Compost pour les débutants : 5 étapes pour bien le réussir ! 🍌
Les Facteurs Clés du Succès du Compostage
Pour réussir son compost, plusieurs facteurs doivent être maîtrisés.
1. L'Aération : Le Souffle de la VieL’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. La mauvaise aération du tas de compost est la principale raison d’un compostage lent, partiel, hétérogène ou mal odorant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas. Pour cela, il est nécessaire de brasser régulièrement le compost (toutes les 4 à 6 semaines) pour faire circuler l’air, sinon les micro-organismes sont asphyxiés. Les bactéries responsables de la dégradation du compost doivent être dans des conditions aérobies, c'est-à-dire en présence d’oxygène pour pouvoir respirer. En dégradant, elles produisent de la chaleur. Il est important de bien aérer le tas de compost pour apporter l’oxygène aux bactéries et pour maintenir une température autour de 70°C. Attention, le premier mélange ne doit être réalisé que 2 à 4 semaines après la mise en tas des déchets. Avec un outil adapté comme l'aérocompost, il est possible de former des puits d'air dans le compost.
2. L'Humidité : L'Élément VitaleIl est important de contrôler l’humidité du compost. Pour vérifier qu’elle est satisfaisante, il suffit de comprimer une poignée de compost dans la main. Si le compost est trop sec et que l'apport de déchets humides n'est pas suffisant, les bactéries meurent et seuls les champignons continuent à travailler, faisant apparaître des filaments mycéliens blancs. Dans ce cas, il faut arroser le compost et vérifier que l’aération n’est pas trop importante (espace entre les planches…), ou que l’emplacement n’est pas trop venteux. Il est possible de couvrir le tas de compost avec une bâche après l’avoir arrosé pour qu'elle garde l’humidité.À l’inverse, un excès d'eau diminue la quantité d'air disponible dans le volume de compost. Les bactéries aérobies (qui ont besoin d’oxygène) sont remplacées par des bactéries anaérobies (qui n’ont pas besoin d’oxygène) qui dégagent des gaz et engendrent des odeurs désagréables de pourri. Dans ce cas, il faut bien le mélanger pour éviter que certaines zones à l’intérieur ne soient trop humides. Il est également conseillé de découvrir le tas par temps sec pour augmenter l’aération. Si le taux d’humidité est vraiment trop important, il est possible d'étaler (par temps sec) sur le sol une partie du compost durant quelques heures afin de l'aérer, puis de le remettre dans le bac à compost. Pour un bon compost, il faut 50% de déchets humides (fruits et légumes abîmés, épluchures, thé, café, tontes de gazon…) pour fournir de l’eau et de la nourriture aux micro-organismes et 50% de déchets secs (carton, feuilles mortes, paille, branchettes et brindilles, serviettes en papier…) pour aérer le compost.
3. La Température : Le Thermomètre de l'ActivitéPour que des déchets organiques, notamment alimentaires, se transforment en compost, il faut que la matière atteigne une certaine température, pendant un certain temps. C’est ce qu’on appelle le couple « temps-température ». Un parfait suivi du couple temps-température permettra de valoriser tous les déchets alimentaires en compost, y compris les sous-produits animaux (SPAN3). Une grande fluctuation de la température se produit tout au long de l’opération de transformation organique, allant de la température ambiante à une température de 55 à 70 °C. Chaque variation de température est caractérisée par une phase bien déterminée. Il faudra contrôler ces températures à chacune de ces étapes pour ne pas rater l’engrais naturel. Une température trop basse est susceptible de compromettre le bon rapport carbone azote (C/N) du compost. Pour maintenir une température suffisante, il faut trouver un équilibre entre l'aération, sans aller dans l'excès.
4. L'Emplacement du Composteur : Le Cadre IdéalUn bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche. Le bon emplacement est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche.
La Maturité du Compost et Son Utilisation
Le compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, l’humus et s’effrite facilement. Il peut être mûr au bout de 5 à 6 mois au printemps/été ou 9 à 12 mois en automne/hiver s’il est bien isolé et retourné régulièrement. Certains composteurs permettent même la réalisation d’un compost de qualité en 4 à 6 semaines seulement. Un compost mûr est sans odeur, de couleur foncée et grumeleux. Ce résultat s’obtient au bout d’une durée de 6 mois environ. On reconnaît un compost mûr lorsque les déchets ne sont plus reconnaissables et les vers rouges peu nombreux.

Lorsque le compost est prêt, il devient un amendement parfait pour le jardin et le potager. Incorporez-le alors au pied des plantes ou dans les trous de plantation. Attention à ne pas l’enterrer mais à l’incorporer de façon superficielle. Il faudra éventuellement remouiller un peu le tout en le mélangeant « à la fourche légère ». Les périodes les plus propices à l’utiliser du compost sont l’automne et le printemps car c’est quand les vers sont le plus actifs, mais il est tout à fait possible d’en utiliser tout au long de l’année. Le compost, une fois terminé, sera utilisé comme amendement de sol.
Tamisage du compost :Lorsque le compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Il est possible de les récupérer en tamisant le compost. Il suffit de les réincorporer ainsi dans le prochain tas de compost. Une simple caisse en plastique trouée peut faire office de tamis pour des quantités familiales.
Compost immature comme paillage :Il est possible d’utiliser le compost avant la fin de la maturation en tant que paillage.
Les Différentes Approches du Compostage
Le compostage peut prendre différentes formes, adaptées aux besoins et aux contraintes de chacun.
1. Le Compostage DomestiqueRéalisé directement dans votre jardin ou sur votre balcon, le compostage domestique est un geste écocitoyen. Il permet de réduire l’empreinte écologique des déchets alimentaires ménagers et de rendre à la terre ce qu’elle nous a donné.
- Compostage en tas pour les grands jardins : Il s’agit de regrouper les déchets organiques à même le sol dans un endroit à l’abri du vent et à l’ombre.
- Le bac à compost pour les plus petits espaces : Cette pratique nécessite l’utilisation d’un composteur, appelé aussi bac à compost ou à silo. L’avantage est que le bac protège des aléas climatiques et des animaux et qu’il n’encombre pas trop. Il existe des composteurs pour tous types de logement : les composteurs de jardin, les composteurs de balcon ou encore les composteurs d'appartement.
- Lombricompostage pour les balcons ou appartements : Cette technique consiste à composter les déchets dans des bacs grâce à des lombrics.
Fabriquer un composteur maison :Il suffit de se procurer quatre palettes en bois non traité, de les placer debout en carré et de les relier les unes aux autres avec du fil de fer. L’idéal est d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément. Pendant qu'un bac termine sa fermentation en compost, il est possible de remplir le second et ainsi de suite ! Pour ceux qui désirent composter une petite quantité de déchets, il est possible de creuser un trou directement dans la terre, une tranchée de 20 cm de profondeur et d’une largeur correspondant à la quantité de déchets souhaitée. Il faut ensuite couvrir de paille ou d’un plastique noir et maintenir humide comme pour un compost normal.
2. Le Compostage Partagé (de Proximité)Il s’agit du compostage de quartier, réalisé à proximité des immeubles. De nombreuses initiatives existent, certaines mairies proposant des composteurs gratuits de jardin, d’autres des lombricomposteurs pour les particuliers, ou du compostage de pied d’immeuble, parfois du compostage de quartier voire du compostage en collecte en porte à porte. En 2024, toutes les collectivités auront l’obligation de proposer une solution, ce qui ouvre la voie à de nouvelles solutions comme celles d'UpCycle.
3. Le Compostage Industriel et ÉlectromécaniqueLe compostage industriel est un procédé naturel de revalorisation des déchets organiques en grande quantité. En 2006, l’ADEME recensait 820 plateformes de compostage en France qui traitaient environ 6 millions de tonnes de déchets par an. Avec la généralisation du tri à la source des biodéchets au plus tard le 1er janvier 2024, ce chiffre est appelé à croître.
- Compostage en andain : Souvent, le compostage industriel se fait via de grandes plateformes en andain. Les matières fermentescibles sont placées en andain (en bande continue) ou en tas sont retournées, ventilées et arrosées pour activer le processus de dégradation.
- Compostage électromécanique : Le compostage électromécanique est reconnu comme l’un des modes privilégiés de valorisation des biodéchets. Les biodéchets sont compostés dans des composteurs électromécaniques. Le côté « industriel » optimise l’hygiène, réduit les nuisances et permet un compost de qualité. Ces composteurs ont les bienfaits des composteurs type bacs bois : très économes, ultra locaux, ils sont un support d’animation et de connexion des habitants aux enjeux du vivant. Le composteur rotatif mécanique Ridan est un exemple de matériel distribué.
- Gestion des odeurs : Pour garantir une utilisation sans odeur désagréable, différents systèmes sont proposés selon la nature de l’odeur et la sensibilité au sujet.
- Suivi à distance : Des solutions permettent de suivre la machine à distance 7j/7 et de changer la programmation si nécessaire.
- Différence avec les déshydrateurs/sécheurs : Certaines machines, nommées déshydrateur ou sécheur, promettent des résultats rapides mais produisent du déchet sec et non du compost. Tous les processus qui durent moins de 48 heures, même avec l'ajout de bactéries, champignons ou levures, sont assimilés à des processus de séchage, car la matière ne sera fondamentalement pas transformée. Le séchât est le résultat du séchage des déchets, qui sont chauffés pour retirer l'eau en 12 à 48 heures, réduisant le volume de 90% mais restant un déchet déshydraté. Légalement, le séchât doit être composté ou méthanisé ensuite et ne peut être épandu directement au sol. Il est important de ne pas confondre les séchats avec du compost.
Compostage vs. Méthanisation : Deux Voies de Valorisation Organique
Les traitements biologiques des déchets reposent sur des phénomènes de dégradation de matières organiques observés à l’état naturel. Cette dégradation peut se faire en présence d’oxygène (aérobie), c'est le compostage, ou en son absence (anaérobie), on parle alors de méthanisation. Dans les deux cas, elle met en action des micro-organismes.
Le Compostage :Principe très ancien, le compostage aboutit à la transformation des déchets organiques en compost, une matière humide, assainie, riche en matière organique et non nauséabonde. Le compostage a plusieurs objectifs : stabiliser le déchet, diminuer sa masse et produire un amendement organique utilisable sur les sols agricoles. La réaction chimique en cause provoque la libération de dioxyde de carbone (CO2), d’eau et de chaleur. Une première phase qui va de quelques jours à quelques semaines permet d’entamer la biodégradation. Des bactéries et champignons déjà présents dans les déchets minéralisent les sucres, lipides et protéines en consommant de l’oxygène et en dégageant de la chaleur. La seconde phase peut durer plusieurs mois et permet de finaliser la transformation de la matière organique en humus. Cette maturation confère à la matière organique les propriétés de la matière humique rencontrées naturellement dans les sols. Dans le cas du compostage, l’aération est primordiale pour apporter l’oxygène nécessaire à l’activité microbienne. Le compostage est donc souvent réservé à des déchets solides pas trop humides même si un minimum d’humidité est nécessaire au traitement. Le paramètre température évolue au cours du traitement. Les réactions biologiques provoquent la montée en température qui peut atteindre 65°C et permet par conséquent d’éliminer la plupart des germes pathogènes. Au cours du traitement, le pH évolue également pour se stabiliser à hauteur de la neutralité pendant la phase de maturation. La proportion de carbone et d’azote disponible dans les déchets est aussi un facteur de suivi. Au départ, il dépend de la caractéristique des déchets et diminue au cours du traitement. Le compostage est jugé optimal lorsque le rapport carbone/azote est compris entre 40 et 70. Le mélange de plusieurs déchets permet d’obtenir un rapport C/N optimum.

La Méthanisation :La méthanisation est un processus de digestion anaérobie de la matière organique très répandue dans la nature et notamment dans les marais ou encore les intestins des animaux. Elle peut répondre à un double objectif car elle permet à la fois de produire de l’énergie et de stabiliser les déchets. En effet, ce processus aboutit à la production d’un produit humide riche en matière organique partiellement stabilisée appelé digestat et d’un biogaz, mélange gazeux composé d’environ 50 à 70% de méthane (CH4), de 20 à 50% de gaz carbonique (CO2) et de quelques gaz traces (ammoniac, azote, sulfure d'hydrogène). Ce biogaz peut être valorisé énergétiquement par combustion sachant qu'un m3 de biogaz équivaut à 6 kWh (contre 10 kWh pour un litre de fioul).De la même manière que pour le compostage, la biodégradation de la matière organique est due à l’activité de micro-organismes. L’écosystème microbien est complexe et fonctionne en l’absence d’oxygène. La méthanisation doit donc s’effectuer en système fermé (digesteurs). Contrairement au compostage, la digestion méthanique nécessite la maîtrise d'un processus complexe. Trois groupes bactériens spécifiques sont nécessaires à la réalisation des quatre étapes biochimiques que sont l’hydrolyse, l’acidification, l’acétogénèse et la méthanogénèse. Pour que la dégradation ait bien lieu, il est nécessaire de maintenir une température de 30 à 35°C dans les digesteurs car contrairement au compostage les réactions ne sont pas exothermiques. Le pH doit être maintenu autour de la neutralité, tandis que l’oxygène est banni. Il faut donc éviter les entrées d’air et travailler par exemple en conditions noyées. La méthanisation est donc un procédé particulièrement adapté aux déchets fortement humides. Une agitation est toutefois nécessaire pour éviter la flottation ou la décantation d’une partie des déchets. À la fin du traitement, le digestat est le plus souvent composté pour terminer sa maturation. La digestion anaérobie se déroulant dans des réacteurs fermés, les émissions dans l'air sont nettement inférieures et plus simples à contrôler que celles qui proviennent du compostage.
🍂 Compost pour les débutants : 5 étapes pour bien le réussir ! 🍌
L'Impact du Compost sur la Fertilité des Sols et l'Environnement
Le compost est un élément essentiel à la fertilité d’un sol. Le compost, une fois terminé, sera utilisé comme amendement de sol. Les propriétés formidables du compost sont principalement dues à la formation des complexes argilo-humiques.
Bénéfices pour le sol :Le compost est une matière humide, assainie, riche en matière organique. Il allège la terre et permet des économies d'engrais, de terreau et d'eau. La valorisation organique des déchets biodégradables permet de produire un compost ou un digestat. Du fait de leur teneur importante en matière organique et en éléments nutritifs essentiels au développement des cultures, ces matières peuvent ensuite être utilisées en agriculture pour fertiliser les sols en remplacement des engrais minéraux. En France, 62 % des composts produits sont utilisés par l’agriculture, le secteur des grandes cultures étant le plus gros consommateur.
Réduction des déchets :Composter permet de réduire les déchets (de cuisine et de jardin) et d'éviter les transports jusqu’à la déchetterie pour s’en débarrasser. Les déchets organiques représentent 40 à 60% de nos ordures ménagères. Le recyclage des déchets et leur transformation en compost représente une ressource encore largement sous-exploitée. Réduire le volume de déchets organiques à traiter par la collectivité tout en produisant un fertilisant naturel, voilà le rôle principal du compost.
Impact environnemental :Le compostage de déchets organiques, notamment les déchets alimentaires encore trop peu valorisés, contribue massivement à la préservation de la planète. Cette action permet de réduire l’empreinte écologique des déchets alimentaires ménagers et de rendre à la terre ce qu’elle nous a donné.
tags: #compost #transformation #chimique