L'art du bonsaï : Guide complet pour cultiver et entretenir vos arbres miniatures

Amenez une part du Japon chez vous avec un bonsaï, un arbre nain qui a toute la beauté d'un grand. Il n'est pas si compliqué qu'on le pense de le conserver en bonne santé, bien au contraire. Ces arbres dont la hauteur n'excède dans certains cas même pas 15 centimètres sont à la portée de tous. Contrairement à une idée très reçue, la culture des bonsaïs n'a rien d'ésotérique et l'on n'est pas forcément un tortionnaire dans l'âme si l'on consacre une part de ses loisirs à cultiver ces petits arbres.

Un bonsaï élégant dans un pot en céramique traditionnelle

Origines et philosophie de l'arbre en pot

Née en Chine il y a une quinzaine de siècles, puis introduite au Japon par des moines bouddhistes zen, la culture du bonsaï (« plante dans un pot » en japonais) représente aujourd'hui une distraction très prisée en Occident. En dépit de sa consonance exotique, le vocable « bonsaï » désigne simplement des arbres nains cultivés dans de petits pots. À la différence des variétés d'arbres génétiquement nanifiés dont la taille reste petite sans intervention du jardinier, les bonsaïs sont des répliques minuscules de leurs frères des forêts et des jardins. Ce sont des miniatures obtenues au terme d'un patient travail qui demande beaucoup d'adresse et s'étendant sur plusieurs années.

L'intérêt du bonsaï ne réside pas uniquement dans son feuillage ou dans sa floraison éclatante, mais aussi et surtout dans le tableau que forment la plante et le pot dans lequel elle aura été mise en place. Symbole d'éternité, le bonsaï est un lien entre la terre et le ciel. Il conduit le jardinier vers le spirituel. La culture du bonsaï est une activité aux vertus calmantes et relaxantes. Ainsi, par ses différentes vertus, par les connaissances qu'elle met en jeu et porte en elle, par les satisfactions esthétiques qu'elle engendre, tout parle en faveur de cette culture considérée comme un art vivant au Japon.

Choisir son premier sujet

Si vous débutez, n'achetez pas un bonsaï trop cher. Il existe de petits sujets en jardineries à partir de 20 €. Le pernettya, les cotonéasters, le myrte, et bien d'autres arbustes à port naturellement trapu constituent des plantes de choix pour commencer un bonsaï. Le bonsaï ficus est sans nul doute l'un des plus faciles à entretenir, notamment en raison de ses feuilles persistantes, épaisses et cireuses, qui tolèrent relativement bien une certaine sécheresse ambiante.

Il ne faut pas rejeter systématiquement tout sujet qui, pris isolément, présente peu d'intérêt. Même un pin peu formé peut être du meilleur effet, soit groupé avec d'autres dans une caissette peu profonde, soit en prenant place dans une scène de jardin japonais miniature.

COMMENT TAILLER son BONSAÏ FICUS (@vitalbonsai)

Les principes fondamentaux de l'entretien

Jacques Galinou, pépiniériste de bonsaïs, souhaite démystifier le bonsaï. Bien sûr, on trouve des maîtres du bonsaï, capables de produire de vieux arbres à la silhouette impressionnante. Mais pour garder un bonsaï en bonne santé, il n'y a ni techniques secrètes, ni tour de main vraiment compliqué.

L'arrosage : le geste vital

L'arrosage est très important : parce que le pot est petit, il faut arroser souvent, et un bonsaï qui a soif ne tarde pas à mourir. Quand le substrat commence à devenir sec en surface, c'est le signe que votre bonsaï est en manque d'eau. Cette alternance entre humidité et sécheresse de la terrine est bénéfique pour l'arbre, et permet de maintenir un feuillage abondant. Évitez d'arroser votre bonsaï pendant l'après-midi. En effet, le substrat, chauffé par le soleil, a un écart de température avec l'eau, qui peut subitement altérer la santé de l'arbuste.

La taille : sculpter le vivant

Un bonsaï, finalement, c'est un paradoxe : une plante que l'on encourage à pousser mais que l'on taille sans cesse. La taille est nécessaire pour éviter que l'arbre ne perde son caractère nain.

  • Sur un sujet formé : La taille consiste à raccourcir les tiges trop longues qui « sortent » de la forme, comme on le ferait pour une haie, pour la rendre plus dense et affiner la silhouette.
  • Sur un sujet en formation : La taille permet de faire le tri entre les départs que l'on va garder parce qu'ils sont bien placés, et les pousses qu'il va falloir supprimer parce qu'elles gênent.

Schéma illustrant la coupe précise au-dessus d'un bourgeon

Le rempotage : renouveler la vigueur

La terre du bonsaï doit être changée régulièrement. Renouveler la terre, qui est une mesure radicale pour une plante en pot, se révèle en effet le meilleur moyen de faire pousser le bonsaï car il va former de nouvelles branches.

  1. Sortir le plant : Il faut éviter de tirer sur la motte comme une brute afin de ne pas abîmer les racines.
  2. Préparation : Obturez les trous de drainage avec une petite grille.
  3. Mise en place : Façonnez un dôme de terre au centre du pot, positionnez l'arbuste, et complétez avec le mélange.
  4. Arrosage : Inondez le bonsaï en faisant couler de l'eau en pluie douce.

Emplacement et acclimatation

On prend souvent les bonsaïs pour des plantes d'intérieur parce qu'ils sont petits. En fait, ils n'en sont pas, et il convient dès lors de les maintenir dans leurs conditions naturelles de développement. La majorité des bonsaïs sous un climat tempéré se prêtent à une culture extérieure et sont tout à fait à leur aise dans le jardin ou sur la terrasse quelles que soient les intempéries.

Pour les sujets conservés à l'intérieur, il est important que votre bonsaï capte un maximum de lumière. Le placer derrière une fenêtre est donc la solution la plus adéquate. Ne laissez jamais votre bonsaï à côté d'une source de chaleur trop importante. De plus, l'air entourant le bonsaï doit rester suffisamment humide.

Techniques avancées : la ligature

La ligature, avec des fils de cuivre qui servent à modeler la forme des branches, a ses partisans et ses détracteurs. L'emploi de fil de cuivre permet de gagner des années, puisqu'on évite de former la branche en taillant tout ce qui ne se dirige pas dans le sens souhaité. Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi diriger une branche tel un marionnettiste. L'idéal est de procéder en hiver et de laisser les fils en place pendant au minimum 6 mois.

Détail d'une branche de bonsaï ligaturée avec du fil de cuivre

Prévenir les maladies et erreurs courantes

Trop d'eau ou d'engrais peut être fatal à la plante et il faut parfois plusieurs années d'efforts pour corriger un coup trop preste de sécateur. La prudence est donc de règle. Si un bonsaï répond à des symptômes de jaunissement et de chute de feuilles, vérifiez les deux situations classiques : le manque d'eau ou l'excès d'humidité stagnante.

Faites attention aux faux bonsaïs. Assurez-vous que le bonsaï soit bien fixé dans le pot. Regardez si l'arbre a des cicatrices apparentes sur son tronc. Les branches doivent être distribuées tout autour du tronc. Le feuillage doit être dense. C'est lui qui donne l'état de santé de l'arbre. Le plus important est de trouver un équilibre. Un bonsaï peut parfois donner des résultats moins bons que ceux espérés, aussi sera-t-il judicieux de le laisser de côté pendant quelques mois en attendant qu'une nouvelle croissance vienne offrir d'autres possibilités. Consultez le plus souvent possible les livres spécialisés mais gardez l'esprit ouvert : les bonsaïs les plus réussis ne sont pas nécessairement ceux qui correspondent à des critères bien établis.

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