La terre, cet élément fondamental du jardinage, est bien plus qu'un simple support. C'est un milieu vivant, en constante évolution, dont la composition et la qualité déterminent directement la vitalité de vos cultures. Qu'elle soit une terre merveilleuse, grumeleuse et d'une belle couleur foncée, ou au contraire une terre de remblais pleine de caillasses et de débris, comprendre ses spécificités est la clé d'un potager abondant. Cet article explore en profondeur les différents aspects de la terre de jardin, de sa nature à son amélioration, en passant par les outils et techniques essentiels pour en prendre soin.

La Terre Végétale : Un substrat réglementé et précieux
La terre végétale est un concept crucial en jardinage. Il s'agit des premiers centimètres de sol, considérés comme plus riches et fertiles que les horizons situés plus bas. Cette couche supérieure, souvent appelée "humus" bien que cette appellation désigne en réalité seulement sa surface, est encadrée par une norme spécifique : la norme U44-551, dont la dernière mise à jour date de 2009. Cette norme stipule que la terre végétale doit provenir d’horizons humifères et peut être mélangée avec des matières organiques d’origine végétale ou animale.
La terre végétale est souvent amendée avec des composts et de la matière organique. Cela est logique puisque les premiers centimètres de sol sont fréquemment remplis d'humus, résultant de la décomposition de feuilles mortes, d'herbes, de brindilles, mais aussi de cadavres d'animaux et de leurs déjections. Si cette matière organique vient à manquer, les fournisseurs de terre végétale peuvent en ajouter, par exemple du compost végétal jusqu'à 15% du volume total. C'est un apport très important car la matière organique est un moteur de fertilité pour le sol et le potager. Tout jardinier recherche cette richesse en ramenant constamment des composts (de matières végétales, de déchets de cuisine, de fumiers d'animaux) à son potager.
La terre végétale amendée représente ainsi un alliage parfait de vrai sol et de matière organique, offrant un véritable plaisir pour jardiner. Il est essentiel de ne pas la confondre avec le compost végétal, qui, lui, est composé à 100% de matière organique. La terre végétale est de la terre, du minéral, résultant sur des millénaires d'une dégradation de la roche mère. Cette roche se dégrade en petits cailloux, qui se transforment ensuite en sable, en limons et enfin en argile, les particules les plus fines. On trouve souvent ces trois stades de décomposition dans un sol. On aura parfois un sol plutôt sableux, plutôt limoneux ou plutôt argileux. L'idéal est d'avoir 50% de sable, 30% de limon, 10% d'argile et le reste en matières organiques, mais ces proportions ne sont pas obligatoires dans une terre végétale. Il est donc recommandé de se renseigner auprès de son revendeur, quitte à demander une analyse réalisée via des laboratoires spécialisés.
TOUT SAVOIR SUR LE TERREAU : La base d’un potager productif
S'approvisionner en terre végétale : Où et comment ?
La terre végétale est disponible sous différents conditionnements, souvent en sacs de diverses tailles. Elle peut aussi être livrée directement par remorque ou camion pour des volumes plus importants. Pour des gros volumes, il est préférable de se tourner vers des sablières ou des entreprises spécialisées. On peut également trouver des annonces en ligne, notamment de particuliers qui revendent ou donnent de la terre végétale retirée lors d'aménagements.
Concernant le coût économique, tout dépendra de la surface à couvrir. Une tonne de terre comblera environ 8 m² sur 20 cm de profondeur, ou 4 m² sur 40 cm si l'on souhaite aller plus profond. Avec 20 cm déjà, l'énorme majorité des cultures pourra pleinement se développer. La tonne se vend entre 25 et 80 euros, avec d'énormes disparités selon les régions et les facilités d'approvisionnement. En jardinerie, le sac de 25 kilos coûtera autour de 10 euros, le rapport prix/quantité étant bien plus élevé que pour les gros volumes.
La terre végétale procure une terre sans cailloux, sans remblai, bien amendée. Il restera à lui donner du corps, de la structure et de l'activité biologique. Il sera intéressant de lui apporter rapidement de la matière organique non compostée, du broyat ou des paillages diversifiés, pour que de nombreux organismes environnants viennent vivre et se développer. Une fois la terre végétale apportée, la pailler permet de la rendre vivante et plus fertile. Au fil des saisons, l'enrichir avec une bonne poignée d'engrais organique redonnera toute sa fertilité au sol et permettra aux cultures de trouver tout ce dont elles ont besoin. Et bien sûr, l'eau est essentielle, représentant 90% du poids des légumes et étant le moteur de toute activité biologique. Si la pluie venait à manquer, il faut maintenir la terre végétale humide comme une éponge essorée en arrosant si nécessaire.

Les différents types de sols et leurs caractéristiques
La composition du sol de son jardin est indispensable à connaître, car elle conditionne les ressources que les plantes pourront y trouver, et donc leur épanouissement. Il existe quatre grands types de sols : argileux, sableux, calcaire et humifère. La terre arable, la partie cultivable du sol, est principalement issue de la désagrégation des roches et de la décomposition de matières organiques. Sur de très longues périodes, plusieurs centaines d'années, des observations montrent qu'elle se forme à raison d'un millimètre tous les six ans en moyenne. La terre est un élément vivant qui se modifie sans cesse, notamment sous l'effet des cultures. Pour cette raison, il faut veiller à ce que les différents éléments qui la constituent restent le plus longtemps possible dans des proportions adéquates au type de culture souhaité.
La texture de la terre est déterminée par les principaux éléments physiques qui la composent : le sable, l'argile, le calcaire et l'humus. De leurs proportions respectives dans le sol dépendra la tenue de la terre : poudreuse, compacte, caillouteuse, collante.
Les sols argileux
Une terre argileuse est collante lorsqu'elle est mouillée. Légèrement humide, elle colle aux outils et s'agglutine sous les semelles. Cette même terre sera très dure durant l'été, formant des craquelures à sa surface, et s'il se met à pleuvoir, l'eau y stagnera. Les sols argileux sont plutôt acides, mais parfois alcalins. Ils sont certes naturellement riches en éléments fertilisants, mais ils sont lourds et difficiles à travailler.
- Plantes bio-indicatrices : liseron des champs, colchique, menthe, pâquerette, renoncule des champs, euphorbe péluse.
- Améliorations possibles : drainage, allégement du sol (tourbe, sable) et amendement en matières organiques (compost, fumier). Un chaulage est possible sans excès.
Les sols sableux
À l'inverse, une terre sableuse ou siliceuse n'aura aucune tenue, elle s'effritera même mouillée. On la reconnaît à sa grande perméabilité, avalant l'eau et nécessitant des arrosages courts et fréquents en été. C'est une terre très aérée, ce qui lui permet d'être moins sujette aux brusques variations de température en hiver et en été. Les terres siliceuses ont en général un pH assez neutre, mais peuvent être acides ou alcalines. Un sol sableux est pauvre en nutriments.
- Plantes bio-indicatrices : bruyère, genêts à balais, pourpier, sisymbre sagesse, prêle, petite oseille, vesce à 4 graines.
- Améliorations possibles : apports importants de matière organique (compost, fumier, paillis), de l'argile et des engrais verts.
Les sols calcaires
Une terre calcaire se reconnaît à sa couleur claire et laiteuse ainsi qu'aux nombreux cailloux qui la composent. Elle se travaille plutôt bien dans des conditions normales, mais devient collante lorsqu'elle est mouillée. C'est une terre qui absorbe bien l'eau et la retient bien. Les terres calcaires ne sont jamais acides. Elles ne retiennent ni l'eau ni les éléments fertilisants.
- Plantes bio-indicatrices : souci, euphorbe fluette, picris fausse épervière, chardon commun, campanule, moutarde des champs, réséda jaune, silène enflé, potentille printanière, renoncule bulbeuse.
- Améliorations possibles : arrosage et apport régulier d'engrais.
Les sols humifères
La terre humifère présente une couleur foncée brunâtre. Elle absorbe bien l'eau et la conserve bien, parfois trop au risque d'être détrempée. En été, elle a tendance à s'assécher rapidement. Elle se maintient mal, mais reste facile à travailler. Sa fertilité la rend très proche du fameux terreau. En cas de terre humifère, il est nécessaire de compenser sa forte acidité en traitant le sol à la chaux.
Il n'est pas rare de rencontrer ces quatre types de sols de manière composée (argilo-calcaire, silico-argileux, sablo-limoneux, argilo-limoneux, limoneux). La terre est un milieu extrêmement complexe d'un point de vue chimique dans lequel se déroulent des réactions de toutes sortes, modifiant sans cesse sa composition et son acidité.
L'Humus et le pH du sol : des facteurs essentiels de la fertilité
L'humus est l'élément principal de la terre arable. C'est lui qui nourrit les plantes, favorise l'activité biologique du sol et renforce sa structure. Une terre sans humus est une terre morte. L'humus est issu de la décomposition naturelle des matières organiques comme les résidus végétaux (racines des plantes mortes, tiges et feuilles mortes), mais aussi du fumier, de la tourbe, du compost, du terreau. Cette décomposition est due à l'oxygène, mais elle est grandement accélérée par la présence de micro-organismes (bactéries, champignons) qui peuplent le sol et travaillent sans relâche à la transformation des matières organiques. C'est l'humus qui va nourrir les plantes en leur apportant les nutriments nécessaires. Il a aussi un rôle structurant des sols. Un très vieux dicton dit que « l'humus donne du corps aux terres légères et assouplit les terres compactes ». En améliorant les sols par l'apport de matières organiques, on modifie aussi ses caractéristiques, de sorte qu'une terre argileuse deviendra plus perméable, et qu'une terre sableuse augmentera son pouvoir de rétention d'eau.
La terre est également caractérisée par un taux d'acidité (pH) et par la présence de nombreux éléments chimiques. Il est toujours bon de connaître le pH de la terre de son jardin, car certaines plantes refuseront de pousser en milieu acide (pH faible), et d'autres en milieu alcalin (pH élevé). Le pH détermine comment les éléments nutritifs se comportent dans le sol. Pour le jardin et le potager, le pH du sol doit être neutre ou basique (pH=7), voire légèrement acide (6,5 pH 7). Des kits couleur bon marché et prêts à l'emploi sont disponibles en jardinerie pour connaître le pH de votre terre. En jardinerie, vous trouverez également des engrais NPK avec des dosages variables (ex: NPK 9-14-19 pour un engrais rosiers). D'autres éléments sont également recherchés, tels que le calcium, le magnésium, le pourcentage de matières organiques.

Identifier la nature de son sol : Tests pratiques
Pour identifier la nature dominante de votre sol, différents tests très faciles à réaliser existent.
- Test rapide à l'humidité : Humidifiez une poignée de terre, prenez-la en main et laissez-la tomber sur un sol dur. Son comportement vous donnera des indices.
- Test du vinaigre (pour sols calcaires ou humifères) : Versez un bouchon de vinaigre sur le sol. Si vous observez une réaction effervescente, votre sol est calcaire. Si rien ne se passe, il ne l'est pas.
- Observation de la flore spontanée : Un autre moyen de reconnaître la terre de son jardin consiste simplement à observer la flore spontanée qui s’y développe. Dans un sol argileux, vous trouverez beaucoup de graminées, des pissenlits, des boutons d'or, des chardons, des liserons. Les sols sableux sont plus propices à l’épanouissement de chiendent ou de bruyères. Les terres calcaires accueillent coquelicots, bleuets, ormes ou sureaux.
- Analyse sensorielle : Une analyse sensorielle peut suffire pour identifier le type d'un sol. Il en existe plusieurs sortes : technique du boudin, du bocal, du goût, du couteau, du lavage.
Connaître son sol permet par la suite de l'amender, c'est-à-dire de lui apporter des compléments nutritifs qui permettront à davantage de plantes de s’y épanouir.
La préparation de la terre pour le potager : un travail d'anticipation
Préparer la terre pour son potager est la première tâche à accomplir pour des récoltes de qualité. Une bonne terre est souple, bien aérée et riche, ce que préfèrent la majorité des plantes potagères.
Choisir l'emplacement idéal
- Ensoleillement : Un emplacement bien ensoleillé est normalement à privilégier, bien qu'un ombrage léger aux heures les plus chaudes de la journée ne soit pas à dédaigner. Pensez également aux plantes potagères moins amoureuses du soleil, comme la rhubarbe ou certaines salades.
- Protection contre le vent : Une protection contre le vent, desséchant et accentuant le froid, est bienvenue, que ce soit derrière une haie ou près d’un mur.
- Humidité du sol : Les terrains trop humides ne sont pas adaptés à un potager, à moins de créer un réseau de drainage. Quant aux terrains trop secs, prévoyez un point d'eau rapproché ou mettez en place un système d'arrosage en goutte-à-goutte. Si votre terrain est argileux, installer le potager sur une légère pente est judicieux, l'eau s'évacuera plus facilement.
Une fois l'emplacement choisi, il est bon de le délimiter. Il peut être entouré d’un grillage s’il y a besoin de le protéger des animaux. Déterminer des zones de passage est plus que conseillé (planches posées au sol, chemin gravillonné ou dallé). Former des zones de culture permet de mieux organiser son potager et de faciliter son entretien. La largeur de ces zones doit permettre d'atteindre facilement le milieu de la planche. Il peut s’agir de carrés, de bandes, de cercles, de carrés potagers, surélevés ou pas.
Le travail du sol
- Le désherbage : Commencez par nettoyer la zone de toutes les adventices en utilisant des outils à main : binette, sarcloir ou ratissoire. Il est judicieux de s'attaquer à ces plantes au début du printemps, tant qu'elles sont jeunes et plus facilement arrachables. Choisissez un jour d'après pluie, elles seront également plus faciles à extraire d'un sol humide.
- L'ameublissement : Vous pouvez ensuite retourner la terre, avec une grelinette, une fourche-bêche ou un motoculteur. Néanmoins, pour ne pas perturber la vie du sol, il est recommandé de ne pas retourner celui-ci mais de seulement le décompacter. Fourche-bêche et autres biogrifs sont parfaitement adaptés pour ce travail. De plus, elles permettent de retirer les racines les plus fortes, qui n’ont pu être arrachées à la main ou avec un outil. Le travail du sol va vous permettre de l'ameublir et de le nettoyer de tous les débris végétaux et autres, des cailloux, des racines, qui peuvent être des obstacles dans le développement de légumes-racines notamment, ou de jeunes et fragiles racines. Un sol meuble laisse plus facilement passer l'air et l'eau.
- Une alternative : le non-travail du sol : Si vous n'avez pas le temps ou l’envie de faire ces travaux, vous pouvez tout simplement recouvrir le sol du futur potager avec une bâche sombre, posée et maintenue bien à plat sur la surface du sol par des cailloux. Pour une action encore plus efficace, placez au sol des cartons avant de recouvrir le tout. Si le sol est sec au moment de couvrir, arrosez abondamment. Les cartons vont se ramollir et servir de repas aux vers de terre. Cette méthode est plus efficace mais il faut la prévoir à l’avance, au début de l’automne précédent. Lorsque vous découvrirez la zone après quelques mois, vous aurez une terre nette, souple et riche, idéale pour débuter un potager. L’autre intérêt de cette méthode est que la phase de travail du sol peut être évitée, c’est bon pour le sol et c’est bon pour le jardinier.
La fertilisation
Le taux de matières organiques dans le sol est gage de plantes en bonne santé et de productions généreuses. Il permet en effet de bonnes capacités de rétention de l’eau et des éléments nutritifs. Vous pouvez épandre un compost bien mûr et, si vous voulez encore enrichir le terrain, un fumier de ferme plutôt sec. Avec les pluies d'hiver, ces apports se décomposeront progressivement dans la terre. Ces apports en nutriments sont très importants pour permettre à vos cultures de pousser sans rencontrer de problème de carence. Il ne restera plus qu'à la préparer pour recevoir les futurs légumes. Si vous avez bâché la surface du potager, il vous suffira au printemps de légèrement travailler la terre en y ajoutant un compost bien mûr puis organiser vos différentes plantations et/ou semis. Une fois vos cultures en place, le paillage empêchera le sol de former une croûte en surface suite à l'action combinée de la pluie et de la chaleur, et limitera l’évapotranspiration, vous faisant économiser des arrosages.
Le potager hors sol : une solution pour tous
Un potager hors sol est un potager en carré surélevé ou encore un potager en pots. Cette méthode permet de cultiver des légumes ou des plantes aromatiques y compris sans jardin, sur une terrasse ou un balcon. Elle peut également permettre de jardiner sans avoir à vous baisser ou à creuser la terre.
Pour préparer la terre de ce potager particulier, il faut utiliser des matériaux tels que du terreau, du compost, du fumier, du sable. Le but étant d’offrir aux cultures un substrat qui leur fournira les éléments nutritifs indispensables à leur croissance, qui retiendra à la fois l'eau et l'air afin que les racines soient au frais et oxygénées, et pour finir qui leur offrira un support à la fois léger et stable pour former de beaux systèmes racinaires et s’ancrer dans le sol.
Il est conseillé de mélanger plusieurs matériaux pour obtenir un substrat bien équilibré. Sélectionnez des matériaux sans produits chimiques, renouvelables, et autant que possible locaux. Par exemple, mélangez 40 % de terreau pour potager à 40 % de compost bien décomposé, ajoutez 10 % de sable grossier et 10 % de fibre de coco. La fertilité de ce substrat s'entretiendra en ajoutant au printemps et en automne du compost ou du fumier ou bien un engrais organique.

Le Terreau : un allié pour les cultures en pot
Le terreau est issu d’un assemblage de matières organiques et minérales, constitué artificiellement. Il est bien souvent enrichi en éléments nutritifs qui vont stimuler le développement des plantes d’intérieur comme d’extérieur. La plupart des terreaux contiennent toutefois de la tourbe, cette matière organique fossile non renouvelable à l’échelle humaine. Le choix du terreau en jardinerie ne se fait pas au hasard, d'autant qu'il est plus cher à l’achat.
Contrairement à la terre de jardin qui peut être source de problèmes pour les plantes d'intérieur (petites bêtes, maladies, solidification), le terreau artificiel convient nettement mieux. La terre extérieure se compose principalement d’argile, de sable et de limon, substances relativement lourdes qui peuvent se solidifier et durcir si elles se dessèchent complètement. La pleine terre pèse plus que le terreau, ce qui alourdit inutilement les bacs et peut même se révéler nocive pour la santé des plantes d'intérieur. Celles-ci ont besoin d’une bonne circulation d’air dans leur système radiculaire. Si la terre est trop lourde et compacte, les racines peinent à se développer et l’humidité ne peut pas pénétrer dans le sol. De plus, différentes variétés de plantes requièrent parfois différents mélanges de terreau. Une plante grasse, une plante grimpante ou l'aloe vera apprécient un substrat plus poreux comme la perlite dans lequel l’eau s’infiltre rapidement et stagne moins, car ces plantes préfèrent être au sec.
Le terreau représente l’un des éléments les plus importants du jardinage en pot. Il est essentiel à l’épanouissement des plantes et légumes dans leur nouvel environnement. Pour commencer, il faut acheter le mélange qui correspond le mieux à ses besoins. Si l'on cultive des fruits ou des légumes, il est préférable d'opter pour un mélange contenant davantage de matériaux organiques comme du lisier composté et de la mousse de tourbe, qui apportent des nutriments supplémentaires aux racines.
Préparation et entretien avec du terreau
Après avoir choisi le terreau adéquat, on peut procéder à la plantation. Remplissez la jardinière aux 2/3 environ avec le mélange, suffisamment pour retenir l’eau tout en ne risquant pas de débordement lors de l’arrosage. Pratiquez ensuite des petites incisions à chaque endroit où déposer les semences. Pressez délicatement la terre pour que les graines ne glissent pas après la plantation. Ajoutez un peu d’eau jusqu’à ce que le sol soit uniformément humidifié.
Il ne reste plus qu’à entretenir les plantes. Contrôlez-les régulièrement et veillez à ce qu’elles soient suffisamment exposées à la lumière du soleil mais pas trop si elles brûlent facilement (comme c’est le cas pour les plantes grasses). Arrosez-les quelques fois par semaine en fonction du climat, en adaptant la fréquence si nécessaire. Lors des périodes de croissance active, il faut ajouter de l’engrais au moins une fois par mois afin d’apporter des nutriments et minéraux indispensables pour une croissance saine.
Conservation du terreau
Pour les jardiniers passionnés, il est important d’utiliser du terreau de bonne qualité et de le conserver correctement. La première chose à faire est de veiller à conserver le terreau dans un emballage hermétique, ce qui permettra non seulement de le protéger de l’humidité, des nuisibles et des impuretés mais aussi de maintenir les nutriments. Dans la mesure du possible, optez pour un bac en plastique ou en métal avec un couvercle. Lorsque le bac est soigneusement refermé, placez-le à un endroit bien ventilé comme des planches ou étagères où l’air peut circuler librement. Évitez de conserver de grandes quantités de terreau à proximité de sources de chaleur comme des radiateurs ou ouvertures de chauffage. Si nécessaire, utilisez des dessiccants (comme par exemple des petits sachets de gel de silice) dans les bacs avant de les refermer. Enfin, il est conseillé d'étiqueter chaque type de terreau pour faciliter la vie lorsque l'on cherche quel mélange convient le mieux pour certaines variétés de plantes.
Quand remplacer le terreau usagé ?
Afin de conserver les plantes en pot en parfaite santé et d’assurer leur bonne floraison, il est indispensable de remplacer de temps en temps l’ancien terreau usagé. Si vous constatez que vos plantes ne poussent plus aussi vite ou aussi vigoureusement qu’avant, c’est le moment. La meilleure façon de voir si une plante a besoin de nouvelle terre consiste à examiner ses racines.
Après avoir constaté ce besoin, il faut retirer tous les restes d’ancienne terre autour des racines. Utilisez une petite pelle de jardin ou une cuillère et détachez délicatement tous les morceaux jusqu’à ce qu’il ne reste plus que de la terre meuble. Travaillez délicatement pour ne pas endommager les systèmes radiculaires fragiles. Lorsque toutes les impuretés auront été enlevées et jetées, mettez du terreau frais dans le pot. Arrêtez-vous juste en dessous de la naissance des feuilles. Vous pouvez à présent arroser généreusement la plante tout en veillant cependant à ce qu’il n’y ait pas d’eau qui stagne dans le fond (sous peine de voir pourrir les racines). Choyez également votre plante en lui apportant un peu d’engrais artificiel ou de compost de thé naturel que vous déposez à la surface de la terre après l’arrosage.
Terreau versus Compost : Ne pas confondre
Bien qu’ils se ressemblent, le terreau et le compost peuvent engendrer des résultats très différents dans votre jardin. Le terreau a pour but d’offrir un environnement riche en nutriments, idéal pour la culture de plantes en conteneur comme des légumes, fleurs et aromates. Ces sols contiennent généralement une combinaison de mousse de tourbe, vermiculite ou perlite, sable et autres matériaux organiques comme des éclats de coco ou des copeaux d’écorces.
Le compost diffère du terreau en plusieurs points. Il se compose généralement de matières organiques digérées comme par exemple des déchets de tonte, de légumes ou de nourriture pourris tels des pelures de fruits. Donc, tout ce qui a vécu un jour. Le compost fournit des nutriments utiles qui conviennent pour les plantes au jardin mais pas pour la culture de plantes en pot, en raison de sa teneur élevée en eau. De plus, il contient bien souvent aussi des semences de mauvaises herbes qui se mettront à germer dans vos pots. Mieux vaut donc l’éviter pour les cultures en pot. Comprendre les différentes applications du terreau et du compost permet de disposer de toutes les connaissances nécessaires pour choisir la meilleure façon de travailler son jardin.
Les outils pour travailler la terre : Bêchage, binage et grelinette
Travailler la terre est une étape essentielle pour préparer le sol à recevoir des cultures. Cependant, les méthodes évoluent et certaines pratiques traditionnelles sont remises en question.
Le bêchage : Une tradition remise en question
Le bêchage est une action d’entretien du jardin qui consiste à retourner la terre (du jardin ou du potager) sur plusieurs dizaines de centimètres de profondeur, afin de préparer le sol à recevoir des cultures. Aérer la terre, retourner la terre, rendre le terrain moins dur, décompacter cette même terre, la préparer à recevoir une culture sont les objectifs du bêchage. Après avoir bêché la terre, il faut savoir que l’eau pénètre ainsi mieux la terre, le sol est meuble et les racines peuvent se développer beaucoup plus facilement. Bêcher la terre permet également de limiter la repousse des mauvaises herbes.
Cependant, le bêchage est une opération traditionnelle de jardinage aujourd’hui remise en question. Le fait de retourner la terre en profondeur a pour effet de bouleverser l’équilibre du sol en mélangeant les couches superficielles et plus profondes et en détruisant la microfaune. L’absence de ces micro-organismes (vers de terre, insectes, nématodes mais aussi bactéries et champignons) a alors pour conséquence d’appauvrir le sol et de le rendre moins fertile sur le long terme.
Le bêchage du jardin ou du potager doit être effectué au bon moment pour un parfait jardinage : une fois par an minimum, à la fin de l’automne/début de l’hiver (avant les gelées et les grands froids). Il est préférable de retourner la terre de son jardin toute l’année sauf l’hiver lorsque la terre et les racines sont plus dures. Il sera également préférable de semer à une autre saison qu’en hiver. Exception pour les sols sableux : ils n’ont pas de « mottes », on peut les bêcher quand on le souhaite, il n’y a pas de période précise.
Pour le bêchage, nos jardiniers-paysagistes conseillent deux outils : la fourche-bêche et la bêche. Pour bien bêcher, il faut s'assurer de se munir d’un outil adapté à son sol et à sa condition physique. Placez un pied sur sa base et enfoncez-la verticalement dans le sol en vous aidant du poids du corps. Appuyez vers le bas sur le manche en pliant les genoux pour soulever la motte. Pour une terre trop dure, la fourche-bêche est conseillée plutôt que la bêche. Le travail sera également plus facile après une grosse pluie, ou après avoir arrosé la portion de terre à bêcher pendant plusieurs jours consécutifs.
Le binage : Une alternative plus douce
Il est courant de confondre le bêchage et le binage, deux opérations de jardinage assez similaires mais toutefois différentes. Le bêchage du jardin consiste à découper des mottes de terre et à retourner la terre sur une couche d’environ 30 cm de profondeur. Le binage désigne quant à lui le fait de remuer superficiellement la terre (avec une binette ou d’une motobineuse) entre les plantations, en brisant les « croûtes » créées par les pluies ou arrosages (notamment au potager). Biner la terre permet ainsi d’ameublir le sol et de le rendre plus perméable à l’eau tout en respectant l’habitat des animaux microscopiques qui y vivent.
La grelinette : L'outil écologique
La grelinette est un outil utile pour le jardin, créée par Monsieur GRELIN en 1963. La grelinette, dite aussi « bêche écologique », est le nouvel outil de jardin en vogue qui remplace petit à petit la bêche. Elle permet de travailler la terre en l'aérant et en l'ameublissant afin de la préparer à recevoir des graines, tout en respectant davantage le sol, ce qui servira à terme pour les consommateurs des légumes. Elle est aussi utile pour désherber et pour planter ou déplacer un arbre ou un arbuste en décompactant la terre avec plus d'aisance.
Le gros avantage de la grelinette, sur lequel les experts paysagistes insistent, est qu’elle est maniée de façon à ce que le dos du jardinier reste droit, évitant ainsi les maux de dos. Si vous souhaitez bêcher sans effort, la meilleure solution reste de faire appel à un jardinier-paysagiste.
L'amélioration du sol : Des apports constants pour une fertilité durable
Que le sol de départ soit ingrat (argile, cailloux, sol tout bon à faire de la brique) ou qu'il s'agisse de maintenir sa fertilité, l'amélioration du sol est un processus continu.
L'apport de matière organique
L'idéal sera de constamment apporter de la matière organique pour amender votre sol au fil des saisons. Procurez-vous tout ce que vous pourrez, en paillages, composts, toute matière d’origine animale ou végétale et si possible diversifiez vos apports comme vous aimez avoir une assiette diversifiée à chacun de vos repas. Au fil des ans, un sol gagne en fertilité, devient plus meuble, plus noir, rempli de vie qui se délecte de décomposer tous les apports de fumiers, composts, paillages diversifiés. L'eau reste une clé essentielle pour que les processus biologiques d'amélioration du sol puissent fonctionner au mieux.
Le paillage : Protection et enrichissement
Le paillage est une technique polyvalente qui offre de nombreux avantages :
- Limiter les arrosages : Le paillage absorbe l’eau (au pied des plants du potager ou des plantes du jardin) et maintient l’humidité du sol, limitant ainsi les besoins en arrosage.
- Éviter le désherbage chimique : Le paillage ne permet pas à la lumière d’atteindre le sol, donc les mauvaises herbes (adventices) ne germent pas et ne se développent pas, notamment au potager.
- Améliorer la structure du sol : Grâce à un paillage organique (qui deviendra de l’humus), le sol va s’enrichir et être plus fertile.
- Favoriser la vie microbienne du sol : Il est important de conserver une constante au niveau du sol en termes de températures, d'humidité et de composition organique.
Le broyat : Une source de carbone exceptionnelle
Pensez enfin au broyat qui permet de redonner vie à bien des sols. Mélangé aux premiers centimètres, il est rétenteur d’eau, générateur d’activité biologique et d’humus à moyen et long terme. Vous pourrez en trouver via des paysagistes. Le broyat a le mérite d’être très riche en carbone : on estime que 12 cm de broyat équivaut à peu près à 90 cm de paille en termes d’apport de carbone.
Gérer un sol ingrat : Persévérance ou solutions radicales
Face à un sol initialement non propice au potager, plusieurs approches peuvent être envisagées.
L'amélioration progressive
Quiconque jardinier a eu à faire à des sols de départ difficiles (avec 0% de sable, des cailloux gros comme la main, presque collés les uns contre les autres) pourra témoigner de l'aventure que cela représente. Dans ces cas-là, faire un carré potager rempli de terre végétale, ou encore décaisser quelques mètres carrés pour y installer à vie de la terre végétale est une solution rapide et efficace.
Au potager d'Olivier, par exemple, un jardinier confronté à de l'argile, des cailloux et un sol bon à faire de la brique, la dernière décennie a montré qu'il faut de la ténacité, de l'énergie et de la logistique pour véhiculer des tonnes d'amendements au fil des saisons sur plus de 15 parcelles. Au fil des ans, le sol gagne en fertilité, devient plus meuble, plus noir et rempli de vie.
Solutions radicales pour sols très dégradés
Pour une dernière extension, ce même jardinier a choisi la méthode bien plus radicale de décaisser son sol ingrat et le remplacer par une belle terre végétale. Cela représente des années et des efforts économisés, au prix d'un investissement de départ pour ces travaux d'aménagement. Le coût écologique de cette solution est à nuancer. On pourrait croire que décaisser un sol et faire venir de la terre est un non-sens. Mais on parle bien de situations de départ très calamiteuses et d'un produit, la terre, qui a une durabilité à vie. Ce n’est pas comme apporter un paillage de foin qui disparaît six mois plus tard. Même une botte de foin a un coût écologique puisqu’il faut un tracteur et du pétrole pour la confectionner et la transporter. La terre a un sacré argument de durabilité.
