Beaux à regarder comme délicieux à déguster, les arbres fruitiers ont plus que leur place dans nos jardins ! Et pour qu’ils soient pleins de vigueur et pleins de fruits, une bonne fertilisation est indispensable. Bien fertilisé, un arbre fruitier disposera de tous les nutriments nécessaires tant à son bon développement qu’à la quantité et à la qualité de ses fruits et à sa bonne santé. Cela signifie qu’en comprenant bien ce dont a besoin tel ou tel fruitier, vous pourrez en améliorer la productivité. Donc quel est le meilleur engrais pour les arbres fruitiers, à quel moment faut-il l’appliquer, voici quelques conseils pour vous aider à bien les nourrir !
Les composants essentiels et les fertilisants naturels ciblés
Comme tous les végétaux, les arbres fruitiers ont besoin d'azote, de potassium et de phosphore, mais aussi, en petites quantités, d’autres éléments minéraux. L’azote est principalement nécessaire à la croissance des parties aériennes de l’arbre, mais il agit également sur les fleurs et les fruits ainsi que sur la régularité de la fructification. Son besoin chez les arbres fruitiers est particulièrement important au printemps, avant que les bourgeons ne s’ouvrent, un peu plus tard, à la formation des fruits, puis une fois la récolte effectuée. Le phosphore est indispensable aux racines et aux fleurs, il a aussi une influence sur la formation des fruits comme sur leur maturation et leur qualité gustative. Les arbres en demandent également pour mieux résister aux parasites et aux maladies. Le potassium est utile aux fruits, notamment sur leur teneur en sucres, et à la résistance aux agressions extérieures, en particulier sur la résistance face au stress hydrique.

Pour répondre à ces besoins de manière ciblée, plusieurs fertilisants naturels peuvent être utilisés. La corne broyée, le guano, le sang séché sont riches en azote, ils forment l’un des apports recommandés à la plantation. Le purin d’ortie est riche en azote rapidement disponible. Son application est particulièrement conseillée pour les abricotiers et les pêchers. Il est apporté dilué avec de l’eau (10 %) en arrosage au pied. La cendre de bois (non traité), riche en potasse, peut être répandue en petite quantité au printemps autour des arbres et arbustes fruitiers. Griffez ensuite légèrement le sol pour l’incorporer superficiellement. Le calcium contribue au développement du système racinaire et à la solidité des tissus végétaux. Le fer, le magnésium, le soufre sont des éléments indispensables pour la production de chlorophylle et pour le processus de photosynthèse. Le bore, le zinc, le molybdène et autres oligoéléments participent tant à la croissance qu’à la résistance aux maladies et au bon fonctionnement du métabolisme.
PURIN D'ORTIE PARFAIT : les règles d'or pour booster le potager | Masterclass 🎓
Besoins spécifiques selon les variétés de fruitiers et dosages NPK
Il existe différents types d’engrais pour ces végétaux, et plutôt que le meilleur engrais pour les arbres fruitiers, c’est celui qui convient à l’arbre et à la saison qu’il convient d’utiliser ! Si vous optez pour des engrais prêts à l’emploi, le meilleur dosage NPK (pour Azote (N), Phosphore (P) et Potassium (K)) pour un arbre fruitier est surtout riche en potassium, NPK 4-12-20 est idéal. Mais passé cette généralité, il s’avère que parmi les engrais prêts à l’emploi, certaines formules sont mieux adaptées à certains arbres fruitiers.
Pour les pommiers et les poiriers, un engrais riche en potassium avec un apport moindre en azote, type 5-3-6 et de préférence à diffusion lente, est à appliquer au printemps et en fin d’été. Pour les cerisiers et les pruniers, un engrais riche en phosphore et en potassium, type 3-6-8, est à apporter au début du printemps et après avoir récolté les fruits. Pour les pêchers et les abricotiers, un engrais riche en phosphore et en potassium avec une moindre proportion en azote (il favorise les maladies de ces fruitiers), type 4-8-8, est à apporter au printemps, en début d’été et en automne. Pour les agrumes, un engrais riche en azote et en potassium type 6-4-6, est à apporter au printemps, en été et en début d’automne. Les oligoéléments tels que le zinc, le manganèse, le bore, le fer, le cuivre sont aussi essentiels. Enfin, pour les oliviers, un engrais riche en potassium, avec une proportion équilibrée en azote et en phosphore, type 10-7-14 est recommandé.
Suivez scrupuleusement les indications fournies par le fabricant au niveau du dosage. Sachant que la dose indiquée est pour un arbre adulte, il faudra donc réduire les doses pour des arbres jeunes et l’augmenter un peu pour de vieux et gros arbres fruitiers. Les jeunes fruitiers, eux, auront plutôt besoin d’un engrais riche en phosphore et équilibré en potasse, à apporter à la plantation et au printemps de la première année.

Stratégies de fertilisation : du démarrage à l'entretien saisonnier
Un bon départ dans la vie d’un arbre fruitier est crucial. Au moment de la plantation, faire un apport d'engrais important en azote est nécessaire pour que l’arbre développe son système racinaire. La corne broyée, par exemple, va libérer progressivement cet azote, en complément de compost bien mûr. Le compost peut aussi être mélangé à un fumier bien décomposé. L'arbre par la suite aura développé ses racines pour chercher plus en profondeur les nutriments dont il a besoin. Les deux années suivantes, du compost sera étalé au pied de l’arbre au printemps, vers le mois de mai.
Les périodes clé de la fertilisation d’un arbre et arbuste fruitier sont le printemps, pour stimuler la croissance et la fructification, et l’automne, pour préparer l’arbre à bien passer l’hiver. Lorsque l’arbre fruitier est installé, un apport de matière organique en surface sera suffisant, lors des deux périodes où les besoins se font le plus sentir, c’est-à-dire la fin du printemps et le début de l’automne. Un apport d’entretien se fait environ tous les 3 ou 4 ans, sauf bien sûr en cas de carence. L’apport du printemps est composé de compost bien mûr, sur une couche de 2 à 5 cm. Les besoins de l’arbre sont importants à cette période. Si votre fruitier vous paraît peu vigoureux, un apport d’engrais à assimilation rapide peut aider, par exemple du guano, en engrais naturel, ou un engrais liquide azoté.
En automne, l’arbre fruitier doit refaire ses réserves. Il a besoin à ce moment là d’un engrais riche en carbone, du BRF par exemple, ou des feuilles mortes, mais le fumier va aussi être adapté, en complément, qui va aider le système racinaire à regonfler ses réserves, épuisées après la fructification. En cas de carence, des engrais à assimilation immédiate sont nécessaires. Tournez vous donc plutôt vers le purin d’ortie ou de consoude. Il est recommandé de tester le sol tous les 2 à 3 ans au pied des arbres fruitiers, afin de déterminer si la fertilisation apportée est judicieuse. En parallèle, observer l’arbre, sa vigueur, sa croissance, vous permettront de savoir s’il est en bonne santé ou s’il a des carences.
PURIN D'ORTIE PARFAIT : les règles d'or pour booster le potager | Masterclass 🎓
Amendements organiques et régénération du sol
Les engrais organiques sont parmi les meilleurs engrais pour les arbres fruitiers. Composés de matières naturelles animales ou végétales décomposées, ils ont une action lente et soutiennent l'arbre et son épanouissement durant plusieurs mois. Ils ont également le gros avantage d’améliorer durablement le sol, ce sont donc des amendements. Compost, fumier, paillage, purins sont des engrais organiques. Ils peuvent être utilisés tels quels mais le fumier et le compost existent également en version déshydratée dans le commerce, et vous trouverez également des compositions de plusieurs matières organiques.
Le compost est un fertilisant organique qui convient à tous les fruitiers et qui améliore les capacités de rétention en eau du sol, favorise la vie des microorganismes, il améliore également la structure du sol, tout en apportant les nutriments nécessaires à l’arbre. Le compost est notamment un des meilleurs engrais pour les arbres fruitiers, notamment pour les pommiers et les poiriers. Il s’applique au printemps en couche de 2 à 5 cm d’épaisseur pour supporter la croissance et la nouaison (la formation des fruits). Le fumier décomposé est un engrais naturel à diffusion lente qui offre un apport équilibré en nutriments. Il est particulièrement adapté aux pruniers et aux cerisiers. Il s’applique en automne. Il est conseillé d'apporter un mélange de fumier et de compost à la terre de plantation pour les jeunes fruitiers.
Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) est riche en carbone et il forme un apport équilibré de nutriments qui se diffusent lentement. Il est bien adapté à tous les arbres fruitiers et il améliore le sol en même temps qu’il les fertilise. Il s’applique en automne en couche de 3 à 5 cm. Il peut être remplacé par un paillage de feuilles mortes. Les paillages organiques en paille, déchets de tonte, feuilles mortes enrichissent le sol tout en conservant l’humidité. Ils sont conseillés pour tous les arbres fruitiers. Contrairement aux engrais minéraux, qui sont des engrais de synthèse dont les nutriments sont rapidement disponibles mais qui peuvent être lessivés et partir dans les nappes phréatiques, les matières organiques contiennent des oligoéléments et autres éléments minéraux nutritifs utiles au métabolisme de l'arbre.
L'application pratique de l'engrais au pied de l'arbre
L’engrais pour fruits s’applique tout autour du tronc de l’arbre, jusqu’à l’extrémité de sa couronne puisque cela correspond à peu près à l'étalement du système racinaire de l’arbre. Vous éviterez par contre d’appliquer l’engrais contre le tronc. Et pour les jeunes fruitiers, les engrais rapides seront dilués dans l’eau d’arrosage. Pour un petit poirier paresseux qui n’a jamais grossi, il lui faut une bonne cuvette garnie de mycorhizes pour aider les racines de l’arbre à mieux puiser l’eau et les nutriments, d’une pelle de compost ou d’Or Brun pour booster la vie du sol, d’un peu d’engrais bio pour fruitiers, d’une poignée de cendre pour la potasse, de 200g de poudre de basalte pour la silice, et un d’arrosoir de 10l tous les 15 jours jusqu’en septembre.

L'Onguent de Saint Fiacre et les soins de l'écorce
Le badigeon de soin type « Onguent de St Fiacre » et toutes ses variantes sont destinés à renforcer la vigueur d’un arbre non malade. Constitués d’ingrédients riches en minéraux (argile, éventuellement poudre de lave basaltique ou lithothamne) et en micro-organismes vivants (bouse de vache élevée dans les prés, petit lait cru, purins de plantes…), ils sont un véritable « masque de beauté » pour l’écorce des arbres : année après année les troncs sont plus lisses, plus sains, et l’arbre en meilleure santé car bien que cela soit un peu mystérieux, il semble savoir absorber une partie de son badigeon, surtout chez les jeunes troncs encore garnis de leurs lenticelles. Ce type de badigeon est aussi une très bonne prévention contre les chancres et les champignons lignivores, car les micro-organismes « occupent l’espace » et ne laissent pas de place aux organismes pathogènes. Cela fonctionne aussi contre certains « ravageurs » qui hivernent dans les replis de l’écorce.
Pour préparer une version curative "trio de choc" (argile, cuivre et soufre) pour soigner les blessures des troncs et des branches charpentières, voici une méthode efficace :
- Mélanger de l'argile (la montmorillonite est idéale car riche en silice, magnésium, fer, potassium, cuivre, zinc, sélénium, cobalt, manganèse).
- Ajouter de la bouillie bordelaise (cuivre) et du soufre mouillable.
- Délayer au fouet 10ml d’huile essentielle d’origan compact (très antifongique et anti-bactérienne) dans 30ml de teinture mère de propolis.
- Ajouter 10ml d’huile de colza, 2 c. à soupe de savon noir, mélanger de nouveau pour bien disperser les HE.
- Imbiber tout doucement en remuant vigoureusement, jusqu'à obtention d'une pâte onctueuse de type « pâte à crêpes ».
Après avoir brossé les écorces afin de retirer un maximum de lichen et de mousse, il suffit de « peindre » généreusement les troncs et grosses branches charpentières avec un pinceau de tapissier ou une balayette, en insistant bien pour remplir chaque fente, trou ou anfractuosité. L’origan compact possède une haute teneur en carvacrol, une substance antifongique et antibactérienne. Pour lutter contre une attaque cryptogamique comme la cloque du pêcher, mieux vaudrait par exemple associer origan/ail/palmarosa plutôt qu’origan/sarriette/serpolet qui ont un chémotype proche.
PURIN D'ORTIE PARFAIT : les règles d'or pour booster le potager | Masterclass 🎓
Gestion des cavités, des plaies et protection du tronc
Face à une cavité dans le tronc, les avis divergent, mais certaines pratiques sont à proscrire. Utiliser du ciment est une mauvaise idée, car cela va garder l'humidité en permanence dans le trou ce qui risque de faire pourrir le tronc. Par contre, vous pouvez toujours badigeonner le tronc avec un lait de chaux (un volume de chaux pour deux d'eau). Cela élimine une bonne partie des parasites. Avant d'appliquer le lait de chaux, il faut brosser le tronc, et surtout la cavité. Si le tronc est sain, l'écorce devrait peu à peu reboucher la cavité.
Certains arboriculteurs pratiquent une "saignée" pour contrôler la présence d'eau et l'arrêt de la pourriture. Il s'agit de faire une ouverture plus bas que le trou pour rejoindre la base de la cavité. Une fois la cavité asséchée, le cambium peut commencer à se former. Cependant, il ne faut pas le faire systématiquement, surtout pas pour des petites cavités. Pour les grosses plaies ou les endroits attaqués par les champignons et les chancres, on peut poser un cataplasme : après avoir bien rempli les creux et généreusement badigeonné la zone avec l'onguent, il suffit de détremper une bande de tissu avec du mélange, puis d’entourer ladite bande autour de l’arbre en faisant plusieurs tours afin que le cataplasme reste humide longtemps.

Quant aux goudrons et mastics résineux, ils sont parfois contre-indiqués. Des observations montrent qu'il y a souvent maintien et prolongation de la pourriture lorsque l'eau ne peut s'échapper sous ces couches étanches. Aucun centre de formation de taille et soins aux arbres ne préconise leur utilisation systématique. Si une cavité ne concerne que la partie centrale et pas la zone de croissance, alors l'arbre pourra vivre avec encore longtemps, seule sa résistance mécanique sera endommagée. L'eau et les feuilles qui se mettent dans les trous ne sont pas un risque si l'arbre a bien compartimenté : la partie "morte" pourrit, et en dessous il y a une couche étanche.
Précautions et philosophie du soin naturel
Le jardinier est l’ami attentionné qui va panser les plaies et aider ses amies les plantes sur la voie de la guérison. Il est important de noter que certaines recettes de badigeon contiennent des produits puissants comme le cuivre ou les huiles essentielles. Bien qu'utilisables en agriculture biologique, ils ont un certain impact sur l’environnement. Ils permettent de sauver de beaux arbres productifs, mais ne doivent pas être utilisés en prévention sur des arbres sains. Le cuivre est un composant naturel efficace que la vie du sol arrive à bien métaboliser sans risque de saturation s'il est utilisé avec bon sens et parcimonie.
Pour les fruitiers très robustes et jamais malades comme le plaqueminier, les amélanchiers, ou les kiwis, des soins intensifs ne sont pas nécessaires. En revanche, pour un vieux pommier atteint de moniliose ou un pêcher fatigué par la cloque, l'intervention est salvatrice. Lors de l'application de ces traitements, n'oubliez pas de vous protéger : enfilez des gants, des lunettes, des bottes, de même qu’une blouse par-dessus votre manteau, car le badigeon éclabousse. Prendre soin de ces gros arbres en soignant doucement chaque crevasse, chaque plaie, est une activité zen et satisfaisante qui renforce le lien entre le jardinier et son verger.