Le Sel et l'Eau : Un Désherbant Naturel Efficace ou un Piège pour votre Jardin ?

On entend souvent dire que le sel peut être utilisé pour désherber au jardin, aussi bien dans les massifs qu’au potager ou pour nettoyer une allée ou une terrasse. Cette idée, transmise parfois de génération en génération, suggère une solution simple et accessible pour lutter contre les herbes indésirables. Cependant, est-ce vraiment une bonne idée ? La réalité est plus complexe, et l'utilisation du sel comme désherbant soulève de nombreuses interrogations quant à ses effets à long terme sur l'environnement de votre jardin.

Le passage de méthodes chimiques à des alternatives plus écologiques est devenu une préoccupation majeure pour de nombreux jardiniers soucieux de l'environnement. Depuis le 1er janvier 2019, la vente de pesticides de synthèse, produits phytopharmaceutiques, aux particuliers est interdite, rendant obsolètes des solutions comme le glyphosate. Cette évolution réglementaire a naturellement orienté la recherche vers des désherbants naturels. Mais si le sel semble être une option "naturelle", il est crucial de comprendre ses mécanismes d'action et ses répercussions avant de l'adopter. Le sel, bien que d'origine naturelle, n'est pas sans effets sur l'environnement. Il n'est pas seulement mauvais pour les plantes dont il nuit à l'hydratation et au développement, il est aussi nocif pour la vie du sol.

Schéma des interactions du sel avec le sol et les plantes

Les Mécanismes d'Action du Sel et Leurs Conséquences Néfaste

Le sel n’agit pas que d’une seule manière sur les végétaux. Ses effets sont multiples et insidieux, impactant non seulement la plante ciblée, mais aussi tout son environnement. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour saisir pourquoi l'utilisation du sel n'est pas une solution durable ou écologique.

Premièrement, le sel déshydrate les végétaux. Le sel provoque une augmentation de la pression osmotique dans le sol, avec pour résultat une rétention d’eau dans le sol. Normalement, l'organisme des végétaux est un milieu hypertonique, dont la concentration en sels minéraux est plus importante que dans le sol, milieu hypotonique. La pression osmotique est alors plus forte dans le végétal, l’eau sera donc attirée vers les racines de ce végétal, permettant son hydratation. Cependant, cette situation s’inverse en cas d’ajout de sel. La teneur en sels minéraux augmente dans le sol qui devient hypertonique, l’eau est alors attirée vers le sol car la pression osmotique y est plus forte. Les végétaux n’ont alors plus de possibilité de s’hydrater et finissent par mourir. C'est un processus de dessiccation qui assèche littéralement la plante de l'intérieur.

Deuxièmement, il perturbe l’absorption des minéraux contenus dans le sol. Les ions libérés par le sel ont tendance à remplacer les autres ions contenus dans le sol, y compris les ions indispensables aux végétaux tels que le potassium, le calcium ou le magnésium. Ces nutriments essentiels, cruciaux pour la croissance et la santé des plantes, sont alors lessivés par les pluies car ils ne sont plus fixés par les plantes, devenues incapables de les assimiler. Cette carence minérale affaiblit considérablement la végétation, la rendant vulnérable et retardant sa croissance.

Troisièmement, l'utilisation du sel provoque l’accumulation d’ions toxiques. Ces ions, en quantités excessives, peuvent directement empoisonner les tissus végétaux, entraînant des dommages irréversibles. Enfin, il entraîne un stress oxydatif important chez les plantes. Ce stress se manifeste par des déséquilibres cellulaires qui compromettent le fonctionnement normal de la plante, accélérant son déclin.

Les symptômes possibles sur les végétaux d’une intoxication au sel sont nombreux et facilement reconnaissables. Ils incluent le jaunissement des feuilles, la chlorose (perte de couleur verte), les brûlures, les nécroses (mort des tissus), le dessèchement du feuillage, l'enroulement des feuilles, et la mort des jeunes tiges. Ces signes visibles sont des indicateurs clairs des dommages profonds que le sel inflige aux plantes.

De ce fait, il est prudent de n’utiliser ce désherbant au sel que sur les parties non cultivées de votre jardin, telles que les allées, les cours ou les terrasses. En effet, il va “stériliser” le sol et vous ne pourrez plus y faire aucune plantation, excepté de plantes halophiles, qui sont spécifiquement adaptées aux sols salins. Le problème est que même utilisé ainsi, une fois dans la terre, le sel va se disséminer et être capté par d’autres végétaux, même ceux que vous souhaitiez préserver.

Effets du sel sur les feuilles des plantes

Les Risques Écologiques et Réglementaires Liés à l'Usage du Sel

Au-delà de son impact direct sur les végétaux, le sel a également une influence nocive sur le sol lui-même et l'environnement au sens large. Non seulement il détruit les micro-organismes qui y vivent, essentiels à la fertilité du sol et à la décomposition de la matière organique, mais il modifie également sa structure. Le sol se tasse et perd en perméabilité, ce qui entrave la circulation de l'eau et de l'air, asphyxiant les racines et perturbant l'écosystème souterrain.

Un autre point négatif majeur est que le sel ne se dégrade pas. Contrairement à de nombreuses substances organiques, le chlorure de sodium persiste dans le sol. Il peut donc être absorbé par des végétaux situés à proximité et les affecter, y compris des plantes dont vous ne souhaitez absolument pas vous débarrasser ! Les arbres notamment ont des systèmes racinaires qui mesurent plusieurs kilomètres. Lorsque le chevelu racinaire capte du sel, il va le stocker. Au-delà d’une certaine quantité, l’arbre va mourir, représentant une perte considérable pour le jardin et la biodiversité.

Le sel peut également s’infiltrer dans les nappes phréatiques et y provoquer des perturbations. Cette pollution des eaux souterraines a des conséquences graves pour la faune aquatique, la qualité de l'eau potable, et l'équilibre des écosystèmes hydriques.

Il est crucial de savoir que les substances qui ne disposent pas d’une AMM (Autorisation de Mise sur le marché) ou qui ne font pas partie de la liste des substances de base des produits autorisés au jardin ne doivent pas être utilisées comme désherbant. Le chlorure de sodium fait partie de cette liste, mais uniquement comme fongicide et insecticide. Dans les recommandations qui le concernent, il est dit ceci : “Précautions : Prendre en compte la salinité préexistante du sol, afin d’éviter tout effet négatif sur la fertilité et la structure du sol. Application : Ne pas pulvériser chaque année, uniquement dans les cas d’urgence.” Ces directives soulignent les dangers inhérents à son utilisation généralisée et non contrôlée.

Le Sel en Pratique : Pourquoi les "Recettes de Grand-Mère" Sont Trompeuses

Malgré les avertissements scientifiques, le sel est souvent cité dans les remèdes "naturels". Mais quel sel utiliser pour désherber, et quelles sont les implications réelles de ces pratiques ?

Du sel de cuisine ?

Désherber à l’aide de sel fin est très simple selon ces méthodes : il suffit de saupoudrer les herbes indésirables dont vous voulez vous débarrasser avec votre sel de cuisine. Soit vous agissez un jour où il va pleuvoir, soit vous arrosez après le saupoudrage pour faciliter sa dissolution et son action. Une autre méthode, tout aussi simple, consiste à faire bouillir de l’eau salée, à raison de 200 g de sel pour 1 litre d’eau et de la verser sur les adventices. Si elle est tiède ou froide, c’est uniquement le sel qui va agir, sinon il sera combiné avec l’action déjà agressive de l’eau bouillante. Pour bien justifier cette dépense d’énergie (et d’eau !), certains préférent utiliser de l’eau de cuisson salée de leurs légumes, pâtes, riz, pommes de terre. L’amidon contenu dans ces derniers apporterait lui aussi ses propriétés désherbantes, un aspect que nous explorerons plus en détail ultérieurement. Pour le dosage, dans de l’eau, vous mettrez 20% de sel fin. Pour un désherbage “à sec”, la quantité dépendra de la surface à désherber.

Du sel de déneigement ?

Désherber avec du sel de déneigement est tout à fait possible car il ne diffère pas chimiquement du sel fin. Le sel de déneigement a l'avantage de se trouver en gros conditionnements, de 25 kg généralement, ce qui le rend apparemment économique. Comme le sel de cuisine, il est constitué de chlorure de sodium, mais on en trouve également à base de chlorure de magnésium ou de calcium qui sont moins agressifs, et donc ne pourront pas servir pour le désherbage. Cela souligne encore une fois que l'efficacité du sel comme désherbant repose sur sa nature corrosive et toxique pour les plantes.

Du gros sel ?

Utiliser le gros sel pour désherber est perçu comme plus judicieux qu’utiliser le sel fin, car il est vendu en plus gros conditionnements et rend l’opération encore moins coûteuse. Vous pouvez, comme avec le sel fin, en disperser au pied des indésirables, ou bien le diluer dans de l’eau pour pulvériser de plus grandes surfaces. Le dosage d’eau et gros sel pour désherber est le suivant : pour 1 litre d’eau, vous aurez besoin de 200 g de gros sel. La logique derrière cette préférence est purement économique et pratique, sans considération pour les impacts environnementaux.

Du sel d’Epsom ?

Il est important de clarifier que désherber avec du sel d'Epsom n’est pas possible, celui-ci est plutôt utilisé comme un engrais pour les cultures ! Le sel d’Epsom est composé de sulfate de magnésium, et le magnésium est un nutriment absolument nécessaire pour les végétaux, jouant un rôle crucial dans la photosynthèse et le développement général des plantes. L'utiliser comme désherbant serait donc contre-productif.

Différents types de sel de cuisine et leurs emballages

Le Mélange Vinaigre-Sel-Liquide Vaisselle : Une Solution Souvent Citée, Mais à Manier avec Prudence

Désherber avec du sel et du vinaigre est une “recette de grand-mère” très employée mais très radicale car elle combine deux substances nocives pour les végétaux. Le vinaigre n’est d’ailleurs pas un produit autorisé en tant que désherbant. Cette pratique, bien qu’efficace, ne doit pas être utilisée sans discernement. Cette substance est nocive pour le sol et pour les organismes qui y vivent, et en plus elle peut être absorbée par des végétaux dont vous ne souhaitez pas du tout vous débarrasser !

Imaginez un jardin où chaque ingrédient est familier et sans danger pour l’environnement. Cela semble idéal ? L’usage d’un désherbant naturel apporte de nombreux avantages pour les jardiniers soucieux de l’environnement. D’abord, ces produits restent moins nocifs que les herbicides chimiques traditionnels. Les substances naturelles comme le vinaigre blanc, le sel et le liquide vaisselle ne laissent pas de résidus toxiques dans le sol ni dans l’eau, du moins à court terme et à faible dose. Votre jardin conserve un état sain et sécurisé pour la faune locale.

Les désherbants naturels, comme ce mélange, restent faciles à préparer et économiques. Les ingrédients, tels que le vinaigre blanc et le sel, sont déjà disponibles dans votre cuisine. Ainsi, vous créez un désherbant efficace sans dépenser une fortune. Cette approche pratique réduit aussi votre empreinte écologique en évitant l’achat de produits industriels sur-emballés. Manipuler des produits connus rassure. En utilisant un mélange maison, vous savez exactement ce que vous appliquez sur le sol. Cette transparence procure une tranquillité d’esprit, car vous évitez les composés chimiques dont la composition et les effets peuvent être néfastes.

Les ingrédients clés : vinaigre blanc, sel et liquide vaisselle

L’utilisation d’un désherbant naturel repose sur des ingrédients simples et efficaces, dont l'association est censée maximiser l'impact. Chacun joue un rôle spécifique dans l’élimination des mauvaises herbes.

  • Les propriétés du vinaigre blanc : Le vinaigre blanc représente un allié puissant dans la lutte contre les mauvaises herbes grâce à son acidité élevée. Il dessèche les feuilles des plantes indésirables, assurant leur élimination superficielle. De plus, il perturbe le pH de la plante, affaiblissant ses structures cellulaires. Solution de dégraissage accessible et écologique, il garantit une action rapide et directe sur les herbes à traiter. Pour une efficacité optimale, il est conseillé d'utiliser du vinaigre de nettoyage avec un taux d’acide acétique élevé. Les vinaigres utilisés en cuisine ne contiennent généralement que 7 à 8% d’acide acétique, contre 12 à 14% pour ceux dédiés au nettoyage. Aqua Clean Concept propose par exemple du vinaigre d’alcool surpuissant, composé à 12% d’acide acétique, idéal pour fabriquer un désherbant naturel, puissant et économique.

  • Rôle du sel dans le désherbant : Incorporer du sel dans le désherbant naturel renforce l’effet déshydratant du vinaigre. Le sel absorbe l’humidité vitale des cellules, causant la mort de la plante en l’asséchant, comme expliqué précédemment. Utilisé avec parcimonie, il cible précisément les zones à traiter sans nuire aux autres plantes. Son usage dans le désherbant maison offre une action supplémentaire pour renforcer l’effet du vinaigre blanc.

  • Importance du liquide vaisselle : Le liquide vaisselle agit comme agent mouillant. Il aide le vinaigre blanc et le sel à adhérer aux feuilles des mauvaises herbes. Cela prolonge le temps de contact avec les parties à traiter, optimisant l’efficacité du mélange. De plus, il facilite l’application uniforme du désherbant sur les surfaces à désherber.

Comment fabriquer ce désherbant maison ?

Créer un désherbant naturel avec ces ingrédients reste simple et efficace. Grâce aux ingrédients du quotidien, vous obtenez un mélange puissant pour lutter contre les mauvaises herbes.

  • Recette simple pour un litre de désherbant : Pour préparer un litre de désherbant naturel, rassemblez les éléments suivants : 500 ml de vinaigre blanc, 250 ml d’eau, 100 g de sel et 2 cuillères à soupe de liquide vaisselle. Mélangez bien ces composants dans un récipient adapté, tel qu’un pulvérisateur, pour garantir une application uniforme. Le désherbant agit en surface pour assécher les mauvaises herbes grâce à l’acidité et au pouvoir déshydratant.Une autre recette, parfois mentionnée, pour 1 litre de vinaigre blanc, utilise 2,5 litres d’eau (pour diminuer l’acidité de la solution) et 500 grammes de gros sel. Remplir votre pulvérisateur d’eau et ajouter le vinaigre blanc et le sel iodé. Agiter quelques instants le pulvérisateur, de haut en bas, afin de bien mélanger la solution. Il est crucial de noter que si sur Internet on peut trouver certaines recettes où l’on rajoute de l’eau, cela ne va faire que diluer le produit et le rendre moins puissant.

  • Adaptations pour différents volumes : Vous pouvez ajuster la recette selon la surface à traiter. Pour des applications sur de grandes surfaces, multipliez les quantités tout en conservant les proportions. Par exemple, pour 5 litres, multipliez chaque ingrédient par cinq. Vous obtenez un mélange homogène et efficace. Mélangez bien avant chaque utilisation pour que le sel se dissolve correctement et se répartisse uniformément.

Conseils d’utilisation et précautions :

Appliquer un désherbant naturel demande des précautions pour maximiser l’efficacité tout en protégeant les autres plantes. Ciblez précisément les mauvaises herbes. L’application directe garantit que le mélange agit là où nécessaire sans affecter le reste de la végétation. Utilisez un pulvérisateur pour mieux diriger le désherbant vers les herbes indésirables.

Préférez appliquer cette solution le matin après que la rosée se soit évaporée. Optez pour les jours secs et ensoleillés. Le soleil renforce l’effet desséchant du vinaigre et du sel. Évitez les jours venteux pour réduire le risque de dispersion et protéger les autres plantes. Cette méthode permet de contrôler les zones traitées et de limiter les dégâts involontaires. Redoutable, ce désherbant écologique, tout aussi bon marché, tue les mauvaises herbes jusqu’au bout des racines pour éviter leur repousse. Si vous devez traiter les mauvaises herbes situées au pied d’un arbre ou d’un massif, utilisez un carton pour protéger les plantes quand vous pulvérisez avec votre désherbant.

Portez des gants lors de la manipulation de la solution pour protéger votre peau. Bien que naturels, le vinaigre et le sel peuvent causer des irritations. Très puissant, le désherbant naturel agit généralement dans les 48h. Pour les endroits où les mauvaises herbes sont tenaces, vous pouvez pulvériser une nouvelle fois du produit 15 jours après la première application, puis une fois par mois. Une fois que vous avez terminé, il est important de ne pas laisser le mélange dans le pulvérisateur. L’acidité du vinaigre pourrait, en effet, attaquer les joints.

Pulvérisateur manuel sur des mauvaises herbes

Des Alternatives Écologiques et Durables au Sel et aux Produits Chimiques

Les mauvaises herbes envahissent votre jardin mais vous ne savez pas comment vous en débarrasser ? Aujourd’hui, l’utilisation de certains produits nocifs pour l’environnement est régulée, voire interdite. Les désherbants chimiques, comme ceux à base de glyphosate, sont particulièrement nocifs. Ils peuvent provoquer des réactions sur la peau, notamment une irritation, et l’inhalation du produit irrite également la gorge et le nez. Par ailleurs, l’utilisation d’herbicides chimiques pollue l’air, l’eau et le sol, et ces produits sont également nocifs pour les animaux domestiques, les insectes et les micro-organismes. Heureusement, il existe des alternatives écologiques tout aussi efficaces, voire plus respectueuses de l'écosystème du jardin.

Enfin des graviers sans herbe. Désherbant simple et efficace 👍

1. Le Désherbage Manuel : La Méthode Fondamentale

Certes contraignant et fatiguant, le désherbage manuel reste très efficace, et s’il est réalisé avec beaucoup de régularité il devient de moins en moins nécessaire. On dit d’ailleurs que plus on désherbe moins on désherbe ! La première solution est d’opter pour un désherbage manuel à l’aide d’une binette ou d’un sarcloir. L’avantage ? Avec cette méthode, les mauvaises herbes sont arrachées à la racine et les repousses sont plus lentes. L’inconvénient, le travail risque d’être très laborieux s’il y a une vaste surface à couvrir.

Pour être vraiment efficace, il faut respecter quelques règles :

  • Désherber à la bonne saison : Le printemps est l’un des moments les plus judicieux pour désherber. Les adventices sont alors à peine levées et faciles à arracher d’une terre humide. Plus vous en supprimerez à ce moment-là, plus le reste de l’année sera tranquille. L’automne est également une bonne période. Le sol est chaud et humide, ce qui favorise la levée de nombreuses indésirables. Les ôter à ce moment-là vous facilitera le travail au printemps.
  • Désherber au bon moment : Vous travaillerez de préférence le matin de bonne heure, lors d’une journée ensoleillée.
  • Le bon geste pour désherber : Pour réellement supprimer les indésirables vivaces, il est important d’arracher leur racine en même temps que les parties aériennes, et en totalité. En effet, elles ont la fâcheuse propriété de pouvoir se développer à partir d’un petit bout de racine. Pour les adventices à stolons comme le trèfle et les orties, il est important de tirer doucement ces tiges enracinées pour en supprimer le plus grand nombre. Les adventices annuelles, elles, doivent être supprimées avant la floraison pour éviter les semis spontanés toujours très nombreux.
  • Le bon outil pour désherber : Le chiendent nécessite l’utilisation d’une fourche-bêche qui permettra d’ôter la totalité de la souche. Le trèfle, l’ortie, les pissenlits, les chardons sont arrachés à l’aide d’un couteau à désherber.
  • Astuce : le faux-semis : Le faux-semis est une méthode souvent employée pour la création d’un massif ou au potager. Il consiste à préparer une surface (par temps doux) puis à l’arroser et à patienter quelques jours. Toutes les adventices présentes à l’état latent dans le sol vont alors lever et seront faciles à éliminer à l’aide d’un râteau ou d’un sarcloir.

Outils de désherbage manuel

2. Couvrir le Sol : Une Stratégie Préventive et Efficace

Si vous avez une surface entière à désherber, couvrir les adventices pour stopper leur accès à la lumière est un bon moyen pour s’en débarrasser. Cette méthode très efficace demande par contre du temps, il est conseillé de laisser en place le couvert 6 mois pour une destruction totale des indésirables.

  • Matériaux de couverture : Tapis en fibres naturelles, cartons, nattes de paillage peuvent être utilisés.
  • Protection des allées et terrasses : Lors de la création d’une allée ou d’une terrasse, pensez au feutre géotextile à placer sous votre revêtement : il formera une couverture invisible qui stoppera la repousse des indésirables.
  • Dans le gazon : Évitez de tondre à ras, privilégiez une tonte haute qui va défavoriser les adventices. Elles seront obligées de lutter pour accéder à la lumière et pour leur espace et seront moins robustes, donc plus faciles à supprimer.
  • Plantes couvre-sol : Les plantes couvre-sol sont souvent vigoureuses et peuvent étouffer toute adventice qui désirerait s’implanter à leur place. Pensez-y pour combler les espaces vides dans les massifs ou entre les dalles d’une allée.
  • Le paillage : Le paillage, qu’il soit organique ou minéral, permet de bien limiter le développement des adventices. De plus, comme il maintient le sol plus souple, elles s’arrachent plus facilement. Vous pouvez pailler les végétaux (notamment avec des déchets verts : résidus de tonte, feuilles mortes…), que ce soit au jardin d’ornement ou bien au potager. Le but est de créer une barrière physique et de réduire la lumière.
  • Engrais verts au potager : Entre deux cultures au potager, pensez aux engrais verts. Ils occuperont le sol, empêchant qu’il soit envahi, et le nourriront de nutriments précieux pour vos plantes potagères. Pensez aussi à semer de l’engrais vert (trèfle, moutarde, luzerne, etc.) entre deux cultures, qui va couvrir le sol et ainsi empêcher l’apparition d’adventices.
  • Astuce : ne travaillez pas trop le sol : Ne travaillez pas trop le sol de vos massifs ou du potager, ce travail de la terre fait remonter des graines d’adventices, leur permettant ainsi de germer.

Exemple de paillage organique

3. Les Produits de Biocontrôle : La Science au Service de la Nature

Remplaçant les désherbants chimiques désormais interdits, les produits de biocontrôle utilisent les relations déjà existantes dans la nature pour limiter la présence d’un ennemi des cultures. Pour le désherbage, on utilise pour le moment 3 substances naturelles : l’acide pélargonique, l’acide acétique et les acides caprique et caprylique.

Ces substances agissent en détruisant l’épiderme des végétaux, cette couche superficielle qui les protègent des rayons UV. Leurs effets sont visibles très rapidement (bien qu’un peu moins rapides pour les acides caprique et capryliques qui demandent 24 heures) et il est possible de replanter tout de suite. Une fois secs, au bout de 6 heures environ, ils ne présentent plus aucune toxicité pour les animaux. Ils s’utilisent par temps sec et assez doux, au moins 15°C, et sont plus efficaces sur des végétaux en état de stress hydrique, donc après un petit moment de sécheresse. Il est à noter que l'acide pélargonique, bien que d'origine végétale (tirant son nom du Pelargonium), est souvent de synthèse dans les produits commerciaux.

4. Le Désherbage Thermique : La Chaleur pour Éliminer

Sorte de chalumeau fixé au bout d’un long bras, le désherbeur thermique permet de détruire une plante en lui infligeant une très haute température durant quelques secondes. Les cellules explosent et la plante meurt très rapidement. On trouve des désherbeurs thermiques électriques ou à gaz, chacun présentant ses avantages et ses inconvénients :

  • Le désherbeur à gaz : Il est puissant et permet un passage très rapide de plante à plante. Par contre, le jardinier doit faire suivre la bouteille de gaz qui l’alimente soit sur un petit chariot soit dans un sac à dos.
  • Le désherbeur électrique : Il est plus confortable à l’utilisation, par contre il est moins puissant et demande un peu plus de temps pour une plante. Cela reste quand même rapide puisqu’il ne s’agit toujours que de secondes.

Même s’il n’est pas totalement propre puisqu’il utilise du gaz ou de l’électricité, le désherbage thermique a l’avantage de cibler uniquement les plantes “indésirées”, sans provoquer de dégâts au niveau du sol ou de la végétation alentour. Attention cependant à ne pas arroser les fleurs et les légumes du jardin avec la chaleur directe.

5. L'Eau Bouillante ou l'Eau de Cuisson : Simplicité et Efficacité

C’est une alternative naturelle et efficace. Versez l’eau bouillante sur les mauvaises herbes directement. C’est une solution efficace et écologique à la fois. L’eau bouillante comme désherbant naturel est pratique lorsque vous avez décidé de planter sur la surface concernée. L’eau laisse la terre parfaitement saine et préserve ses nutriments.

Vous pouvez également utiliser l’eau de cuisson des pâtes alimentaires ou des pommes de terre. Ne jetez plus l’eau de cuisson des pommes de terre, des pâtes ou du riz ! Très concentrée en amidon, cette eau bouillante s’avère être un désherbant et un anti-mousse biodégradable. Autre point fort, elle ne vous coûtera absolument rien ! Ce produit économique est très efficace pour venir à bout des adventices, notamment entre les dalles et dans les interstices de la terrasse et dans les allées du jardin. Pour cela, pulvérisez directement l’eau des pâtes ou des pommes de terre sur les mauvaises herbes et attendez une heure. La présence d’amidon dans la solution est très efficace pour éliminer les mauvaises herbes. Il s'agit surtout du coup de chaud provoqué par l'eau chaude autour de 70°C qui permet d'anéantir la mauvaise herbe. Si vous manipulez de l’eau chaude ou bouillante, elle ne pourra pas être mise dans un pulvérisateur sous peine de le faire fondre et de vous brûler.

6. Le Bicarbonate de Soude : Un Allié Insoupçonné

Le bicarbonate de soude est un produit naturel aux multiples usages, y compris pour le désherbage. Une recette simple consiste à mélanger 70 grammes de bicarbonate de soude avec 1 litre d’eau bouillante. Mélangez le tout et mettez dans un vaporisateur. Arrosez ensuite les endroits où les mauvaises herbes prolifèrent 1 à 2 fois par an. Le saupoudrage de bicarbonate de soude peut brûler les feuilles des adventices mais il va, comme le sel, se retrouver dans les nappes phréatiques, sans respect pour la faune du sol. Une utilisation parcimonieuse est donc de mise.

7. Le Purin d'Orties : Un Rôle Controversé comme Désherbant

Le purin d’orties est bien connu des jardiniers pour ses vertus fertilisantes et insecticides. Pour le préparer, on utilise généralement 1 kg d’orties pour 10 litres d’eau. Laissez le mélange macérer pendant 2 semaines à 1 mois. Ensuite, répandez la solution uniquement sur les mauvaises herbes. La forte odeur de ce mélange constitue son seul inconvénient. Toutefois, il est important de noter que le purin d’orties pur pourrait faire office de désherbant mais ce n'est pas conseillé. Cela peut paraître surprenant puisqu'on le connaît surtout pour ses vertus insecticides et fertilisantes. En réalité, comme il est riche en azote, il devient toxique pour les plantes et gorge les sols de nitrates, finissant par les polluer en intoxiquant les plantes.

8. L'Huile Essentielle de Basilic et autres huiles : Des Solutions Ciblées

L’huile essentielle de basilic est un insecticide et un fongicide efficace. Pour l'utiliser comme désherbant, vous aurez besoin : d'huile essentielle de basilic, d'eau chaude, et de quelques gouttes de liquide vaisselle, de savon liquide ou de savon noir bio. Dans un vaporisateur, mélangez tous les ingrédients et remuez. Aspergez les mauvaises herbes avec cette solution et attendez quelques heures pour voir le résultat.

Pour utiliser l'huile de table contre les adventices, il ne faut pas en avoir une grande surface, car cela fonctionne en appliquant cette huile sur le feuillage durant l'été lorsqu'il fait chaud et en plein soleil.

Réflexions Générales sur les "Mauvaises Herbes" et la Biodiversité

Dès que l’on manque un peu d’attention, les mauvaises herbes envahissent sans crier gare nos jardins potagers et nos plates-bandes décoratives, surtout durant les saisons intermédiaires comme le printemps qui alterne des épisodes de pluie et des journées plus chaudes : tout ce dont les adventices ont besoin pour se développer. Bien souvent, malgré nos efforts pour les arracher, rien n’y fait, elles reviennent.

En premier lieu, il convient de bien distinguer les mauvaises herbes… des "mauvaises herbes" ! Non, il ne s'agit pas d'une erreur de frappe, vous avez bien lu : toutes celles que nous appelons "mauvaises herbes" ne sont pas forcément à éradiquer car cet arrachage, s'il est excessif, laisse la terre nue, ce qui est néfaste pour le sol. Un sol nu va être soumis à l'érosion, au lessivage des nutriments qu'il contient, à la diminution de la vie des micro-organismes qu'elle héberge et à la création d'une "croûte de battance" qui empêche l'eau de s'infiltrer. Les "mauvaises herbes" ne donnent plus aujourd'hui l'image d'un jardin mal entretenu, heureusement, les regards et les mentalités changent et évoluent.

À savoir : les plantes indésirables le sont-elles vraiment ? Elles attirent et nourrissent nombre d’auxiliaires du jardin et on peut même en consommer certaines, tandis que d’autres offrent une très jolie floraison. La variété au jardin est garante d’une biodiversité importante et on préconise aujourd’hui de certes limiter ces adventices mais sans pour autant les éradiquer des jardins. Sans doute que des plantes s'invitent dans des endroits qui ne plaisent pas au jardinier, mais si elles pointent leur nez, c'est que ces plantes bio-indicatrices sont adaptées au lieu, elles vont vous fournir des informations sur la nature de votre sol, ce qui peut être très précieux.

L’arrivée du soleil et du beau temps nous amène également son lot de problèmes dans nos jardins puisque c’est le moment où les mauvaises herbes se développent le plus. Les dégâts sont d’autant plus considérables si l’on n’a fait aucun préparatif avant l’arrivée du printemps. De quoi décourager les jardiniers les plus motivés et les plus dynamiques ! C'est pourquoi l'anticipation et la mise en place de méthodes préventives sont primordiales.

Les mauvaises herbes envahissent votre jardin, le potager, la pelouse, les allées… Elles sont même présentes entre les dalles et il est toujours pénible de les enlever. Pour s’en débarrasser, il est inutile d’utiliser des produits agressifs qui pourront nuire à votre jardin, mais aussi à votre santé. Les méthodes de désherbage propre sont nombreuses et variées et vous pourrez y trouver votre bonheur, et les combiner pour plus d’efficacité et de confort !

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