Guide complet : Rhododendrons et Azalées, les joyaux des jardins ombragés

Le jardinage est une quête de lumière et de couleur, surtout dans les zones où le soleil se fait discret. Que planter dans cette partie du jardin presque toujours à l’ombre ? Pourquoi pas des rhododendrons ? Il en existe de toutes les tailles, de toutes les couleurs et pour tous les usages. Du sujet isolé au groupe aligné, le rhododendron décore de son abondante floraison et de son feuillage coloré le jardin, ainsi que les balcons et les terrasses en bac. Botaniquement, le genre Rhododendron regroupe près de 1000 espèces et inclut désormais les azalées, ces « cousins » botaniques souvent confondus en raison de leur ressemblance frappante.

Rhododendrons en fleurs dans un jardin de sous-bois

Une diversité de formes et de tailles

Plante de terre de bruyère et de sous-bois, le rhododendron est un arbuste qui se décline dans toutes les tailles. Nain, il sera parfait pour des bacs et pots fleuris, trouvant facilement sa place sur les balcons et les terrasses. Géant (15 m de haut), il garnira de sa floraison généreuse et longue : massif, sous-bois, bordure, haie, en sujet isolé et même bord de mer (à plus de 250 m du rivage).

Le rhododendron est décoratif autant par ses bouquets de fleurs aux couleurs vives que par son feuillage. Les espèces alpines ont des feuilles minuscules, alors que celles des climats doux et humides dépassent 60 cm de longueur. Il existe des espèces à feuilles persistantes d’un vert sombre vernissé comme le rhododendron des Alpes, Rhododendron ferrugineum, d’autres semi-persistantes ou caduques comme le cultivar Rhododendron 'Furnival’s Daughter'. Leurs feuilles pubescentes changent parfois de couleur en automne ou en hiver.

La floraison : un spectacle printanier

Le rhododendron offre au jardinier une floraison massive, de toutes les couleurs (sauf le vrai bleu). Ses fleurs en bouquet sont unies, bicolores, voire multicolores, parfois tachetées ou marginées. Elles sont aussi de différentes formes : en tube, en entonnoir, en cloche, en trompette ou presque plate. En climat tempéré, les différentes espèces de rhododendron échelonnent leur floraison de la fin de l’hiver jusqu’au début de l’été. Sous des climats plus chauds, les rhododendrons sont en fleurs toute l’année avec un pic au début de l’automne.

L’azalée (souvent vue comme un rhododendron miniature) offre également une floraison spectaculaire entre mars et juin. Les azalées caduques sont plus grandes que les azalées persistantes, atteignant 1 m à 1,50 m de hauteur. Leurs fleurs ont des coloris qui s’étendent du blanc crème au jaune, orangé, rouge feu, saumon et rose. On distingue les azalées Mollis ou azalées de Chine, avec leurs grandes fleurs s’épanouissant début mai, des azalées Pontiques hybrides à fleurs plus petites, de forme tubulaire.

Le rhododendron : plantation et entretien - Truffaut

Exigences de culture : ombre et acidité

Le rhododendron est très rustique, capable de résister à des hivers rigoureux, jusqu’à -40°C pour le rhododendron du Canada Rhododendron canadense. Son exposition favorite est la mi-ombre, mais certaines espèces tolèrent le soleil si celui-ci n’est toutefois pas brûlant. Contrairement à une idée fort répandue, les rhododendrons ne doivent pas être exposés à une ombre dense sous peine d’obtenir une floraison clairsemée. C’est la mi-ombre qu’ils apprécient ou mieux le soleil direct de la matinée et l’ombre l’après-midi.

On plante le rhododendron dans un sol sableux nettement acide, frais, léger et bien drainé. Les jardins n’ayant pas une terre acide doivent-ils faire un trait sur ce bel arbuste ? Pas du tout, car il est tout à fait possible de planter un rhododendron dans son jardin même si le terrain est calcaire ou neutre. On peut, par exemple, lui créer une plate-bande : dans un grand bac (bien plus large que profond !) enterré dans le sol et rempli au deux tiers de terre de bruyère et d’un tiers de terre franche non calcaire.

La sensibilité du système racinaire

Ses racines se développant en surface, le rhododendron n’est jamais enterré très profondément. Le système racinaire se développe en éventail et reste compact. Les rhododendrons n’ont donc pas de racine principale qui s’enfonce profondément dans la terre pour puiser eau et nutriments. Cette absence de racine-pivot fait du rhododendron un arbuste facilement transplantable et cultivable en bac, mais elle rend la plante plus fragile aux gelées, aux chaleurs et aux sols détrempés.

Il est indispensable de maintenir une fraîcheur optimisée par un paillage d’écorces de pin à son pied. Dans un sol pauvre, on peut apporter un engrais « spécial terre de bruyère » en mars. Notez que les aiguilles de pin ne suffisent pas à acidifier un sol calcaire en profondeur, elles aident seulement à maintenir un pH bas en surface.

Schéma illustrant le système racinaire superficiel du rhododendron et le paillage

Gestion des maladies et parasites

Un rhododendron ne fleurit pas si son sol est trop riche en azote - il privilégie alors les feuilles - ou s’il est arrosé trop copieusement durant l’été. Ses ennemis sont les charançons, qui mangent le bord des feuilles, les araignées rouges, qui décolorent le feuillage, et les pucerons. L’oïdium, cette poussière blanche sur les feuilles, peut être éradiqué par une pulvérisation de lait écrémé dilué.

Le mildiou, causé par le champignon Phytophtora cactorum, laisse de grandes taches brunes et entraîne la nécrose des tiges. Le développement de ce champignon est favorisé par l’humidité et des températures douces. Les solutions sont : l’arrachage ou la destruction des plantes atteintes et la désinfection des sols contaminés. Le rhododendron est aussi sensible au Pestalozzia, un champignon aux effets dévastateurs entraînant une défoliation complète.

Distinctions botaniques et langage des fleurs

Dans le langage des fleurs, le rhododendron symbolise le danger, mais on lui associe également le premier aveu d’amour. L’azalée, quant à elle, est le symbole de la tempérance. Botaniquement, les azalées sont désormais classées dans le genre Rhododendron.

Pour les distinguer sur le terrain, observez les fleurs : le rhododendron possède 10 étamines ou plus, alors que l’azalée n’en a que 5. La taille est aussi un bon indice, car le rhododendron devient souvent un grand arbuste imposant tandis que l’azalée reste compacte. Enfin, regardez le feuillage en hiver : si la plante perd ses feuilles, c’est presque toujours une azalée.

Conseils d'entretien et de taille

La taille devra s’effectuer après la floraison. On parle de taille en moutonnement, c’est-à-dire tout en rondeur. Il faudra veiller à ne pas traumatiser la plante lors de la taille : 5 à 7 cm uniquement de coupe chaque année. Pour conserver un aspect buissonnant et esthétique, retirez les fleurs fanées à la main. Ce geste simple empêche la plante de s’épuiser à produire des graines.

Si vos feuilles jaunissent, mais que les nervures restent vertes, votre plante souffre de chlorose ferrique. C’est le signe qu’elle ne parvient plus à absorber le fer à cause d’un sol trop calcaire ; un apport rapide de chélate de fer à arroser au pied réglera à court terme le problème. Privilégiez toujours l’eau de pluie pour l’arrosage, car l’eau du robinet est souvent trop calcaire pour ces plantes acidophiles.

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