Le paysage de l'accompagnement des nouveaux enseignants et personnels d'éducation a connu des transformations majeures à la suite de la réforme de la formation initiale entrée pleinement en vigueur à la rentrée 2022. Cette évolution a entraîné une multiplication des situations pour les entrantes et entrants dans le métier ainsi qu'une multiplication des types de tutorat. Alors que se prépare, dans les établissements, chaque nouvelle rentrée, les questions sur ces conditions de stage se multiplient, tant pour les futurs tuteurs que pour les équipes de direction et les stagiaires eux-mêmes.

La diversité des profils des stagiaires
Il est essentiel de distinguer les différentes catégories d'entrantes dans le métier pour comprendre les missions du tuteur. Les fonctionnaires stagiaires sont les lauréates et lauréats d'un concours d'enseignement, d'éducation ou de PSY-EN. Ils se répartissent principalement en deux catégories :
- Les stagiaires à temps plein : Ils sont affectés en stage avec 10 à 20 jours de formation sur l'année. Cette catégorie inclut les lauréats de concours déjà titulaires d'un autre corps d'enseignement ou ceux possédant une expérience professionnelle significative.
- Les stagiaires à mi-temps : Ils sont affectés avec deux jours de formation par semaine à l'INSPE. Ils ont un service de 6 heures en responsabilité sur l'année.
Parallèlement à ces fonctionnaires, les établissements accueillent des étudiantes en master MEEF. Ces dernières ne sont pas en responsabilité contrairement aux ECA (étudiants contractuels alternants) et effectuent un stage d'observation et de pratique accompagnée (SOPA) pour une durée de 12 semaines. Ce stage doit donner lieu à une gratification sur l'année d'environ 1 260 euros.
Enfin, le dispositif AED prépro, mis en place à la rentrée 2019, propose de recruter des étudiantes en L2 pour une durée de 3 ans. Les étudiantes sont affectées sur un seul établissement avec un tuteur ou une tutrice et les missions qui peuvent leur être confiées progressent d'année en année. Leur rémunération est de 700 euros nets en L2, 963 euros nets en L3 et 980 euros nets en M1. Pour les étudiantes ayant bénéficié de ce dispositif et inscrites en master MEEF, il est désormais possible d'avoir une prolongation de leur contrat pour leur deuxième année de master MEEF.
Modalités d'affectation et organisation du service
D'une manière générale, l'affectation d'un stagiaire à temps plein dans le second degré public se fait sur un support de nature FSTG. L'affectation d'un stagiaire à demi-service dans le second degré public se fait sur un support de nature PSTG. La quotité de ce support correspond à la moitié de l'ORS du corps de recrutement, éventuellement modulée, dans l'intérêt du service, de plus ou moins une heure.
Il est important de noter que les stagiaires à demi-service ne peuvent percevoir d'heure supplémentaire. Par conséquent, il convient de tenir compte de cette minoration d'une heure dans la constitution des emplois du temps et des états de service. Ainsi, il ne sera pas possible d'organiser un service devant élèves supérieur à 9 heures pour un certifié stagiaire.
L'élaboration de l'emploi du temps du personnel enseignant et d'éducation stagiaire constitue un enjeu fondamental des conditions d'accueil. Il importe de concilier l'exigence de continuité du service aux élèves et le suivi d'un dispositif de formation et d'adaptation à l'emploi.

Le rôle et l'accompagnement du tuteur académique
Les personnels stagiaires sont accompagnés par un tuteur académique, nommé par l'autorité académique sur proposition de l'inspection, en accord avec le chef d'établissement. Le tuteur, interlocuteur privilégié du professeur ou du CPE stagiaire, l'aide à s'approprier un métier, en termes d'identité, de pratiques et de culture professionnelles.
L'accompagnement du stagiaire se déploie sur toute la durée de l'année scolaire et comporte de nombreux temps forts, comme les premières semaines ou les périodes d'évaluation. Les visites d'observation croisées du stagiaire, suivies d'entretiens qui engagent une analyse réflexive, impliquent des rencontres régulières. Des formateurs académiques participent également à la formation des fonctionnaires stagiaires.
Il arrive parfois que des situations administratives complexes surviennent, comme lorsqu'un établissement se retrouve avec plusieurs tuteurs désignés pour un seul stagiaire dans la base de données. Dans ce cas, il est indispensable de contacter le service de gestion des personnels ou l'inspection académique pour clarifier la situation. Il est à noter que les réunions de tuteurs ne sont pas toujours fixées de manière rigide, mais elles restent essentielles pour l'harmonisation des pratiques.
Cadre indemnitaire et critiques syndicales
Cette diversité des profils des entrantes dans le métier s'accompagne d'une plus grande diversité des tutorats. Que le fonctionnaire stagiaire soit à mi-temps ou à temps plein, l'indemnité de tutorat reste la même : 1 250 euros annuels. Cette indemnité a connu une baisse significative en 2014, puisqu'elle était auparavant de 2 000 euros.
Pour le SNES-FSU, cette réforme va à l'encontre d'une entrée dans le métier sereine, bien rémunérée et formatrice. Les parcours en amont du concours sont nombreux, mais souvent jugés peu attractifs. La question de la revalorisation de la fonction de tuteur reste un sujet de débat récurrent au sein de la communauté éducative.
Le suivi numérique et les outils de pilotage
Le suivi du stagiaire repose sur une équipe plurielle et implique des collaborations étroites entre les différents acteurs. La plateforme COMPAS, accessible depuis le portail d'applications ARENA, permet un accès et un partage d'informations multi-utilisateurs entre l'établissement, les services du rectorat et l'INSPE, au niveau inter-académique.
Parmi ses fonctionnalités, figure un protocole de suivi en ligne, destiné à mieux répondre aux difficultés recensées. La connexion « chef d'établissement » donne accès à la liste des stagiaires affectés par établissement. Cette centralisation numérique a pour objectif de fluidifier la communication et de garantir une réactivité immédiate face aux besoins d'accompagnement.
Les stages d'observation et de pratique accompagnée (SOPA)
Pour les étudiants en master MEEF, la structuration des stages est rigoureuse. En deuxième année de master (M2), les étudiants qui ne bénéficient pas d'un contrat d'alternance effectuent un stage d'observation et de pratique accompagnée. Trois périodes de stage sont prévues (SOPA 1, 2, 3), souvent organisées sous forme de stages massés ou filés selon les parcours.
En première année de master (M1), les étudiants suivent un stage d'observation et de pratique accompagnée (SOPA) sur une durée équivalente à 6 semaines. Le stage se déroule sur un même territoire : l'étudiant est affecté dans un établissement unique, mais doit au cours de la seconde et/ou troisième période de stage se rendre dans une ou deux écoles viviers et dans le collège ou lycée vivier afin de travailler les transitions, les procédures d'orientation, les projets transférables et les éléments de parcours éducatifs des élèves du territoire.
Cette immersion territoriale vise à renforcer la continuité pédagogique entre le premier et le second degré, un pilier essentiel pour la réussite des élèves et la professionnalisation des futurs enseignants.
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