Le tuteurage des jeunes arbres répond à plusieurs objectifs précis. Un arbre nouvellement planté présente un système racinaire encore fragile, incapable d’assurer une stabilité suffisante face aux contraintes extérieures. Le tuteur d’arbre guide la croissance du tronc vers une forme droite et équilibrée. Sans cette aide, un arbre peut développer une inclinaison permanente qui compromet sa structure future. Les arbres à racines nues présentent une vulnérabilité particulière lors des premiers mois. Le tuteurage des arbres fruitiers s’avère notamment indispensable car ces variétés subissent des contraintes supplémentaires lors de la fructification.
Plusieurs situations justifient le recours au tuteurage des arbres. Les plantations en terrain exposé aux vents dominants requièrent systématiquement cette protection. La taille des arbres influence également cette décision. Les sujets de grande taille ou dotés d’un feuillage dense captent davantage le vent et nécessitent un tuteur.

Les fondements biologiques du développement racinaire
Les profondeurs de l’océan sont probablement mieux explorées que les racines du sol. La sélection de végétaux sur la base du développement racinaire est en conséquence un facteur essentiel à prendre en compte. La croissance du système racinaire de la plupart des espèces passe par des étapes communes : le développement d’un pivot vertical puis sa ramification en racines horizontales qui vont exploiter le sol dans un rayon de plusieurs mètres pour les arbres. Ce système émet ensuite, à proximité de la base de la tige, des racines verticales et obliques qui vont remplacer fonctionnellement le pivot initial.
Le mode de croissance des racines est fixé génétiquement et s’exprime librement en l’absence de contraintes liées au sol. Chez les arbres on distingue trois types d’enracinement :
- Type pivotant ou profond : Caractérisé par un pivot prépondérant, le développement de longs pivots secondaires et de racines horizontales. C’est le cas du sapin, du pin sylvestre, du chêne, de l’orme, du noyer, du micocoulier.
- Type traçant ou superficiel : Avec un pivot qui avorte rapidement, laissant la place à des racines horizontales et de courts pivots verticaux. La surface prospectée est étendue mais peu profonde. Sont concernés l’épicéa, le tremble, le frêne, les légumineuses.
- Type en cœur ou oblique : Caractérisé par des racines horizontales, obliques et verticales (hêtre, érable, tilleul, douglas).
Lorsque l’enracinement est superficiel, il arrive que les arbres drageonnent, menaçant parfois l’intégrité des revêtements ou des constructions. C’est le cas de l’ailante, du peuplier ou du robinier faux-acacia. Tout épisode de stress peut déclencher ce phénomène. À l’inverse, pour préserver les réseaux souterrains, les essences à enracinement pivotant devront être évitées. Si les racines n’attaquent pas directement les conduites, elles peuvent, sous l’effet du vent, les fragiliser par effet mécanique.
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Méthodologies et techniques de soutien
Il convient d’installer le tuteur dès la plantation, idéalement avant de positionner un arbre dans le trou. Cette chronologie évite d’endommager les racines lors de l’enfoncement du piquet. Pour les arbres à racines nues, vous pourrez installer le tuteur au fond du trou, au travers des racines en veillant à ne pas les casser. Dans le cas de la plantation d’un arbre en motte ou en conteneur, nous préférerons installer le tuteur de biais, en bipode ou tripode, afin de ne pas traverser de manière aléatoire la motte au risque de casser une des racines principales.
Le tuteurage simple
Le tuteurage simple convient aux jeunes arbres de petite à moyenne taille. Cette méthode utilise un seul piquet planté en oblique à 45 degrés, côté vent dominant. La hauteur du tuteur représente environ les deux tiers de la hauteur du tronc. Un lien souple relie l’arbre au piquet, formant un huit pour éviter les frottements directs.
Le tuteurage bipode
Le tuteurage bipode utilise deux piquets placés de part et d’autre de l’arbre, dans l’axe des vents dominants. Une traverse horizontale relie les deux tuteurs à environ 1,60 mètre de hauteur. Cette méthode présente l’avantage d’éviter le contact direct entre le tuteur et le tronc. Les attaches se fixent sur la traverse, réduisant les risques de blessures. Lorsque l’on ne dispose que d’un seul tuteur par arbre, le tuteurage double, qui consiste à placer deux tuteurs à 50 cm du tronc face aux vents dominants, est recommandé. Cela permet d’enfoncer les pieux loin du système racinaire.
Le haubanage
Le haubanage s’impose pour les arbres de grande taille ou les situations d’exposition extrême. Cette technique utilise trois ou quatre points d’ancrage disposés en triangle ou en carré autour de l’arbre. Les ancres sont enfoncées à 40 centimètres de profondeur minimum, avec un angle de 30 degrés. Les câbles se fixent au niveau des premières branches, protégés par des gaines pour éviter les blessures.
Matériaux et bonnes pratiques de fixation
Le choix des matériaux conditionne la réussite du tuteurage des arbres et arbustes. Les tuteurs en bois dur comme le châtaignier ou l’acacia offrent une excellente durabilité naturelle. Le métal galvanisé présente une résistance supérieure et permet la réutilisation. Pour ce type de petit arbre destiné à être tuteuré tout au long de sa vie, nous conseillons l’installation d’un tuteur en acier dont la durée de vie n’est pas limitée.
Les attaches doivent impérativement être larges et souples pour préserver l’écorce. Les sangles élastiques, les chambres à air de vélo ou les collants usagés constituent d’excellents liens. La formation d’un huit avec l’attache évite le contact direct entre le tuteur et l’écorce. Cette configuration permet un léger mouvement de l’arbre tout en maintenant la stabilité.
Procédure de mise en place
Il convient d’abord de retirer tous les matériaux de pépinière comme les rubans plastiques ou les petits piquets de bambou. L’enfoncement du piquet s’effectue à l’extérieur de la motte, légèrement décalé du centre. Une profondeur de 50 à 60 centimètres dans le sol non remanié garantit une bonne stabilité. La fixation de l’attache s’effectue aussi bas que possible sur le tronc, généralement à 30 centimètres du sol. Le lien doit permettre un léger mouvement de l’arbre sans être trop lâche.

Surveillance, entretien et erreurs à éviter
Le tuteurage des jeunes arbres nécessite une surveillance régulière pour prévenir les problèmes. Il faut contrôler l’état des attaches plusieurs fois par an, particulièrement après les intempéries. La tension des liens doit être ajustée au fur et à mesure de la croissance du tronc. Des attaches trop serrées peuvent entailler l’écorce et perturber la circulation de la sève. Les frottements entre le tuteur et le tronc doivent être détectés rapidement. En cas de blessure de l’écorce, l’application d’un mastic de cicatrisation limite les risques d’infection.
La durée du tuteurage varie selon la croissance de l’arbre et les conditions locales. Généralement, une période de 12 à 24 mois suffit pour les petits sujets. Le test de stabilité permet de déterminer le moment opportun pour le retrait. Il suffit de soutenir le tronc et d’observer si la motte bouge lors d’un léger balancement. Si elle reste stable sans mouvement excessif, l’arbre peut être sevré de son tuteur. Le retrait s’effectue en retirant d’abord les attaches, puis les tuteurs. Cette chronologie évite les blessures accidentelles du tronc.
Plusieurs erreurs compromettent l’efficacité du tuteurage des arbres et arbustes :
- Un tuteurage trop rigide empêche le mouvement naturel nécessaire au développement du diamètre du tronc.
- L’utilisation d’attaches inadaptées constitue une faute fréquente. Les liens fins ou rigides blessent l’écorce et peuvent étrangler le tronc en croissance.
- Le positionnement incorrect du tuteur dans la motte endommage les racines et compromet la stabilité.
- Un enfoncement insuffisant dans le sol réduit l’efficacité du système.
Le tuteurage appliqué aux herbacées et arbustes
Aujourd'hui, presque tous les jardiniers utilisent un tuteur pour cultiver de meilleures plantes. Ce support soutient en effet les fleurs, les légumes et les arbres. Ajustable selon les besoins, il n’existe aucune contrainte d’installation. Le tuteur, c’est un support boostant la croissance des végétaux. Composé d’un matériau robuste, tel que le bois, le bambou, le métal ou encore le plastique, il dure dans le temps.
Si les herbacées ne se couchent pas sur le sol, elles résistent mieux aux pathologies fongiques. L’usage du tuteur permet de guider les tiges pour obtenir des rendements à la hauteur de vos attentes. Notez que le tuteur serait favorable pour le développement de vos végétaux durant les premières années. La raison ? Selon plusieurs études, les racines des arbres se révèlent sensibles pendant cette période.
La sélection d’un tuteur varie en fonction des besoins :
- Le tuteur simple : Il reste le plus commode de tous. Ayant la forme d’un piquet de bois, il s’emploie souvent seul.
- Le tuteur décoratif : C’est le prototype idéal si vous vous souciez de l’esthétisme. Orné d’objets décoratifs, il donne du style à votre jardin.
- Le tuteur colonne : Très réputé auprès des architectes, il donne une allure romantique aux espaces verts.
- Le treillis : C’est le modèle accompli si vous vous inquiétez du côté efficacité ainsi que du côté design. Moins encombrant, il s’installe autant sur la véranda que sur le mur extérieur.
La technique la plus connue pour le tuteurage des plantes est l’installation d’un piquet dans le sol. Pour des rendus plus esthétiques, c’est la voie la moins fiable. Afin que votre tuteur soit mis en place avec discrétion, mettez-le autour de la plante. Quoi qu’il en soit, pour vous épargner les entretiens réguliers, assurez-vous d’acquérir le bon tuteur. Si possible, recherchez un modèle solide qui résiste aux intempéries et qui reflète votre style.
Approche scientifique du développement racinaire et stress abiotique
Comment les plantes réagissent au stress et ce que nous en dit le système racinaire ? Benjamin Gruber fait partie du département de recherche de KWS. Avec ses collègues, il est spécialisé dans le développement racinaire : ils l’observent, l’évaluent et le quantifient. Leur but : tester des centaines de végétaux dans un laps de temps déterminé pour étudier leurs réactions aux stress abiotiques, comme la sécheresse ou le manque de nutriments.
Le développement racinaire est l’un des prérequis dans l’identification d’un nouveau gène. Il favorise des rendements plus stables et une certaine tolérance à la sécheresse. L’observation de racines et leur développement ne sont pas chose aisée. Une céréale contient souvent 50 à 100 km de racines. Le maïs développe 40 à 60 km de racines. Les betteraves comptabilisent 20 à 50 km de racines pour près de 5 m de profondeur. Sans compter que les racines les plus fines sont encore plus fines que les cheveux les plus fins. La plante est retirée du sol avec une partie du sol qui la maintient. Puis le sol est aspergé d’eau. Enfin, les racines sont étudiées avec des caméras et des logiciels spécifiques.

Préparation du sol et plantation réussie
La première étape consiste à préparer le trou ainsi que le mélange de terre (terre extraite mélangée à du compost bien mûr ou un autre engrais organique). Dans une bonne terre il n'est pas nécessaire de faire un trou important. Il doit être adapté au système racinaire de l'arbre. La deuxième étape consiste à praliner les racines. Toujours avant la plantation, il est important de poser un tuteur. La plantation de l'arbre à racines nues est suivie d'un arrosage copieux, puis de l'installation d'un paillis.
L'erreur à éviter : il ne faut surtout pas trop enfoncer l'arbre dans le trou de plantation. Seul le système racinaire doit être sous la terre. Le collet (point de jonction entre les racines et la tige) doit se trouver au-dessus du niveau du sol. Le trou pour la plantation doit être plus large que profond. Le filet entourant la motte des plantes devra être laissé s'il est en textile (dégradable). Certains paniers sont auto-déchirants et peuvent donc rester dans le sol.
À réception de la plante, procédez pour certaines plantes à "l'habillage" de la partie aérienne et racinaire. Cela consiste à diminuer le nombre de branches et à tailler celles qui restent pour limiter l'évapo-transpiration. Pour les plantes en conteneurs dont les racines sont très serrées et ont tourné à l'intérieur du pot, il faudra donner 3 ou 4 coups de serpette de haut en bas sur 1 à 2 cm de profondeur (nécessaire sur plantes de terre de bruyère : rhododendrons, azalées, bruyères). Avant de réaliser la plantation, il vous faut choisir un tuteur de dimension suffisante pour qu'une extrémité passe à l'intérieur de la tête de l'arbre et que l'autre s'enterre de 50 cm. Pour attacher le tronc de l'arbre au tuteur, choisissez un lien spécial ou des attaches souples. Fixer un arbre fraîchement planté à un tuteur permet de le maintenir fermement face au vent, qui, en le secouant, peut nuire à son enracinement. Oui mais voilà, l'utilisation des tuteurs pose deux problèmes majeurs : la blessure des racines à l'enfoncement du tuteur et celle de l'écorce par le frottement sur le tronc. C'est pourquoi, lorsque cela est possible, le tuteurage double, qui consiste à placer deux tuteurs à 50 cm du tronc face aux vents dominants, est recommandé. Cela permet d'enfoncer les pieux loin du système racinaire, et de ne pas faire entrer en contact le tuteur avec le tronc grâce à de longs liens. Serrez sans forcer et nouez. Le lien va servir de tampon anti-blessure entre le tuteur et le tronc qui sera ainsi fermement tenu.
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