Stratégies de gestion et élimination de la vigne vierge : perspectives techniques et agronomiques

La vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia) est une plante ligneuse à forte capacité de développement, capable de s'infiltrer profondément dans les structures maçonnées, les joints de murs ou les jonctions entre piliers et façades. Sa gestion, qu'elle soit domestique ou professionnelle, demande une compréhension fine de sa physiologie, notamment son système de marcottage naturel et la puissance de son réseau racinaire.

Schéma illustrant le système racinaire et les crampons d'adhérence de la vigne vierge sur une paroi rocheuse

Méthodologie d'élimination manuelle et mécanique

Avant toute intervention chimique, le contrôle mécanique demeure la première étape cruciale. Il est recommandé de commencer par arracher tout ce que vous pouvez, en profitant d'un temps humide, lorsque le sol est suffisamment détrempé pour faciliter l'opération. Cette action « physique » permet d'épuiser une partie des réserves de la plante.

Dans le cas d'une vigne vierge ancrée dans un mur, l'arrachage peut s'avérer complexe. Si le revêtement de façade est en bon état, cela ne devrait pas l'abîmer. S'il vient avec, de toutes façons il faut le refaire. Cependant, il restera en place sur le mur tous les petits points d'attache, les crampons de la vigne vierge. L'arrachage manuel systématique aide à y voir plus clair, notamment lorsque le tronc atteint des diamètres importants (parfois jusqu'à 10 cm), rendant la plante difficile à extraire sans endommager la structure porteuse.

Approches chimiques et gestion des repousses

Lorsque l'arrachage ne suffit pas, l'usage d'herbicides devient une option envisagée. Pour une efficacité optimale, il faut attendre que les plantes repoussent après le premier nettoyage manuel. Quand elles ont fait deux à trois feuilles nouvelles, pulvérisez le débroussaillant.

Il est inutile d'en mettre un maximum. Il vaut mieux mettre la dose juste puis recommencer l'opération plus tard. La patience est ici le maître-mot. Par la suite, de nouvelles feuilles ou tigelles peuvent réapparaître. Gardez toujours à portée de main un petit pulvérisateur garni de débroussaillant, prêt à l'emploi.

Il convient de noter que dans le cadre professionnel, notamment en viticulture, les stratégies ont évolué. Depuis le printemps 2022, l’usage du glyphosate pour désherber les rangs de vigne est limité à une seule application par campagne, à la dose maximale de 450 g/ha. Cette évolution impacte les stratégies déployées jusque-là. Le recours au glyphosate reste le plus souvent incontournable, mais il faut optimiser son efficacité, par exemple en réduisant la largeur de la bande traitée.

Mécanique industrielle de construction et d'entretien

Vers un entretien raisonné des sols

Les pratiques d’entretien des sols sont en profonde mutation, s’orientant vers le raisonnement, dans lequel est intégré le désherbage chimique parmi d’autres moyens. L’objectif est de limiter les transferts, d’adopter des pratiques préventives et de raisonner l’utilisation des herbicides.

Les techniques d’entretien des sols sont variées, elles permettent de maintenir les adventices en dessous d’un seuil de nuisance acceptable, tout en assurant l’aération des sols, une portance suffisante, la minéralisation de la matière organique, la lutte contre l’érosion, et la baisse de la vigueur de la vigne.

  • Désherbage mécanique : Il s'impose comme la première alternative pour réduire la dépendance aux produits phytosanitaires.
  • Enherbement : Qu'il soit naturel ou semé (engrais verts), il permet de protéger le sol.
  • Désherbage thermique ou électrique : Des solutions innovantes, bien que nécessitant des investissements matériels parfois importants, comme pour les systèmes d'interceps électriques.
  • Biocontrôle : Des recherches sont en cours sur des insectes phytophages capables de contrôler des plantes nuisibles, recréant un système cultivé qui s’équilibre à la manière des écosystèmes naturels.

Infographie comparant les avantages et inconvénients du désherbage mécanique vs chimique

Optimisation de l'itinéraire technique

L'utilisation des produits phytosanitaires est fortement encadrée et elle doit suivre les bonnes pratiques agricoles : préservation de l'environnement et de la biodiversité. Le choix de l'herbicide dépend de la stratégie envisagée (prélevée stricte, post-levée stricte ou combinaison pré/post-levée), de son profil technique (efficacité, sélectivité), économique, environnemental (solubilité, persistance, écotoxicité) et toxicologique.

Pour les végétaux difficiles, comme ceux qui s'infiltrent dans les maçonneries, l'IFV conseille de cibler ces mauvaises herbes avec les 450 g/ha de glyphosate pendant l’été et de privilégier des interventions mécaniques sur le rang pour maîtriser la flore annuelle. Les stratégies de désherbage chimique s’adaptent en fonction des contraintes techniques de la parcelle, en alternant d’une année sur l’autre des herbicides possédant des spectres d’actions complémentaires afin d’éviter les inversions de flore.

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