Le compostage est un allié précieux pour tout jardinier soucieux de l’environnement et du bien-être de ses plantations. Il s’agit d’un processus naturel de transformation des déchets organiques en un amendement riche en nutriments, permettant d’enrichir le sol, de stimuler la croissance des plantes et de favoriser la biodiversité. En d’autres termes, le compost est un véritable trésor écologique. Pour obtenir un compost de qualité, il est essentiel de maîtriser l’équilibre entre « déchets bruns » et « déchets verts », ainsi que l’aération et l’humidité nécessaires à sa bonne décomposition.

Comprendre la dynamique du lombricomposteur
Le lombricompostage (ou vermicompostage) est une technique utilisant un processus naturel et écologique consistant à placer dans un récipient, des vers qui se nourrissent des déchets organiques que nous leur apportons régulièrement suite à la préparation des repas. Les lombricomposteurs sont de véritables écosystèmes autonomes. Comme tout écosystème, ils obéissent à des règles précises qui garantissent leur bon fonctionnement. En leur sein, on trouve non seulement des vers épigés - tels qu’Eisenia fetida et Eisenia andrei - mais aussi une multitude de micro-organismes indispensables à la dégradation des déchets végétaux.
Il peut être tentant d’incorporer tous ses déchets de cuisine dans son lombricomposteur. Après tout, il est fait pour ça non ? Cela va de soi que les vers de compost ont un régime alimentaire qui leur est propre. La plupart du temps, si votre déchet est d’origine végétale et biodégradable, il y a de fortes chances qu’il soit assimilable par les lombrics. Maintenant nous allons vous parler des déchets qui n’ont pas leur place dans un lombricomposteur. Certains aliments n’ont pas la cote auprès des lombrics et il vaut mieux éviter de leur en servir.
Patience, c’est le maître-mot pour réussir votre démarrage. Les vers vont avoir besoin de temps pour s’acclimater à leur nouvelle maison et pour que vous puissiez les nourrir à un rythme normal. En plus d’offrir un peu de répit à vos vers qui viennent tout juste d’emménager, ce temps permet aux bactéries et autres microorganismes de s’installer.
L'importance capitale des déchets bruns et verts
Imaginez votre compost comme une recette de cuisine : les matières vertes sont les protéines et les vitamines, tandis que les matières brunes sont les fibres et les féculents. La séparation entre déchets bruns et déchets verts est essentielle pour maintenir l’équilibre du compost.
Les déchets bruns (ou carbonés) sont principalement des matières sèches, riches en carbone. On y retrouve les feuilles mortes, les branchages, la paille, le carton non imprimé, les coquilles d’œuf, le papier essuie-tout non blanchi. Les matières brunes apportent du carbone et aident à conserver une structure aérée.
À l’inverse, les matières vertes fournissent de l’azote, combustible nécessaire à la croissance et l’activité des micro-organismes. Ce sont souvent des éléments humides, molles et colorés comme les épluchures de fruits et légumes, le marc de café ou les tontes de gazon. Pour maintenir cet équilibre dans un lombricomposteur, il est recommandé d’ajouter autant de déchets de cuisine que de papier/carton, en volume.

Les règles d'or pour une décomposition optimale
Comme nous, les lombrics ont besoin d’un régime équilibré pour être en pleine forme. Il est important de noter que les vers ne se nourrissent pas de nos déchets frais. Ce sont les bactéries et les champignons, naturellement présents dans les apports organiques et le compost, qui sont les premiers à s’en occuper. Pour que nos déchets soient absorbés le plus rapidement possible par le système digestif des lombrics, il est donc préférable de prédécouper vos apports en morceau d’environ 2 cm.
La taille compte ! Le conseil d'expert : Ayez toujours une paire de ciseaux ou un sécateur à portée de main près de votre bio-seau. Coupez les peaux de banane, déchirez les cartons, écrasez les coquilles d’œufs.
Par ailleurs, les restes de fruits et légumes que nous donnons ont tendance à acidifier le compost. Or, Eisenia a besoin d’un environnement au pH neutre pour s’épanouir. Pour rééquilibrer le substrat, il est fortement conseillé d’ajouter des coquilles d’œufs très finement broyées une fois par semaine. Le broyat doit avoir la consistance d’une poudre pour qu’il y ait un réel impact. Cet apport, riche en carbonate de calcium, régule l’acidité.
Gestion de l'humidité et aération : les facteurs clés
Outre le bon ratio de déchets bruns et déchets verts, l’aération est un élément essentiel du compostage. Un compost mal aéré dégage souvent une odeur nauséabonde, semblable à celle d’œufs pourris. Il peut également présenter une texture compacte, empêchant l’oxygène de pénétrer. Les morceaux de cartons que vous ajouterez participeront à l’aération de la litière en créant des interstices par lesquels l’air circulera.
Si l’aération est cruciale, l’humidité l’est tout autant. Au fur et à mesure que les déchets verts se décomposent, l’eau qu’ils contiennent est libérée. C’est pourquoi il n’est pas nécessaire d’arroser le lombricompost. Lorsque l’humidité atteint un certain niveau, le lombricompost produit un liquide appelé "lombrithé" ou "thé de compost". Ce jus provient de l’eau libérée par les déchets, qui s’infiltre à travers les différentes couches du système. Il est possible de réguler sa production en ajoutant plus ou moins de carton.
Ce qu'il faut éviter dans le lombricomposteur
Même avec la meilleure volonté du monde, il arrive parfois de commettre quelques erreurs dans la réalisation de son compost. Tous les déchets ne sont pas bons à composter. La plupart des utilisateurs évitent la viande, la graisse et les os parce qu’ils sont plus difficiles à digérer pour les vers et qu’ils peuvent développer de mauvaises odeurs.
- À proscrire : Huile de cuisson, viande, résidus de poisson, fromage, beurre, produits d'origine animale, restes de repas, céréales, agrumes (en grande quantité), ail, oignon, rhubarbe, ananas, pelures et noyaux d’avocat, déjections de chiens et chats.
Démarrer son lombricomposteur (2/4) - Truffaut
Les hôtes de votre lombricomposteur : les vers Eisenia
Dans la nature, on peut observer deux grands types de lombriciens : les laboureurs (grands et gros) et les digesteurs ou décomposeurs (petits et fins) comme le ver de compost (Eisenia fetida, rouge à la queue tigrée de jaune ou Eisenia andrei, tout rouge). Les vers de terre que l’on trouve couramment dans la terre ne peuvent pas être utilisés dans les lombricomposteurs, car ils ont besoin d’un sol profond.
Les espèces de vers de terre rouges sont les plus efficaces pour la fabrication de compost. Les lombrics sont gloutons et peuvent ingurgiter jusqu’à 1 fois leur poids par jour de nourriture ! Très fertiles, un ver peut donner naissance à 500 vers dans une année. Ils aiment l’humidité, l’obscurité (ils craignent la lumière) et travaillent efficacement entre 15 et 25°C.
Récolte et utilisation du lombricompost
Le lombricompost est le résultat de la décomposition des matières organiques. Sa décomposition est assurée par des macro-organismes, les vers de compost, et par des micro-organismes. Le résultat est un substrat sombre, doux et odorant, riche en azote, phosphore et potassium.
Après 4 à 6 mois, le contenu du plateau inférieur, où les premiers déchets ont été déposés, s’est entièrement transformé en lombricompost mûr, prêt à être récolté et utilisé. Lorsque le lombricompost est mûr, les déchets d’origine ne doivent plus être reconnaissables. Si certains éléments sont encore visibles, il suffit de les replacer dans le plateau supérieur avec les nouveaux apports de déchets frais.
Le lombricompost est un fertilisant naturel ayant de nombreux bienfaits pour les différentes plantes. Il booste le système immunitaire des plantes (moins de maladies, moins de parasites), accélère leur croissance, diminue les arrosages, sans risque de surdosage, augmente la résistance à la sécheresse et facilite la reprise racinaire.

Vers une démarche citoyenne et écologique
Réduire le volume de déchets envoyé en décharge ou en incinération est un enjeu environnemental majeur. Les biodéchets, lorsqu’ils sont enfouis ou incinérés, produisent du méthane et du dioxyde de carbone. Le geste individuel du compostage s’inscrit dans une démarche plus large de transition écologique.
Le compostage participe pleinement à l’économie circulaire, dont l’objectif est de limiter le gaspillage des ressources et la production de déchets. Dans plusieurs communes de France, des sites de compostage collectif ont été installés dans les jardins partagés ou en pied d’immeuble. Le compostage est un formidable outil pédagogique, notamment pour les enfants. Certaines écoles proposent des ateliers de compostage et de jardinage où les élèves apprennent à réaliser un compost, à identifier les déchets bruns et déchets verts, et à surveiller l’équilibre et l’aération.
En adoptant le compostage, vous faites déjà un grand pas pour la planète. Faites-en une habitude, un plaisir, et surtout, partagez vos bonnes pratiques avec vos voisins et votre entourage. Le compost est bien plus qu’une simple technique de jardinage : il s’agit d’un acte citoyen et écologique à la portée de tous.
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