Tout savoir sur l'engrais gazon naturel : guide complet pour une pelouse robuste et verdoyante

Le gazon est par définition une étendue d’herbes, tondue relativement courte, dans un but purement décoratif ou sportif. L’histoire de la pelouse, à l'origine entretenue “naturellement” par le bétail dans les prés communaux, fut lancée par l’aristocratie du 18ième puis récupérée par la noblesse voulant imiter les jardins à la française, puis à l’anglaise, comme une expression de la domination de l’homme sur la nature et plus encore un luxe de pouvoir consacrer une partie des ses terres à des fins purement esthétiques.

Les plantes ont besoin d’une vingtaine d’éléments nutritifs qu’elles puisent dans le sol sous forme minérale. Pour avoir une belle pelouse, il faut l’entretenir. Si la tonte et l’arrosage automatique sont discutés et bousculés par des pratiques alternatives de plus en plus en vogue dans les jardins (pelouse sauvage, tonte différenciée, mulching…), il est certain que prendre soin de la pelouse avec un engrais naturel renforce la santé des plantes, participe au bon développement des jeunes pousses et du système racinaire afin d’avoir une herbe bien dense, robuste et verdoyante.

Schéma illustrant le cycle des nutriments dans un sol enrichi par du compost naturel

Le compost : l'engrais naturel par excellence

Quel est le meilleur engrais pour le gazon ? Le compost ! Le compost mûr est un engrais naturel qui joue un rôle global et sans risque pour le sol et pour les plantes. Contrairement aux engrais chimiques ou organiques solubles, la libération des minéraux contenus dans le compost se fait plus lentement et indirectement, car ils doivent d’abord être digérés par les microorganismes du sol, qui les rendent ensuite assimilables par les plantes. La plupart des engrais chimiques ou organiques concentrés stimulent la croissance de la pelouse en l’aidant à absorber les éléments et l’eau plus rapidement. Cela crée des pics de croissance, augmente la consommation d’eau et oblige à tondre la pelouse plus régulièrement. De plus, toute l’énergie de la plante étant mise au service de sa croissance, celle-ci se fait au dépend de sa résistance face aux maladies et ravageurs.

Une fertilisation adaptée aux saisons

Le compost est un très bon engrais pour le gazon au printemps. L’ajout de compost mûr au début du printemps, période de réveil et de croissance des végétaux, libère les éléments minéraux rapidement disponibles pour les micro-organismes du sol et pour les plantes dans les quelques semaines ou mois après son apport. Le compost est également un parfait amendement pour le gazon à l’automne. Un compost équilibré contient une part importante de matière riche en carbone (lignine et cellulose issues du bois, des feuilles…), qui se dégrade plus lentement par d’autres organismes du sol, notamment les champignons. Cette matière agit plus durablement sur la structure du sol et contribue plus lentement à nourrir les plantes.

Les multiples bienfaits du compost pour la pelouse

En plus d’être un engrais organique complet et un amendement puissant, le compost réduit les besoins en arrosage et diminue le risque de maladies et parasites. L’apport de compost de manière régulière (2 fois par an, au printemps et à l’automne) sur une pelouse va enrichir la qualité du sol sur le long terme. En agissant en surface et en profondeur sur la structure du sol, son taux d’humus et sa perméabilité à l’eau, il joue un rôle majeur dans la capacité du sol à stocker l’eau et à conserver une humidité naturellement disponible pour les microorganismes et les végétaux.

Sur un sol trop compact où l’herbe pousse difficilement et l’eau ruisselle, comme une terre argileuse ou limoneuse, l’apport de compost en surface permet d’assouplir le sol et de l’aérer en favorisant le travail de la microfaune et macrofaune (vers de terre, cloportes, bactéries, champignons…) qui labourent la terre et créent un réseaux de galeries souterraines. Ainsi l’eau s’infiltre plus facilement et se stocke dans les agrégats d’humus qui pompent l’humidité et forment une terre grumeleuse, relativement grasse, moins exposée au manque d’eau. Au contraire, sur une terre légère et sableuse, le compost permet de structurer le sol en liant et agrégeant les éléments sableux. Le compost favorise le développement des bactéries et des champignons qui tissent un réseau de filaments avec les racines des plantes, créant une cohésion du sol par symbiose et mycorhize. Avec l’apport de compost la terre devient ainsi moins poreuse et retient mieux les eaux de pluie et d’arrosage qui avaient tendance à partir en profondeur. Un sol riche en humus peut stocker jusqu’à 20 litres par m2 en réserve utile !

Graphique montrant la rétention d'eau comparative entre un sol traité au compost et un sol non traité

Amélioration de la santé biologique du sol

L’apport de compost épandu à la surface du gazon augmente l’activité biologique du sol. Les microorganismes présents dans le compost et dans le sol se multiplient pour digérer et transformer la matière (sucres, nutriments, etc) en humus. La grande quantité et diversité de décomposeurs entre en concurrence directe avec les bactéries et champignons pathogènes responsables des maladies des plantes, qui n'ont plus l’énergie ni le temps de se développer. De la même manière qu’un microbiote intestinal en bonne santé abrite des milliards de micro-organismes chez l’humain pour jouer pleinement ses fonctions digestives, métaboliques, immunitaires et neurologiques, un sol qui offre de bonnes conditions de développement et une alimentation équilibrée aux micro-organismes permet de maintenir un écosystème capable de détruire les pathogènes et parasites des plantes et du sol (pourritures, rouille…). Encore une fois, le compost favorise la biodiversité dans le sol et la symbiose des organismes qui le composent.

Par ailleurs, le compost mûr, issu des déchets de cuisine et de déchets ligneux (végétaux, broyats de bois…) a un pH compris entre 7 et 9. Il est donc légèrement basique, ce qui permet de réguler les sols acides, et évite naturellement son acidification.

Choisir le bon type de compost

Le compost issus majoritairement de déchets de cuisine est un bon engrais car il est nutritif, naturellement riche en azote et en éléments disponibles rapidement pour les microorganismes et les plantes. Tout comme le fumier ou le lombricompost, il convient comme engrais organique à utiliser au printemps pour favoriser la croissance de la pelouse. Attention cependant à limiter les quantités (1 à 2 litres maximum par m2), au risque de “gaver” la pelouse et de la rendre plus sensible aux maladies.

Par opposition au compost nutritif, on parle de compost structurant lorsqu’il est composé majoritairement de déchets verts et fibreux riches en lignines et cellulose (bois, brindilles, feuilles…). Il améliore fortement la structure du sol pour assouplir la terre, favoriser les champignons et créer un humus stable. Il convient pour la création d’un jardin, où le sol a besoin d’être amendé avant d’y créer une future pelouse, l’année suivante.

Méthodes d'épandage et quantités recommandées

Au moment de la création d’une pelouse, il est pertinent d’apporter du compost bien mûr au sol pour favoriser la croissance des graminées : 5 à 7 litres de compost par m2, ajouté à la surface du sol avant de semer la pelouse. En entretien d’une pelouse, l’apport de compost permet de stimuler la croissance du gazon et de lui apporter les bienfaits à les tous les niveaux pour maintenir un sol et une pelouse en bonne santé : 0.5 à 1 litre de compost par m2, ajouté à la surface du sol au début du printemps et/ou à la fin de l’été. Pour une pelouse vieillissante et mal en point, privilégiez un apport de 1 à 2 litres par m2 et 2 fois par an. Il est préférable de passer le scarificateur sur le gazon avant d’épandre le compost, afin d'éliminer la mousse en surface et d’aérer le sol pour faciliter l’incorporation du compost.

Comment fabriquer un compost avec du gazon

Alternatives écologiques et complémentaires

Le retour des pelouses hautes et des prairies fleuries représente une solution alternative durable. Ne pas tondre sa pelouse, au moins en partie en laissant certaines zones de hautes herbes ou en ne tondant que les allées, favorise la biodiversité.

Le mulching comme fertilisation naturelle

Le paillage consiste à recouvrir le sol de paillis, comme une litière composée de débris de végétaux (paille, feuilles mortes, fragments de bois…) qui sert à protéger le sol du tassement, de l’érosion, de la sécheresse, du gel, à limiter les herbes indésirables et à abriter la vie du sol. Pour optimiser l’action du compost, voire le remplacer, il est conseillé de recouvrir le compost d’un paillis. Le paillis de déchets verts favorise davantage le développement de la microfaune et macrofaune du sol que le compost. C’est pourquoi c’est un très bon complément au compost.

C‘est tout l’intérêt du mulching : la tondeuse mulching coupe l’herbe en petits fragments, la hache et la dépose sur le gazon tondu pour la laisser se décomposer sur le sol, comme un paillis d’herbe sèche broyée qui va servir à la fois de paillis et d’engrais naturel à la pelouse. La tonte mulching évite ainsi le ramassage et permet d’alimenter la pelouse en azote. L’herbe est protégée de la sécheresse et sa couleur verte est plus éclatante. Par contre l’herbe ne doit pas être coupée lorsqu’elle est trop haute ou trop humide, au risque d’asphyxier le gazon et de favoriser au contraire les adventices. La tonte mulching est donc une très bonne alternative à l’épandage de compost.

Comprendre la fertilisation minérale et organique

Quand il s’agit d’engrais gazon, difficile parfois de s’y retrouver et de faire le bon choix. L’engrais gazon doit être composé d’azote (N), qui favorise la belle couleur verte de la pelouse ; de phosphore (P) pour son enracinement ; et de potassium (K), pour accroître la résistance du végétal. L’engrais gazon est également composé d’éléments minéraux et oligo-éléments indispensables (calcium, magnésium, fer, zinc…). La proportion de ces nutriments varie d’un engrais à l’autre.

L’apport d’engrais doit être effectué à la bonne période. Le printemps et l’automne sont les deux moments clés. Il est important aussi d’épandre l’engrais juste avant des journées pluvieuses ou sur une pelouse humide pour éviter aux pousses de brûler, surtout si la dose d’azote de l’engrais est élevée.

Tableau récapitulatif des périodes idéales de fertilisation selon le type d'engrais

Les types d'engrais disponibles

  • L’engrais gazon organique : Issu de déchets naturels d’origine animale ou végétale (guano, corne broyée, sang séché, fientes de poules). Ces engrais sont à la fois bénéfiques pour les végétaux au pied desquels ils sont épandus, mais aussi pour le sol. Car plus de matières organiques dans le sol signifie plus de vie, plus d’activité dans le sol, une meilleure circulation de l’air et de l’eau.
  • L’engrais gazon minéral : Sous forme liquide ou de granulés, est utilisable en agriculture biologique et choisi pour obtenir un résultat rapide, donner un coup de fouet. Privilégiez les engrais minéraux à libération lente ou longue durée, qui ont la particularité d’être moins agressifs.
  • L’engrais organo-minéral : Permet d’apporter à la pelouse à la fois des éléments minéraux qui agissent rapidement mais aussi de la matière organique qui se décompose lentement sous l’action des micro-organismes.
  • L’engrais gazon sélectif : Dont la formule sélective freine l’installation des mauvaises herbes.

Recettes maison et solutions alternatives

S’il existe des engrais bio spécifiques dans le commerce, il est tout à fait possible d’avoir une belle pelouse en faisant soi-même un engrais naturel. Véritable condensé de minéraux naturels et de vitamines, le purin d’ortie maison est tout aussi efficace que les engrais écologiques du commerce. Riche en azote, bore et potasse, la ‘Symphytum officinalis’ ou consoude est, tout comme l’ortie, une excellente plante fertilisante. L’urine humaine enfin, très riche notamment en azote, constitue aussi un excellent fertilisant pour le jardin bio. Si l’urine est immédiatement utilisable en pulvérisation, le purin s’obtient par macération des feuilles (de 1 à 3 semaines selon les températures) et brassage quotidien. Il faut le diluer à 5% avant de le pulvériser pour fertiliser efficacement le gazon.

Gestion des facteurs de stress et entretien global

Pour réussir la création de votre gazon, la préparation optimale du sol est primordiale. Après le semis, veillez à maintenir le sol humide et faites des apports réguliers de nutriments.

L'aération du sol

Chutes de neige, averses fréquentes ou piétinements répétés, autant de facteurs qui favorisent malheureusement le compactage du sol et l’asphyxie des semences de gazon. Une solution consiste à "aérer" votre gazon afin d'améliorer la perméabilité des sols lourds ou argileux. L’aération consiste à « percer » le sol en faisant des trous de dix centimètres de profondeur afin de réoxygéner les semences de gazon présentes sous terre.

La gestion du pH

L’épandage de chaux s’avère utile sur un sol acide, car elle en augmente le pH. Le pH idéal d’un gazon doit être compris entre 5,5 et 7,5. Une valeur inférieure complique l’absorption de nutriments et diminue la capacité de résistance du gazon. Mais avant de chauler votre gazon, nous vous conseillons de faire analyser le sol pour vérifier si le chaulage est vraiment utile.

Le sablage

Sur les terres de jardin argileuses et fortement compactées, il est judicieux de sabler annuellement le gazon. Cette opération, qui consiste à recouvrir le sol de sable, permet de l'ameublir et de le rendre plus perméable. La combinaison du sablage et de l’aération est particulièrement efficace contre le compactage des gazons, car après l’aération le sable peut pénétrer profondément dans le sol pour améliorer durablement sa structure.

La lutte contre les mousses et maladies

Les mousses sont des plantes à grande capacité d’adaptation, qui peuvent se propager à la vitesse de l’éclair si les conditions leurs sont favorables. Les raisons de la propagation de la mousse sont généralement liées à des carences nutritionnelles, à la présence d’humidité stagnante, à une exposition ombragée ou encore à un pH trop faible. Une tonte irrégulière ou trop rase favorise également sa prolifération.

Les maladies fongiques telles que le fil rouge ou la moisissure grise des neiges sont souvent dus à des erreurs d’entretien et à un gazon affaibli. Des arrosages et des fertilisations correctes permettent de prévenir efficacement toute propagation ultérieure. Fertiliser de préférence votre gazon dès le printemps avec un engrais riche en potasse et azote pour renforcer la structure cellulaire des graminées et limiter les portes d'entrée aux pathogènes.

tags: #engrai #gazon #naturel