Tout savoir sur le désherbage bio du gazon et du jardin avec Gamm vert

Illustration d'un jardinier utilisant des méthodes de désherbage bio

Un jardin sans mauvaises herbes, c'est le rêve de chaque jardinier. Heureusement, diverses méthodes sont appliquées pour désherber les jardins sans l'emploi de produits chimiques de synthèse. Cet article explore les différentes approches pour un désherbage efficace et respectueux de l'environnement, en se penchant notamment sur les produits de biocontrôle et les techniques naturelles.

La nature n'a horreur que du vide : comprendre les adventices

La nature a horreur du vide. Ainsi, dès qu'une surface de terrain est mise à nu, les "mauvaises herbes" ne tardent pas à y pointer leur nez. Il existe deux grandes catégories d'adventices, chacune nécessitant des approches différentes pour être maîtrisée.

Les adventices annuelles

Ces plantes se propagent rapidement par le semis uniquement, parfois avec plusieurs populations par an. Tel est le cas des plantains, du mouron, de la capselle bourse à Pasteur, du pâturin. Dans ce premier cas, les méthodes de culture auront facilement raison d'elles. Les formulations dites "défoliantes" agissent seulement en brûlant le feuillage des plantes et sont donc nécessaires et suffisantes pour se débarrasser des adventices annuelles.

Les adventices pérennes ou vivaces

Malheureusement, il y a également les adventices pérennes ou vivaces dont la souche, les racines durent plus d'une année. Sur ces adventices vivaces, il convient d'adopter des ruses bien plus pertinentes. Les désherbants dits systémiques, qui sont absorbés par les feuilles et véhiculés par la sève jusqu'à détruire les racines, sont à privilégier. Pour arriver à arracher les racines pivotantes des pissenlits, chardons et autres, un couteau à désherber est très utile. Il n’y a aucun désherbant définitif pour les ronces, seul le désherbage manuel et régulier peut en venir à bout.

Les produits de biocontrôle : une alternative respectueuse

Depuis le 1er janvier 2019, date d’entrée en vigueur de la loi Labbé, les pesticides de synthèse sont interdits à la vente pour les particuliers. Ils sont remplacés par des produits appelés “de biocontrôle”, c’est-à-dire des produits composés de substances naturelles. Ils sont repérés par la mention “EAJ”, Emploi Autorisé dans les Jardins, pour les différencier des produits autorisés pour les professionnels.

Flacons de désherbants bio avec la mention EAJ

L'acide pélargonique : un extrait de géranium

L’acide pélargonique, cet extrait de géranium, a un effet herbicide de par son action destructrice de la “peau” qui recouvre et protège tiges et feuilles des végétaux. Cette protection détruite, la plante n’a plus rien pour l’isoler des effets des UV et va mourir très rapidement. Les produits à base d’acide pélargonique, tels que l’Herbistop de Clairland ou le Désherbant Polyvalent Acide Pélargonique de Fertiligène, s’utilisent sur les adventices mais aussi sur les mousses car il est non sélectif. Pour l'avoir essayé, un effet sur les plantes annuelles est certes noté, mais sur les acanthes par exemple, le résultat n'est pas probant.

La pulvérisation se réalise par temps sec, à une température douce, environ 15°. Le désherbage se pratique avant la montée en graine des plantes, pour éviter les semis spontanés. Il est préférable de travailler le matin, par une journée ensoleillée, car les adventices laissées au sol pourront sécher avant de servir de paillage et leurs racines ne pourront reprendre. Il est important d'éviter l’application d’acide pélargonique durant la floraison pour éviter d’éventuelles atteintes pour les abeilles.

Les acides caprique et caprylique : des acides gras végétaux

Ces acides gras peuvent être trouvés notamment dans le lait de chèvre et le lait de coco (acide caprique), ou encore dans l’huile de coco et l’huile de palme (acide caprylique). Souvent utilisés ensemble, ce sont également des désherbants définitifs qui agissent par contact, éliminant la plante grâce au même processus que l’acide pélargonique : destruction de la couche cireuse protectrice, destruction des membranes protectrices des cellules, dessèchement des tissus végétaux. C’est au printemps qu’il est conseillé d’utiliser ces produits, sur des végétaux encore jeunes, plus fragiles. Pour de plus grandes adventices, ainsi que les vivaces, l’application sera à répéter plusieurs fois.

L'acide acétique : un produit issu de la fermentation naturelle

L’acide acétique est un produit issu de la fermentation naturelle de sucres (fruits ou amidon de maïs). Il a une action corrosive (du fait de son pH très bas) sur les tissus vivants et il détruit la membrane protectrice présente sur les feuilles et toutes les parties aériennes, provoquant à court terme la déshydratation des tissus de la plante et l’impossibilité de poursuivre la photosynthèse. Malgré son agressivité, il se dégrade totalement dans le sol, libérant seulement des molécules d’eau et d’oxygène, ce qui le rend inoffensif aux doses indiquées par les fabricants.

Cet herbicide de contact va être utilisé de préférence au printemps, voire au début de l’été, pour que les végétaux visés soient encore jeunes, idéalement moins de 2 semaines. Ils sont en effet moins robustes et moins bien implantés dans le sol. Les adventices annuelles sont plus faciles à éradiquer que les vivaces, celles-ci nécessitant généralement plusieurs passages, tout comme les adventices déjà adultes. Il est possible, pour les plus résistantes, d’injecter l’acide acétique dans le sol (qui doit être sec), au milieu du collet des plantes, afin que le produit atteigne les racines.

Il est recommandé d'agir un jour ensoleillé et sans vent, sur des plantes sèches. La pluie diluerait et disperserait le produit, qui serait moins efficace. La température doit être douce, 15° minimum, et le soleil favorise l’action de l’acide. Il ne faut pas hésiter à tremper toutes les parties de la plante. Si d’autres plantes, non indésirables, sont à proximité, il faut bien diriger le jet. Il y a cependant peu de risques pour elles si elles ne reçoivent que des éclaboussures. L'acide acétique vise les plantes à larges feuilles et les graminées. Les pissenlits semblent par contre résister à l’acide acétique. Il peut être employé sur des surfaces non cultivées, le potager est donc à éviter en cours de culture. Il est adapté pour désherber autour des arbres et peut être employé comme désherbant définitif sur une grande surface. Dans ce cas, il est conseillé de préparer un pulvérisateur avec de l’acide acétique pur, à raison de 100 ml (à 10 %) pour 1 mètre carré. Attention, ce désherbant n’est pas sélectif, il va éliminer toute la végétation de la surface. Les indésirables au milieu du gazon ou d’un massif peuvent également être traitées à l’acide acétique. L’acide acétique peut servir à désherber les allées, ainsi que les zones pavées ou gravillonnées.

Précautions d'usage pour les produits de biocontrôle

Bien que naturels, ces produits sont corrosifs. Il est fortement conseillé de porter des gants, des lunettes et des manches et jambes longues lors de l’application. Il ne faut pas utiliser ces produits à proximité d’un point d’eau et ne pas rincer le contenant. Suivre impérativement les indications du fabricant concernant leur dosage et les conditions d’utilisation est crucial. Les conditions d’application, notamment, sont assez précises : l’application doit se faire par temps doux (10 à 15° au moins), sans vent ni pluie. Plus la température est élevée et le temps sec (ce qui entraîne un stress hydrique de la plante) plus le produit se montre efficace. Il est donné pour éliminer chiendent, prêle, plantain, liserons, orties (bien que ses longues racines traçantes rendent peu efficace à long terme l’utilisation d’un désherbant définitif pour l’ortie), chardons, lorsqu’ils sont jeunes, entre 5 et 10 cm pour le maximum d’efficacité. La période d’utilisation se situe entre le début du printemps et la fin de l’automne. Généralement 2 applications par an maximum sont recommandées.

Pour une bonne efficacité, ces produits doivent être appliqués tous les printemps, afin que le stock de graines de ces indésirables diminue. Le moindre manquement met à bas tous les efforts accomplis les années précédentes ! Il est impératif d'interdire l’accès aux zones traitées aux enfants et aux animaux domestiques jusqu’à leur séchage complet, en moyenne 6 heures. Ne pas utiliser ce produit sur une surface imperméable à cause du ruissellement.

L'AdBlue est il un désherbant naturel ? 🤔

Les désherbants sélectifs pour gazon

Pour ceux qui souhaitent un gazon sain et sans mauvaises herbes, les désherbants sélectifs sont une option à considérer.

Comprendre le fonctionnement des désherbants sélectifs

Un désherbant sélectif agit en ciblant exclusivement certaines plantes indésirables telles que le pissenlit, le trèfle ou le plantain, tout en préservant les graminées de votre pelouse. La force de ces produits réside dans leur capacité à différencier les spécificités biologiques des mauvaises herbes et des brins de gazon. Par exemple, des substances comme le 2,4-D ou le MCPA sont conçues pour pénétrer les feuilles des dicotylédones, ce qui entraîne leur dessèchement. Utiliser un désherbant sélectif évite le recours à des produits totaux qui détruisent toute forme de végétation. À Saint-Paul-de-Vence, où les jardins sont très prisés, choisir le bon désherbant est une valeur ajoutée pour maintenir un gazon uniforme. L’application du Bayer Jardin Désherbant Gazon, par exemple, peut débarrasser efficacement un espace vert des intrus sans nuire à la pelouse elle-même. Attention cependant aux erreurs, comme un surdosage ou une mauvaise période d’application, qui peuvent nuire à l’herbe tout autant qu’aux herbes indésirables.

Les implications du choix du désherbant

Lorsque vous choisissez un produit, il est crucial de prendre en compte la nature des mauvaises herbes présentes. Chaque espèce, du trèfle au pissenlit, demande une solution spécifique. Vérifiez les ingrédients actifs qui doivent être adaptés à votre pelouse. Un produit comme le Roundup Désherbant Gazon offre une action rapide sur une large gamme de mauvaises herbes en seulement une semaine.

Tableau comparatif de désherbants sélectifs

ProduitSpécificitéDurée d’actionMauvaises herbes ciblées
Roundup Désherbant GazonAction rapide, large spectre7 joursPissenlits, trèfles, plantains
Bayer Jardin Désherbant GazonFormule large, pelouses mixtes14 jours40 espèces, même les résistantes

Critères de sélection pour un désherbant sélectif efficace

Bien choisir son désherbant dépend de plusieurs facteurs. En fonction des espèces que vous souhaitez éradiquer, un désherbant comme le Fertiligène Gazon Jeune peut être idéal pour une pelouse fraîchement plantée. Il est important de respecter les recommandations concernant le délai d’attente après semis avant toute application pour garantir la bonne santé du gazon. Prenez garde à la législation. Depuis la mise en vigueur de certaines lois, l’accès aux désherbants se fait différemment. Les solutions disponibles en libre-service pour particuliers sont souvent plus douces, mais des produits comme Scanner restent une référence dans un cadre professionnel où leur utilisation est contrôlée.

Application efficace du désherbant sur votre gazon

La clé d’un traitement réussi est une application soignée. Tondre votre pelouse quelques jours avant l’application sans couper trop court, environ 4 à 5 cm, assure que le produit atteint bien les feuilles des mauvaises herbes. L’application doit se faire par temps calme, sans risque de pluie dans les heures suivantes. Un pulvérisateur bien réglé garantira une distribution uniforme du produit.

  • Tondre 2-3 jours avant application
  • Éviter de traiter par vent ou pluie
  • Utiliser des protections personnelles
  • Arroser légèrement après 24 heures si nécessaire

Ces désherbants sont inoffensifs pour les autres organismes vivants, abeilles et autres pollinisateurs, vers de terre, animaux de compagnie, et se dégradent en quelques heures.

Un pulvérisateur en action sur un gazon

La prévention : la meilleure des défenses

Lorsqu'il s'agit d'éviter la levée d'adventices annuelles, il n'est pas nécessaire de sortir tout de suite la "sulfateuse". Un peu de jus de crâne et d'huile de coude ne coûte rien et préservera l'environnement.

Hygiène de travail et binage régulier

Il faut tout d'abord faire preuve d'un peu d'hygiène de travail. Astreignez-vous à empêcher les adventices existantes de former des graines. Coupez-les régulièrement, avant qu’elles ne fleurissent. Toutefois, certaines montrent un cycle effréné ou un port rampant, ce qui ne facilite pas les choses. L'huile de coude s'avère alors indispensable. Passez souvent (tous les dix jours) la binette ou le sarcloir entre vos cultures. C'est facile au potager avec des lignes de culture parallèles, moins évident dans les massifs. Il est conseillé d'agir par temps sec. Les plantes sécheront rapidement sur place. Si une pluie est annoncée, il vous faudra ramasser vos coupes.

Le faux semis : une technique astucieuse

Avant de faire un semis en ligne ou à la volée, pratiquez le faux semis. Préparez le terrain à l'avance (15 à 20 jours) et laissez les mauvaises herbes se développer. Binez-les, évacuez-les puis effectuez le semis définitif sans plus tarder. Évitez autant que faire se peut de chambouler la terre ce qui remonterait à la surface de nouvelles graines jusqu'alors enterrées. Cette méthode est couramment employée par les jardiniers : au printemps, travaillez légèrement votre terre. Les graines vont être activées par l’air et la lumière et vont germer rapidement. Vous n’aurez plus qu’à passer le sarcloir sur la surface pour que celle-ci soit dégagée.

Schéma illustrant la technique du faux semis

Le paillage : étouffer les mauvaises herbes

Couvrez la terre nue des massifs vierges ou entre les cultures ou les touffes. Ainsi, les mauvaises herbes annuelles ne risquent pas de lever. Pour ce faire, employez des matériaux biodégradables : films maraîchers, cartons, papiers journal… des paillis organiques tels que terreau, compost, paille, cosses de cacao, tontes de gazon, paillette de lin, de chanvre, écorces de pin. Le paillage est réputé pour empêcher les adventices de pousser, car elles sont alors privées de lumière. Il faut cependant, pour que cela soit efficace, que le paillis soit très épais, minimum 15 cm, et suffisamment dense. Cependant, la présence d’un paillis, quel qu’il soit, a toujours son utilité : il garde le sol bien meuble, les indésirables sont donc plus faciles à arracher, et elles sont aussi plus visibles. Un paillage de feuilles mortes broyées ou autre paillis végétal, mis en couche de 20 cm sur le sol une fois les cultures d’été nettoyées, va étouffer les adventices.

Les engrais verts : un bouclier naturel

Employez les engrais verts. Entre deux cultures ou en attente de plantation, si vous disposez de deux à trois mois voire d'un hiver tout entier, semez des plantes à végétation rapide, foisonnantes, qui étoufferont les mauvaises herbes. Une fois coupées avant leur floraison, puis incorporées au sol, elles apporteront une matière organique bénéfique. Employés pour apporter certains éléments au sol, l’aérer par leurs racines, ne pas laisser nue la terre, ces engrais verts agissent également pour prévenir la pousse des adventices en ne leur laissant tout simplement pas la place ! Plantez des engrais verts (moutarde, trèfle, phacélie, luzerne…) dès qu’une surface est libre, ils empêcheront les indésirables de l’envahir. Une fois adultes, ils seront fauchés et fourniront un matériau de paillage nourrissant. Leurs racines elles-aussi nourriront le sol.

Autres astuces de prévention

  • Plantez des couvre-sol : Pour vos massifs, utilisez chaque espace vide pour y installer des plantes couvre-sol : géraniums vivaces, santoline, lamium, genévrier, saxifrage, sedum, lierre.
  • Ne tondez pas le gazon trop court : Une tonte haute entraîne une concurrence importante entre les graminées et les adventices qui pourront moins facilement se développer.
  • Plantes aux propriétés allélopathiques : Certains végétaux émettent des substances qui inhibent la germination, notamment le ciste ou le phlomis. Leur présence empêchera les graines échappées des adventices de germer dans vos plates-bandes.

Les méthodes "propres" de désherbage

Outre les produits de biocontrôle et la prévention, d'autres méthodes peuvent être employées pour un désherbage efficace.

Le désherbage thermique : chaleur intense contre les adventices

L’emploi de la méthode "lance-flamme" est plébiscitée avec des brûleurs se branchant simplement sur des bouteilles de gaz. Outre le caractère dangereux de cette pratique, si elle n'est pas effectuée en toute sécurité, il faut bien être conscient que les plantes vivaces nécessitent plusieurs passages pour être détruites jusqu'à la racine. Les désherbeurs électriques ne présentent pas de risque lié à l'utilisation du gaz, ils sont plus écologiques et plus économiques.

Le désherbage thermique, qu'il soit à gaz ou électrique, fait subir la même chose aux herbes adventices : la chaleur intense et dirigée précisément fait éclater les cellules des plantes, les faisant mourir en quelques jours. Pour une efficacité optimum, le désherbage thermique est utilisé lorsque la plante est jeune, des adventices bien installées seront plus difficiles à détruire. Il faut éviter de “brûler” la plante, ce qui risquerait de provoquer un développement important en réaction à l’agression. Un bon coup de chaud suffit à endommager le végétal sans agression brutale. Plusieurs passages peuvent parfois être nécessaires, mais lorsque cette méthode est bien appliquée, le désherbage est définitif.

Il est important de savoir qu'il arrive souvent que la chaleur aux alentours de la plante visée fasse germer des graines d’autres adventices. Il suffit de faire un passage sur ces très jeunes plantes pour les éliminer. Cette méthode est à éviter en période de sécheresse. Cette méthode utilisant le gaz n’est pourtant pas si écologique que ça.

Le désherbage manuel : l'huile de coude toujours efficace

Le désherbage manuel est encore le meilleur ! Un désherbage efficace est un désherbage effectué au bon moment. Il est important d'éliminer les herbes indésirables avant qu’elles ne montent à graines, tout votre travail serait alors à recommencer, avec un plus grand nombre de plantes. Certaines adventices seront efficacement éliminées si elles sont arrachées au printemps, tels le chiendent, le liseron ou la ronce. De plus, le sol normalement humide et les plantes jeunes rendent la tâche plus facile. Les adventices sont en effet plus faciles à arracher lorsque le sol est humide, cela aide à retirer la totalité de leur système racinaire, faute de quoi nombre d’entre elles repousseront aussitôt. L’automne est cependant une bonne période pour désherber, surtout dans les régions à hivers doux ou en cas de sol compact, qui reste tiède plus longtemps. Cela vous évitera de voir ces indésirables se développer tout au long de la mauvaise saison.

Les outils adaptés au désherbage, tels que la houe, la binette, la ratissoire, le sarcloir, présentent l’inconvénient de trancher, et donc le risque de multiplier certaines adventices qui repoussent facilement à partir d’un bout de rhizome. Dans ce cas il est préférable d’utiliser une grelinette qui va tirer sans trancher. Autour des plantations, pour aérer la terre et permettre à l’eau, d’arrosage ou de pluie, de mieux pénétrer, se réalise le binage. Un proverbe bien connu nous dit d'ailleurs “Un binage vaut deux arrosages”. En même temps que l’on casse la croûte du sol, on déracine les jeunes adventices qui font concurrence à nos plantations.

À la main, il est nécessaire de tirer doucement, afin que toute la racine vienne. Agir après une période pluvieuse est conseillé, la terre étant plus meuble la tache est plus facile. À chaque travail de la terre, profitez-en pour supprimer toutes les racines que vous trouvez, et réalisez avant les plantations ou semis un faux semis, efficace pour vous débarrasser d’un grand nombre d’adventices.

Pour bien appliquer un désherbant, il faut avant tout suivre scrupuleusement les instructions du fabricant. Les conditions de température, d’humidité, les périodes d’application, les précautions d’emploi et bien évidemment le mode d’emploi, chaque détail a son importance pour que le produit soit bien utilisé et soit efficace sans produire d’effets non voulus.

Divers outils de désherbage manuel

La privation de lumière : une technique pour de grandes surfaces

La lumière est indispensable pour le processus de photosynthèse, sans lequel les plantes ne pourraient pas se fournir en sucres, un élément essentiel à leur survie. Empêcher les herbes indésirables de fabriquer ces sucres, c’est donc les priver de nourriture. La technique consiste à installer une bâche opaque sur la surface à désherber et à la laisser en place plusieurs mois. Une bonne marge est indispensable autour de la zone, notamment pour les adventices rampantes. Lorsque vous découvrirez cette zone, vous constaterez que la végétation en-dessous est complètement fanée, dévitalisée. Il vous suffira alors de passer une grelinette ou autre outil similaire pour aérer le sol et pouvoir retirer les racines affaiblies. Pour bien faire, mettez des cartons sous la bâche, les vers de terre seront enchantés !

Pour un désherbage total, vous pouvez opter pour la solution de bâchage du sol, qui est une alternative au paillage : étalez sur la zone ciblée une bâche, des cartons ou encore des tapis et laissez tel quel durant plusieurs mois. Lorsque vous découvrirez la zone, elle sera nue, mais aussi bien meuble et pleine de vie.

Autres astuces et méthodes douces

  • Chaux ou cendre de bois : utile pour supprimer la mousse dans le gazon.
  • Purin d’ortie pur : non dilué, le purin d’ortie brûle les végétaux.
  • Privation de lumière : c’est un bon moyen de tuer une plante. Au bout de quelques jours, après une phase où elles perdent toute leur chlorophylle, elles meurent. Attention toutefois aux plantes qui s’étendent par des stolons ou un rhizome traçant, comme les orties ou le chiendent.
  • Désherbage dans les allées et surfaces pavées : pour éliminer les adventices qui se développent de manière incongrue et peu esthétique entre les dalles : curez en profondeur les interstices pour atteindre les racines des mauvaises herbes puis comblez-les d’un sable spécial joint de dallage qui empêchera la germination des graines.
  • Dans la pelouse : pour une pelouse sans mauvaises herbes, procurez-vous des semences de qualité et apportez de l’engrais à chaque printemps.
  • Utiliser les mauvaises herbes arrachées : une fois ces indésirables arrachées ou coupées, utilisez-les ! Elles peuvent faire un bon paillage ou alimenter le tas de compost dès lors qu’elles ne sont pas en graines.

L'importance de la biodiversité

Même sans vouloir un jardin au carré, et en acceptant de conserver quelques adventices moins gênantes ou plus jolies, le désherbage fait partie intégrante du travail du jardinier, aussi bio soit-il ! Et heureusement, des astuces existent pour désherber proprement un jardin, ainsi que des produits, dits de biocontrôle ! Pour favoriser la biodiversité, il est conseillé de garder une zone de votre jardin garnie de toutes ces plantes spontanées, elles abritent et nourrissent nombre d’auxiliaires du jardin. Quant à l’ortie si envahissante, elle compose un précieux purin ou un paillage riche en azote.

Le jardinier éco-responsable veillera à laisser quelques-unes de ces herbes folles, qui enrichissent la biodiversité de son jardin !

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