Le Compostage des Fleurs Mâles de Cèdre : Un Guide Complet

Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques en un terreau riche, d'excellente qualité et 100% naturel, un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin, un fertilisant d'excellente qualité et 100 % naturel. Il allège la terre et permet des économies d'engrais, de terreau et d'eau. Composter, c’est recycler les déchets verts du jardin et de la maison en les amassant en tas pour qu’ils se décomposent dans un composteur. Ce processus permet de réduire nos déchets (de cuisine et de jardin) et d'éviter les transports jusqu'à la déchetterie pour s'en débarrasser.

Schéma des étapes du compostage

Le mot "compost" signifie "Engrais composé". C’est un fertilisant à base de déchets d’origine végétale ou animale. Une fois décomposée par des micro-organismes (bactéries, champignons), mélangée et mise en tas, cette matière organique produit un engrais de qualité totalement naturel qui nourrit vos plantes, les rend plus saines et plus résistantes aux maladies. C’est l’engrais le plus équilibré : plus vous compostez d’éléments différents plus votre compost sera complet (matières vertes, déchets bruns, déchets humides et matières sèches). Ces réactions nécessitent de l'oxygène et dégagent de la chaleur.

Les Mystères du Cèdre et son Cycle de Vie

Le genre Cedrus compte quatre espèces, dont trois méditerranéennes (cèdre du Liban, cèdre de l’Atlas, cèdre de Chypre) et une de l’Himalaya occidental (le cèdre de l’Himalaya). Ce sont de grands arbres dont la disposition est similaire au mélèze, avec des rameaux courts et leurs aiguilles rassemblées en rosettes, mais celles-ci sont persistantes. Les cônes se désarticulent comme ceux du sapin à l’âge mature.

Effectivement, dans la famille des pinacées, le genre Cedrus est le seul dont les fleurs apparaissent en automne, début septembre pour les fleurs mâles et fin septembre pour les fleurs femelles. Le pollen partant des chatons (fleurs mâles) vole en tous sens durant les mois de septembre et octobre pour féconder sur le même sujet les cônes femelles pour donner deux ans plus tard de jolis cônes à maturité, en forme ovoïde et lisses, prêts à tomber au sol pour qu’un nouveau cèdre pousse. Certaines plantations ne sont faites que pour la production de graines, c’est l’arboriste grimpeur qui se charge souvent de cette mission de récolte pour le compte de l’ONF ou d’entreprises privées grainetières. Pour les chanceux propriétaires de cèdre, inutile de vous préciser que pendant ces deux mois, les élagueurs évitent d’y grimper pour ne pas risquer l’étouffement. Il est plus pénible à travailler dans ces nuages polliniques, on préférera donc avant ou après cette période. Cette poudre jaune représente l’avenir, et un de ces petits grains peut devenir un de ces géants végétaux pouvant atteindre 25 mètres de haut. Le cèdre le plus haut de France fait 34,60 mètres et est tricentenaire.

Le Compostage des Chatons de Cèdre : Opportunités et Précautions

Les chatons de cèdre, qui sont les fleurs mâles, peuvent être incorporés au compost. Cependant, il est crucial de les mélanger dans le compost à condition que leur volume ne dépasse pas 20 % de l’ensemble, et que le pH du tas reste neutre. Les déchets de conifères, de manière générale, mettent du temps à se décomposer et ont tendance à acidifier un tas de compost. Il est très difficile de se débarrasser des tailles de cyprès ou d’une haie de thuyas; mieux vaut les déposer dans une déchetterie si leur volume est trop important.

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Comprendre le Processus de Compostage

Deux phénomènes se succèdent dans un processus de compostage :

  • Le processus de dégradation, amenant les résidus à l'état de compost frais, est une dégradation aérobie intense : il s'agit essentiellement de la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50 à 70 °C) sous l'action de bactéries et en présence d’oxygène.
  • Le processus de maturation est caractérisé par une dégradation moins soutenue.

Dans tous les cas, la règle d'or est de maintenir l'équilibre entre : déchets verts (tonte de gazon, fruits et légumes gâtés, épluchures), déchets bruns (broyats de bois sec, de taille), matières sèches et déchets humides.

Les Différentes Méthodes de Compostage

Il existe plusieurs méthodes pour composter, chacune ayant ses spécificités.

Le Compostage en Tas

Le compostage en tas est la méthode la plus simple et la plus rudimentaire. Il s'agit d'amasser les déchets organiques en un monticule directement sur le sol. Un bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche. Le fond de votre bac à compost doit rester en contact avec le sol car c’est une source directe de micro-organismes (comme les lombrics) indispensables à la réussite de votre compost. L’idéal est d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément. Pendant que vous laissez un bac terminer sa fermentation en compost, remplissez le second et ainsi de suite !

Pour ceux qui désirent composter une petite quantité de déchets, vous pouvez creuser un trou directement dans la terre. Creusez une tranchée de 20 cm de profondeur et d’une largeur correspondant à la quantité de déchets que vous souhaitez. Couvrez de paille ou d’un plastique noir et maintenez humide comme pour un compost normal.

Le Compostage en Silo

Les composteurs en silo sont des structures conçues pour contenir les déchets et faciliter le processus de décomposition. Vous pouvez utiliser les silos du commerce ou le construire vous-même avec des planches de bois ou du grillage. Retrouvez tous nos composteurs en ligne sélectionnés par les experts Gamm vert pour composter en silo les déchets de votre jardin.

Le compostage en silo permet de produire beaucoup de compost d'un coup. Il permet aussi de faire un substrat riche lors du repiquage des plants. Il faut attendre au moins 6 mois pour utiliser le compost en silo la première fois, puis 2 à 3 mois quand le processus de décomposition est déjà enclenché.

Le Compostage de Surface

Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes. Un gain en temps et en fertilité, alors pourquoi s’en priver ? Il consiste à venir directement déposer les déchets organiques sur les planches de cultures. Cela revient à reproduire un cycle bien connu de la nature, celui de la matière organique : une plante pousse, meurt, et tombe au sol. Puis elle se décompose, améliorant ce dernier au passage. Vos déchets organiques sont déposés à même le sol du potager et recouverts (dans la majorité des cas) par un paillage pour garder un côté esthétique.

Cette pratique un peu déroutante au premier abord, va produire des effets spectaculaires sur votre terre. Une fois que vous l'aurez essayée, vous ne pourrez plus vous en passer. En fait, c'est très simple : composter en surface, c'est déposer des déchets végétaux directement sur le sol de son potager. Ces déchets végétaux vont se décomposer sur place, ce qui va fertiliser et améliorer la terre. C'est la même chose qui se passe dans la nature : les brindilles sèches et les feuilles mortes se décomposent sur place chaque hiver. Et au printemps, les plantes repoussent de plus belle, d'année en année.

Exemple de compostage de surface dans un potager

Vous pouvez le faire toute l'année, et c'est même recommandé pour garder un sol vivant. Mais il y a deux occasions propices pour commencer :

  • Après une culture : quand la récolte d'un légume est terminée (haricots verts par exemple), au lieu d'arracher les tiges et de s'en débarrasser, coupez-les au ras du sol et dispersez-les sur place, après les avoir découpées si besoin en morceaux plus petits.
  • En automne, préparez le potager à passer l'hiver en couvrant toutes les parcelles du potager avec un mélange de feuilles mortes et d'autres déchets végétaux du jardin.

N’oubliez pas qu'à chaque fois que vous cueillez un légume (un poireau, des radis), vous pouvez au même moment enlever les parties que vous ne mangerez pas (les pointes vertes du poireau, les fanes des radis) et les remettre sur le sol.

Le compostage de surface offre plusieurs avantages :

  • Garder une bonne terre de potager, riche en humus. Si vous complétez le compostage en surface avec une bonne couche de paillis en été, il ne sera plus nécessaire d'ajouter d'engrais pour faire pousser de beaux légumes. La structure du sol va s'améliorer et devenir grumeleuse, facile à cultiver.
  • Le sol est ensemencé en micro-organismes participant à la biodiversité. Un équilibre naturel va se créer et les attaques de ravageurs ou les développements de maladies vont s'auto-réguler.
  • Moins de travail : terminée la corvée de nettoyage des restes de culture, terminée l'évacuation des mauvaises herbes. Maintenant, tout est coupé et laissé sur place.

Cependant, il y a quelques situations où il vaut mieux ne pas faire de compostage de surface :

  • Pendant l'hiver avec les sols très argileux, où il vaut mieux semer un mélange d'engrais verts.
  • Au début du printemps afin de laisser les rayons du soleil réchauffer le sol.
  • Pour des cultures qui n'aiment pas l'humidité (ail, échalote et oignon).

Une chose importante à savoir : on peut tout à fait utiliser des restes de plantes atteintes par des maladies (en particulier le mildiou de la tomate) pour couvrir le sol. En effet, toutes ces maladies ne survivent pas à la décomposition des matières sèches. Si vous y tenez, vous pouvez toujours les mettre sur une planche de culture où vous n’implanterez pas de tomates la prochaine saison.

Pour le compostage de surface, quantité de possibilités s'offrent à vous : après une récolte, découper en morceaux les tiges des tomates, haricots, pois, courgettes ; toutes les fanes de légumes (betteraves, radis, choux, carottes, salades). Si vous trouvez que ça fait moche par terre, recouvrez-les avec un autre paillis ! Les tontes de pelouse (en couche fine et sèche), les mauvaises herbes arrachées, certaines plantes intéressantes par leurs propriétés : ortie, consoude, aneth, bourrache ; du BRF (bois raméal fragmenté) : tailles broyées d'arbustes ; du compost venant de son composteur (eh oui !). Et si vous n'avez pas assez de déchets végétaux, cultivez-les sur place avec les engrais verts !

L'épaisseur du couvert végétal dépend de la grosseur des débris végétaux : faible épaisseur (2 à 3 cm) pour les débris fins et humides (tontes de pelouse), forte épaisseur (jusqu'à 10 cm) pour les restes plus grossiers (tiges de haricots, de courges, de tomates). Il faut toujours veiller à ce que le sol puisse respirer. On évitera donc les paillis trop denses ou trop épais.

Après quelques saisons de pratique du compostage en surface, vous devriez pouvoir réduire de beaucoup le travail de votre sol, car la terre restera meuble en permanence, comme la litière d'une forêt. Si ce n'est pas encore le cas, vous allez simplement aérer la terre avec une fourche-bêche ou une grelinette. Le but est juste de décompacter le sol en dérangeant le moins possible la vie qui s'y est installée.

Pour mettre en place une nouvelle culture, préparez la parcelle de la façon suivante : écartez le paillis végétal dans un coin à l'aide d'un râteau (ne soyez pas tenté de l'incorporer à la terre car dans ce cas, la décomposition mobiliserait des bactéries et de l'azote, tous deux nécessaires à la croissance des légumes), procédez au semis ou à l'installation des plants, remettez en place le paillis entre les rangs, de manière progressive pour ne pas étouffer les jeunes pousses de légumes.

Le compost de surface génère moins de chaleur, de vapeur d’eau et de gaz que le compost en tas. Ainsi, il est possible de mettre toutes les matières organiques (déchets de cuisine, restes de culture non malades, feuilles mortes, tontes, broyat) directement dans les plates-bandes. On peut essayer de casser et couper un peu les déchets les plus gros comme les restes de plants, mais à peine. Cette méthode a le mérite de la simplicité : vous minimisez les interventions et retirez un maximum de votre matière organique. En effet, les éléments compostent alors directement en place en nourrissant directement la vie du sol là où vous cultivez. Les jus de compost très riches en éléments partent bien dans les zones de culture. En revanche, forcément, on n’a pas d’hygiénisation du tas de compost par cette montée en température. À noter aussi que si vous avez des problèmes de rongeurs, c’est une pratique à éviter car vous nourrissez le problème.

Le compostage de surface ne détruit pas les adventices et leurs graines. Il ne subit pas de montée en chaleur qui permet de « nettoyer » le compost plus classique. Le climat peut aussi parfois vous inciter à mieux valoriser vos déchets en tas où vous pourrez gérer aux petits soins le taux d’humidité. Pour faire un mix entre les deux, il existe aussi le compostage en tranchée. Il suffit de creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de venir le remplir de matière organique. Cela permet d’enrichir un rang de légume disposé à côté par exemple, c’est une méthode éprouvée. Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo.

Le Compostage en Tranchée

Cette méthode est un compromis entre le compostage en tas et le compostage de surface. Elle consiste à creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et à la remplir de matière organique. Cela permet d’enrichir un rang de légume disposé à côté par exemple, c’est une méthode éprouvée.

Illustration du compostage en tranchée

Les Conditions Essentielles pour un Compost Réussi

Pour un compost 100% naturel, utilisez les déchets verts de la maison (fruits et légumes) et du jardin. Utilisez des matériaux variés et broyés (les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux) en mélange équitable secs (bois, rameaux, feuilles mortes) et humides (encore verts). La diversité des déchets utilisés fait du compost le meilleur engrais organique.

L'Aération

L’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. La mauvaise aération du tas de compost est la principale raison d’un compostage lent, partiel, hétérogène ou mal odorant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas. Pour cela, mélangez le tas le plus souvent possible (toutes les 4 à 6 semaines) pour bien aérer le tout.

Les bactéries responsables de la dégradation du compost doivent être dans des conditions aérobies, c'est-à-dire en présence d’oxygène pour pouvoir respirer. En dégradant, elles produisent de la chaleur. Il est important de bien aérer le tas de compost pour apporter l’oxygène aux bactéries et pour maintenir une température autour de 70°C. Attention, le premier mélange ne doit être réalisé que 2 à 4 semaines après la mise en tas des déchets. Avec un outil adapté comme l'aérocompost, formez des puits d'air dans le compost. Vous pouvez aussi en profiter pour y incorporer des activateurs naturels (urine, fumier de volaille, poudre d’algue, poudre d’os marine) qui stimulent l’activité. Astuce : Ajoutez de la terre en guise de levain, et un lit de branchage pour l’aération.

L'Humidité

Il est important de contrôler l’humidité de votre compost. Pour vérifier qu’il est satisfaisant, comprimez une poignée de compost dans votre main. Si le compost est trop sec et que l'apport de déchets humides n'est pas suffisant, les bactéries meurent et seuls les champignons continuent à travailler. Vous verrez alors apparaître des filaments mycéliens blancs. Dans ce cas, arrosez votre compost. Vérifiez également que l’aération n’est pas trop importante (espace entre les planches), que l’emplacement n’est pas trop venteux. Vous pouvez couvrir votre tas de compost avec une bâche après l’avoir arrosé, elle gardera l’humidité.

Attention à l’inverse de ne pas trop humidifier votre compost. Un excès d'eau diminue la quantité d'air disponible dans le volume de compost. Les bactéries aérobies (qui ont besoin d’oxygène) sont remplacées par des bactéries anaérobies (qui n’ont pas besoin d’oxygène) qui dégagent des gaz et engendrent des odeurs désagréables. Dans ce cas, pensez à bien le mélanger pour éviter que certaines zones à l’intérieur ne soient trop humides. Pensez également à découvrir votre tas par temps sec pour augmenter l’aération. Si le taux d’humidité est vraiment trop important, étalez (par temps sec) sur le sol une partie du compost durant quelques heures afin de l'aérer, puis remettez-le dans le bac à compost.

L'Équilibre Carbone/Azote

Pour bien maîtriser ce paramètre qui ne semble pas forcément évident, il suffit de regarder la consistance de ce que l'on met en paillage. Tout ce qui est tendre et humide contient majoritairement de l'azote (tonte, déchets de cuisine, reste de cultures). À l'opposé, tout ce qui est sec, dur et ligneux contient du carbone (bois, broyat, paille). Retenez simplement qu'il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu'ils se bonifient les uns les autres. L'un apporte de l'eau, de l'azote, pendant que l'autre apporte du carbone et aère l'ensemble.

Où Placer son Composteur ?

Un bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche. Le lieu idéal pour installer le composteur doit être facile d’accès, afin d’y apporter déchets et matériaux, et l’espace devant ou sur les côtés être suffisant pour pouvoir le retourner. Il sera à l’abri du vent et à la mi-ombre, plus encore dans votre région pour éviter un dessèchement trop rapide des matières. Une ombre totale, comme celle projetée par un mur, est à proscrire, au risque d’avoir un taux d’humidité trop élevé.

En règle générale, il n’y a aucune contre-indication à placer sous un arbre, comme votre olivier, un composteur, surtout si c'est un modèle fermé.

Choix de l'emplacement du composteur

Quand le Compost est-il Prêt ?

Le compost peut être mûr au bout de 3 à 6 mois au printemps/été ou 6 à 9 mois en automne/hiver s’il est bien isolé et retourné régulièrement. Certains composteurs permettent même la réalisation d’un compost de qualité en 4 à 6 semaines seulement ! Pour un compost bien décomposé, pensez à alterner entre deux couches avec un activateur à compost.

Le compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, l’humus et s’effrite facilement. Le compost doit sentir bon l'humus, le sous-bois et non le gazon entassé. La température du compost commence à baisser une fois qu'il est bien décomposé. Les fourmis et les lombrics investissent alors le tas. Le résultat final doit être un compost friable, dont les déchets initiaux ne sont plus identifiables ! Retirez-le par la base et incorporez-le au pied des plantes ou dans les trous de plantation. Attention à ne pas l’enterrer mais à l’incorporer de façon superficielle. Épandre 30 à 70 kg de compost pour une surface de 100m², trois fois par an. À la fin du compostage, le tas aura perdu 2/3 de son volume initial, mais il sera concentré en éléments nutritifs.

Astuce : Si vous n’avez pas obtenu suffisamment de compost pour l’ensemble de votre jardin, n’hésitez pas à le compléter par du terreau commercial prêt à l’emploi.

Le Tamisage du Compost

Lorsque votre compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Vous pouvez les récupérer en tamisant votre compost. Réincorporez-les ainsi dans le prochain tas que vous ferez.

Les Matières à Composter et à Éviter

Pour un compost 100% naturel, utilisez les déchets verts de la maison (fruits et légumes) et du jardin. Utilisez des matériaux variés et broyés (les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux) en mélange équitable secs (bois, rameaux, feuilles mortes) et humides (encore verts). La diversité des déchets utilisés fait du compost le meilleur engrais organique.

Matières à Mettre au Compost :

Au jardin :

  • Feuilles mortes broyées
  • Tonte d'herbe fraîche
  • Herbes séchées
  • Fleurs fanées, même celles du fleuriste
  • Plantes d'appartement
  • Bois de taille broyé, sciures et copeaux
  • Aiguilles de conifères (en quantité limitée pour éviter l'acidification)
  • Mauvaises herbes non grainées, dont les orties entières avant floraison
  • Mousse du gazon retirée au scarificateur

À la maison :

  • Déchets et épluchures de légumes et de fruits
  • Peaux d'agrumes broyées (en petite quantité)
  • Restes de repas (sans viande, ni graisse)
  • Feuilles de thé et sachets de thé
  • Marc de café avec le filtre
  • Croûtes de fromage, couenne de jambon
  • Coquilles d’œufs, de noix, de moules broyées
  • Pomme de terre flétrie broyées
  • Graisses, huiles de cuisine (en petite quantité)
  • Papier essuie-tout (mouillé)
  • Papier, journaux, cartons (en morceaux)
  • Tissus naturels tels le coton et le lin (broyés)

Concernant les feuilles, pour que le compost ne soit pas acide, éviter d’y incorporer des aiguilles de pin ou d’autres ramures de conifères en grande quantité. L’idéal serait de broyer les feuilles avant. Plus coriaces, celles du hêtre, du frêne, de l’érable ou du châtaignier prendront du temps à se transformer. Les feuilles de châtaignier, comme celles du chêne, sont riches en tanins : elles mettent plus longtemps à se décomposer. L’idéal serait de broyer les feuilles avant. Comme elles sont très humides et acides, puisqu’elles contiennent de l’acide oxalique, il faudra compenser avec des déchets bruns et secs, brindilles ou feuilles sèches. Au compost, les feuilles de rhubarbe perdent leurs vertus insecticides. En faisant attention aux déchets que l'on apporte régulièrement, ce n’est pas quelques feuilles sur un gros tas de compost qui vont déséquilibrer la décomposition en cours ! Le compostage des feuilles de figuiers ne présentera plus de risque de brûlures sur la peau (furocoumarines), et le compost sera excellent pour peu que soit équilibré le rapport carbone/azote.

Quant aux mauvaises herbes, les racines de liserons ou de chiendent sur le compost envahissent le tas en peu de temps. Il est préférable de les arracher et de les laisser sécher au soleil ou mieux de les incinérer, car la cendre est un excellent engrais. Pour les annuelles peu problématiques, vous pouvez les laisser croître jusqu’à ce qu’elles gênent les cultures. Par la suite, vous les coupez au collet avec un opinel par exemple. C’est tout ! Toutes ces adventices relâcheront des minéraux dans le sol après leur décomposition.

Les pommes pourries peuvent être mises au compost, à conditions de ne pas en mettre une quantité telle que l’ensemble de votre tas de compostage ou votre composteur s’en trouverait déséquilibré. Les fruits - que nous recommandons d’écraser ou de couper en morceaux - dégagent énormément de gaz éthylène, qui va contribuer à activer la décomposition des déchets. Cela devrait solliciter la présence de nombreux moucherons. Ils ne représentent aucun risque pour vous ou votre jardin et participent à la transformation de ces fruits avec les matériaux en présence. Pour éviter ce qui peut apparaître comme un désagrément, apporter un peu de sciure de bois avec les fruits, des paillettes de lin, de la paille, des feuilles mortes.

Les déchets de taille peuvent être mis au compost. Tout est une affaire de proportion dans la composition du tas de compost. Quels que soient les déchets, en faire des petits morceaux pour réduire le volume du compost, accélérer sa décomposition et faciliter son utilisation lorsque qu'il est apporté dans le sol.

Le fumier de lapin est excellent, seul ou mélangé au compost. Riche en azote mais point trop, c’est une source de matières organiques dont il serait dommage de priver le potager, les plates-bandes ou les arbres fruitiers. Il est aussi bon que du fumier de cheval ou de mouton. Mais attention, comme eux, c’est un fumier chaud : il se décompose vite en dégageant beaucoup de chaleur mais cela ne dure pas longtemps. Il ne faut donc pas le mettre en contact direct avec les racines qu’il brûlerait littéralement. Le mélanger au compost est une excellente solution. Cela lui laisse le temps de bien se décomposer pendant plusieurs mois. Alterner fumier de lapin, épluchures de légumes, tontes de gazon, etc.

Contrairement aux idées reçues, les fientes de poules affichent un pH qui varie de 8 à 9 : elles sont donc légèrement basiques. C’est même un excellent amendement pour une terre dont le pH est inférieur à 7. Complétées par des coquilles d’œufs, elles vont permettre d’enrichir ce type de sol en calcaire. Pour le reste, si vous avez des déchets acides (feuilles de châtaignier, de noyer…), l’apport de chaux ou de cendre peut s’avérer utile. Mais attention : la chaux nuit aux micro-organismes qui sont responsables de la décomposition des matières végétales. Elle risque par conséquent d’augmenter la durée de ce processus de dégradation.

Les coquilles d’œufs finement broyées et le marc de café peuvent entrer dans la composition d’un tas à composter, mais seuls, ils ne permettront jamais d’obtenir un bon compost.

Si les laitues n’ont subi qu’un coup de froid, elles peuvent être récupérées. Il suffira de les ramasser et de les placer quelques heures dans un local non chauffé, mais hors gel. Elles devraient vite retrouver un meilleur aspect. On peut également les mettre à tremper dans de l’eau fraîche.

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Matières à Ne Pas Mettre au Compost :

  • Les plantes susceptibles de porter des maladies (rosiers et arbres fruitiers).
  • Les mauvaises herbes en fleurs ou en fruits (sauf pour le compostage de surface si on gère bien la non-propagation).
  • Toutes parties malades d'une plante : feuilles, tiges, fruits.
  • De façon générale, éviter les matériaux qui se décomposent difficilement.
  • Terre, sable et cendre de charbon.
  • Gros bois, bois traité, bois exotique.
  • Plantes malades.
  • Tailles de thuyas et autres conifères (en grande quantité, car difficiles à décomposer et acidifiants).
  • Cendres de bois (en grande quantité, car elles peuvent perturber l'équilibre du pH et ralentir la décomposition).
  • Toutes plantes grainées (risque de propagation des mauvaises herbes).
  • Litières non biodégradables.
  • Viandes, poissons.
  • Produits laitiers (peuvent attirer les nuisibles).
  • Plastiques, métaux, verres (utilisez vos poubelles de tri).
  • Papier glacé, imprimé ou coloré.
  • Langes jetables.
  • Poussières de sac d'aspirateur et balayures.
  • Tissus synthétiques tel le nylon et le lycra.
  • Tous les produits chimiques.
  • Huile de vidange.

Remarque : Les fumiers doivent être utilisés bien décomposés, car frais, ils sont riches en éléments solubles trop concentrés pour la croissance des plantes.

Le Matériel Indispensable pour un Bon Compostage

Pour réussir votre compost, certains outils sont particulièrement utiles :

  • Une brouette pour transporter les déchets jusqu'au tas de compost.
  • Un récipient de petite taille pour récupérer les déchets de la maison.
  • Un broyeur pour couper les déchets en petits morceaux et faciliter le travail de fermentation des micro-organismes.
  • Un ou deux silos à compost ou composteurs.
  • Une fourche pour remuer et aérer régulièrement le tas de fumier.
  • Un thermomètre de couche pour observer l’évolution de la température au cœur du compost. Des thermomètres spécialisés vous indiquent la température au centre de votre tas de compost, traduisant ainsi l’activité qui y règne. Si la température est trop élevée, n’hésitez pas à aérer votre compost.

Outils de compostage essentiels

Entretien du Composteur

L’entretien de l’outil en lui-même n’est pas compliqué si la mise en œuvre est correcte, mais dépend essentiellement du matériau dont il est constitué. En bois ou en matière synthétique, le composteur ne doit jamais être “désinfecté” ou recevoir des applications d’insecticides ou de fongicides, cuivre ou soufre. Celui en bois peut recevoir un passage d’huile de lin au pinceau, côté extérieur, tous les 2 ans.

Comparaison entre Compost et Terreau

Terreau et compost sont deux sources de matières organiques parfaitement utilisables au potager. Le compost fait maison vaut bien les terreaux du commerce s’il est bien décomposé et donc fait dans les règles de l’art. Gratuit et réalisé sur place, il est avantageux. Les terreaux du commerce sont généralement de bonne qualité, “l’universel” étant en général le moins élaboré. Les terreaux de feuilles sont excellents au potager. Ceux qui contiennent des algues également. Par contre, sont déconseillés au potager les terreaux acides (recommandés pour les plantes de terre de bruyère) et les terreaux spéciaux (pour orchidées ou pour plantes aquatiques). Bon terreau et bon compost sont de couleur foncée et sentent bon l’humus forestier.

Un compost issu d'une déchetterie mélangé à votre terre est tout de suite assimilable par vos fleurs et légumes.

Conserver son Compost

Il n’y a pas de réponse précise à cette question. Comme toute chose vivante, et un peu à la manière du vin, le compost connaît une apogée puis un déclin. Le compost peut être utilisé avant sa maturité complète, épandu au pied des végétaux, ou encore par griffage ou bêchage à l’automne. Une fois mûr, il est vraiment “tous usages”. Il perd ensuite de sa richesse en azote et en minéraux. Mais s’il a été bien élaboré, s’il est encore en bonne santé (s’il sent encore bon l’humus !), le jardinier peut encore lui trouver des usages intéressants, comme celui d’un amendement améliorateur de la structure du sol, par exemple pour alléger ceux qui sont trop compacts.

Les Mythes autour du Paillis de Cèdre

Malgré sa popularité continue, plusieurs rumeurs circulent sur Internet qui donne une réputation sinistre aux paillis de cèdre. D’après cette croyance, le paillis de cèdre coloré (paillis rouges, bruns, noirs, etc.) serait toxique aux végétaux. En fait, la teinture utilisée est d’origine végétale et nullement toxique pour les plantes. D’ailleurs, les particules de paillis exposées au soleil perdent leur coloration après environ un an sous l’influence des rayons ultra-violets, prenant la teinte grise du vieux bois. Si jamais cette teinture vous fait encore peur, sachez que vous trouverez facilement du paillis de cèdre naturel, donc non teint.

Certains prétendent même que le paillis de cèdre prend feu spontanément. Soyons logiques, si le paillis de cèdre prenait feu spontanément, il y aurait une foule d’incendies tous les ans, car ce produit est utilisé dans un vaste nombre de jardins. Par contre, il est vrai que le paillis de cèdre, comme tous les paillis, est un produit dérivé de végétaux et donc inflammable. Ainsi, lancer un mégot de cigarette sur du paillis, surtout s’il est très sec (c’est rarement le cas avec du paillis en contact avec le sol) est une très mauvaise idée. Mais alors, on peut dire la même chose de nos plantes de jardin, des gazons, des forêts, des poubelles, des autos aux fenêtres laissées ouvertes et même des maisons elles-mêmes. Il faudrait plutôt insister auprès des fumeurs pour qu’ils ne lancent pas leurs mégots n’importe où. D’abord, jamais par terre (des centaines d’incendies d’herbe et de forêt sont allumées annuellement par des mégots lancés d’une auto en mouvement !) et… quelle idée de penser qu’une belle jardinière ou une boîte à fleurs décorée d’un joli paillis de cèdre puissent ressembler le moindrement à un endroit où il serait acceptable d’écraser une cigarette ! Par mesure de sécurité, voici le principe appliqué en Californie où, à cause du climat très aride, le risque de feux de paillis est énormément plus grand qu’au Québec. On demande tout simplement aux citoyens de laisser une bande de 45 cm libre de paillis autour des édifices.

Une autre idée reçue est que les cèdres (différents conifères à écorce rougeâtre) poussent souvent dans les sols acides, et que le paillis de cèdre rendrait le sol acide. Oui, mais… ce n’est pas le cèdre qui rend le sol acide, mais la roche-mère et les conditions environnementales locales. On invoque alors l’allélopathie du cèdre, c’est-à-dire quand le cèdre inhiberait la croissance d’autres organismes en sécrétant des substances chimiques nocives ou toxiques. Et il est vrai que le paillis de cèdre dégage une odeur que nous jugeons agréable, mais qui repousse certains insectes (certaines fourmis, notamment), du moins pendant la première année de son utilisation, après quoi l’huile qu’il dégage s’évapore et n’offre plus cet effet.

Si l’on efface les mythes qui l’entourent, on découvre que le paillis de cèdre n’est pas seulement ornemental, mais en fait bénéfique à nos plantations. Le paillis de cèdre n’est pas le meilleur paillis pour le potager et la plate-bande d’annuelles, où l’on fait beaucoup de semis et de repiquages, car il se décompose très lentement et pose alors des problèmes aux jeunes plants si jamais ses grosses particules se mélangent à la terre, ce qui est inévitable si on la retourne fréquemment.

Le paillis de cèdre est un sous-produit de l’industrie du bois : un matériel qui, autrement, aurait été brûlé ou jeté aux rebuts, mais qui s’est maintenant trouvé une deuxième vie. Donc, utiliser du paillis de cèdre, c’est un plus pour l’environnement.

La Vie du Sol et les Nuisibles dans le Compostage de Surface

Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds. Dans un mètre cube de sol, on peut compter jusqu’à huit cents lombrics ! (Ils sont nettement plus nombreux dans un sol argileux qu’un sol sableux et drainant). Tous ces êtres vivants décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons. En les nourrissant, on alimente donc directement nos futurs légumes et indirectement nos estomacs ! Les vers de terre sont friands du compostage de surface : ils finiront par s’en nourrir. À moyen terme, le compostage de surface permet aussi une amélioration de la structure du sol. Ces derniers permettent de structurer les particules de terre entre elles. Au bout de quelques années de compostage de surface, la texture du sol devient souvent très intéressante. On la compare à du couscous !

L’apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d’augmenter l’humidité dans le sol. Ils sont constitués de 40 à 95 % d’eau. Cette économie peut sembler négligeable. Mais à l’abri sous le paillage en été, ils délivreront au final une belle humidité au sol, lentement, et maintiendront la terre humide plus longtemps. Pratique pour limiter les effets d’une sécheresse. Les plantes, et en particulier les légumes, ont besoin d’eau pour pousser. Il faut cependant prendre des précautions avec certaines cultures en particulier qui n’apprécient pas les sols trop humides. C’est notamment le cas avec l’ail ou l’oignon. Évitez donc le compostage de surface avec ces cultures.

Il est vrai que cette nourriture et cette humidité disponible en attire plus d’un. C’est surtout le cas pour les restes de cuisine que l’on composte en surface. Vous aurez peut-être affaire occasionnellement à des ravageurs mais le potager les attire dans tous les cas, compostage de surface ou non. Alors il serait dommage d’abandonner l’idée avant même d’avoir essayé : si vous avez l’envie, lancez-vous dans le compostage de surface. Vous pourrez toujours vous arrêter en cas de problèmes avec des ravageurs.

  • Les limaces : les voraces gastéropodes dévorent les plantules dès le début du printemps. Chez certaines personnes les limaces se nourrissent du compostage de surface et épargnent les plants. Les déchets végétaux attirent les limaces.
  • Les rongeurs : ils trouvent souvent cachette sous les paillages, bien à l’abri des rapaces et autres prédateurs. En faisant du compostage de surface sous le paillage, on leur offre donc le gîte et le couvert au potager. Ils ne sont pourtant pas les bienvenus dans les cultures, en particulier pour les légumes racines qu’ils apprécient particulièrement. Pour limiter au maximum d’attirer les rats, excluez les déchets d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) à proximité des plantes cultivées. Vous pouvez les composter dans un massif d’ornement par exemple ou au compost. Pour ce qui est des campagnols et autres rongeurs souterrains, le paillage est dans tous les cas attractif pour eux.
  • Les oiseaux : Les oiseaux, et en particulier les merles raffolent des vers de compost. Pour se servir, rien de plus simple.

Les différents habitants du compost

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