Stratégies de déchaumage et gestion des engrais verts : Optimisation agronomique

Le déchaumage après les moissons des parcelles de céréales et de colza constitue une pratique agricole essentielle à plusieurs égards. Tout d’abord, il joue un rôle clé dans la lutte contre les mauvaises herbes, en maîtrisant les adventices et les repousses de la culture précédente. Cette mesure contribue à réduire le stock de semences indésirables dans le sol ainsi que la transmission de maladies. En outre, le déchaumage facilite la gestion des résidus de récolte, en permettant leur répartition, leur broyage et leur incorporation au sol, tout comme celle des engrais de ferme. Cette intervention est également bénéfique pour la lutte contre certains ravageurs, notamment les limaces et les vers fil de fer, en perturbant leur cycle de développement.

Schéma illustrant l'impact du déchaumage sur la structure du sol et la gestion des résidus

Les outils du travail superficiel : Du déchaumeur à dents aux disques

Lorsqu’on parle de déchaumage, il est impossible de ne pas mentionner le déchaumeur à disques. Cette machine offre de nombreux avantages avec un débit de chantier imbattable, des machines robustes et un bon mélange des résidus. Par ces différents points, le déchaumeur à disques semble être l’outil le plus approprié après moisson et adapté à la plupart des situations. Les socs à ailettes permettent d’arracher rapidement les chaumes et de les mélanger avec la terre jusqu’à 10 à 20 cm de profondeur. Ce déchaumeur convient également aux étapes de déchaumage suivantes, plus profondes et intensives. Il peut en outre s’utiliser pour la préparation des semis sur chaumes.

Le déchaumeur a un châssis robuste et stable à grand dégagement sous bâti. De par l’espacement important des dents et la largeur des socs à ailettes, c’est un outil puissant et adapté à de nombreuses opérations. Il est doté de disques recouvreurs creux de 460 mm de diamètre pour le nivellement du sol. Ces disques peuvent être crantés en option. Le programme Evers propose un large choix de rouleaux de 45 et de 62 cm de diamètre en différents modèles. Le déchaumeur est équipé d’un rouleau cylindrique tubulaire qui assure un réglage précis de la profondeur et qui garantit une finition parfaite du sol.

Le déchaumage en pratique : Méthodes et objectifs agronomiques

Le déchaumage sert à enfouir les résidus organiques des cultures précédentes. Il améliore aussi la structure et l’aération du sol. Le déchaumage permet aussi l’élimination d’adventices en pratiquant plusieurs passages. Un second passage, ou labour, permet de détruire et d’enfouir les plantes colonisatrices. Tout travail du sol libère des nutriments et décompose l’humus. Il convient donc de travailler « autant que nécessaire et aussi peu que possible ». Avant chaque mouvement de terre, il faut effectuer un test à la bêche afin de se faire une idée précise de l’état du sol. Chaque passage a un impact important sur la structure et la vie du sol. Le travail du sol peut ainsi poursuivre différents objectifs.

En agriculture biologique, le déchaumage est devenu une pratique très fréquente afin de faire germer adventices et graines (faux-semis) en vue d'une destruction avant implantation de la prochaine culture. Pour réussir ses faux-semis sur des adventices annuelles, le déchaumage doit être réalisé superficiellement (5-8 cm) pour faire lever les adventices sans remonter trop de graines. À l’inverse, pour lutter contre les vivaces à rhizomes, il sera préconisé un déchaumage plus profond (10 cm et plus) pour éviter le fractionnement des rhizomes. Les outils à dents sont généralement privilégiés car les disques ont l’inconvénient de fragmenter les rhizomes de certaines vivaces : liseron, chardon, chiendent.

Pour quelle technique d'implantation des couverts opter ? - ARVALIS-infos.fr

Mutualisation et innovation : L'approche des Cuma

Afin de ne pas investir seul dans une multitude de machines aux utilisations parfois très ponctuelles, mais de bénéficier d’un parc de matériels plus important et polyvalent, certains agriculteurs font le choix de mutualiser leurs investissements en Cuma. La Cuma de Montvendre, dans la Drôme, vient d’acquérir récemment un déchaumeur mixte à 11 dents avec démontage rapide du pied des socs pour les équiper d’ailettes minces, avec disques et rouleau. Ce matériel est un compromis entre les différents matériels déjà présents sur la Cuma : chisel classique, déchaumeur à disques et covercrop.

La Cuma des Coteaux, quant à elle, a fait le choix d’investir dans un déchaumeur semi-porté repliable à disques décalés à l’avant et indépendants à l’arrière, avec rouleau. Ce matériel est utilisé pour le mulchage du maïs, les faux-semis, la destruction des Cipan, le travail superficiel… et même pour les semis de couverts végétaux ! Un semoir de 120 l se situe en effet à l’arrière du déchaumeur pour semer des couverts de petites graines à l’avant du rouleau.

Gestion des engrais verts et stimulation biologique

Le déchaumage permet d’incorporer uniformément les chaumes et les engrais verts. Il est possible d’y coupler un semoir pour le semis d’un engrais vert lors du même passage, doublant ainsi l’efficacité de cet outil. Les engrais verts peuvent être cultivés en tant que composants individuels ou en tant que mélanges. Avant de choisir le mode de destruction du couvert, il faut déterminer la date d’intervention. La date de destruction se raisonne en fonction de la culture suivante, de l'espèce du couvert et du type de sol.

L’apport de biostimulants peut également optimiser ce processus. Des expérimentations propres à Soufflet Agriculture ont permis de vérifier l’intérêt de l’application d’un biostimulant du sol à base de bactéries lactiques, le DECHAUM’ACTIV. L’intérêt d'accroître la dégradation des matières organiques fraîches est double : amélioration de la minéralisation primaire, c’est-à-dire l'amélioration du passage de la matière organique fraîche (couverts et/ou engrais organiques) à des éléments minéraux nutritifs directement assimilables par les cultures, et l'accélération du processus d’humification.

Choix techniques et limites du travail du sol

Le déchaumage a cependant comme inconvénient de favoriser le dessèchement du sol. De plus, il entraîne une augmentation de sa température. Diverses études montrent que les résidus végétaux et les engrais verts sont essentiels pour la vie et la structure du sol. Le labour peut être envisagé en cas de forte présence de graminées et dans les parcelles conduites sans herbicides, mais un labour est réalisé uniquement dans les cas où il paraît indispensable. De manière à diminuer au maximum le labour, pour favoriser le maintien des résidus en surface et éviter la formation d’une semelle de labour, des alternatives comme la bêcheuse sont explorées.

Tableau comparatif des types de socs et leur profondeur de travail recommandée

La bêcheuse représente une alternative intéressante entre le travail d’un déchaumeur et celui d’une charrue. Malgré un faible débit de chantier, ce type de machine offre l’avantage de diminuer le risque d’érosion et de mélanger les différentes couches du sol à une faible profondeur sans les retourner complètement. Pour les couverts végétaux, un travail simplifié est privilégié avec un deuxième scalpage effectué quelques semaines après le premier passage. Le couvert est ensuite mis en place à l’aide d’un combiné de semis. Dans tous les cas, le rappuyage a autant d’importance que le travail du sol, pour permettre un bon lit de semence.

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