Le mildiou de la vigne, ou Plasmopara viticola, est une maladie cryptogamique redoutée dans le secteur de l'agriculture viticole. Originaire d'Amérique du Nord, il a été importé en Europe au XIXe siècle et identifié pour la première fois en France en 1878. Cet oomycète, souvent qualifié d'algue-champignon microscopique, adore l'eau et se développe particulièrement en période de pluies et de températures favorables, entre 11°C et 30°C. Sa présence peut fortement compromettre la qualité du raisin et induire une baisse importante du rendement, affectant directement la production de vin. Les « années à mildiou », comme 2016, ont régulièrement produit de mauvaises, voire très mauvaises récoltes, témoignant de la virulence de ce fléau.

Comprendre le Mildiou de la Vigne : Origines et Biologie
Le mildiou de la vigne s'est installé en Europe dès 1878, profitant de l'importation de plants américains résistants à l'oïdium et au phylloxéra. Cette maladie, causée par le micro-organisme parasite Plasmopara viticola, se développe sur tous les organes herbacés de la vigne, affectionnant particulièrement ceux en voie de croissance, riches en eau.
Le Cycle de Développement du Mildiou
Le mildiou, comme tout organisme vivant, possède un cycle de développement comprenant différentes phases de croissance. Le cycle annuel du mildiou commence au printemps lorsque les températures dépassent 10 degrés, permettant la maturation des œufs d'hiver (oospores) produits en fin de saison précédente. En effet, ceux-ci tombent au sol en automne avec les feuilles et produisent alors des graines mobiles appelées zoospores.
- La germination et la contamination primaire : Lorsque les conditions climatiques sont favorables, c'est-à-dire en présence d'eau sous forme liquide et de températures douces (entre 10°C et 11°C minimum), les oospores germent. Cette germination donne naissance à des macroconidies, qui libèrent elles-mêmes de nombreuses spores, les zoospores biflagellés. En cas de précipitations, ces zoospores sont transportées par les gouttelettes de pluie vers les faces inférieures des nouvelles feuilles, provoquant la contamination primaire.
- L'infection et le développement : Le zoospore pénètre alors dans les tissus végétaux et commence à se développer, exploitant les cellules de l'hôte pour se nourrir et proliférer. Le champignon émet à la face inférieure des feuilles des conidiophores qui portent des conidies. La vitesse de germination dépend du climat, avec une température optimale autour de 24°C.
- Les contaminations secondaires : Ces organes émettent de nouveaux zoospores qui colonisent d'autres feuilles, baies et plants alentours, assurant les contaminations secondaires ou repiquages en présence de pluies. Tout au long de la phase végétative, les cycles du mildiou se succèdent dans la vigne.
- La conservation hivernale : Le mildiou se conserve sous forme d'oospores présents sur les feuilles attaquées à l'automne et tombées au sol. Ces œufs d'hiver sont produits par la reproduction sexuée.
Libération de zoospores à partir du sporange
Les Conditions Favorables au Développement
Les contaminations primaires de mildiou ne sont possibles qu'en présence d'eau sous forme liquide. Le développement épidémique du mildiou au vignoble est essentiellement rythmé par les pluies et les humectations, par températures favorables. Ainsi, les vignobles soumis à des pluviométries importantes sont rarement épargnés par le mildiou. Une température douce représente le deuxième facteur le plus contaminant, une température minimum estimée entre 10°C et 11°C favorisant la contamination du mildiou. Les irrégularités des conditions climatiques, d’année en année, empêchent de définir une stratégie infaillible, mais la connaissance de ces facteurs est cruciale pour la prévention.
Reconnaître les Symptômes du Mildiou
Le mildiou de la vigne, dont les spores sont propagées par le vent ou lors d’épisodes pluvieux importants, peut endommager les feuilles, les rameaux et les grappes de raisin. Dès lors que le parasite affecte le vignoble, plusieurs symptômes caractéristiques peuvent être observés.
Symptômes Foliaires
- Les taches d’huile : Ces taches, souvent observées sur les jeunes feuilles en début ou milieu de saison, présentent un aspect huileux jaunâtre décoloré sur la face supérieure. Elles sont circulaires et peuvent se fondre pour former des zones tachetées de brun. Sur le revers des feuilles, un duvet blanc assez dense constitué de conidiophores et de conidies se forme, caractéristique du mildiou. Ces taches provoquent à terme une nécrose des tissus.
- Le mildiou en mosaïque : Cette forme de mildiou apparaît généralement en fin de cycle végétatif, plutôt sur les feuilles âgées. Elle se reconnaît par le développement de taches jaunes ou rouges limitées par les nervures de la feuille. Leur présence sur la face inférieure de la feuille forme un duvet blanc.
Quels que soient les symptômes observés, les feuilles atteintes par le mildiou vont peu à peu se nécroser, tomber, voire même conduire à une défoliation précoce des vignes, ou attaquer les rameaux non aoûtés.

Symptômes sur Rameaux et Grappes
Le mildiou de la vigne peut également causer des dommages directs à la vigne en provoquant la déformation des pousses, des vrilles et des grappes.
- Aux stades du débourrement et de la préfloraison : Pendant les périodes prolongées de pluie, par temps frais (11-24 °C), les jeunes pousses et les grappes, une fois infectées, deviennent souvent rabougries et tordues. La rafle prend une coloration rouge brunâtre et se déforme en crosse. Le tissu atteint blanchit à cause de la sporulation et se vrille ou se tord en tire-bouchon. Une moisissure grise peut se former autour des grappes.
- Après la floraison : Des spores provenant des pousses et des feuilles à proximité peuvent être projetés sur des grains au moment où le fruit n’est pas plus gros qu’un pois. Les jeunes grains deviennent brun clair, ramollissent, puis s’égrènent ou se détachent facilement de la rafle. Dans d'autres cas, plus rares mais aussi plus dangereux, le mildiou attaque les inflorescences, on parle alors de rot gris, et aussi les baies formées, désigné sous le terme de rot brun. Ces cas de figure causent davantage de dommages puisqu’ils peuvent rapidement conduire à une destruction partielle à totale de la récolte.
- En fin de saison : Les feuilles infectées par le mildiou comportent souvent de nombreuses lésions et tombent prématurément. Le fruit exposé peut souffrir d’échaudage et ne pas parvenir à maturité normalement. Les grains infectés ne ramollissent pas et ne se couvrent pas d’un feutre mycélien. Ils prennent plutôt une coloration de vert terne à pourpre brunâtre et restent fermes.

Distinction avec l'Oïdium
Il est important de ne pas confondre le mildiou avec l’oïdium, une autre maladie cryptogamique ectoparasite de la vigne. L'oïdium attaque principalement les organes protégés de l’eau libre ou des rayons du soleil. Dès leur formation, les jeunes feuilles et les grappes sont réceptives à l’oïdium. En présence du champignon, les faces inférieures des feuilles présentent des tâches gris-blanc plus ou moins diffuses. On observe également un feutrage gris-blanc sur les inflorescences et les baies. Lors d’un diagnostic précoce, les symptômes de l’oïdium, à savoir le feutrage, peuvent parfois être confondus avec ceux du mildiou. Cependant, la déformation de l’inflorescence en forme de crosse est plus caractéristique du mildiou.
Prévention et Lutte Contre le Mildiou
La lutte contre le mildiou doit être avant tout préventive, car une fois installé, il est très difficile voire impossible de s’en débarrasser. Pendant toute la croissance de la vigne, il faudra réaliser un certain nombre de traitements, en fonction de la vitesse de croissance des rameaux et des feuilles, de la fréquence des pluies, de la température et de la pression parasitaire.
Mesures Prophylactiques et Culturales
Pour protéger un vignoble contre l’apparition du mildiou, plusieurs mesures de précaution peuvent être mises en place, visant à limiter les facteurs favorisant le développement de la maladie :
- À la plantation : Limiter les facteurs favorisant le développement de la maladie, tels que les sols conservant l’humidité, les mouillères, une fertilisation excessive ou tout élément entraînant un excès de vigueur. Une bonne gestion du sol est nécessaire pour optimiser le rendement et la récolte. Un sol mal drainé retient l’humidité, ce qui crée un environnement favorable au développement du mildiou. Un bon drainage diminue l'excès d’eau autour des racines, réduisant ainsi les risques de développement de maladies.
- Sur vigne en place :
- Épamprage : Au printemps, veiller à épamprer les vignes pour éviter les « escaliers » et limiter l'apparition des premières contaminations. L’élimination de tous les rejets et pampres à la base des souches est une mesure prophylactique essentielle.
- Interventions au vignoble : Éviter les interventions au vignoble sur végétation humectée pour limiter la réceptivité lors des projections dues aux interventions mécaniques.
- Gestion du feuillage : Afin d’éviter les entassements de feuillage et ainsi favoriser l’application de fongicides, il est recommandé d'adopter une taille adaptée, d'effectuer un relevage de la vigne avant traitement et un effeuillage pour aérer les zones fructifères. Les relevages effectués à temps permettent de limiter le nombre de rameaux qui tombent vers le sol, sources potentielles de contamination.
- Fertilisation : Mettre en place une fertilisation adaptée.
- Espacement et irrigation : L’espacement des vignes est un facteur essentiel. Favorisé par l’humidité et le manque de circulation de l’air, il est essentiel d’adopter différentes pratiques culturales. Pour limiter la propagation de la maladie, il est essentiel de limiter les périodes d’humidité excessive et d’adapter l’irrigation, si autorisée, en fonction des besoins réels de la vigne et des conditions météorologiques.

Traitements Fongicides
Si malgré la mise en place de mesures de précaution la maladie s’est implantée, il faut veiller à traiter pour limiter son développement. La lutte chimique est aujourd’hui encore le seul moyen efficace comme mesure essentiellement préventive contre le mildiou. Ainsi, en appliquant un fongicide sur les organes sains avant toute contamination (même si certains produits ont une action curative), il est possible de se prémunir de la maladie. Le nombre et l’époque des traitements sont déterminés par les caractéristiques des produits et l’estimation du risque de contamination.
- Fongicides de contact : Ces produits se déposent à la surface du végétal sans pénétration ni fixation forte. Ils créent une barrière protectrice empêchant la germination des spores et ont la particularité de ne pas créer de résistances. La bouillie bordelaise, un mélange de sulfate de cuivre et de chaux, est le plus ancien des fongicides de contact anti-mildiou, mise au point en 1885 par Alexis Millardet. Le cuivre, un métal lourd, s’accumule aussi dans le sol, ce qui engendre parfois des critiques contre cette méthode. En viticulture biologique, la lutte contre le mildiou se fait presque systématiquement avec du cuivre, sous différentes formes (sulfate de cuivre, hydroxyde de cuivre, oxyde cuivreux, oxychlorure de cuivre), et la bouillie bordelaise est le produit le plus souvent utilisé. Cependant, elle est très facilement lessivée par la pluie, obligeant à traiter plus souvent en période de fortes précipitations. Le Folpel est une molécule multisite appartenant à la famille des phtalimides, non sujette aux phénomènes de résistance. À action préventive, il empêche la germination des spores, mais il peut également agir plus tardivement au moment de la sporulation. Au niveau cellulaire, le Folpel inhibe les processus de respiration et métabolique des champignons.
- Fongicides pénétrants et/ou systémiques : Ces produits pénètrent dans la plante et sont véhiculés par la sève brute (pour les systémiques). Ils assurent une protection au moins partielle des organes néoformés et sont à l'abri du lessivage. Dans la famille des systémiques, on trouve des matières actives comme le phoséthyl-aluminium ou le métalaxyl, qui circulent dans la sève et protègent les jeunes pousses. En viticulture intégrée, il est possible d’employer des produits dits pénétrants ou systémiques, qui résistent au lessivage car ils pénètrent dans les organes. Ces solutions de synthèse ont davantage d’efficacité et de possibilités curatives que le cuivre.
- L'utilisation du soufre : Le soufre est utilisé pour ses propriétés antifongiques. Grâce à son mode d’action, il agit en empêchant le développement des spores du mildiou.
- Le bicarbonate de soude : Le bicarbonate de soude (2 à 3 grammes par litre d’eau) à vaporiser sur les feuilles, aurait un effet fongicide pouvant se révéler efficace sur un début de mildiou. Il modifie le pH des feuilles, rendant le milieu hostile pour le champignon.
- Produits de biocontrôle : Compte tenu de l’effet négatif des fongicides sur la biosphère, tout est mis en œuvre pour réduire leurs usages. En viticulture conventionnelle, il existe une multitude de produits classés « biocontrôle », décrits comme « des agents et produits utilisant des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures ». Les solutions de biocontrôle peuvent inclure des huiles essentielles (comme le romarin à cinéole), des stimulateurs de défense des plantes ou des substances de base. En viticulture biologique, les solutions pour lutter contre le mildiou sont limitées au cuivre et à certains biocontrôles homologués, et sont strictement préventives.
Pour maximiser l’efficacité de ces méthodes alternatives, il est essentiel de les appliquer de manière préventive, avant l’apparition des premiers symptômes du mildiou. Il est également important d’adapter les traitements en fonction des conditions météorologiques, en évitant les pulvérisations avant une période pluvieuse qui pourrait réduire leur effet. Les fongicides systémiques et de contact peuvent être complémentaires dans la lutte contre le mildiou.
L'Évolution de la Réglementation et les Nouvelles Solutions
Face à une réglementation de plus en plus stricte et une pression sociétale croissante, les viticulteurs sont encouragés à adopter des solutions plus durables pour s’affranchir de l’application des produits phytosanitaires.
Réglementation Stricte sur les Pesticides
Les arrêtés du 25 janvier 2022 et du 14 février 2023 fixent désormais des distances de sécurité pour l’épandage de pesticides au voisinage de zones d’habitations ou d’activités. On parle de Zones de non-Traitement (ZNT) par rapport aux points d’eau, et de distance de sécurité pour les personnes présentes au moment du traitement, les résidents ainsi que les zones d’habitations (DSPPR). Ainsi, concernant tous les produits pulvérisés (y compris les herbicides), une distance de sécurité spécifique doit être respectée entre la zone traitée et la limite des propriétés des bâtiments habités, logements, zones d’activités, cours d’eau. Ces distances varient de 0 à 20 m selon le type de culture, la catégorie ou le classement des produits utilisés. Cette évolution rend la tâche du viticulteur encore plus complexe, d'autant plus que depuis 2002, la réglementation européenne limite l’usage du cuivre à 6 kg/ha/an, avec un lissage possible sur 5 ans.
Outils d'Aide à la Décision (OAD)
Les OAD, ou modèles maladies, sont créés pour aider chaque viticulteur à anticiper les conditions météorologiques et à adapter ses pratiques de traitement. Ils collectent des données parcellaires et météorologiques pour ensuite calculer les pics de contamination maladies qui vont guider les utilisateurs à anticiper les traitements. Les OAD peuvent couvrir des domaines variés, chaque vignoble ayant ses spécificités. Ils conseillent toujours la solution la plus objective. Pour des vignerons comme Laurent Fondimare, dont les vignes sont situées dans une région au climat humide, l'OAD Décitrait de l’IFV, accompagné d’un pluviomètre manuel et des données Météo France, est une solution adaptée. Les OAD permettent en moyenne d'économiser deux traitements par an. Cependant, il ne faut pas oublier l’humain derrière ces évolutions : les observations terrain et l’expertise du viticulteur restent les points les plus importants de la réussite. Croiser les observations terrain, les données des modèles et OAD est le bon comportement à adopter.
Le Viti-Tunnel : Une Solution Innovante
Pour une protection des cépages contre la maladie sans utilisation de pesticides ni aucun passage de pulvérisateur, le Viti-Tunnel est une solution prometteuse. Il s'agit d'un dispositif de mise à l’abri automatique des rangs de vigne pendant les pluies, périodes lors desquelles le développement du mildiou est le plus fort (ainsi que le black-rot, un autre champignon bien connu du viticulteur). Ce système innovant permet une réduction du recours aux produits phytosanitaires de plus de 90 % et procure une grande fiabilité de la gestion de la protection. Grâce à son pilotage par OAD, logiciels et application portable, Viti-Tunnel assure une sécurisation complète de la vendange tout au long de la saison, même pendant les épisodes de grêle et de gel. Sur la quasi-totalité des parcelles testées sur cinq campagnes, le Viti-Tunnel a permis d’éviter de nombreux passages de pulvérisateurs et les inconvénients dus au tassage des sols, le tout sans utilisation de pesticide de synthèse, à l’exception de doses réduites de soufre.

Cépages Résistants et Recherche Scientifique
Il existe également des cépages qui résistent au mildiou naturellement. Ce sont des cépages américains ou asiatiques ou des cépages obtenus par croisements et longue sélection, comme le Divico (croisement entre le Gamaret et le Bronner), lancé par Agroscope en 1997. Cependant, les cépages classiques ne seront jamais résistants, ce qui implique d'habituer le consommateur à de nouveaux goûts et arômes. En Suisse, à l’heure actuelle, les cépages résistants ne représentent que 3% des surfaces viticoles. De plus, on observe parfois que certaines populations de mildiou arrivent à contourner la résistance de certains de ces cépages, phénomène appelé « érosion ».
Les recherches scientifiques offrent également de nouvelles pistes. Des chercheurs d'INRAE, du CNRS et de l'Université Paris-Saclay ont identifié le locus déterminant le type sexuel du mildiou de la vigne, première description de ce locus chez un oomycète. En comprenant les mécanismes de reproduction sexuée du pathogène, qui produit les œufs d'hiver, il pourrait être envisagé un nouveau moyen de lutte consistant à cibler cette phase. L’ambition des scientifiques serait de mettre au point un procédé permettant de perturber la phase sexuée, par exemple en saturant le milieu avec les hormones spécifiques de la reconnaissance des types sexuels, afin de diminuer l’intensité des épidémies de l’année suivante.
Une autre découverte majeure est due aux chercheurs de l’Institut Sophia Agrobiotech du centre Inra PACA, qui ont découvert qu’une souche particulière d’un champignon est en mesure de bloquer le développement des oomycètes, parasites de plantes comme la vigne. La molécule produite par ce champignon possède des propriétés oomycides efficaces sur tous les oomycètes étudiés, quelle que soit leur nature et leur hôte végétal ou animal. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouveaux agents de biocontrôle.
Impacts du Mildiou sur la Qualité du Vin
Le mildiou est une maladie redoutable de la vigne, on savait déjà qu’il pouvait provoquer de fortes chutes de rendement. Mais les attaques tardives de mildiou entraînant un faciès rot brun, modifient également à la fois l’arôme et le goût du vin, affectant l'amoindrissement de la qualité du vin (goût).
Conséquences sur les Rendements
Les conséquences du mildiou sur les rendements sont bien connues. Si les attaques sont précoces, jusqu’à début nouaison, elles entraînent la formation d’un rot gris, se traduisant par des pertes quantitatives de vendange. Si les attaques sont plus tardives, celle d’un rot brun sur baies formées. Le premier effet du rot brun est une baisse de rendement. Dans les cas extrêmes, la perte de récolte peut être totale et les conséquences se faire sentir sur plusieurs années.
Incidence sur la Qualité des Vins Rouges et Blancs
Des travaux divers ont montré que le mildiou a un impact très marqué sur le goût du vin dès les premiers seuils d’incorporation de rot brun.
- Vins Rouges (faciès rot brun) : Les attaques tardives de mildiou altèrent la qualité et le goût du vin. Elles entraînent des pertes aromatiques, une impression de dureté des tanins et de perte de gras en bouche, ainsi qu'une augmentation de l’acidité. La présence de rot brun à la vendange joue de façon très nette sur le goût des vins. Dès 2% de rot brun, un début d’altération du vin est présent, bien que peu perceptible par des dégustateurs isolés. À partir de 5% d’intensité d'attaque, la qualité du vin se dégrade nettement et amène un début de rejet chez les dégustateurs les plus sensibles. Il est donc recommandé de ne pas dépasser ce seuil.
- Vins Blancs : Bien que l'article se concentre davantage sur les vins rouges, il est logique de déduire que des altérations similaires peuvent se produire sur les vins blancs, avec des pertes aromatiques et une augmentation de l'acidité, bien que les profils aromatiques et la structure tannique soient différents.
En fin de saison, les feuilles infectées par le mildiou tombent prématurément, ce qui retarde le mûrissement des fruits et augmente la vulnérabilité de la vigne après les blessures dues à l’hiver. Le fruit exposé peut souffrir d’échaudage et ne pas parvenir à maturité normalement.
