Couvrir le sol en hiver : techniques, avantages et stratégies pour un jardin résilient

Avec l’arrivée de l’hiver et du froid, il est important d’apprendre dès maintenant les bons gestes pour bien entretenir votre jardin et votre potager. L’une des clés du succès pour avoir de belles plantes au printemps et de beaux légumes dans votre potager est de prendre soin du sol avant l’hiver. Inspirée par la Nature elle-même, la couverture permanente du sol est une méthode appliquée par de plus en plus de jardiniers soucieux de préserver la vie de leur support de culture. Les anciens la pratiquaient déjà, puis plus récemment, le courant de permaculture a remis cette technique au goût du jour.

Schéma illustrant le cycle de décomposition d'un paillis organique sur un sol potager

Les fondements de la protection hivernale du sol

Le paillage, ou paillis, est une technique de jardinage qui consiste à ne pas laisser le sol « nu ». Le paillis naturel, mélange de terre, feuilles mortes et matière organique, est un excellent moyen de prendre soin de votre jardin en hiver. Pourquoi utiliser cette méthode pour mon jardin en hiver ? Tout d’abord, il permet de conserver presque la totalité de l’humidité contenue dans le sol, contrairement à un sol nu. Il a donc pour but d’éviter à la sécheresse des sols de s’installer, car il empêche l’évaporation de l’eau et a pour but de retenir l’humidité.

Le fait de couvrir le sol est une protection très utile, à l’image de celle qui est présente dans les forêts par exemple et dont il faut s’inspirer. En effet, un sol couvert conserve plus longtemps la chaleur en hiver, ce qui protège les racines des plantes. Le paillage offre ainsi une isolation thermique idéale pour les cultures en hiver. Le paillage permet par ailleurs de prévenir le compactage du sol, un phénomène souvent causé par la congélation et le dégel.

Régulation thermique et protection contre les intempéries

En plein hiver, les températures (tout comme la luminosité) ne permettent plus aux légumes de se développer. Une bonne épaisseur de paillage peut permettre d’économiser quelques degrés : 3, 4 degrés parfois ! Même si les gelées se font moins fréquentes ces dernières années, moins longues et moins rudes, ce petit gain de température qu’offrira le paillage peut vous permettre d’éviter de perdre des légumes à cause du gel (artichaut, carottes, betteraves…).

Ce rôle d’isolant est très important, à une période de l’année où la différence peut parfois se jouer à 0,5 ° près. En effet, si une plante meurt à -2 et que votre paillage permet à ses racines de rester à -1,5°C, il aura pu sauver votre culture. Le maintien d’un paillage en hiver va protéger le sol de toutes les attaques des intempéries hivernales en améliorant sa porosité. C’est en effet en cette saison que les pluies et vents sont les plus intenses. Le paillage va éviter la formation de la fameuse croûte de battance, ainsi permettre à l’eau de mieux s’infiltrer, et limitera naturellement le ruissellement et le lessivage des sols.

TOILE DE PAILLAGE POUR JARDIN POTAGER - INSTALLATION ET TROUS

Biodiversité et fertilité : les alliés invisibles

Le paillage a également pour avantage de fournir un abri à la biodiversité, car il permet à de nombreuses espèces, tel que les vers de terre, d’évoluer et de travailler votre sol naturellement, afin de le rendre fertile pour vos plantes. La présence du paillage, aussi bien en hiver qu’aux autres saisons, va favoriser le développement de toute la macrofaune (vers, insectes) et toute la microfaune (champignons, bactéries).

Si leur rythme de vie va bien entendu ralentir en hiver, il n’en reste pas moins que tous ces êtres vivants vont continuer à dégrader la matière organique apportée par le paillage. Cette dégradation de la matière organique en éléments minéraux va accroître la nourriture disponible dans le sol. Vos cultures ne s’en comporteront que mieux lors de la prochaine saison potagère. Le sol deviendra ainsi une véritable éponge, permettant de stocker plus d’eau de manière naturelle, en prévision de la belle saison où les besoins des légumes sont plus importants.

Typologie des paillages : adapter le matériau à vos besoins

Il existe deux grandes catégories de paillages : les organiques et les minéraux. Pour couvrir le sol de vos cultures légumières, préférez un paillage léger comme les paillettes de lin, de chanvre, de Miscanthus ou les cosses de sarrasin par exemple ou de la simple paille. Pour toutes les plantations qui restent en place plusieurs années, un paillage durable est préférable. Vous pouvez donc utiliser du BRF ou bois raméal fragmenté issu du broyage de vos résidus de taille ou épandre un paillage de bois broyé ou d’écorces de pin.

Les paillages minéraux (paillettes d’ardoise, pouzzolane, gravier, etc.) ont l’avantage d’offrir un sol net en permanence, et d’accumuler la chaleur de la journée pour la restituer la nuit. Ce type de paillage est très adapté aux plantes persistantes et peu gourmandes en nourriture comme les plantes du midi (lavandes, romarins, santolines, Iris, etc.).

Gestion des risques et bonnes pratiques

Si cette technique se révèle particulièrement efficace, elle connaît aussi certains inconvénients. Lors de la mise en place d’une telle technique, il faut veiller à ne pas surdoser, mais également à ne pas utiliser des matières organiques qui se décomposent trop rapidement, afin de ne pas étouffer le sol. Le paillage assure un véritable rôle protecteur pour la vie du sol, mais aussi bien pour celle qui nous intéresse que pour celle qui nous intéresse moins ! Les limaces y trouveront un véritable abri pour résister à la rigueur de l’hiver. Un autre ravageur qui y trouve son compte : le campagnol.

Infographie comparant les avantages et inconvénients des différents matériaux de paillage

Pour les arbres et arbustes, formez une cuvette autour du tronc en laissant 10 cm d’espace dégagé. Attention à ne pas recouvrir le collet (base) des végétaux pour éviter les risques de pourriture. Vérifiez régulièrement que le paillage reste bien en place, surtout après des vents forts ou des pluies abondantes. Si votre sol est 100% gorgé d’eau en hiver, évitez de pailler surtout si votre sol est hydromorphe et préférez faire des associations.

Stratégies de réchauffement printanier

Si le rôle d’isolant du paillage est un atout pour l’hiver, c’est plutôt un inconvénient à la sortie de la mauvaise saison. Les planches de culture couvertes mettent plus de temps à se réchauffer. N’hésitez donc pas, dès les premiers rayons du soleil revenus, à dépailler vos parcelles. Outre le fait de déranger les ravageurs, le sol profitera de suite de ces degrés supplémentaires. Et pour accélérer ce réchauffement, vous pouvez aussi utiliser des bâches : la couleur noire en augmentera les effets.

Vous pouvez aussi adopter la stratégie de laisser votre sol se réchauffer à son rythme : vous perdrez quelques semaines de précocité, mais vous gagnerez énormément de temps ! Les restes de paillage pourront alors trouver leur place dans le compost ou être remis lors du retour des grandes chaleurs.

Le paillage vivant : une alternative dynamique

Vous pouvez également protéger le sol du potager en hiver avec du paillage vivant. On parle ici de cultures, que ce soit des engrais verts, ou des cultures nourricières. Les cultures traditionnelles d’hiver seront les bienvenues au potager, apportant donc protection ET récoltes. Pour les engrais verts, on choisira souvent des mélanges de céréales et de légumineuses, comme la vesce et le seigle. Les engrais verts couvrent le sol avec tous les avantages que cela implique, et donnent un air plus « vivant » et joyeux au potager.

En automne et en hiver, on s’orientera davantage vers les paillages carbonés. Comme nous vous le disions plus haut, cela va l’améliorer, augmenter son taux de matière organique, sa rétention en eau, et capitaliser pour les futures saisons. Si vous en avez, vous pouvez par exemple utiliser du BRF. La mise en place de plantes tapissantes peut également être une bonne alternative au paillage classique.

Enrichissement du sol avant l’hiver

Avant l’hiver, ce sont surtout le potager et les arbres fruitiers qui ont besoin d’être nourris. A l’automne, il ne faut leur apporter que des composts, fumiers ou fertilisants naturels du commerce. En règle générale, plus la plante semble faible ou plus la culture est gourmande, plus la quantité de « nourriture » doit être importante.

Le fumier est un mélange de matière organique et de paille qui permet d’équilibrer l’apport azote/carbone. Apportez un à trois kilos environ de fumier paillé par m2, ou 250 à 600 g de fumier en granulés par m2. Epandez le compost ou le fertilisant naturel et incorporez-le légèrement au sol par griffage ou ratissage. Paillez par-dessus le compost, et rendez-vous au printemps ! Alors, convaincu pour pailler votre potager en hiver ? Si vous ne l’êtes pas encore à 100 %, faites un essai sur une zone de culture ou deux. Rien que pour avoir une comparaison avec le reste de votre potager. N’attendez plus pour démarrer votre propre potager.

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