Conservation des pommes de terre sans inhibiteur : techniques et stratégies pour des tubercules sains et durables

Récolte et stockage des pommes de terre

Les pommes de terre, trésors du potager, sont nourrissantes et polyvalentes, méritant d’être savourées longtemps après la récolte. Pour maximiser la durée de conservation de ces tubercules et en profiter jusqu'à l'hiver, des techniques simples mais cruciales s'imposent, en particulier l'absence d'inhibiteurs de germination. La maîtrise du stockage des pommes de terre est un enjeu prioritaire pour garantir des produits sains et de qualité, contribuant à leur succès au fil des siècles. Cela implique le maintien de la teneur en matière sèche et en fécule, la non-augmentation de la teneur en sucres pour la transformation, et le contrôle des agents pathogènes. Le bon contrôle de la germination est un élément clé de la conservation, et le soutien au développement de solutions alternatives aux antigerminatifs de synthèse est essentiel.

Préparation avant stockage : une étape fondamentale

Avant de penser au stockage, il faut récolter les pommes de terre au bon moment et de la bonne manière. Choisir le moment idéal est essentiel, car des tubercules mal matures risquent de pourrir rapidement. Laissez le feuillage se dessécher et jaunir complètement avant la récolte ; cela indique que les pommes de terre sont prêtes et bien mûres. Les pommes de terre de conservation se récoltent à complète maturité, l’épiderme étant pleinement constitué, ce qui facilite leur bonne conservation. Il est donc essentiel de s’assurer de la maturité des tubercules avant récolte des pommes de terre.

Récolte méticuleuse et préservation de l'intégrité des tubercules

Une bonne conservation des pommes de terre passe par un ramassage méticuleux des tubercules. En effet, si ces derniers sont abîmés, ils pourriront plus rapidement et risqueront de contaminer le reste de la récolte. Pour limiter les risques de dégradation, il est important de choisir le bon outil. Il est préférable d'utiliser une fourche-bêche pour soulever les pieds de pommes de terre afin d'éviter les dommages.

L’arrachage est une opération délicate, susceptible de provoquer des dommages aux tubercules. Lorsque la température est inférieure à 8°C, les tubercules ont une sensibilité accrue aux endommagements : les risques de noircissement interne et de fractures augmentent. En complément, l’arrachage des tubercules lorsque la température est élevée favorise les risques de germination et de pourriture. De telles conditions de chaleur sont un terrain favorable à la multiplication des agents pathogènes et au développement de pourriture. Il est recommandé de récolter à complète maturité, avec des conditions pédoclimatiques tempérées (ni trop sèches, ni trop humides, ni trop froides, ni trop chaudes).

Le bon état des protections est à vérifier avant l’utilisation des matériels d’arrachage et de mise en stockage. La hauteur de chute maximale ne doit pas excéder 30 cm aux zones de liaisons entre deux équipements.

Séchage initial et tri

Une fois récoltées, laissez les pommes de terre sécher pendant une journée ou deux dans un endroit sec et ventilé pour éliminer l’humidité superficielle. Laisser reposer les pommes de terre à l’ombre leur permet de rester consommables. Le déterrage permet de débarrasser la récolte d’une grande partie de la terre dans laquelle peuvent se trouver des formes de conservation de parasites ou d’agents pathogènes responsables de graves dégâts, tels que l’apparition de pourriture.

Triez vos pommes de terre dès le début pour les conserver plusieurs mois. Brossez ensuite les deux premiers tas pour retirer la terre. Si certaines pommes de terre sont abîmées, vous devrez les consommer rapidement. Une sélection au préalable est recommandée. Si une pomme de terre paraît déjà en mauvais état, inutile d'espérer la conserver.

Les critères clés pour un stockage optimal

Les trois critères à surveiller pour une conservation optimale sont : la luminosité, la température ambiante et l'hygrométrie. L'excès de lumière, de chaleur et d'humidité sont responsables des pertes post-récolte.

Tableau des conditions de stockage optimales pour les pommes de terre

La luminosité : un ennemi insoupçonné

Les pommes de terre sont sensibles à la lumière. Si elles sont exposées à la lumière, elles peuvent verdir et devenir amères, voire toxiques en raison de la solanine. Il est impératif de stocker les tubercules à l'abri de la lumière, cette dernière ayant pour effet de les faire verdir à cause de la solanine. Les pommes de terre qui ont verdi ou qui présentent de longues germinations contiennent de la solanine, une substance toxique pouvant provoquer des troubles digestifs. Si les germes sont petits et que la chair est encore ferme et blanche, on peut les retirer avant cuisson.

La température : une fourchette idéale

Pour une conservation optimale, privilégiez une pièce fraîche et sèche, avec une température entre 7 et 10 °C. Une température basse est préférable. Le froid va littéralement empêcher la pomme de terre de germer, ce qui permettra de la stocker plus longtemps.

La maîtrise de la température et de la ventilation est essentielle pour assurer la bonne conservation du lot, permettant l'absence et/ou la réduction de la vitesse de germination et du développement d’agents pathogènes. Après la mise en conservation, il faut atteindre rapidement une température d’environ 12°C pour favoriser la cicatrisation avant de procéder au refroidissement à la température de consigne (pour réduire la pression germinative et sanitaire).

Pour les tubercules destinés au marché du frais, il est primordial de préserver la qualité de présentation. Pour ce débouché, il est important de maîtriser le métabolisme des sucres afin de maintenir la qualité technologique des pommes de terre. Les sucres réducteurs (glucose et fructose) conditionnent dans une large mesure la couleur des produits transformés. Ils réagissent, lors de la cuisson, avec les protéines pour donner des composés bruns qui altèrent la couleur et la saveur (amertume) des chips et des frites et, dans une moindre mesure, celle des flocons et des pommes de terre stérilisées.

Pour la pomme de terre destinée à la transformation, le choix de la température de consigne doit être un compromis entre une température assez élevée (9-10°C) permettant d'éviter le "sucrage à basses températures" et une température plus basse (6°C) limitant les pertes de poids, la germination et le "sucrage de sénescence".

Le maintien de la qualité technologique (teneur en amidon) des pommes de terre féculières suite à une durée de conservation longue est le principal objectif en conservation. Le choix de la température contribue en partie à ces objectifs puisque la germination et le développement de ces pathogènes sont fortement réduits en dessous de 5-6°C.

Pour les autres modes d'utilisation (pommes "vapeur", purées, gratins, salades), et dans le cas général où l'utilisation d'un inhibiteur de germination est possible en cas de stockage prolongé, une température comprise entre 4,5°C (variétés à teneur en sucres faible à modérée : Charlotte, Belle de Fontenay, BF 15) et 6-6,5°C (variétés à teneur en sucres assez élevée à élevée : Monalisa, Samba, Nicola, Franceline) semble le meilleur compromis.

L'humidité : un équilibre délicat

L'humidité doit être d'environ 85%, pour éviter qu'elles ne se dessèchent. L'hygrométrie joue un rôle important dans la conservation des pommes de terre. Des pertes en eau sont généralement plus élevées dans les bâtiments vrac, ventilés uniquement avec l’air extérieur, que dans les bâtiments réfrigérés, du fait d’une moins bonne maîtrise du DPV (Déficit de Pression de Vapeur). Malgré tout, l’utilisation d’une sonde hygrométrique extérieure couplée au système de régulation permet de limiter les pertes en eau.

Un système d’humidification de l’air peut ajuster l’hygrométrie de l’air ventilé. Cet appareil doit être paramétré de sorte que les gouttelettes générées soient suffisamment fines et évitent l’apparition de condensation à la surface des tubercules. Pour limiter la perte de poids des tubercules, l’emploi de la brumisation doit avoir lieu après une phase préalable de séchage du tas et être coordonnée au fonctionnement de la ventilation «froide» ou du groupe froid.

Lieux et contenants de stockage adaptés

Pour un stockage longue durée, privilégiez les caisses en bois ou les sacs en toile. Ces contenants permettent une circulation d'air suffisante pour que les pommes de terre « respirent ». Idéalement, stockez-les dans un garde-manger, une cave ou un cellier : un lieu qui est à la fois sombre et aéré. Rangez les pommes de terre dans un panier, une caisse en bois, ou une cagette récupérée du marché. Elles peuvent aussi bien se conserver dans un sac en papier kraft, en toile de jute ou un filet. Il est essentiel qu'elles respirent et soient bien ventilées. Le fait de les stocker par exemple dans un sac en papier ou bien alors dans un beau panier en osier permet à l'air de bien circuler sans difficulté. Un sac de jute ou des cagettes en bois sont parfaites.

Utilisation de la sciure de bois pour stocker les pommes de terre (Résumé)

Un petit conseil pour les amateurs de DIY : il est possible de construire un meuble de stockage à partir de planches de bois, à la manière d’une étagère ouverte avec des bacs de rangement. Pour éviter d’écraser les tubercules entre eux, ne faites pas de tas trop grands. En tas, les tubercules situés en bas du tas subissent une forte pression, source d’endommagements mécaniques. Pour limiter les risques de fractures, d’apparitions de facettes ou de noircissement interne, les tas vrac ne doivent pas excéder une hauteur de 3,50 à 4 m.

Si vous n'avez pas de cave, pensez aux pièces moins chauffées comme un garage ou une arrière-cuisine. Tant que la température est suffisamment fraîche, il est tout à fait possible d’entreposer vos tubercules dans un placard ou une pièce avec peu de luminosité. Oubliez tout d’abord le bac à légumes de votre réfrigérateur pour ne pas les faire ramollir.

La question des fruits et légumes climatériques

Il est impératif de laisser vos tubercules loin des fruits et légumes climatériques, c’est-à-dire ceux qui continuent leur maturation après les avoir cueillis. C’est le cas des bananes, des poires, des pommes, des melons ou encore des tomates. Ce gaz risque d'accélérer considérablement la maturation de la pomme de terre et risque de la faire pourrir. Il est donc préférable de privilégier le lieu de stockage de votre ail, vos oignons ou vos échalotes. Une technique naturelle pour ralentir la germination consiste à ajouter quelques pommes à l'endroit où vous les stockez. Pour ralentir la germination, stockez les pommes de terre dans un endroit frais (7 à 10 °C), sec, à l’abri de la lumière et surtout loin des fruits qui dégagent de l’éthylène (comme les pommes ou les bananes).

Surveillance et entretien régulier du stock

Pour éviter les mauvaises surprises, une inspection régulière est cruciale. Il suffit de consacrer quelques minutes chaque mois pour vérifier l’état des pommes de terre. Retirez immédiatement celles qui montrent des signes de décomposition. À chaque inspection, vous pourrez également vérifier le taux d’humidité et la température de votre espace de stockage.

Inspection régulière des pommes de terre stockées

Même avec les meilleures techniques, il se peut que certaines pommes de terre commencent à germer. Dans ce cas, ne paniquez pas. Les germes peuvent être facilement retirés si vous les consommez rapidement. Coupez les germes en prenant soin de retirer tout résidu. Il est également possible de réutiliser les pommes de terre germées pour le jardinage en les plantant dans le potager au printemps suivant.

Pour optimiser la ventilation, la règle est simple : ventiler avec de l’air plus froid que la température des tubercules. Pour optimiser la ventilation, celle-ci doit être active lorsque la température de l’air extérieur est inférieure à celle des pommes de terre stockées. En effet, alors que ventiler avec de l’air froid favorise le séchage, ventiler avec de l’air plus chaud que la température des tubercules contribue à l’humidification du tas et à l’apparition des pourritures.

Gestion de l'environnement de stockage en vrac

Compte tenu de l’importance des capteurs de mesure du bâtiment de stockage dans la régulation de la conservation, il est nécessaire de procéder à leur vérification annuelle (état de marche, justesse). Plusieurs sondes sont en effet nécessaires pour connaître la température des tubercules : il est souhaitable de disposer d’une sonde par tranche de 150 à 200 tonnes stockées, et au minimum de deux sondes par cellule. Dans le cas d’un stockage en vrac, les sondes d’enregistrement de la température du tas doivent être positionnées à 60-80 cm du sommet du tas et complétées au besoin par une sonde fichée à la base du tas. Entre chaque campagne, il est primordial d’effectuer a minima un contrôle de la justesse des sondes de tas en les plaçant toutes dans un même seau d’eau à température ambiante stabilisée entre 5 et 10°C pour vérifier qu’elles indiquent bien la même température.

De la récolte à l’utilisation, les tubercules respirent et transpirent activement. Elle se traduit par un dégagement de vapeur d’eau, important après la récolte, se stabilisant ensuite si les conditions de conservation sont satisfaisantes, de la « sensibilité » de la peau à la déshydratation. En cas de récolte avant maturité (épiderme peu épais), ou endommagements (blessures), la perméabilité de l’épiderme s’accroît.

Pour assurer un séchage efficace des tubercules quelle que soit l’humidité relative de l’air ventilé, il faut que la température de l’air soit inférieure à celle du tas. Par contre, plus l’hygrométrie est basse, plus rapide est le séchage. L’usage du groupe froid seul permet d’assurer un séchage satisfaisant des tubercules tant que ceux-ci sont rentrés chauds. Pour un stockage en vrac ventilé par la base, le séchage est obtenu lorsque les tubercules du sommet de tas sont secs. Avec une capacité de ventilation élevée (100 m3/h par m3 de pommes de terre), il faut en moyenne deux à trois jours pour y parvenir.

Après séchage, il convient d’amener progressivement la température du tas entre 12°C et 15°C en maintenant une hygrométrie voisine de 90 % pour assurer de bonnes conditions de cicatrisation des blessures. Dans tous les cas, il faut éviter le réchauffement du tas au dessus de 18°C. Dans ces conditions, la cicatrisation est achevée 15 jours à 3 semaines après la mise en tas.

Lorsque la température des tubercules récoltés est modérée à faible, il est nécessaire de marquer un palier dans la descente en température du tas en limitant les heures de ventilation et en privilégiant les heures à hygrométrie maximale. Dans la mesure où les tubercules respirent et transpirent encore beaucoup sous ces conditions, il convient de ventiler faiblement mais régulièrement.

Lorsque la cicatrisation des tubercules est achevée, le tas est progressivement refroidi jusqu’à la température de consigne. Par principe, la ventilation avec l’air extérieur s’effectue lorsque la température extérieure est inférieure à celle du tas. Grâce au dispositif de mélange d’air, l’écart de température entre l’air ventilé peut être maintenu constant, en général entre 1,5°C et 2,5°C. Lorsqu’on ne dispose que de l’air extérieur, il est préférable d’éviter un refroidissement trop rapide, qui crée des hétérogénéités de température et favorise des condensations en surface. De plus, un refroidissement exceptionnellement plus rapide que l’abaissement habituel des températures extérieures minimales risque de limiter fortement les périodes propices aux ventilations de renouvellement d’air.

La vitesse de descente de la température des tubercules est un paramètre à considérer. Ainsi, lorsque les pommes de terre ont un débouché industriel en produits frits, l’abaissement de la température doit être progressif de façon à éviter un sucrage de « stress » trop important en début de conservation. Dans le cas d’un stockage réfrigéré exclusivement destiné au marché du frais, les contraintes de sucrage sont moins fortes.

Prévention des maladies et agents pathogènes

En nettoyant et en désinfectant les locaux de stockage, les risques de persistance de parasites et d’agents pathogènes sont considérablement réduits. Des formes de « survie », dites formes de conservation, existent pour ces organismes et peuvent se maintenir à l’état latent des mois voire des années, avant de devenir source de foyers d’infections. Ces actions préventives sont d’autant plus cruciales lorsque des problèmes sanitaires ont été identifiés au cours de la campagne précédente. L’utilisation de ces produits doit s’effectuer selon la règlementation et conformément aux préconisations indiquées par le fabricant.

Depuis l’interdiction d’usage des produits contenant du chlorprophame (CIPC) au 8 août 2020 en France, les bâtiments ainsi que le matériel ayant été au contact de cet inhibiteur de germination doivent faire l’objet d’une attention particulière.

Comprendre et prévenir les endommagements des tubercules

Pour une conservation optimale des lots de pommes de terre, l’évaluation de la qualité du lot dès sa mise en stockage permet d’anticiper son évolution au cours du temps et favoriser sa mise en marché.

Éraflures

Une éraflure est une blessure superficielle qui résulte d’une friction du tubercule et altère l’intégrité de l’épiderme. Les risques d’apparition d’éraflures augmentent avec une fertilisation azotée excessive, lors d’un défanage précoce, ou encore quand l’arrachage a lieu en sol très sec.

Fractures

Une fracture se définit par une rupture plus ou moins étendue et profonde des parois des cellules de la pomme de terre. Cet endommagement est en général visible directement après le choc.

Noircissement interne

La teneur en matière sèche des tubercules, liée au choix variétal et au contexte de production, ainsi que le niveau d’intensité des chocs constituent les principaux paramètres qui influencent l’apparition du noircissement interne. Après un choc, la pression interne du tubercule augmente et les membranes des cellules situées sous l’épiderme du tubercule peuvent se rompre ou simplement être lésées par le frottement des grains d’amidon. Les symptômes du noircissement interne se manifestent sous forme de tâches foncées, aussi appelées tâches cendrées ou « bleus » des pommes de terre, situées plus ou moins profondément sous l’épiderme. Les symptômes apparaissent quelques jours après le choc reçu, au fur et à mesure de la progression de la réaction biochimique qui en est la cause. À basse température la sensibilité des tubercules aux chocs est accrue, et les risques de noircissement interne plus élevés.

Il existe une méthode de détection du noircissement interne qui permet d’évaluer la qualité d’un lot au moment de la mise en stockage. Ce diagnostic rapide consiste en l’étuvage d’un échantillon du lot de tubercules, qui accélère la réaction enzymatique responsable du noircissement interne. Lorsque les résultats des tests d’évaluation de noircissement interne et de fractures sont obtenus sur un échantillon de la récolte, on dispose alors d’indication de pilotage de la conservation du lot.

Variétés de pommes de terre et leur aptitude à la conservation

Toutes les variétés de pommes de terre ne se conservent pas de la même façon. Certaines d’entre elles ont la capacité de pouvoir être stockées plusieurs mois sans aucun problème. Les pommes de terre à chair ferme (comme la Charlotte ou la Belle de Fontenay) se conservent généralement un peu mieux que les pommes de terre à chair tendre ou farineuse (comme la Bintje ou la Caesar), plus sensibles à l’humidité et à la germination.

Parmi les variétés reconnues pour leur bonne conservation :

  • La Bernadette : variété demi-précoce, elle se cuisine aussi bien en salade qu’à la vapeur.
  • La pomme de terre Monalisa : pomme de terre demi-précoce, la Monalisa offre un bon rendement et une excellente conservation.
  • La Vitabella : variété précoce, cette pomme de terre se conserve bien aussi.
  • La Blanche : demi-précoce et polyvalente, cette pomme de terre se cuisine au four, en purée ou en frites.

Illustration de différentes variétés de pommes de terre adaptées à la conservation

Alternatives aux inhibiteurs de germination de synthèse

La gamme de produits pour contrôler la germination des tubercules au stockage compte plusieurs solutions homologuées : l’huile de menthe en 2010, l’éthylène en 2011, le 1,4 DMN en 2017 et l’huile d’orange en 2020. La stratégie de lutte contre la germination peut également intégrer l’emploi de l’hydrazide maléique applicable en végétation et homologué depuis 1992.

La combinaison de leviers apparaît comme la solution optimale à développer pour apporter une réponse appropriée en alternative aux antigerminatifs de synthèse, pour la meilleure maîtrise possible de la germination des tubercules en stockage.

Hydrazide maléique : une action préventive depuis le champ

L’application en cours de végétation de l’hydrazide maléique sur des plantes non stressées dès que le calibre des tubercules a atteint 25 mm, et au moins 2 à 3 semaines avant la date de défanage permet de disposer de tubercules avec une rémanence antigerminative dès la récolte. Ainsi, une fois le calibre atteint, le choix de la meilleure combinaison météorologique permettra l’application le plus rapidement possible. Dans le cas de variétés à court repos végétatif et/ou de températures de stockage élevées, il est souvent nécessaire de compléter son action par une ou plusieurs applications complémentaires d’un autre produit antigerminatif en stockage. Les différentes expérimentations réalisées par ARVALIS ont montré que ce traitement préalable au champ facilitait, voire amplifiait, l’efficacité du contrôle de la germination externe et interne, tout en réduisant le coût des interventions complémentaires en stockage.

1,4 DMN et éthylène : une action préventive en stockage

Appliqués dans le bâtiment lorsque les tubercules ont convenablement séché, cicatrisé et été abaissés en température, avant un début de germination, ils permettent de maintenir la dormance des tubercules pour le premier et retarder et freiner la germination pour le second. Ils nécessitent des installations suffisamment étanches et convenablement ventilées. Une attention particulière doit cependant être apportée tout spécialement pour le 1,4 DMN vis à vis des variétés à la peau fine du marché du frais lavées pour éviter l’apparition de défaut de sélectivité. En ce qui concerne l’éthylène, il est préférable de l’utiliser dans un bâtiment bien étanche pour limiter les pertes de produit mais en prenant garde à bien gérer la teneur en CO2. Afin d’éviter tout risque de sucrage par l’excès de CO2 dans l’air ambiant pour les tubercules destinés à la friture, il est conseillé d’assurer pendant quelques minutes seulement un renouvellement d’air dans le bâtiment 12 heures après traitement.

Huiles essentielles de menthe et d’orange : une action curative

Ces deux produits volatiles agissent en détruisant les germes présents à la surface des tubercules. Leur efficacité à dose modérée est ainsi cautionnée par une application à un stade de développement précoce de ceux-ci (idéalement point blanc). Compte tenu de leur faible rémanence, les applications doivent être ainsi suffisamment rapprochées une fois le début de la germination. Le ralentissement de l’élongation des germes par la présence d’hydrazide maléique dans les tubercules facilite le délai de réactivité et permet souvent d’accroître l’écart entre les traitements. Après application, le bâtiment doit rester fermé, sans brassage d’air ni réfrigération, durant généralement 24 à 48 heures pour favoriser le bon dépôt du produit.

Innovations technologiques pour la conservation

Une innovation majeure est l'Humigator, développé dans l'Idaho. Cet appareil purifie tout l'air de l'entrepôt toutes les 30 minutes. Il le fait en aspirant l'air de l'entrepôt et en le mélangeant avec de l'eau atomisée. Grâce aux changements de pression, les particules d'eau se déplacent à grande vitesse, capturant toutes les bactéries, les virus et les agents pathogènes présents dans l'air. L'eau sale est séparée de l'air purifié et est évacuée. L'air propre et humide est renvoyé dans l'entrepôt, complétant le cercle. Ce système élimine en permanence les bactéries, les virus et les champignons de l'air.

Schéma de fonctionnement de l'Humigator

L'Humigator souffle de l'air avec un taux d'humidité de 95 à 98 %, et assure également une température stable. Ces facteurs signifient qu'il y a peu de germination. « Vous pouvez humidifier et désinfecter l'air d'un entrepôt de stockage de pommes de terre en utilisant seulement de l'eau et des UV. Pas de produits chimiques », explique Jef Viaene de Jebe, un concessionnaire Humigator DFS. « Vous aurez des rendements de 2 à 10 % plus élevés. Les pommes de terre seront exemptes de maladies et pourront être stockées pendant longtemps. Sans utiliser d'inhibiteurs de germination. L'Humigator est une première mondiale ».

« Le mildiou et la tache argentée sont sous contrôle ». « Les pommes de terre peuvent être conservées jusqu'à 12 mois. C'est parce que le niveau d'humidité de l'unité de stockage est maintenu constant. Vous n'avez plus besoin non plus d'utiliser des produits chimiques et des inhibiteurs de germes. Les bactéries et les champignons sont éliminés de l'air ». « Cela réduit considérablement la quantité de pommes de terre rejetées. Cela permet également de garantir que les pommes de terre de bonne qualité atteignent les rayons des magasins. Aux États-Unis, l'Humigator connaît déjà un succès sans précédent. »

L'Humigator est disponible en version automatisée et manuelle, et existe en différents modèles. Le plus petit modèle commence avec une capacité de stockage allant jusqu'à 500 tonnes. Le plus grand peut être utilisé pour stocker jusqu'à 50 000 tonnes de pommes de terre. L'Humigator peut être utilisé pour plus que le stockage de pommes de terre de conservation.

Conservation des pommes de terre cuites ou transformées

Pour conserver les pommes de terre cuites à la casserole, la vapeur, au four, il faut les placer dans un compartiment hermétique au réfrigérateur. Consommez-les dans les 3-4 jours après cuisson. Pour les plats avec d’autres ingrédients comme le beurre, les œufs et tout autre aliment frais qui peut présenter un danger si vous les avez fait cuire ou chauffer au préalable, soyez vigilant en observant ou en sentant votre plat. Dans ce cas particulier, vous pouvez conserver vos pommes de terre un jour ou deux maximum en plus, en les immergeant en entier dans un grand saladier d’eau froide. Évitez de les laisser trop longtemps à température ambiante après cuisson, car cela favorise le développement bactérien.

Ne congelez pas vos pommes de terre crues. Elles risquent de devenir insipides et de noircir : ce phénomène les rend même toxiques. En revanche, il est tout à fait possible de conserver vos pommes de terre au congélateur après les avoir cuites. Certaines personnes recommandent de les blanchir d'abord à la casserole pendant quelques minutes avant de les congeler. Les pommes de terre cuites peuvent être réchauffées au four traditionnel, au micro-ondes ou à la poêle avec un peu d’huile pour leur redonner du croustillant.

Santé et valeur nutritive des pommes de terre

La pomme de terre est un indispensable de nos cuisines. On en fait toutes sortes de recettes faciles et avec les 200 variétés autorisées à la culture, il y en a pour tous les goûts ! Ce n’est pas pour rien que la France en produit 41 millions de tonnes par an. Au niveau de la santé, la pomme de terre contient de la vitamine C tonifiante et près de 20 % de glucides complexes, le carburant privilégié du cerveau et des muscles pour de l’énergie tout au long de votre journée !

Oubliez les a priori sur le visuel d’une pomme de terre ! Souvent cultivées sans pesticides et vendues sur les marchés, elles n’ont pas l’obligation d’avoir un calibrage particulier pour être vendues en grande surface. La chair est plus dense, le goût plus prononcé. Aussi, elles se conserveront plus longtemps !

tags: #conservation #recolte #pommes #de #terre #sans