Le jardin ne se limite pas à un espace physique où s'épanouit la flore ; il est un terreau fertile pour l’imaginaire, la transmission intergénérationnelle et l’expression artistique. À travers le regard des créateurs et des gestionnaires urbains, le jardin devient un trait d’union entre le passé, le présent et le futur, un lieu où la main du jardinier rencontre la note du musicien.

La transmission intergénérationnelle au cœur du jardin
Chaque saison abrite en elle les autres saisons. Et les vielles gens abritent une jeune personne au plus profond d'eux-mêmes. Harry, jardinier poivre et sel, a la mémoire qui flanche ; il oublie les mots et le temps. Joe, petite pousse d’homme, a le moral en berne depuis que sa soeur est née. En réunissant ces deux-là qui s’apprivoisent par le regard, les mots, les gestes, les silences, Mike Kenny célèbre le lien entre les générations, et questionne notre façon d’être au monde.
Un très beau texte de Mike Kenny sur le lien entre les générations qu'Agnès Renaud, dans sa mise en scène, entre théâtre et objets, laisse résonner dans toute la simplicité d'une parole vraie et aimante. Brice Coupey fait vivre ce jardin et fait surtout passer des émotions qui ne laissent personne indifférent. Son interprétation est un bonheur du début à la fin. Une pièce sur les racines, les liens familiaux et la mémoire émotionnelle qui nous lie pour toujours aux personnes qui ont compté dans nos vies. Un récit poétique sur l'apprentissage de la vie, l'acceptation de la vieillesse et la transmission familiale. Petits et grands seront captivés par cette pièce agrémentée d'un décor ludique et ingénieux sur les différentes manières de jardiner. La mise en scène d'Agnès Renaud est inventive, poétique et drôle. Un très beau spectacle sur les liens familiaux, la transmission, abordés de façon légère, sans pathos, mais avec beaucoup de tendresse.
La nature en ville : une nécessité écologique
Le concept de jardin s’est depuis développé au fur et à mesure que la question de la place de la nature dans les zones urbaines s’est posée. Alexia Quintin, responsable de La Maison du jardinier et de la nature en ville, nous en dit plus sur ses missions et ses enjeux. Est-il possible de faire redonner sa place à la nature dans l’espace urbain ?
Pendant longtemps, on pensait que la question de la biodiversité ne concernait pas les villes, mais plutôt les campagnes. Depuis plus de 30 ans, on sait que c’est important de préserver ce qu’on appelle des continuités écologiques, avec la défense quelques petits sites naturels reliés entre eux. La nature a clairement sa place en ville, en termes de climat, mais aussi de santé. Et dans l’avenir, les villes ne seront vivables qu’à la condition qu’on y intègre la nature. Ce n’est d’ailleurs plus une question, mais une nécessité. C’est important de la préserver et même de la développer. On collabore souvent avec le service d’urbanisme, pour réaliser des projets d’aménagements plus raisonnés.

Comment s’articulent vos actions ? L’idée n’est pas de prendre la place des associations existantes, mais de compléter leur offre. Nos missions sont divisées en trois volets : on a d’abord un pôle animation et sensibilisation dans les établissements scolaires de l’agglomération. On aborde les thèmes de la biodiversité, de l’alimentation et de l’agroécologie. On collabore pour cela avec trois associations, Artpiculture Ecocène et le Potager du Futur. On peut aussi accompagner les établissements dans la création d’un jardin au sein de l’école. C’est le cas de l’école primaire du Buisson et l’école des Lilas à Pau, celle de Laroin.
Dans un deuxième volet, on anime également des ateliers à destination du grand public, majoritairement au Domaine de Sers, autour des arbres, du jardinage, des abeilles. Un animateur a aussi la charge de l’accompagnement à la création de jardins partagés sur le territoire. On donne aux collectifs d’habitants les bases et les accompagne dans les démarches. Pour toutes les personnes qui ont envie de participer à la végétalisation sans pour autant entrer dans un collectif de jardinier, on a mis en place le permis de jardiner. Une personne qui a envie de planter un arbre ou des plantes en bas de son immeuble peut le demander. C’est en gros une autorisation d’occuper le domaine public par le végétal. La Maison du jardinier et de la nature en ville fournit le matériel et ensuite, c’est la personne qui s’occupe de l’entretien.
Le troisième volet de notre service tourne autour des changements de pratique, avec la formation des 150 agents en charge des espaces verts de la ville de Pau. La nature en ville, ça passe beaucoup par la préservation des arbres, les espaces naturels, les espaces verts, mais c’est aussi les gérer différemment, de manière plus écologique. On avait traditionnellement une pratique d’entretien très intensive, en tondant très régulièrement par exemple. De plus en plus, on laisse à la nature sauvage un peu plus de place. Il faut rééduquer les gens à vivre avec cette nature. Enfin, depuis la rentrée de septembre, la Maison du Jardinier et de la nature en ville propose des permanences gratuites et sans rendez-vous. L’idée est d’avoir un centre d’information et de conseil sur le jardinage au naturel à destination des particuliers, tous les mercredis de 13h à 15h au jardin pédagogique du Parc de Sers.
Quels sont vos prochains rendez-vous ? Nous animons en ce moment des ateliers pour un jardin durable en hiver avec la plantation de haies pour les oiseaux, la conception d’un verger, comment aménager un jardin écologique et faire des déchets verts une ressource… la Maison du Jardinier et de la Nature en Ville propose cinq nouveaux ateliers gratuits entre le 2 décembre et le 7 janvier. Comme quoi, l’hiver est une saison active au jardin !
La musique comme outil de jardinage poétique
Le jardin n'est pas seulement un lieu de culture potagère, c'est aussi un espace de résonance sonore. J. Nikolaus cultive rythmes, sons, mélodies, timbres insolites et gammes étranges avec des outils et légumes du jardin. Les mots dessinent un sentier aux milles détours, un chemin qui converge vers un jardin ; le jardin de tout un chacun, cet espace intermédiaire entre l’invisible et le visible. Ce spectacle peut se jouer en extérieur, dans les parcs et les jardins, sous la Yourte, ou en intérieur, en journée ou en soirée. Besoins techniques : une prise de 220 V / 16 Ampères à proximité.
Créer une musique relaxante avec des sons de la nature | Tutoriel de production musicale"
Dans cet univers, Damien Elisa s'impose comme une figure majeure. Né le 5 mai 1976 à Port-Louis et ayant grandi à Sainte-Croix, près du caveau du Père Laval, Jean Damien Elisa s’impose comme l’un des pianistes les plus éminents de l’île Maurice. Multi-instrumentiste, auteur, compositeur, interprète et arrangeur musical, Damien Elisa se révèle comme un virtuose accompli, créant ainsi son propre univers musical distinctif.
Dès l’âge de 11 ans, Damien Elisa découvre son amour pour le piano, une passion qui marquera l’ensemble de sa carrière musicale. Son répertoire éclectique embrasse le séga, le seggae, le jazz, le blues et le rock, une fusion d’influences qui engendre une magie musicale captivante. Pianiste avant tout, Damien Elisa déploie également sa maîtrise de l’harmonica, de la guitare et même de la basse. Virtuose aux multiples talents, il explore avec délectation de nouveaux horizons musicaux, s’immergeant dans une palette de sons et d’expériences. C’est un artiste qui nage sur les accords.

Son talent se manifeste à la fois à travers ses compositions originales et ses interprétations rafraîchissantes de la musique de Kaya, avec qui il a eu la chance de collaborer par le passé. Sa signature unique s’illustre particulièrement dans la chanson «Chante Lamour». Depuis ses débuts, Damien Elisa trace son propre chemin, éclairant de sa présence étincelante de nombreux festivals à Maurice, dans l’océan Indien et en Europe. À travers ses compositions, il exprime non seulement son parcours musical, mais aussi sa vie personnelle.
La rencontre entre les arts de la scène, la gestion écologique urbaine et la virtuosité musicale de Damien Elisa démontre que le jardin est un concept total. Qu'il soit un refuge pour la mémoire, un laboratoire pour la biodiversité ou une source d'inspiration mélodique, il demeure le miroir de notre humanité et le garant de notre équilibre avec le vivant. Les racines que nous y plantons, qu'elles soient végétales ou métaphoriques, sont celles qui nous permettent de traverser les saisons de la vie avec sérénité.