Les arbres fruitiers d’ornement sont des alliés précieux pour créer un jardin beau et vivant. Leur diversité permet de s’adapter à tous les styles de jardin et à tous les espaces. Le printemps est sans doute la saison la plus spectaculaire pour ces arbres. Les bourgeons éclatent en une profusion de fleurs délicates, blanches, roses, rouges ou pourpres, selon les variétés. Le cerisier du Japon, par exemple, est célèbre pour ses floraisons abondantes qui transforment l’arbre en une nuée rose. Le pommier à fleurs, quant à lui, offre des bouquets plus fournis, parfois doubles, qui embaument l’air de leur douce fragrance.

L'esthétique au fil des saisons
Mais la beauté de ces arbres ne se limite pas au printemps. En été, leur feuillage luxuriant apporte une touche de fraîcheur et d’ombre. Certaines variétés, comme le cerisier à fleurs de prunier, arborent un feuillage pourpre qui contraste élégamment avec la verdure environnante. À l’automne, les fruits font leur apparition. Les arbres fruitiers d’ornement ne sont pas seulement beaux à regarder, ils jouent également un rôle essentiel dans l’équilibre de notre écosystème. Leurs fleurs attirent les insectes pollinisateurs, comme les abeilles et les bourdons, contribuant ainsi à la pollinisation des autres plantes du jardin.
Les possibilités sont infinies. Planté en isolé, un cerisier du Japon peut devenir le point focal d’un jardin japonais. Un alignement de pommiers à fleurs délimitera avec élégance une allée. Ou encore, un groupe d’amélanchiers créera une haie fleurie et fruitière.
Critères de choix et intégration paysagère
Le choix de l’emplacement est primordial. Ces arbres apprécient généralement les expositions ensoleillées ou mi-ombragées. Le sol doit être bien drainé et enrichi en matière organique. Vous disposez d’un espace restreint ? De nombreuses variétés d’arbres fruitiers d’ornement ont été sélectionnées pour leur taille contenue et leur port compact. Les pommiers nains, par exemple, produisent de belles fleurs et des fruits tout en occupant peu de place. Pour les jardins ombragés, l’amélanchier offre une floraison abondante et des fruits savoureux même en conditions de faible luminosité.
Le poirier de Callery, par exemple, est apprécié pour sa floraison blanche abondante et son feuillage automnal doré. Les cerisiers Snow fountain offrent un port pleureur, Oshidori propose des milliers de fleurs roses doubles à pétales découpés, les pêchers Taoflora red et white affichent eux aussi une floraison double. Le prunus Sargentii propose un feuillage pourpre découpé et des fleurs roses très claires. Choisir de planter un arbre fruitier d’ornement, c’est faire le choix de la beauté, de la biodiversité et de la durabilité. Ces arbres, souvent centenaires, offrent une perspective à long terme et deviennent rapidement un élément incontournable du paysage.
Élagage des Arbres - # 1 Les différents types de Taille
Identification par la phénologie florale
Au début du printemps, la floraison des arbres fruitiers de la famille des rosacées est toujours très attendue, non seulement pour la beauté du spectacle qu'elle procure dans les vergers mais aussi car elle annonce la future récolte de fruits. Mais les premières fleurs printanières plus ou moins précoces permettent d'identifier rapidement l'espèce d'arbre fruitier qui les portent. La période d'éclosion des fleurs varie en fonction des espèces et donne une excellente indication pour l'identification des arbres fruitiers.
Ainsi les Amandiers (Prunus dulcis) sont les premiers à fleurir début mars puis vient le tour des Pêchers (Prunus persica), des Pruniers (Prunus domestica) et les Poiriers (Pyrus communis). La floraison fruitière la plus connue est certainement celle du pommier. Déployées en corymbes (bouquets compacts de petites fleurs) elles jaillissent d'un bouton d'abord rosé, dévoilant des pétales d'un blanc crémeux en s'ouvrant. La particularité de la corolle des fleurs de pommier est d'être teintée de rose sur la face inférieure des pétales et de rarement dépasser deux centimètres de diamètre.
La floraison des Cerisiers est au contraire d'une impeccable blancheur très légèrement teintée de rose ce qui la différencie des Cerisiers à fleurs cultivés pour l'ornementation des parcs et jardins. Les fleurs d'amandier comme celles des pêchers sont roses. Leur diamètre n'excède pas 2,5 cm et il est difficile de les différencier tant elles se ressemblent. Les pruniers se couvrent au printemps d'une abondance de fleurs réunies par paire et garnies de pétales blancs étalés. Quant aux poiriers, ses inflorescences forment une coupe dont la couleur des pétales des fleurs va du blanc au rose lavé. Ces pétales entourent une touffe d'étamines à anthères rouges. Après des mois de dormance, les bourgeons à fleurs se gonflent de sève puis "éclatent" laissant apparaître les boutons floraux.

Stratégies de plantation et usages spécifiques
Le climat de votre région et la nature de votre sol sont des paramètres importants dans le choix d’un arbre fruitier, mais il en existe d’autres. La plupart du temps, on plante un arbre fruitier pour récolter des fruits. Selon les variétés, la productivité peut varier, les fruits peuvent être plus ou moins juteux, fondants, parfumés, sucrés… Il vaut donc la peine de s’y intéresser de près. Et, bien entendu, si l’arbre choisi n’est pas autofertile et si aucun arbre pollinisateur compatible n’existe dans le voisinage, il faudra planter deux arbres de variétés compatibles.
Certains arbres fruitiers peuvent être plantés, non pour leurs fruits, mais pour leur aspect décoratif. Leurs fruits sont insignifiants ou non comestibles, mais leur floraison printanière, dans les tons blancs ou roses, est un enchantement. On connaît les célèbres cerisiers du Japon ; il existe aussi des pruniers, des pommiers ou même des pêchers d’ornement. Certains offrent aussi de remarquables couleurs automnales.
Mécanismes de reproduction et biologie florale
La floraison, en plus d’être annonciatrice du printemps et des beaux jours, est une étape cruciale pour la production de fruits. Les pétales présentent des nuances allant du blanc au rouge soutenu qui sont autant d’informations pouvant permettre d’identifier une variété. Pensez donc à noter les dates de pleine floraison (F2) et à décrire les fleurs de vos arbres fruitiers.
Le plus commun, le pommier, a des fleurs blanches (parfois roses ou rouges), groupées en corymbes. Souvent les fleurs sont odorantes. Le poirier, lui, a des fleurs blanches et groupées en corymbes. Les fleurs sont piquantes, à 5 pétales. Le prunier fleurit, comme les autres, au printemps (mars-avril). Les fleurs apparaissent avant les feuilles, disposées en ombelles (fleurs disposées sur une même tige). Les sépales sont couverts de poils. Les pétales vont du blanc au blanc verdâtre ou jaunâtre.
La floraison des arbres fruitiers est une véritable fête qui nous ravit à chaque printemps. Au Japon, la coutume du Hanami, qui signifie "regarder les fleurs", invite la population à se réunir pour admirer toute la splendeur des sakura. Autre beau rendez-vous de la saison : la floraison du cognassier. Ses fleurs délicates, de couleur blanc rosé, sont plus grandes que celles des autres fruitiers appartenant à la famille des rosacées, comme le pommier, le cerisier ou encore le pêcher.
Dès la fin du printemps, le grenadier se pare d'une floraison d'un beau rouge orangé. La variété Nikitskiranni produit des grenades très juteuses au début de l'automne et résiste très bien au froid, jusqu'à -15°C. Des variétés ornementales ont été sélectionnées afin de produire de grandes fleurs doubles, c'est-à-dire chargées de plusieurs rangées de pétales. Parmi les variétés à fleurs, Legrelliae produit d'énormes corolles orange à liseré crème en mai et juin. Voilà un arbuste dont on consomme tout autant les fruits que les fleurs. La floraison, aussi abondante qu'odorante, se prête en effet à de délicieuses recettes : sirop, limonade, beignets…
À la campagne comme en ville, c'est un arbuste qui pousse spontanément et qui est extrêmement généreux à l'égard des amateurs gourmands. Veillez à ne pas confondre le sureau noir (Sambucus nigra) avec le sureau yèble (Sambucus ebulus) qui, lui, est toxique. D'avril à mai, les pommiers se réveillent en déployant leurs bouquets de fleurs, tandis que les feuilles apparaissent timidement. La variété Evereste est remarquable pour ses bourgeons floraux roses qui s'ouvrent sur une floraison d'un blanc très pur. Les pommiers Courtarou ou Liset sont encore plus généreux au printemps, recouverts de fleurs rose violacé.
Avec les amandiers, les abricotiers et les pruniers, les pêchers sont les premiers fruitiers à fleurir au printemps. La plupart des variétés donnent des fleurs rose pâle à rose intense, qui sont d'autant plus admirables qu'elles sont quasiment seules sur les branches, les feuilles se développant plus tard dans la saison. Comme pour les pommiers, il existe des pêchers sélectionnés pour la beauté de leurs fleurs, à l'instar de la variété Taoflora qui s'embrase de rouge framboise au printemps. La précocité de la floraison rend les pêchers sensibles au gel tardif.

Dynamique de fructification et contraintes biologiques
La floraison constitue une phase cruciale pour la production des arbres fruitiers. Généralement auto-incompatible, l'arbre nécessite une pollinisation croisée. La GA3 peut induire la parthénocarpie (11,8 % de succès). Les bourgeons floraux sont formés la première saison sur rameaux d'au moins 1 an, et les fruits la saison suivante ; seuls les rameaux courts fructifient.
Concernant le genre Aronia, l'apomixie gamétophytique naturelle est rapportée. Il est pollinisé par mouches et coléoptères nécrophages, non par abeilles ; généralement auto-incompatible ; la pollinisation croisée par source génétique différente est quasi-obligatoire. Les fleurs sont petites, blanches ou roses, avec généralement 5 pétales et 5-20 étamines.
Chez Crataegus, C. monogyna est pollinisée par moucherons, abeilles et autres insectes ; l'apomixie et l'hybridation expliquent la spéciation. C. douglasii est apomictique pseudogame tétraploïde auto-compatible. L'apomixie pseudogame nécessite une pollinisation pour l'endosperme ; il faut distinguer l'apomixie (graines viables asexuées) de la parthénocarpie (fruit sans graine). La parthénocarpie a été observée en Chine sur plantations mono-variétales, possiblement due à une synthèse modifiée de phytohormones liée à une nutrition minérale inadéquate. Certains hybrides diploïdes précoces (parents du Jostaberry) ont fructifié parthénocarpiquement.
Les fleurs sur brachyblastes (dards) se forment dès 2 ans et en position axillaire sur rameaux de 1 an (partie basale) ; la densité florale est maximale sur bois de 3 ans ; une bonne productivité est observée sur bois de 2 ans. Les espèces de Prunus sont généralement incapables de fructifier parthénocarpiquement de manière significative naturellement. Ils sont largement auto-incompatibles (auto-stériles), nécessitant au moins deux arbres pour la nouaison ; la pollinisation se fait par abeilles ou vent. Les fleurs sont solitaires, 5 pétales, rose pâle à blanches.
Typiquement auto-compatible, le pêcher présente cependant un certain degré d'auto-incompatibilité ; certains génotypes sont auto-incompatibles ('Behta'), d'autres auto-compatibles ('Ardabil2'). Les Sorbus diploïdes comme S. domestica sont généralement allogames (nécessitent pollinisation croisée) et auto-incompatibles. L'apomixie est fréquente chez les taxons polyploïdes de Sorbus, souvent pseudogame.
Pour le figuier, la fructification (et donc floraison implicite) dépend du type de figuier et de la récolte : figues fleurs (Breba) sur bois de l'année précédente ; figues d'été/automne (récolte principale) sur bois de l'année. Il est gynodioïque (fonctionnellement dioïque). La pollinisation (caprification) par une guêpe spécifique (Blastophaga psenes) est nécessaire pour les figues de type Smyrne et la 2ème récolte des San Pedro. Les figues de type Commun sont parthénocarpiques pour la 1ère récolte (figues fleurs) et parfois la 2ème.
Le grenadier est autofertile ; il est pollinisé par abeilles et mouches. La parthénocarpie n'est pas un mécanisme majeur rapporté pour la fructification principale ; l'apomixie est plus courante dans d'autres espèces de Rubus (mûres). L'allogamie (pollinisation croisée) est favorisée chez certaines espèces par la structure polygame-dioïque. Les fleurs hermaphrodites, pourpres ou lavande, apparaissent sur la nouvelle croissance et sur de courts dards sur des tiges de 2-3 ans. L'autopollinisation et la pollinisation croisée s'effectuent par insectes, notamment abeilles. La parthénocarpie est rapportée chez certains cultivars (ex: 'Bedana Seedless') mais généralement, la pollinisation est nécessaire pour une bonne fructification.
Ribes rubrum L. est majoritairement autofertile. Ribes uva-crispa L. est principalement autofertile, mais la pollinisation par les insectes (abeilles) est courante et peut améliorer la fructification. Pour le kaki, la pollinisation se fait par insectes (fourmis, abeilles, guêpes, mouches) ou vent. Certains cultivars chinois peuvent produire des fruits sans pollinisation (parthénocarpie) ou par autopollinisation. Les variétés indiennes nécessitent souvent pollinisation croisée. Les arbres peuvent être dioïques, monoïques, ou porter des fleurs hermaphrodites. Certains cultivars sont parthénocarpiques et n'ont pas besoin de pollinisation. D'autres (types astringents variants avec la pollinisation, ou non-astringents variants avec la pollinisation) nécessitent pollinisation pour perdre l'astringence ou pour une bonne fructification.
Le kiwi (Actinidia) est généralement dioïque (plantes mâles et femelles séparées). Il n'y a généralement pas de parthénocarpie naturelle significative ; les fleurs non pollinisées tombent. Morus spp. (mûrier) varie légèrement entre M. alba, M. rubra, et M. nigra. Les fleurs sont unisexuées, petites, en chatons. La pollinisation se fait par le vent (anémophile). Beaucoup de cultivars sont autofertiles. Le poirier est généralement auto-incompatible (présence d'auto-incompatibilité gamétophytique - AIG) ; nécessite pollinisation croisée par un autre cultivar compatible. Une faible parthénocarpie est observée chez certains cultivars ('Hosui').
Le noyer est monoïque. Les fleurs mâles sont en longs chatons pendants. La pollinisation se fait par le vent (anémophile). La protandrie ou protogynie (dichogamie) est fréquente, favorisant la pollinisation croisée. La pollinisation est requise pour le développement de la noisette. Les fleurs mâles (chatons) apparaissent sur le bois de l'année précédente.
Le fruit de la passion (Passiflora edulis) : P. edulis f. flavicarpa (fruit de la passion jaune) est souvent auto-incompatible, tandis que P. edulis f. edulis est typiquement auto-incompatible et nécessite pollinisation croisée par de gros insectes (abeilles charpentières, bourdons). La plupart des cultivars de pruniers sont auto-incompatibles (AIG), nécessitant pollinisation croisée par un cultivar compatible. Certains cultivars (ex: 'Conférence') peuvent produire des fruits parthénocarpiques, surtout en conditions fraîches.
Enfin, pour les Zanthoxylum spp., les plantes sont généralement dioïques (arbres mâles et femelles séparés), mais certaines espèces peuvent être monoïques ou polygames. La pollinisation se fait par insectes. Certains cultivars "spur-type" ont une forte proportion de floraison sur dards. Les fleurs sont hermaphrodites, blanches à rosées, en cymes corymbiformes. Beaucoup de cultivars sont auto-incompatibles ou partiellement auto-incompatibles, nécessitant pollinisation croisée. Certains sont autofertiles. Prunus salicina Lindl. a beaucoup de cultivars auto-incompatibles, mais une proportion plus élevée est autofertile ou partiellement autofertile comparé aux pruniers européens. La pollinisation croisée est souvent bénéfique.
La vigne, elle, est généralement autofertile, mais la pollinisation croisée par insectes améliore souvent la nouaison et la taille des fruits. Les petites fleurs verdâtres sont groupées en inflorescences (panicules, futures grappes). La plupart des cultivars cultivés ont des fleurs hermaphrodites. La majorité des cultivars hermaphrodites sont autofertiles et s'autopollinisent efficacement, souvent avant même l'ouverture complète de la fleur (cléistogamie).