Au stade de la conception et du dessin du plan de masse, il faut tenir compte du diamètre ou de l’envergure du végétal lorsqu’il est adulte. C’est une étape fondamentale afin d’éviter des densités de plantation insuffisantes ou trop élevées. En respectant les bonnes distances de plantation, les haies deviennent plus touffues et les arbustes se développent harmonieusement dans la durée. Côté potager, le respect des espaces permet d'éviter les maladies et favorise des récoltes plus importantes. La distance de plantation entre chaque végétal est toujours prise d’axe en axe, par rapport aux centres de chaque plante.

Lors de l’aménagement de massifs à renouvellement saisonnier, les végétaux sont classiquement placés en quinconce, une disposition qui optimise l'espace disponible. Lorsque l’on connaît l’envergure adulte et la distance entre les pieds, on calcule d’abord la surface théorique couverte par une plante. Pour les massifs de plantes annuelles, bisannuelles, bulbeuses ou vivaces, la méthode consiste à commencer la plantation par le centre ou le fond du massif et de terminer par les bords.
Fondements géologiques et viticoles du Pays de Blaye
Le paysage de collines de la rive droite de la Gironde contraste avec les douces courbes de la rive gauche médocaine. Le Blayais a connu une histoire géologique tourmentée, il en résulte un paysage varié et un vignoble morcelé qui épouse les meilleurs versants, dômes et plateaux, entre bois, prairies et marais. Dans le cadre de l’étude de terroir réalisée par le géologue Pierre Becheler pour le syndicat des vins de Blaye, le scientifique a distingué six unités géomorphologiques.
Dans les collines basses du Pays de Saint-Ciers, la vigne est plantée sur des collines sablo-graveleuses et argileuses bien drainées. « Sur ces sols sablo-graveleux qui permettent une bonne alimentation hydrique des vignes, les vins blancs se distinguent par leur qualité et leur tension », estime le spécialiste des terroirs viticoles. Dans les hauts reliefs résiduels, les buttes de dépôts marno-calcaires, sablo-graveleux et sablo-argileux sont coiffées de niveaux calcaires et graveleux. Les vignes occupent les zones hautes et les versants bien drainés.
Dans les Landes de Haute Gironde, les sols sont sableux. Le drainage naturel est limité et la forêt étendue. Les quelques vignobles se trouvent sur les croupes. Le Cône fluviatile évidé du Bassin du Moron correspond à une dépression marquée par des buttes sablo-graveleuses. Cette zone est généralement assez mal drainée. Seuls les sols bruns et les sols carbonatés sont plantés en vigne.
Le terroir oublié qui fait du vin depuis 6000 ans
L'adaptation du matériel végétal aux sols du Blayais
Le vignoble de Monconseil Gazin compte trois entités distinctes en termes de sol, de topographie et d’exposition. « Le terroir de Plassac, particulièrement vallonné, présente des pentes marquées et bien drainées qui conviennent bien au malbec. Il représente d’ailleurs 10 à 15 % de l’encépagement dans la zone de Cars et Plassac, contre 5 % à l’échelle de l’appellation », raconte Jean-Michel Baudet. « Les sols sablo-graveleux et argilo-calcaires de Plassac sont toujours bien drainés sur les points hauts. La disponibilité en eau y est souvent faible et cela plaît au malbec qui, sous climat bordelais, nécessite une telle contrainte pour donner de bons résultats. »
Quand Corinne Chevrier-Loriaud décrit ses parcelles, elle parle de sols bien sûr, mais aussi de matériel végétal. « Ces 4 ha de malbec et de merlot du Coudeau, situés sur le début du plateau calcaire de Cars, donnent un très beau vin. C’est là que se trouvent les vieilles vignes de 70 ans que nous avons choisi de complanter ». Si cette zone donne des résultats réguliers d’une année à l’autre, les parcelles du lieu-dit Chartre donnent des vins dont la qualité dépend davantage du millésime. « Il s’agit de 2 ha de malbec et merlot exposés au nord, sur des sols très calcaires. Le malbec est plus exigeant que le merlot, mais il apporte de la complexité aux assemblages. »
Densité de plantation : de la sylviculture à la vigne
Les densités de plantation ont régulièrement diminué depuis 50 ans. De 10 000 plants par ha, nous sommes descendus à 2000, voire 1000 plants/ha et moins. Cette évolution s’est accompagnée de débats passionnés. Aujourd’hui encore, les partisans des fortes et des faibles densités s’affrontent. Les arbres ont des comportements différents selon leur environnement. Isolés, ils ont tendance à développer des grosses branches et, pour les feuillus, à étaler leur houppier. C’est la compétition présente au sein d’un peuplement qui permet de pallier cette tendance spontanée et qui conduit les arbres à se développer en hauteur.
Au-delà de l’optimisation du couple terroir/cépage, une autre transformation est en cours dans le Blayais : l’augmentation de la densité de plantation pour allier rendement cohérent et qualité, rompant avec une densité traditionnellement basse héritée des zones de polyculture. Blaye présente une très forte complexité géologique à l’origine de plus de cinquante unités de sols. La tendance actuelle laisse davantage de place au malbec, au petit verdot et au cabernet franc, tout en cherchant l'équilibre optimal.

Analyse et méthodologie de plantation
Avant tout, méfions-nous des discours formatés, méthode unique et universelle applicable par tous et partout. L'antécédent cultural influe principalement sur la quantité et la qualité du recrû ; un boisement de terres agricoles où seule l’herbe sera présente entre les plants les premières années est très différent d’un reboisement après coupe. Les essences introduites réagissent également différemment. La situation de la parcelle, la surface à reboiser et la disponibilité du propriétaire sont des éléments déterminants : une plantation à basse densité qui oriente vers une sylviculture d’arbre nécessite un suivi très régulier.
Il n’est pas de réponse unique en matière de choix de densité. Par contre, il peut y avoir des choix inadaptés à une situation donnée. Le propriétaire a donc tout intérêt à ne pas négliger l’étape d’analyse et de réflexion. La qualité de la plantation est un facteur très important de réussite. Même à forte densité, la qualité se doit d’être soignée. Il reste à définir les seuils, une opération délicate puisque tous les intermédiaires existent.
Spécificités des cépages et gestion des sols
Il est primordial d’analyser les variations de sol et les pentes pour positionner les cépages noirs. « Le meilleur vin rouge du domaine vient de cette parcelle Le Pied de Chêne », souligne Laurent Rey. « Il s’agit d’une parcelle de merlot située sur une croupe de graves exposée au sud-ouest, à 98 m d’altitude. La pente permet un bon drainage et le sous-sol argilo-graveleux une bonne alimentation hydrique des vignes. »
Parmi les cépages noirs, le cabernet-sauvignon est sans doute le plus difficile à positionner. « Ce cépage s’adapte bien aux sols graveleux, peu épais, à réchauffement précoce comme ceux du canton de Saint-Savin. Dans ces sols à réserve hydrique faible mais assez bien régulée, il peut atteindre une maturité aboutie. Les arrachages de ces dernières années permettent de relocaliser le cabernet-sauvignon mal planté dans les années 1980 », explique Alice Riffard.
En blanc, on trouve 90 % de sauvignon, avec du sémillon, du sauvignon gris et de la muscadelle. Colombard et ugni blanc, autrefois majoritaires, sont en voie de disparition. La zone de Saint-Mariens convient bien aux blancs car les sols sablo-graveleux sur sous-sol marno-calcaire, même s’ils n’ont qu’une assez faible capacité de stockage en eau, rendent cette eau facilement disponible pour la vigne. L’alimentation est régulière.
Réglementation et cadre des appellations
L’appellation Blaye Côtes de Bordeaux regroupe trois cantons : Blaye, Saint-Ciers-sur-Gironde et Saint-Savin, sur une surface de 6 500 hectares. La densité de plantation minimum y est fixée à 4 500 pieds/ha, montant à 6 000 pour l’AOC Blaye. Les rendements maximum sont de 52 à 65 hl/ha pour les vins rouges et 62 à 72 pour les blancs.
La législation en vigueur encadre également la plantation de haies non mitoyennes, qui doit être réalisée en retrait par rapport à une allée. Cette rigueur dans la conception des espaces, qu'il s'agisse de viticulture ou d'aménagement paysager, garantit la pérennité et la qualité des plantations. À noter que le petit entretien de jardin est éligible au crédit d’impôt, la coopérative regroupant plus de 2700 jardiniers dans toute la France pour accompagner les particuliers dans ces démarches techniques.
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