Le compostage est une démarche vertueuse, une véritable ressource indispensable pour la croissance des plantes potagères, transformant des déchets organiques en un terreau humifère riche. Une fois que le tas de compost semble mûr, que la température est descendue, qu’il est sombre et sent l’humus, il est temps de s’en servir. Cependant, pour obtenir une matière affinée qui agira au plus près de vos plantations, le tamisage devient une étape clé. Cette opération permet de séparer les morceaux grossiers, insuffisamment décomposés, des particules plus fines, favorisant ainsi l’absorption des nutriments par les plantes.

Les fondamentaux du tamisage : technique et matériel
Le tamisage est une opération particulièrement intéressante si vous souhaitez utiliser votre compost pour le rempotage de plantes ou pour nourrir votre gazon. Pour les grandes quantités de compost, choisir ce que l’on appelle des tamis à trous. Les tamis sont posés sur le sol ou au-dessus d’une brouette et le compost est ramassé avec une pelle et jeté à travers le treillis métallique. Alternativement, travailler avec ce que l’on appelle un composteur fin ; il est particulièrement adapté au travail sur une surface limitée dans les petits jardins. Le compost est versé dans un tambour dont le fond est constitué d’un tamis.
Si vous préférez le fait-maison, il vous suffit pour cela d’un fin grillage à poules et de barres de bois pour fabriquer un cadre où l’étendre et le fixer. Ou bien d’utiliser une cagette à légumes : une astuce simple, pratique et efficace ! Il est aussi possible de fabriquer un tamis avec un châssis et du grillage de type cage à poules. On positionne un triangle avec le châssis, on ficelle le grillage au chevalet ou encore plus simplement on pose une simple pièce de grillage inclinée contre un mur.
Conditions optimales pour le traitement du compost
Il ne faut pas tamiser n'importe quand. Attendez que votre compost ait au moins deux ans avant de le tamiser afin d’avoir des matières bien décomposées. Tamisez à une température douce comprise entre 10 et 20 °C : une température trop basse ou trop élevée bloque l’activité microbienne du compost. Veillez à une humidité moyenne : trop sec, le compost crée de la poussière, trop humide, il prend la consistance d’une pâte difficile à tamiser.
Une fois l’opération terminée, reversez le conteneur de gros morceaux dans le bac à compost afin de poursuivre la décomposition. Même après un an de compostage, on y trouve encore des matériaux incomplètement décomposés comme des morceaux de bois ou des restes de feuilles tanniques, par exemple de chêne ou de noyer.
Conservation et stockage du compost fin
Une fois votre compost tamisé, il est crucial de le préserver pour conserver ses propriétés nutritives. Protéger le compost mûr finement tamisé des précipitations jusqu’à son utilisation, afin d’éviter que les nutriments ne soient lessivés. Si vous avez récolté trop de compost et vous ne savez plus quoi en faire, sachez qu’il est tout à fait possible de stocker son compost pendant quelques temps. Gardez en tête que plus le temps passe, plus le compost perd en qualité.
Si vous avez un jardin, vous pouvez conserver votre compost en tas, à l’abri du soleil et de la pluie (à l’aide d’une bâche par exemple). Sinon, vous pouvez stocker le compost dans des sacs percés de trous pour l’aération. Dans les tas de compost ouverts, le processus de décomposition peut être perturbé par un excès d’humidité et se transformer en pourriture. Pour éviter cela, ainsi que le lessivage des éléments nutritifs par de fortes précipitations hivernales, le compost devrait être recouvert à la fin de l’automne.

L'utilisation du compost mûr au jardin
Le compost tamisé est utile pour faire un semis. Il peut être étendu sur le carré potager ou directement au jardin. Ensuite, un bon arrosage est nécessaire 2 à 3 semaines plus tard. Pour les cultures en pleine terre, il peut être utilisé en surface pour nourrir vos cultures. N’hésitez pas à déposer sur vos planches 2 à 3 kilos de compost par mètre carré. Vos plantes ne s’en porteront que mieux. Pour les bacs, les pots et les jardinières, mélangez 40% de compost avec de la terre végétale pour obtenir un substrat riche et drainant pour vos cultures.
Pour le verger, idem, vous pouvez en ajouter un bon seau à la plantation et/ou tous les ans au pied de vos fruitiers. Le compost mûr apporte aux plantes les nutriments dont elles ont besoin, notamment l’azote, le phosphore et le potassium. Contrairement à un engrais, le compost libère progressivement et durablement ses nutriments.
Fabriquer un Tamis à Terreau
Les enjeux du compostage sur le long terme
Le compostage en tas est à favoriser dans les grands jardins. On considère qu’il est vraiment intéressant lorsque le terrain fait plus de 1000m² afin d’avoir suffisamment de matière pour l’alimenter. Si le tas est trop petit, il ne s’effectuera pas réellement de montée en chaleur et le compostage risque de prendre plus de temps. Le compost en tas est la façon la plus rapide pour effectuer de grosses quantités de compost, que l’on peut utiliser au potager pour nourrir nos plantes.
En moyenne, on considère que le tas prend huit à quinze mois à se décomposer totalement. Pour activer plus rapidement la décomposition de la matière, vous pouvez la broyer à l’aide d’une tondeuse ou d’un broyeur. Certains préconisent aussi l’ajout d’orties pour accélérer le processus. L'équilibre se fait au jugé : le compost doit être composé en moyenne de deux tiers de matière fraiche, humide, contre un tiers de matière sèche.
Gestion des aléas et biodiversité
Pendant les périodes de chaleur sans précipitations en été, il peut arriver que le compost fraîchement mis en place au printemps devienne trop sec. Cela se reconnaît à une surface fissurée et à une structure friable du matériau ainsi qu’à l’apparition de fourmis. Si le compost n’est pas assez humide, les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus de décomposition s’arrête. Vous pouvez remédier facilement à ce problème en arrosant un peu le compost.
À l’inverse, si le compost commence à avoir une odeur déplaisante, c’est généralement dû à un excès d’humidité, cumulé à un surplus d’azote. Retournez le compost en y ajoutant de la matière sèche et votre problème devrait se réguler rapidement. Un compost n’est pas une source de nourriture uniquement pour les organismes du sol. En effet, d’autres animaux essaient d’en tirer bénéfice. Un composteur en silo ou en fût pourra être mieux protégé si vous avez des problèmes d’envahisseurs au potager.

Vers une pratique durable et consciente
Le recyclage des déchets permet d'enrichir la terre sans avoir recours à des produits industriels. Les déchets alimentaires tels que les épluchures de fruits et légumes, les coquilles d'œufs et le marc de café, ainsi que les déchets verts comme les feuilles mortes, la tonte de gazon et les résidus de taille, peuvent être utilisés dans le bac à compost.
Les végétaux durs, longs et encombrants sont plus difficiles à composter. En sectionnant, fragmentant, écrasant ou broyant ces déchets, vous facilitez l’action des micro-organismes. Les mauvaises herbes : leurs graines résistent au compostage et peuvent germer. Si vous utilisez ce compost pour vos semis ensuite, vous aurez une sacrée corvée de désherbage dans vos godets. Le compost maison non chauffé est donc à favoriser pour amender le sol (sous un paillage pour éviter la levée des adventices), pour les arbres et arbustes.
Se lancer dans le compostage est une excellente initiative et une bonne nouvelle pour le territoire comme pour la planète. Le jardinier apprend au fur et à mesure de ses essais et de ses erreurs. Un compost est toujours une histoire d’équilibre, et le tamisage n'est que la touche finale pour transformer vos déchets en une ressource indispensable.