Guide complet pour la coordination des plantations : Créer un écosystème vivant et productif

La plantation d'arbres et d'arbustes représente une étape cruciale dans la mise en œuvre d'un design en permaculture. Ces végétaux structurants ne sont pas de simples éléments de décor ; ils jouent un rôle essentiel dans la création de microclimats, la production de fruits et de bois, la fixation de l'azote, et la régénération du sol. Une planification et une organisation rigoureuses de leur plantation sont indispensables pour assurer leur développement optimal et maximiser les bénéfices qu'ils apportent à l'ensemble de l'écosystème. Prêt(e) à créer un paysage vivant et durable grâce à une plantation intelligente et harmonieuse de vos arbres et arbustes ? Voici comment procéder !

L'importance fondamentale des arbres et arbustes en permaculture

Les arbres et arbustes remplissent plusieurs fonctions cruciales qui profitent à l'ensemble du système en permaculture. Leur contribution va bien au-delà de la simple esthétique, impactant directement la santé et la productivité du jardin.

Rôle structurant et régulateur

Les arbres créent des microclimats en modifiant l'exposition au soleil, la température et l'humidité. Ils offrent de l'ombre, réduisent l'évaporation et protègent les plantes plus petites du vent. Cette capacité à modeler l'environnement immédiat est inestimable pour le bien-être des cultures environnantes.

Les arbustes, souvent plantés en sous-étage, contribuent à la création de strates végétales qui enrichissent la biodiversité. Ils protègent le sol, empêchent l'érosion et fournissent des habitats pour la faune, jouant un rôle vital dans la résilience de l'écosystème.

Schéma des strates végétales en permaculture

Sources de nourriture et de ressources

Les arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pêchers) et les arbres à noix (noyers, châtaigniers) sont des sources importantes de nourriture. Ils produisent des fruits et des noix sur plusieurs décennies, assurant une production alimentaire pérenne, un pilier de la permaculture.

Les arbustes à petits fruits, comme les framboisiers, les groseilliers ou les myrtilliers, produisent des petits fruits riches en vitamines, excellents pour la santé. Ces cultures offrent une diversification alimentaire précieuse et sont souvent plus faciles à entretenir que les grands arbres fruitiers.

Certains arbres et arbustes, tels que les saules ou les peupliers, sont cultivés pour leur bois ou leur biomasse. Le bois peut être utilisé comme matériau de construction, pour le chauffage ou pour fabriquer du charbon de bois, offrant des ressources renouvelables au jardinier.

Amélioration du sol et de la biodiversité

Les arbres et arbustes fixateurs d'azote, comme le robinier ou l'aulne, enrichissent le sol en azote, un élément essentiel à la croissance des plantes. Cette capacité naturelle réduit le besoin d'apports extérieurs et favorise un cycle nutritif autonome.

Les systèmes racinaires des arbres et arbustes aident à retenir l'eau dans le sol, réduisant ainsi le besoin d'irrigation. Cette rétention d'eau est particulièrement bénéfique dans les régions sujettes à la sécheresse ou pour optimiser l'utilisation de cette ressource précieuse.

Les arbres et arbustes offrent des habitats pour une multitude d'espèces, des insectes aux oiseaux en passant par les petits mammifères. Cette biodiversité accrue contribue à un équilibre écologique, où les auxiliaires naturels aident à contrôler les ravageurs et à favoriser la pollinisation.

Il est astucieux de choisir des arbres et arbustes qui remplissent plusieurs fonctions dans votre design, maximisant ainsi leur utilité et l'efficacité de l'ensemble du système.

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Planification stratégique des plantations d'arbres et arbustes

La réussite de la plantation d'arbres et d'arbustes dépend en grande partie d'une planification méticuleuse. Une bonne préparation permet d'anticiper les besoins et les interactions futures, garantissant ainsi la pérennité de votre écosystème.

Analyse du site et sélection des espèces

Commencez par analyser le climat local (température, précipitations, vents) et le type de sol (pH, texture, drainage) de votre terrain. Choisissez des espèces d'arbres et d'arbustes adaptées à ces conditions, car toutes les variétés ne réagissent pas de la même manière à l'humidité ou aux écarts de température. Ce que l'on appelle le contexte pédoclimatique est crucial. Observer ce que réussissent vos voisins est souvent très instructif.

Privilégiez la diversité en choisissant plusieurs espèces d'arbres et d'arbustes qui produisent à des moments différents de l'année. Cela étale les récoltes, réduit les risques de maladies et nuisibles, et enrichit l'écosystème. Intégrez des espèces indigènes, bien adaptées aux conditions locales et résilientes face aux aléas climatiques. Les espèces locales nécessitent moins d'entretien, résistent mieux aux maladies et soutiennent la faune indigène.

Optimisation de l'espace et des fonctions

Utilisez le principe des zones en permaculture pour déterminer l'emplacement des arbres et arbustes. Les arbres fruitiers nécessitant des soins réguliers peuvent être placés en zone 2, proche de la maison, tandis que les arbres à bois ou les haies peuvent être situés en zone 3 ou 4, plus éloignées.

Les besoins en lumière varient selon les espèces. Une zone plein sud ne demande pas les mêmes cultures qu'un espace mi-ombragé ou exposé au vent. Notez les heures d'ombre et de soleil dans la journée. Gardez aussi en tête que les ombres sont plus courtes en été qu'en hiver. Cela vous aide à placer les légumes qui aiment la chaleur au bon endroit et à éviter que les cultures hautes ne gênent les autres. Les arbustes fruitiers, ainsi que les plantes annuelles à fruits (tomates, courges…) demandent plus de 6 heures d'ensoleillement.

Lors de la plantation, il est essentiel de prévoir l'espace nécessaire pour la croissance future des arbres et arbustes. Par exemple, un chêne peut atteindre un diamètre de canopée de 15 à 20 mètres à maturité, tandis qu'un arbuste comme le cassis n'occupera que 1 à 2 mètres. Un schéma à l'échelle évite les oublis et les zones qui se chevauchent. Indiquez les dimensions exactes des planches, des allées et des zones permanentes. Ce plan vous permet de visualiser facilement l'occupation de l'espace et de prévoir la place des cultures volumineuses. Notez aussi la largeur réelle des allées pour garder une circulation fluide et limiter le tassement du sol.

Organisez vos plantations en strates, de la canopée supérieure aux couvre-sols, pour maximiser l'utilisation de l'espace vertical et renforcer les interactions bénéfiques. Créez des guildes, c'est-à-dire des groupes de plantes qui se soutiennent mutuellement. Certaines plantes se soutiennent, d'autres se gênent. Associer intelligemment vos cultures améliore la santé du potager. Les plantes compagnes, comme les aromatiques ou les fleurs qui attirent les auxiliaires, renforcent l'équilibre du jardin. Cette diversité limite les ravageurs et utilise mieux l'espace en hauteur.

Les arbres et arbustes peuvent être utilisés pour créer des brise-vent ou des haies qui protègent les cultures des vents dominants et des intempéries. Cela contribue à créer des microclimats favorables et à réduire le stress sur les cultures les plus sensibles.

Astuce : Utilisez des cartes ou des croquis pour planifier l'emplacement de chaque arbre et arbuste. Un plan précis est un atout inestimable pour la gestion de votre jardin.

Préparation du sol et techniques de plantation

Une fois que vous avez choisi les espèces et déterminé leur emplacement, il est temps de préparer le sol et de procéder à la plantation. Ces étapes sont fondamentales pour assurer un bon démarrage et une croissance vigoureuse des jeunes plants.

Amendement et aération du sol

Analysez la qualité du sol à l'endroit où vous planifiez de planter les arbres et arbustes. Si le sol est pauvre ou compacté, améliorez-le avec du compost, du fumier bien décomposé ou des engrais verts. L'objectif est de créer un sol fertile, bien drainé et riche en matière organique. La création d'un sol vivant avec ses légions de micro et de macro-organismes est la clé de la réussite.

Si votre sol est lourd et mal drainé, comme les sols argileux, il peut être nécessaire de l'aérer en profondeur. Le travail en buttes (ou en billons) offre la meilleure réponse à cette situation si le sol est très humide ou fortement argileux. Dans les terrains en pente ou sujets à l'érosion, envisagez de planter sur des buttes ou des terrasses. Ces aménagements permettent de retenir l'eau, de réduire l'érosion et d'améliorer la stabilité du sol.

Processus de plantation

Creusez un trou de plantation suffisamment large et profond pour accueillir les racines de l'arbre ou de l'arbuste. En général, le trou doit être deux à trois fois plus large que la motte de racines et d'une profondeur égale ou légèrement supérieure à celle de la motte. Évitez de lisser les parois des trous en les creusant, pour ne pas empêcher le développement racinaire des plants.

Placez l'arbre ou l'arbuste dans le trou, en veillant à ce que le collet (la zone où le tronc rencontre les racines) soit au niveau du sol ou légèrement au-dessus. Le collet ne doit pas être enterré. Pour les plants en motte, la surface de la terre du godet doit être mise à niveau du sol. Étalez bien les racines pour éviter qu'elles ne s'entrelacent ou ne se compactent.

Remplissez le trou avec le mélange de terre et de compost, en tassant légèrement pour éliminer les poches d'air. Émiettez le plus possible la terre de recouvrement pour éviter les poches d'air. Arrosez abondamment après la plantation pour aider à tasser le sol et à bien établir les racines.

Protection et soutien des jeunes plants

Appliquez une couche épaisse de paillis organique (paille, copeaux de bois, feuilles mortes, tonte de gazon sur 1 cm tous les 10 jours dès le printemps - sauf pour ail, oignon et échalote) autour de la base des arbres et arbustes. Le paillis aide à conserver l'humidité, à réguler la température du sol, à réduire les mauvaises herbes et à enrichir le sol en se décomposant. Le paillage doit être maintenu sur les premières années de croissance des plants, le temps pour les arbres et arbustes de devenir plus compétitifs face aux adventices.

Dans les zones où les animaux (comme les cerfs ou les lapins) peuvent endommager les jeunes arbres et arbustes, installez des protections physiques, comme des gaines en plastique autour des troncs ou des clôtures légères. Des gaines d'une hauteur de 60 cm protègent contre les rongeurs, tandis que des gaines de 120 cm sont efficaces contre les cervidés. Le grillage ou les clôtures électriques peuvent être utilisés pour une protection linéaire. L'usage de produits répulsifs est également testé afin de remplacer et/ou de compléter les moyens de protection physiques.

Pour les jeunes arbres ou les arbustes hauts, installez des tuteurs pour les soutenir pendant les premières années. Les tuteurs aident à stabiliser les plantes dans les zones venteuses et à guider leur croissance.

Astuce : Pour améliorer l'enracinement, vous pouvez utiliser un extrait d'algues ou un mycorhize lors de la plantation. Les plants en racines nues doivent impérativement être mis en « jauge » dès la réception afin de conserver la fraîcheur de leurs racines jusqu’à la plantation. Le pralinage des plants en racines nues, un mélange de 1/3 de fumier, 1/3 de terre et 1/3 d'eau, protège les racines des bulles d'air et fournit un apport nutritif favorable au développement racinaire.

Suivi et entretien des plantations

Après la plantation, il est important de suivre et d'entretenir régulièrement vos arbres et arbustes pour garantir leur croissance et leur productivité. Cette observation continue est la clé du succès à long terme.

Arrosage et gestion de l'humidité

Les jeunes arbres et arbustes nécessitent un arrosage régulier, surtout pendant les périodes sèches. Assurez-vous que le sol reste humide, mais pas détrempé, pour éviter le stress hydrique. Surveillez régulièrement que le paillis reste en place et qu'il remplit bien sa fonction de conservation de l'humidité.

Anticipez les besoins en eau dès la planification. Regroupez les légumes gourmands près de votre point d'eau ou d'un système d'irrigation. Adaptez le paillage selon les besoins. Classer les plantes par exigences hydriques simplifie vos arrosages d'été.

Taille et fertilisation

Pendant les premières années, une taille formative est essentielle pour guider la croissance des arbres et des arbustes. Supprimez les branches mortes, malades ou croisées, et favorisez une structure équilibrée qui supportera le poids des fruits à maturité.

Au fil des ans, continuez à tailler régulièrement pour maintenir la forme, la santé et la productivité des plantes. La taille d'entretien vise à éliminer les branches superflues, à améliorer la circulation de l'air et à favoriser la pénétration de la lumière à l'intérieur de la canopée.

Chaque année, ajoutez une couche de compost autour des arbres et arbustes pour maintenir la fertilité du sol. Le compost enrichit le sol en nutriments essentiels et améliore sa structure. Prévoyez les apports organiques dès le début. Intégrez compost mûr et amendements dans votre calendrier. Synchroniser ces apports avec les besoins des légumes garantit une nutrition continue. N'oubliez pas les engrais verts d'automne, essentiels pour une fertilité durable.

Gestion des nuisibles et maladies

Utilisez des plantes compagnes : plantez des couvre-sols fixateurs d'azote ou des plantes compagnes bénéfiques autour des arbres et arbustes. Les salades et les radis roses occupent les places vides avant, pendant ou après les légumes principaux : ils bouchent les trous ! L'espace « Fleurs » est important pour favoriser la biodiversité au jardin. Il attire les auxiliaires qui vont se nourrir des ravageurs et qui vont favoriser la pollinisation. L'espace « Plantes aromatiques » est composé de plantes annuelles (persil, cerfeuil…) ou de vivaces (thym, sauge, mélisse citronnelle…).

Inspectez régulièrement les arbres et arbustes pour détecter les signes de maladies (feuilles jaunissantes, taches, chancres) ou de nuisibles (insectes, larves, nids). Si des problèmes surviennent, utilisez des traitements naturels comme des décoctions de plantes (ail, prêle) ou des huiles essentielles pour lutter contre les maladies et les nuisibles.

Observation et adaptation continues

La permaculture est un processus d'apprentissage et d'adaptation continue. Observez comment vos arbres et arbustes se développent au fil des saisons et ajustez vos pratiques en fonction des résultats observés. Un jardin pensé sur plusieurs saisons devient plus stable, plus autonome et plus résilient face aux aléas climatiques.

Tenez un journal de jardin pour noter vos observations, les travaux réalisés et les résultats obtenus. Ce suivi vous aide à progresser. Comparer les résultats d'une année à l'autre montre clairement l'impact des choix variétaux ou des changements de méthode.

Une fois que les arbres et arbustes sont bien établis, vous pouvez envisager d'expander votre système en ajoutant de nouvelles espèces ou en créant de nouvelles guildes. La planification des cultures est la première étape de ma saison de maraîchage et c'est la seule tâche que je réalise pendant mes vacances d'hiver, ce qui me prend 2 à 4 jours. Mes suivis de cultures et de rendements de la saison précédentes sont fondamentaux pour améliorer chaque année ma planification des cultures.

Pour le plan de cultures, je vais par exemple programmer de transplanter deux semaines plus tard les concombres qui avaient subi une gelée tardive la saison précédente, ou avancer le semis des premières carottes sous tunnel qui n’étaient pas prêtes à temps l’année dernière. Pour la quantité de production de chaque légume, je peux regarder sur mes suivis les rendements de l’année précédente et ajuster le nombre de planches permanentes que je souhaite dédier à chaque culture. Pour la quantité de semences, je peux voir que j’ai dû commander plusieurs fois des semences de carottes la saison passée, je vais donc commander une plus grosse quantité de semences cette saison pour éviter de perdre du temps et de l’argent à refaire des commandes en cours de saison.

Schéma d'un jardin planifié avec des associations de plantes

Les rotations des cultures et l'organisation spatiale

Le plan de cultures est aussi l’outil qui me permet de gérer mes rotations. J’ai choisi le modèle proposé par Jean-Martin Fortier dans son livre “Le Jardinier Maraicher”. J’appellerai par la suite ces familles comme Jean-Martin Fortier : les familles de légumes exigeants. Ce terme “exigeant” vient du fait que ces légumes ont besoin de beaucoup de nutriments pour assurer une production abondante.

Principes de rotation

Le principe de ce modèle de rotation est simple : chaque jardin (bloc de 10 planches permanentes) accueille une année sur deux uniquement des Verdures-Racines, et une année sur deux uniquement une seule famille exigeante. Ainsi le nombre d’années de rotation pour une famille exigeante est égal au nombre de jardins : 10 ans pour Jean Martin Fortier qui dispose de 10 jardins de plein champ, 6 ans pour moi qui dispose de 6 jardins.

Dans les tunnels froids c’est plus difficile car je dispose de 5 tunnels de 6 planches permanentes chacun. Trois d’entre eux sont utilisés chaque année pour les cultures de solanacées (tomates, aubergines, poivrons), la rotation est donc d’une année entre deux cultures de solanacées. Pour régler ce problème il faudrait soit plus de tunnels, soit réduire la production de solanacées sous tunnels, soit pouvoir déplacer les tunnels tous les 7 à 10 ans. C’est cette dernière option que j'ai choisi pour ma nouvelle installation sur la ferme des Buis. Ainsi tous mes nouveaux jardins sont constitués de 7 planches permanentes, et ont une largeur de 9m : la largeur intérieure de mes nouvelles serres tunnels.

Je ne prends pas d’autres critères en compte pour mes rotations. Chaque jardin étant identique (10 planches permanentes), cela m’apporte une certaine régularité dans ma production, ce qui peut aussi s’avérer une certaine contrainte. Je suis en effet obligé de produire 10 planches de pommes de terre nouvelles, ou 10 planches d’alliacées. Si je veux augmenter ou diversifier davantage ma production, je dois construire de nouveaux jardins pour respecter mon plan de rotation. Mais c’est une contrainte que j’apprécie car elle cadre mon plan de culture et réduit le nombre de questions que je dois me poser au début de chaque saison! Une bonne rotation se pense sur trois ou quatre ans. Alternez légumes-feuilles, légumes-fruits, légumes-racines et légumineuses. Cette organisation limite l’épuisement du sol et les maladies. Elle réduit aussi les besoins en engrais, puisque certaines familles enrichissent naturellement la terre pour les suivantes.

Gestion de l'espace au potager

Planifier votre potager peut sembler contraignant au premier abord. Pourtant cette organisation change tout. Elle vous aide à gagner du temps, à éviter les erreurs fréquentes et à obtenir des récoltes plus régulières. Avec quelques méthodes simples et un peu d’observation, vous structurez vos cultures sans perdre le plaisir du jardin.

Pour faciliter la sélection et le regroupement des légumes, pourquoi ne pas le faire par plats gastronomiques ? Le jardinier doit avant tout lister ce qu'il souhaite manger.Un potager réussi ne repose ni sur l’improvisation ni sur l’enthousiasme que génère l’arrivée du printemps. Derrière chaque récolte généreuse se cache une planification rigoureuse, pensée en amont, ajustée au fil des saisons. Anticiper les rotations, répartir les semis, optimiser l’espace et prévoir les aléas climatiques constituent autant de leviers décisifs. Planifier ses plantations ne bride pas la spontanéité : elle la structure.

Exemple de plan de potager avec rotation des cultures

Les 12 pistes pour une planification réussie

Voici 12 pistes claires pour y parvenir :

  1. Bien analyser l’exposition du jardin : Avant de planter, prenez le temps d’observer la lumière. Une zone plein sud ne demande pas les mêmes cultures qu’un espace mi-ombragé ou exposé au vent. Notez les heures d’ombre et de soleil dans la journée. Une orientation de terrain nord-sud avec des espaces de plantation est-ouest est idéal.

  2. Comprendre la nature du sol : Un sol argileux retient bien l’eau mais se compacte vite. Un sol sableux draine rapidement mais s’appauvrit plus vite. Testez la texture du sol et observez sa vie biologique. Les légumes racines, par exemple, ont besoin d’une terre profonde et meuble.

  3. Dessiner un plan précis du jardin : Un schéma à l’échelle évite les oublis et les zones qui se chevauchent. Ce plan vous permet de visualiser facilement l’occupation de l’espace et de prévoir la place des cultures volumineuses.

  4. Mettre en place une rotation des cultures : Une bonne rotation se pense sur trois ou quatre ans. Alterner légumes-feuilles, légumes-fruits, légumes-racines et légumineuses limite l’épuisement du sol et les maladies.

  5. Noter les dates de semis et de récolte : Chaque légume a son calendrier. Inscrivez les périodes de semis, de repiquage et de récolte dans un tableau. Cela évite les périodes creuses comme les pics de production trop intenses.

  6. Penser aux cultures associées : Certaines plantes se soutiennent, d’autres se gênent. Associer intelligemment vos cultures améliore la santé du potager. Les plantes compagnes renforcent l’équilibre du jardin.

  7. Anticiper les besoins en eau : Regroupez les légumes gourmands près de votre point d’eau ou d’un système d’irrigation. Adaptez le paillage selon les besoins.

  8. Échelonner ses semis : Semer tout en une fois entraîne souvent une récolte massive et brève. Échelonnez sur plusieurs semaines pour des récoltes régulières.

  9. Garder un espace libre pour l’imprévu : Réservez une petite zone vide pour un semis tardif ou pour remplacer une culture qui a échoué.

  10. Tenir un carnet de culture : Notez le maximum d’informations : dates de semis, rendements, incidents climatiques, variétés testées. Ce suivi vous aide à progresser.

  11. Choisir des variétés adaptées au climat : Sélectionnez des plants adaptés à votre climat local. Optez aussi pour des semences reproductibles si vous voulez gagner en autonomie.

  12. Coordonner plantations et fertilisation : Prévoyez les apports organiques dès le début. Intégrez compost mûr et amendements dans votre calendrier.

Les associations de cultures : une démarche méthodique

Le jardinier ou la jardinière se perd souvent entre les techniques d'association ou de rotation des légumes-feuilles, racines, fleurs ou fruits. Ce n'est pas un manque de rigueur ou de bonne volonté de votre part, mais plutôt l'absence d'une méthode claire.

Simplifier les associations

J'ai pris le temps de décrypter toutes les informations contradictoires que l'on peut trouver, pour ne garder que ce qui est applicable dans un petit potager (nous ne sommes pas des agriculteurs). J'ai adapté la rotation des cultures car la plupart d'entre nous cultivent leur potager de manière naturelle, en respectant le plus possible la vie du sol. J'ai rajouté de la souplesse aux techniques conventionnelles.

J'ai fait un grand tri dans tout ce que l'on peut trouver comme mauvais voisinages de plantes, et avec le soutien du plus grand expert dans le domaine, je n'ai gardé que 3 groupes de légumes qui supportent mal de pousser ensemble. C'est déjà beaucoup plus simple à gérer quand on a un petit potager ! Du côté des plantes amies, j'ai établi une liste contenant juste le strict nécessaire, ainsi que la manière de les intercaler entre les légumes. Elles permettront aux cultures de bénéficier d'un effet protecteur (face aux maladies) et d'un effet répulsif (face aux insectes parasites). Ce qui permettra de joindre l'utile à l'agréable, puisqu'en plus des herbes aromatiques, cette liste contient également des fleurs bénéfiques, pour avoir un potager à la fois productif et esthétique.

Nous en finirons aussi avec l'éternelle question des rotations au potager. Je vous expliquerai les conditions exactes qui permettent de s'en passer.

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Guide pratique : étapes clés

Ce guide pratique vous propose de suivre une démarche méthodique pour placer les légumes dans les parcelles. Nous verrons comment tracer le plan d’ensemble de votre potager et comment le remplir en suivant une méthode logique, étape par étape. Au final, les rangs de légumes seront disposés dans un certain ordre, et bien associés entre eux pour produire de belles récoltes. L'objectif est que vous ayez devant vous un plan pour chaque saison, tout en visualisant facilement les enchaînements des cultures.

En cours d'année, quand ce sera le moment de semer ou planter un légume, il suffira de regarder sur le plan à quel endroit il est prévu d'aller. Comme tout a été préparé à l'avance, on ne se pose plus de question et on peut prendre le temps de s'appliquer à faire de beaux semis et des plantations bien réalisées. Les cultures s'enchaîneront naturellement d'une année sur l'autre, car on va réutiliser les schémas de plantation. Dans cet ouvrage, on ne va pas s'occuper de la partie temporelle (planification, dates de semis, successions de cultures dans le temps) qui est traitée dans un autre guide, mais on va plutôt s'intéresser au placement des légumes les uns par rapport aux autres dans les parcelles du potager (associations des cultures dans l'espace, cultures à plusieurs étages).

Contenu du guide pratique

Voici le sommaire du guide :

Partie 1 : Associations, rotations : de quoi parle-t-on exactement ?Je vous expliquerai de manière très simple à comprendre, comment les plantes du potager communiquent entre elles (au niveau des interactions chimiques). Nous verrons les nombreux avantages que l'on peut obtenir grâce aux associations bénéfiques.Je vous donnerai ma liste (très restreinte) des quelques légumes qui ne s'entendent pas ensemble. Vous découvrirez aussi les 6 autres bonnes raisons d'associer légumes, herbes aromatiques et fleurs entre eux. Nous en finirons avec l'éternelle question de la rotation des cultures au potager.

Partie 2 : Tracez votre plan d'ensemble et choisissez vos légumesJe vous montrerai comment tracer le plan d'ensemble de votre potager (vide pour l'instant). Au choix avec papier-crayon ou à l'ordinateur. Les légumes seront classés en 3 catégories suivant le volume de leur développement, et vous pourrez choisir ceux qui vous plaisent et calculer les quantités dont vous avez besoin. Au final, vous obtiendrez la longueur totale des rangs que vous allez cultiver durant l'année potagère.

Partie 3 : Établissez votre plan de cultures associéesJe vous présenterai la méthode des cultures associées à plusieurs étages. Vous découvrirez une manière complètement logique de placer les rangs de légumes dans les plates-bandes et d'intercaler les herbes aromatiques et les fleurs. Vous remplirez votre plan d'ensemble avec les différentes catégories de légumes, en suivant des étapes bien définies. Je vous montrerai en vidéo comment je procède et je vous donnerai des exemples d'associations. À la fin de cette partie, vous aurez pour chaque saison de l'année un plan définitif avec des légumes bien associés entre eux dans chaque plate-bande.

Compléments offerts et support

Les compléments offerts en prime comprennent le tableau des caractéristiques des légumes, des vidéos explicatives (durée totale 1h10), des plans-types avec des plates-bandes thématiques bien associées, un fichier d'exemple pour créer le plan du potager avec un logiciel de présentation et le schéma des mauvaises associations à éviter.

De plus, vous bénéficiez d'un groupe d'entraide. Si vous avez besoin d'éclaircissements sur un point particulier du guide, si vous ne voyez pas comment appliquer une technique chez vous dans votre potager, bref si un problème vous bloque, on ne vous laisse pas seul(e) ! Vous avez à votre disposition un groupe d'entraide qui est réservé aux membres. J'y réponds personnellement à toutes vos questions sur le guide.

Image d'un groupe d'entraide de jardiniers

Formats disponibles

Le guide est disponible au choix sous forme numérique (textes et vidéos en ligne) ou bien sous la forme d'un livre papier.

Le guide numérique en ligneVous pouvez le consulter en ligne, à tout moment par internet, dans l’espace formation Potager Durable. J'y suis présent tous les jours pour apporter des réponses ou animer la discussion. L'accès est illimité dans le temps.

Le livre papierSon contenu est le même que celui du guide numérique. Le livre fait 84 pages au format 18x26 cm, il offre un texte aéré et très lisible, agrémenté de photos en noir et blanc. Et vous avez accès gratuitement aux mêmes compléments que ceux du guide numérique : les fiches à télécharger, les vidéos, le groupe d'entraide. Sur la première page du livre est imprimé un lien internet à recopier dans votre navigateur. Le livre est imprimé en France par un imprimeur respectant la charte "imprim'vert" (encres non toxiques et gestion durable des forêts produisant du papier). Le colis est livré par La Poste dans votre boîte aux lettres.

Ce guide n'est pas qu'un simple livre : c'est le condensé de toute mon expérience pour vous aider à planifier vos cultures dans un petit potager familial. Si au contraire vous êtes plus attiré par l'improvisation pour vos cultures, ce guide n'est pas fait pour vous ! Les indications sont valables pour toutes les régions tempérées du monde, car le guide traite principalement de la disposition des légumes, indépendamment des dates de culture. Ce n’est pas une grosse formation lourde… mais ce n’est pas non plus un simple ebook ! C’est plutôt un ensemble structuré de chapitres, illustrés de photos et de vidéos. C’est synthétique, sans bavardage inutile. L’objectif, c’est de vous faire passer à l’action, pour vous permettre d’obtenir des résultats le plus facilement et le plus rapidement possible. La garantie satisfait ou remboursé vous permet de découvrir l'intérieur du guide pendant 30 jours, sans prendre de risque.

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