Créer ses semences de blé : Un guide complet pour une culture durable et autonome

Champ de blé

Le blé, qu'il soit tendre ou dur, est une céréale cultivée chaque année depuis des centaines d'années, représentant une récolte importante pour l'agriculteur. Cette plante sauvage, devenue un pilier de notre alimentation, joue un rôle crucial dans la sécurité alimentaire mondiale, alimentant plus de 35% de la population. Comprendre les caractéristiques et les exigences des graines de blé est donc essentiel pour optimiser les récoltes et garantir une production durable. Cet article explorera la biologie de la graine, les critères de sélection des variétés, les techniques de préparation et de semis, ainsi que les méthodes de conservation pour préserver ce précieux patrimoine. Chaque étape sera détaillée pour maximiser les rendements et contribuer à une production de blé plus efficace et durable.

S. Abis. Géopolitique du blé, enjeu majeur. Pourquoi ?

Comprendre la graine de blé : Anatomie et physiologie

Avant de procéder au semis, il est essentiel de comprendre la structure et le fonctionnement de la graine de blé. Cette compréhension permet d'optimiser les conditions de germination et de favoriser un bon développement initial de la plante. La graine contient tout le potentiel pour une future plante de blé et sa composition influence directement sa capacité à germer et à croître.

Structure de la graine de blé

La graine de blé, élément fondamental de la culture du blé, est composée de trois parties principales : l'embryon, l'albumen et l'enveloppe.

  • L'embryon : Il est le cœur de la graine, la future plante, contenant la radicule (future racine) et la gemmule (future tige). L'embryon représente environ 2% du poids total de la graine de blé.
  • L'albumen : Il s'agit de la réserve nutritive, qui fournit l'énergie nécessaire à l'embryon pendant la phase cruciale de la germination. L'albumen constitue environ 85% du poids de la graine.
  • L'enveloppe : Elle représente les 13% restants et protège l'embryon et l'albumen.

Types de blé et leurs caractéristiques

Il existe une grande diversité de variétés de blé, mais on distingue principalement deux types :

  • Le blé tendre (Triticum aestivum) : Ses grains sont plus tendres et il est principalement utilisé pour la fabrication de farine destinée à la panification et à la pâtisserie. La production annuelle française de blé tendre est de 37 millions de tonnes en moyenne. Le blé tendre est également un pilier de notre alimentation et sert à nourrir les animaux d'élevage (poules, poulets, porcs, bovins), sous forme de grains.
  • Le blé dur (Triticum durum) : Caractérisé par des grains plus durs et vitreux, il est privilégié pour la production de semoules et de pâtes alimentaires. La production annuelle française de blé dur est de 2 millions de tonnes en moyenne.

Outre ces deux types principaux, on trouve également des variétés de blé anciennes, comme l'épeautre et le kamut, qui connaissent un regain d'intérêt en raison de leurs qualités nutritionnelles et de leur profil gustatif distinct. De tout temps, l'homme a croisé des plantes pour trouver des variétés plus performantes. Le blé a ainsi fait l'objet d'améliorations continues, notamment pour créer des variétés hybrides, plus vigoureuses. Le blé se reproduit naturellement par autofécondation. Croiser des plantes pour produire des hybrides a donc constitué un challenge technique.

La dormance et la maturation

La dormance est un état de repos physiologique qui empêche la graine de germer immédiatement après sa maturation. Ce mécanisme naturel permet à la graine de survivre à des conditions environnementales défavorables, comme le froid ou la sécheresse, et de germer au moment le plus propice, lorsque les conditions sont optimales pour sa croissance. La maturation complète de la graine est cruciale pour assurer une germination réussie et un bon développement initial de la plante. Au cours de la maturation, la graine accumule des réserves nutritives, principalement sous forme d'amidon, de protéines et de lipides, qui serviront à alimenter l'embryon lors de la germination.

Sélection des variétés de blé : Clé du succès

Le choix des graines de blé est une étape cruciale pour garantir une récolte abondante et de qualité. Il est important de sélectionner des variétés de blé adaptées aux conditions locales, résistantes aux maladies et offrant un bon rendement.

Critères de sélection des variétés

Plusieurs critères doivent être pris en compte lors de la sélection des variétés de blé :

  • Rendement blé : Potentiel de production en tonnes par hectare (t/ha).
  • Résistance aux maladies et ravageurs : Crucial pour éviter les pertes de récolte.
  • Tolérance aux conditions climatiques : Adaptation aux variations de température et de précipitations.
  • Qualité du grain : Importance pour les débouchés (panification, alimentation animale).
  • Adaptation à la région : Choisir une variété adaptée à un microclimat local peut augmenter le rendement de 10 à 15%. Il est donc important de se renseigner auprès de conseillers agricoles et d'évaluer les performances des variétés dans des essais régionaux.

Les variétés hybrides : Avantages et défis

Les blés tendres cultivés en France sont essentiellement des variétés lignées. Ce n'est qu'à partir des années 80 que les premiers hybrides de blé ont été mis à la disposition des agriculteurs. Et cela n'a pas été une mince affaire pour les sélectionneurs ! En effet, le blé, espèce autogame, s'autoféconde naturellement car, au sein d'une même fleur, se trouvent les organes mâles et femelles. Le blé est même cléistogame, c'est-à-dire qu'il s'autopollinise à l'intérieur de la fleur close. Difficile dans cette configuration d'imaginer l'existence de variétés hybrides, issues d'un croisement de deux parents !

Croiser deux lignées parentales permet de bénéficier de ce que l'on appelle l'effet « hétérosis », c'est-à-dire une vigueur plus importante liée au croisement. Chez le blé hybride, celui-ci s'exprime par des rendements de “10 à 15% supérieurs aux parents et une stabilité des performances accrue en terres superficielles ou irrégulières”, avance Guillaume Cazier, responsable production chez Asur Plant Breeding, le semencier français à l'origine des variétés hybrides. “Ce sont des plantes rustiques qui résistent au stress hydrique grâce à une forte densité racinaire.” Les hybrides combinent des tolérances aux maladies, ce qui sécurise la production dans des contextes difficiles comme la culture d'un blé après un autre blé ou après un maïs.

Processus de création de blé hybride

Pour produire des semences de blé hybride, les parents sont semés en bandes alternées, 6 à 8 mètres pour les futures femelles et 3 à 4 mètres pour les futurs mâles. La parcelle est entourée d'une bande mâle. La densité de semis des femelles est augmentée pour obtenir des plantes bien homogènes. À l'inverse, celle des mâles est diminuée pour favoriser les écarts de stade et donc l'émission du pollen sur plusieurs jours. Les lignées parentales doivent remplir certaines conditions : une floraison simultanée et un mâle plus haut que la femelle pour avantager la circulation du pollen entre les bandes. Autre point, “on veille à éviter tout stress dans les parcelles pour obtenir des plantes dans les meilleures conditions possibles”.

Courant avril, l'agriculteur multiplicateur pulvérise sur les bandes femelles un produit stérilisant qui bloque la formation du pollen. “C'est une opération délicate, il faut intervenir au bon stade et dans la bonne fenêtre météo.” Un mois plus tard, les fleurs des plantes femelles (mâle stériles) s'ouvrent et les stigmates du pistil se déploient pour réceptionner le pollen provenant du parent mâle. Si la fécondation croisée est réussie, les grains hybrides se forment sur la plante femelle. S'ensuit la phase de tests pour vérifier le taux d'hybridité des grains. Ils s'effectuent soit au champ, par comptage des grains sur des épis placés sous des sacs anti pollen posés après la stérilisation (il ne doit pas y avoir de grains), soit par analyse d'ADN des grains en laboratoire. “Au-delà de 10% d'autofécondation, la parcelle est refusée et ne sera pas récoltée pour la semence. Nous assurons une pureté hybride maximale.” Pour limiter les risques de mauvaise stérilisation ou de déficit de fécondation, la production de semences est répartie dans plusieurs régions et sur plusieurs variétés. “Nous prévoyons toujours d'avoir du stock de semences en cas de mauvaise production sur une année.” La récolte des grains hybrides et des bandes mâles s'effectue séparément.

Les semences de blé hybride sont réputées être chères. Les coûts de production sont en effet plus élevés qu'en multiplication de lignées pour lesquelles la parcelle entière est récoltée en semences. En blé hybride, seule 56% de la surface est dédiée aux bandes femelles. De plus, les rendements en semences sont moindres du fait des aléas de stérilisation et de fécondation. “On avoisine les 25 q/ha contre 80 à 100 q/ha pour les lignées”, explique Guillaume Cazier. Le surcoût de semences pour l'agriculteur producteur de blé de consommation est toutefois limité, environ 50 euros/ha, car la densité de semis est réduite à 2,5 doses (de 500 000 grains) au lieu de 5 à 6 doses pour des variétés lignées. “Ce surcoût qui équivaut à 2-3 quintaux à la récolte est compensé par un gain de rendement entre 5 et 10 q/ha et surtout une résilience de la culture face aux risques de l'année.”

Semences certifiées et semences de ferme

Le système de certification des semences est un processus rigoureux mis en place pour garantir la qualité des graines de blé mises sur le marché. Des organismes de certification, comme SEMAE en France, contrôlent la pureté variétale, la germination, la qualité sanitaire et la conformité aux normes établies. L'utilisation de semences certifiées garantit une germination minimale de 85% et une pureté variétale de 99%. Le processus de certification implique plusieurs étapes, depuis le contrôle des cultures de multiplication jusqu'à l'analyse des lots de semences. Les semences certifiées sont identifiées par une étiquette officielle, qui garantit leur origine, leur qualité et leur conformité aux normes en vigueur. Les graines de blé certifiées peuvent être achetées auprès de coopératives agricoles, de distributeurs spécialisés et de certaines entreprises semencières. Il est important de lire attentivement les étiquettes des sacs de semences pour vérifier la variété, le lot, la date de péremption, les traitements appliqués (fongicides, insecticides) et les recommandations d'utilisation. Les graines de blé certifiées sont généralement vendues en sacs de 25 kg ou 50 kg, et leur prix varie considérablement en fonction de la variété, de la certification et des traitements appliqués.

Pour certains agriculteurs, les semences de ferme représentent une alternative économiquement avantageuse. Comme l'a souligné un agriculteur : "Pour moi les céréales c'est semences de ferme, il n'y a pas photo non plus". Il est vrai que la production de ses propres semences peut être chronophage, mais "quand on a pas d'élevage on a quand même le temps de faire ses semences". Les prix des semences certifiées peuvent être élevés, avec un coût en blé tendre de 50 € le quintal en célest, et en blé dur de 92 € le quintal. En comparaison, avec du blé tendre trié valorisé à 13 € et du blé dur à 22 €, "l'économie est du simple au triple". L'économie réalisée peut être significative, atteignant 50 €/ha en blé dur en semant à 150 kg/ha pour de la "fermière", contre 138 pour de la certifiée.

Cependant, faire ses semences soi-même implique des coûts et du temps. Le coût du triage et du traitement des semences fermières est à prendre en compte. "Si je prend du blé à 12 €/ql + 6 € Celest Rev + 1 € pour la machine à semence… il reste à ajouter le coût des quelques qx de semence certifiée que j'achète tous les ans pour renouveler…" Le traitement peut être modulé en semence de ferme, permettant de réduire les coûts. "Si on met mi dose on descend à 3 € de TS…"

Certaines structures, même de grande taille, achètent toutes leurs semences. "Ça permet de faire + de variétés et pas de 'résidu' de semences." Pour des volumes de "plus de 30 t de semences par an", les prix peuvent être plus avantageux. Néanmoins, l'autonomie est un argument fort : "Tant qu'on peut faire sa semence soit même autant continuer, on est déjà assez dépendants comme ça des firmes phytos et autres semenciers !!!"

Tableau des principales variétés de blé

Préparation des graines et du sol avant le semis

La préparation des graines de blé est une étape importante pour maximiser la germination et assurer une bonne levée. Le traitement des semences permet de les protéger contre les maladies du sol et les ravageurs, améliorant ainsi les chances d'un semis réussi.

Traitement des semences

Le traitement des semences est une pratique courante qui consiste à appliquer des produits, généralement des fongicides et des insecticides, sur les graines de blé avant le semis. Cette pratique permet de protéger les jeunes plantules contre les attaques de maladies et de ravageurs présents dans le sol, tels que les pythiums et les taupins. Il existe différents types de traitements de semences, allant des produits chimiques de synthèse aux solutions biologiques et naturelles. Le choix du traitement dépend du type de maladies et de ravageurs présents dans le sol, ainsi que des réglementations locales en matière d'utilisation de produits phytosanitaires. Il est important de respecter scrupuleusement les doses et les recommandations d'utilisation des produits de traitement pour éviter tout risque pour l'environnement et la santé humaine. Pour ceux qui font leurs semences à la ferme, le traitement peut se faire "à l'ancienne" avec un moulin à venter et un traitement en vrac, ou avec des méthodes plus modernes comme une vis doseuse.

Test de germination

Le test de germination est une méthode simple et économique qui permet de vérifier la viabilité des graines de blé avant le semis. Cette pratique permet d'estimer le taux de germination et d'ajuster le taux de semis en conséquence. Pour réaliser un test de germination, il suffit de prélever un échantillon représentatif de graines de blé, de les placer sur un support humide (papier absorbant, coton), de les maintenir à une température constante (environ 20°C) et de les observer pendant quelques jours. Le nombre de graines qui germent permet de calculer le taux de germination et d'ajuster le taux de semis en conséquence.

Préparation du sol

La préparation du sol avant les semis de blés est une étape très importante pour favoriser la pousse de celui-ci. Un sol bien préparé offre un environnement favorable à la germination et à l'enracinement des plantules, en favorisant une bonne aération, une bonne infiltration de l'eau et une bonne disponibilité des éléments nutritifs. Le mieux est d'avoir un sol bêché et désherbé de façon à ce que les blés ne soient pas en concurrence avec les mauvaises herbes. Cette étape commence dès la récolte de la culture précédente avec le déchaumage. Il faut préparer une terre propre, légèrement motteuse et homogène pour que les blés pénètrent correctement et que la graine soit bien en contact avec la terre. Pour germer, la plante a besoin de chaleur, d'eau et d'oxygène. Il faut donc créer un lit de semence constitué de terre fine et avoir en surface des petites mottes. L'apport d'amendements organiques (fumier, compost) et d'engrais minéraux est également important pour améliorer la fertilité du sol et fournir aux plantules les éléments nutritifs dont elles ont besoin pour leur croissance.

S. Abis. Géopolitique du blé, enjeu majeur. Pourquoi ?

Les techniques de semis du blé

Le semis du blé est une étape cruciale qui conditionne le rendement final de la culture. Il est important de choisir la bonne date, de respecter la profondeur idéale et de déterminer la densité appropriée.

Date de semis

La date de semis est un facteur important qui influence le rendement. La date de semis idéale varie en fonction de la région, de la variété et des conditions climatiques. En France, la date de semis se situe généralement entre la mi-octobre et la fin novembre, en fonction des régions et des conditions climatiques. Un semis trop précoce expose les plantules aux risques de gel et de maladies. Le blé tendre est cultivé pour fabriquer du pain ou des biscuits par exemple. Il est préférable de semer le blé à l’automne pendant le mois d’octobre. Un mois durant lequel le temps reste assez humide mais où il ne fait pas encore trop froid. Si le temps ne le permet pas, il vaut mieux semer un peu plus tard mais dans de bonnes conditions. Certains agriculteurs sèment du blé alternatif ou du blé de printemps en avril. Seules les variétés de blé tendre qui se sèment en automne ont besoin de connaître les rigueurs de l’hiver pour se développer normalement. Avant l’hiver, les grains ont le temps de germer et de développer un système racinaire suffisant pour passer la mauvaise saison. Ce n’est qu’au printemps suivant (mars / avril) qu’a lieu le tallage : les frêles tiges de blé se fortifient et forment une touffe.

En agriculture biologique, plusieurs précautions sont à prendre concernant le semis. En premier lieu, la date de semis doit être raisonnablement retardée. Au moins trois bonnes raisons justifient les semis tardifs : avoir le temps de réaliser le ou les faux-semis qui permettront de « semer propre », limiter le temps d’exposition de la jeune culture à des infestations de ravageurs et limiter la pression de graminées à l’automne. La bonne fourchette de dates de semis s’étale du 15 octobre au 15 novembre en situation de plaine, et de fin septembre à fin octobre en situations d’altitude.

Profondeur de semis

La profondeur de semis influence la germination et la levée du blé. Une profondeur de semis trop faible expose les graines à la sécheresse et aux oiseaux. Une profondeur de semis trop importante peut entraver la levée des plantules et épuiser leurs réserves nutritives. La profondeur de semis idéale pour le blé est généralement comprise entre 2 et 4 centimètres. Le réglage de la profondeur de semis est un facteur important pour garantir une bonne levée des plantules de blé. Une profondeur de semis trop superficielle expose les semences à un dessèchement rapide, tandis qu'une profondeur excessive peut entraver la germination et la levée. Le blé doit se faire entre 2 cm et 4 cm de profondeur. En cas d’utilisation d’une herse étrille ou d’une houe rotative, il ne faudra pas aller en-dessous de 3 cm de profondeur, pour éviter d’arracher des plantes en désherbant.

Densité de semis

La densité de semis est un facteur déterminant du rendement. Une densité de semis trop faible peut réduire le rendement en raison d'un nombre insuffisant d'épis par mètre carré. Une densité de semis trop élevée peut favoriser les maladies, la verse et la compétition entre les plantules, réduisant ainsi le rendement. La densité de semis idéale varie en fonction de la variété, de la fertilité du sol, de la date de semis et des conditions climatiques. Il est préconisé de semer, à date normale et en toutes situations, entre 250 à 350 grains par mètre carré. Cela équivaut à un poids de semences par hectare compris entre 120 ou 160 kg pour un PMG moyen. Attention, la densité doit être plus forte de 10 % lorsque les conditions de semis sont très humides. Ces propositions sont calculées à partir d’une faculté germinative courante de 90 % et plus pour des semences certifiées.

Techniques de semis

Il existe plusieurs techniques de semis du blé, notamment le semis en ligne, le semis à la volée et le semis direct.

  • Le semis en ligne : C'est la technique la plus courante et permet un contrôle précis de la profondeur et de la densité de semis. Cela favorise une levée homogène et un bon développement des plantules. Le semis en ligne peut être réalisé à l’aide de semoirs pneumatiques ou mécaniques. Les semoirs pneumatiques offrent une meilleure précision de la répartition des graines, tandis que les semoirs mécaniques sont plus simples et moins coûteux.
  • Le semis à la volée : Cette méthode est moins précise et est généralement utilisée pour les grandes surfaces.
  • Le semis direct : C'est une technique de conservation des sols qui consiste à semer directement dans les résidus de culture précédents, sans labourer le sol.

Après le semis, il est important de surveiller attentivement la germination et la levée du blé. L’observation permet de détecter rapidement les problèmes éventuels et de prendre les mesures correctives appropriées. Les problèmes courants rencontrés lors de la germination et de la levée sont les attaques de ravageurs (limaces, oiseaux), la formation d’une croûte de battance, les maladies et les carences nutritionnelles.

La conservation des semences de blé : Préserver le patrimoine

La conservation des graines de blé est essentielle pour préserver la diversité génétique des variétés de blé et assurer la disponibilité de semences de qualité pour les générations futures. La conservation des graines de blé permet de préserver le patrimoine agricole et de garantir la sécurité alimentaire.

Conditions de stockage optimales

Les conditions de stockage optimales pour les graines de blé incluent une température et une humidité contrôlées. Une température basse (inférieure à 15°C) et une humidité relative faible (inférieure à 60%) sont idéales pour préserver la viabilité des graines de blé. Il est également important de lutter contre les ravageurs de stockage, tels que les charançons, en utilisant des méthodes de lutte biologique ou chimique appropriées. Une bonne ventilation permet d'éviter la condensation et le développement de moisissures, qui peuvent altérer la qualité des graines de blé et réduire leur capacité de germination. Il est également important de contrôler régulièrement la température et l'humidité des locaux de stockage pour s'assurer que les conditions restent optimales. Les graines doivent être stockées dans un local à température constante et à l’hygrométrie peu élevée, avec une légère aération dans l’obscurité.

Durée de conservation et évaluation de la viabilité

La durée de conservation des graines de blé varie en fonction des conditions de stockage, de la variété et de la qualité initiale des graines. Dans des conditions optimales, les graines de blé peuvent conserver leur viabilité pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies. Pour évaluer la viabilité des graines de blé, il est recommandé de réaliser un test de germination tous les ans ou tous les deux ans. Si le taux de germination diminue de manière significative, il est préférable de renouveler le stock de graines de blé pour garantir une bonne levée et un rendement optimal. Le pouvoir germinatif du blé est limité à quelques années, à moins d'avoir en votre possession du blé des pharaons, une variété légendaire aux propriétés germinatives hors de l'ordinaire, qui aurait germé des milliers d'années après avoir été enterré avec des momies.

Faire ses propres semences de blé à petite échelle

Pour ceux qui souhaitent cultiver du blé pour des assortiments de fleurs séchées, un look champêtre dans vos plates-bandes et pourquoi pas pour votre propre consommation, il est relativement simple même pour de petites surfaces car vous n’avez besoin d’aucune machinerie lourde. L’un des secrets réside dans la préparation des surfaces car si c’est mal fait, la plante devra compétitionner avec les mauvaises herbes. Semez une graine de blé tendre tous les 3 cm environ, en l’enterrant d’environ 2 cm. La maturation variera en fonction du cultivar, soit entre 110 et 130 jours.

Récolte et battage des grains

Les grains de blé tendre atteignent leur maturité fin juillet. Pour décortiquer du blé en petite quantité (quelques épis), il suffit de « malaxer » l’épi entre vos doigts, en remontant de la base de l’épi (côté tige) au sommet de l’épi de blé. Cela éjectera les grains. Pour une plus grande quantité, étendez un drap solide sur un sol plat et propre, mettez les épis dedans et repliez le drap. Tapez ensuite sur le drap avec un bâton (pas trop fort sinon vous obtiendrez de la farine !). Lorsque vous ouvrirez le drap, vous trouverez un mélange des grains, de paille et de restes d’épis. Les épis pourront ensuite être battus au fléau à grains. J’avoue que cette méthode requiert une certaine forme physique car assez ardue comme tâche. Le vannage se fera simplement avec un ventilateur de fenêtre. Entreposez le tout dans un endroit sec jusqu’à l’an prochain. Idéalement, vous aurez besoin d'une batteuse et d'une colonne à air pour trier toutes les graines, mais à défaut, travaillez avec un tamis. Le principal est d’avoir des grilles et un ventilateur ainsi que des sacs bien étiquetés.

Récolte manuelle de blé

La production de jus d'herbe de blé en hydroculture

Il est également possible de faire pousser de l'herbe de blé à la maison, même sans terre, en simple hydroculture. Ce jus d'herbe de blé est incroyablement sucré et offre une alternative moins chère à la poudre d'herbe de blé déshydratée.

Herbe de blé en hydroculture

Le matériel nécessaire est simple : des grains de blé à germer (bio de préférence), des barquettes en plastique recyclées, du papier absorbant sans couleur ni parfum, et un spray rempli d'eau.

Voici les étapes :

  1. Trempage : Faire tremper une bonne poignée de grains de blé par barquette pendant une nuit.
  2. Germination : Le matin, bien rincer puis égoutter les grains de blé et les placer dans un germoir ou une passoire. Laisser germer environ 24 heures en rinçant 2 fois par jour. Il est conseillé de ne pas trop pousser la germination pour éviter que les petites racines ne se prennent dans les trous du germoir.
  3. Début de la pousse : Transférer le blé germé dans les barquettes en plastique. Pour cela, installer dans le fond de chaque barquette 2 feuilles de papier absorbant plié en 4, préalablement passé sous l'eau et légèrement essoré.
  4. Pousse : Arroser au spray au moins 2 fois par jour, plus s'il fait très chaud. Il faut garder le papier absorbant humide mais pas détrempé. L'herbe de blé est prête à passer en jus au bout d'environ 8-10 jours, lorsqu'elle atteint environ 10-15 cm.
  5. Récolte et extraction du jus : Utiliser des ciseaux pour la récolte et un extracteur de jus. Sans extracteur, il est possible de passer l'herbe de blé au blender haute vitesse avec un peu d'eau, puis de filtrer le mélange à la passoire pour ne pas boire les fibres.

Il est possible de laisser faire une repousse après avoir coupé une fois l'herbe de blé, mais le goût sera moins sucré et la quantité de jus obtenue moins importante.

Pour éviter que les graines ne moisissent, il faut éviter de mettre trop de graines dans un bac, elles doivent se toucher mais ne pas former une épaisseur. Il est également crucial que l'air circule.

S. Abis. Géopolitique du blé, enjeu majeur. Pourquoi ?

Les défis futurs de la production de blé

La production de blé est un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire mondiale. La surface cultivée en blé en France est d'environ 5 millions d'hectares. La consommation annuelle de blé par habitant en France est d'environ 60 kg. Le blé représente environ 20% des calories consommées par la population mondiale.

La production de blé est menacée par le changement climatique, les maladies et les ravageurs. Le développement de nouvelles variétés de blé plus résistantes et plus productives est essentiel pour garantir la sécurité alimentaire dans le futur. L'innovation dans la sélection et la production de semences est essentielle pour répondre aux défis futurs. L'Union Européenne a investi 20 millions d'euros dans la recherche sur le blé au cours des cinq dernières années. La recherche sur de nouvelles variétés de blé plus résistantes aux changements climatiques et aux maladies est un axe de développement important. Il est également crucial de développer des techniques de production plus durables, comme l'agriculture de conservation et l'agroécologie. La diversification des variétés de blé cultivées est un enjeu majeur pour préserver la biodiversité et réduire la vulnérabilité aux maladies et aux ravageurs.

Recherche sur le blé résistant au climat

tags: #creer #ses #semences #ble