L'utilisation d'engrais, qu'ils soient minéraux ou organiques, solides ou liquides, est une pratique agricole courante, souvent intensive et prolongée. Cependant, cette utilisation massive, par épandage ou pulvérisation, présente des risques significatifs pour l'environnement, affectant le sol, l'eau et l'air, ainsi que des dangers chimiques et/ou biologiques pour la santé des agriculteurs exposés. Comprendre ces risques, les réglementations en vigueur et les alternatives, notamment pour des cultures spécifiques comme le poireau, est essentiel pour une agriculture durable et respectueuse de la santé.

Les Dangers Associés aux Engrais Chimiques
Les engrais chimiques, particulièrement ceux à base de nitrate d'ammonium, comportent des risques variés. Outre leur toxicité environnementale et sanitaire, certains sont explosifs dans des conditions particulières et peuvent libérer des gaz toxiques en cas d'incendie.
1. Risques pour la Santé des Agriculteurs :
Bien que les risques des substances chimiques des pesticides soient très importants pour la santé des agriculteurs, les engrais présentent eux aussi des dangers, quoiqu'à un degré moindre, mais qu'il ne faut pas négliger. Les effets toxiques après exposition professionnelle aux engrais sont assez restreints compte tenu des millions de tonnes manipulées chaque année.
- Pénétration par inhalation : Ce risque est fortement présent lors des différentes phases de traitement, notamment par l'inhalation de poussières, gaz, ou particules fines émises lors de la préparation et de l'épandage ou la pulvérisation du produit. L'inhalation de poussières peut être responsable d'une irritation oculaire, rhino-pharyngée et trachéale, d'une irritation des muqueuses et des voies respiratoires, ainsi que d'une toux accompagnée de difficultés respiratoires. Les particules très fines de nitrate d'ammonium, ou de poudres de carbonate de calcium pulvérisé, pénètrent dans les poumons lors de l'épandage en milieu agricole ou de la remise en suspension depuis les lieux de dépôt, ou lors de certaines manutentions.
- Pénétration cutanée : Les divers produits fertilisants peuvent causer des lésions sur la peau à l'endroit du contact (rougeurs, irritations) par effet irritant. La chaleur et la transpiration accélèrent très souvent ce phénomène. Les nitrates sont peu irritants pour la peau (éventuellement dermite prurigineuse des mains et des poignets) et les muqueuses ; ils ne sont pas sensibilisants et non hydrophobes, présentant très peu de pénétrations cutanées en milieu professionnel.
- Ingestion : L'ingestion accidentelle de faibles quantités de nitrate d'ammonium peut entraîner des nausées, vomissements, diarrhées, hypertension ou hypotension et, parfois, tachycardie. Les nitrates ingérés par déglutition de particules sont dégradés par les bactéries buccales et se transforment en nitrites (NO2). En dose massive, très peu probable en usage professionnel accidentel, ces nitrites peuvent empoisonner le sang en oxydant l'hémoglobine, ce qui engendre des troubles respiratoires (méthémoglobinémie).
- Gaz Toxiques : Les engrais azotés sont à l'origine de décompositions avec émanations de composés gazeux d'azote, à partir du sol ou de la matière fertilisante azotée, par dégagement direct dans l'atmosphère d'ammoniac ou d'oxyde d'azote. L'ammoniac (NH3) est produit par les engrais azotés qui exhalent ce gaz qui se volatilise par dégagement direct dans l'atmosphère, ou du fait de l'hydrolyse en ammoniac par l'enzyme uréase présente dans le sol. L'ammoniac est toxique pour ceux qui épandent l'engrais, notamment par temps chaud, sec et sans vent ; l'inhalation provoque l'irritation du nez, de la gorge et des poumons. L'inhalation des gaz libérés par la décomposition thermique du nitrate d'ammonium (oxydes d'azote très toxiques) en milieu confiné provoque une irritation aiguë des voies respiratoires.
- Infections biologiques : Des infections digestives par les salmonelles, les listeria, les escherichia coli, les clostridies, d'autres entérobactéries ou encore par des œufs d'helminthes ou cysticercose (ténia), sont possibles suite à l'ingestion accidentelle de particules d'engrais organiques. De même, des infections cutanées secondaires à des blessures septiques ou coupures souillées par de la terre contaminée peuvent se surinfecter à cause des germes pathogènes contenus dans les fertilisants organiques (panaris des doigts, furoncles).
2. Risques pour l'Environnement :
Le principal danger des engrais minéraux chimiques inorganiques vient des composantes azotées, qui sont présentes dans la plupart des engrais. Les engrais azotés sont des « bombes climatiques » car ils émettent du protoxyde d’azote, 300 fois plus impactant pour le climat que le CO2. Ils sont aussi à l’origine de pics de pollution de l’air au printemps, liés aux émissions d’ammoniac. L'utilisation d'engrais peut entraîner une pollution des sols, des eaux souterraines et de surface (eutrophisation), ainsi que des émissions de gaz à effet de serre.
3. Risques d'Accidents Majeurs :
Les risques d'accidents majeurs associés aux engrais sont liés à l'explosion d'engrais à forte teneur en nitrate d'ammonium. Cependant, les ammonitrates présents sur le marché, c'est-à-dire conformes à la réglementation et exempts de contamination par des combustibles ou par des produits incompatibles (chlore, acides, certains métaux…), sont très difficiles à faire détoner. En cas d'incendie, les engrais azotés sont susceptibles de se décomposer et de libérer des gaz toxiques, qui peuvent être de l'ammoniac, des oxydes d'azote, du monoxyde et du dioxyde de carbone.
Azote et volatilisation - Libération contrôlée et progressive des éléments nutritifs ?
Réglementation des Engrais en Agriculture Biologique
L'agriculture biologique est régie par des réglementations strictes concernant l'utilisation des engrais, visant à minimiser les impacts environnementaux et sanitaires.
1. Cadre Réglementaire Européen et National :
Le règlement (CE) n° 889/2008 encadre la gestion et la fertilisation des sols en production biologique. Il stipule que si les mesures prévues à l’article 12, paragraphe 1, points a), b) et c) du règlement (CE) n° 834/2007 ne permettent pas de couvrir les besoins nutritionnels des végétaux, seuls les engrais et amendements du sol énumérés à l’annexe 1 du présent règlement peuvent être utilisés dans la production biologique, et uniquement suivant les besoins. Les opérateurs conservent des documents justificatifs attestant la nécessité de recourir à ces produits.
L'article 12, paragraphe 1, points a), b) et c) du règlement (CE) n° 834/2007 précise les pratiques culturales à adopter :
- La production végétale biologique a recours à des pratiques de travail du sol et des pratiques culturales qui préservent ou accroissent la matière organique du sol, améliorent la stabilité du sol et sa biodiversité, et empêchent son tassement et son érosion.
- La fertilité et l’activité biologique du sol sont préservées et augmentées par la rotation pluriannuelle des cultures, comprenant les légumineuses et d’autres cultures d’engrais verts et par l’épandage d’effluents d’élevage ou de matières organiques, de préférence compostés, provenant de production biologique.
- L’utilisation de préparations biodynamiques est autorisée.
Le règlement (CE) n° 889/2008 n'est pas un règlement de mise en marché des produits fertilisants ; il doit donc être complété dans chaque État Membre par des règles de mise en marché. En France, c'est le code rural et de la pêche maritime qui régit l'utilisation des matières fertilisantes, et notamment son article L255-2. Dans la pratique, c'est essentiellement l'utilisation des normes rendues d'application obligatoire ainsi que le règlement (CE) n° 2003/2003 qui régit en France la mise sur le marché de la majorité des engrais et amendements organiques.
2. Limites d'Azote et Directive Nitrates :
La quantité totale d'effluents d'élevage au sens de la directive 91/676/CEE du Conseil concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles utilisée sur l'exploitation ne peut dépasser 170 kg d'azote par an/hectare de surface agricole utilisée. Cette limite s'applique uniquement à l'utilisation de fumier, de fumier séché et de fiente de volaille déshydratée, de compost d'excréments d'animaux solides, y compris de fiente de volaille, de fumier composté et d'excréments d'animaux liquides.
En agriculture biologique, la directive Nitrates s'applique dans toutes les fermes. Les exploitations pratiquant la production biologique ne peuvent établir un accord de coopération écrit en vue de l'épandage d'effluents excédentaires provenant de la production biologique qu'avec d'autres exploitations ou entreprises respectant les règles de la production biologique. La limite maximale est calculée sur la base de l'ensemble des unités de production biologiques concernées par cette coopération.
3. Restrictions sur les Engrais Organiques :
Pour les produits utilisables en agriculture biologique (c'est-à-dire cités à l'annexe 1 du règlement (CE) n° 889/2008), les normes concernées sont essentiellement la NF U 44-051 (amendements organiques), la NF U 44-551 (supports de cultures) et la NF U 42-001 (engrais organiques). Cependant, ceci ne signifie pas que tous les produits mentionnés dans ces normes sont utilisables en agriculture biologique (par exemple la NF U 42-001 mentionne des engrais organiques utilisables en AB, mais également des engrais minéraux de synthèse non présents dans l'annexe 1 du RCE n° 889/2008).
Aucun produit commercialisé sous la norme NF U 44-095 ne peut être utilisé en agriculture biologique car cette norme ne concerne que les amendements organiques contenant des MIATE (Matières d'intérêt agronomique issues du traitement des eaux), c'est-à-dire des boues de station d'épuration des eaux, lesquelles ne sont pas citées dans l'annexe 1 du règlement (CE) n° 889/2008.
4. Interdiction de l'Élevage Industriel :
Les fumiers ou excréments d'animaux liquides ne peuvent pas être utilisés en agriculture biologique s'ils proviennent d'un élevage "industriel". Sont exclus à partir du 1er janvier 2021 d’une utilisation sur des terres biologiques au sens de l’annexe I du règlement (CE) n° 889/2008, les effluents d’élevages en système caillebotis ou grilles intégral et dépassant les seuils définis en annexe I de la directive n°2011/92/UE, ainsi que d’élevages en cages et dépassant les seuils définis en annexe I de la directive n°2011/92/UE. Les volailles de chair ne sont pas concernées car élevées au sol.
5. Compostage et Biodéchets des Ménages :
Plusieurs produits de l'annexe 1 sont ou doivent être compostés. Le processus de compostage est une transformation contrôlée en tas, qui consiste en une décomposition aérobie de matières organiques d’origine végétale et/ou animale. Il vise à améliorer le taux d’humus, et est caractérisé par une élévation de température, une réduction de volume, une modification de la composition chimique et biochimique, et un assainissement au niveau des pathogènes, des graines d’adventices et de certains résidus. Il doit comporter un ajout de matière carbonée et un ajustement de la teneur en eau, si nécessaire. Ni le dépôt de fumier stocké par simple bennage, ni le compostage dit de surface ne peuvent être assimilés à un compostage.
Les composts de biodéchets des ménages, appelés "mélange composté ou fermenté de déchets ménagers" dans l'annexe 1 du règlement (CE) n° 889/2008, peuvent être utilisés en agriculture biologique sous certaines conditions. Ils doivent notamment respecter des seuils limites en ETM (Éléments Traces Métalliques), en deçà de celle de la norme NF U 44-051, puisque ces seuils sont en moyenne de 2 à 5 fois plus faibles dans le règlement (CE) n° 889/2008.
Interdiction des Usages Non-Agricoles des Engrais de Synthèse et Perspectives
La mobilisation politique et citoyenne a déjà apporté des résultats concernant les pesticides, avec l'interdiction des néonicotinoïdes pour certains usages. Une stratégie similaire est envisagée pour les engrais. L'interdiction des usages non-agricoles d'engrais de synthèse, bien que représentant de petits volumes, permet de « mettre un pied dans la porte » en évacuant les blocages politiques qui existent sur l'agriculture.
1. Portée des Usages Non-Agricoles :
Il s’agit de l’ensemble des espaces verts, publics ou privés, comme les parcs publics, les espaces verts sur les voiries, mais aussi les parcs d’entreprises, les campings, les espaces verts du secteur de l’hôtellerie, des centres commerciaux, ainsi que l’ensemble des jardins des particuliers.
2. Impacts sur le Climat et l'Environnement :
Il y aura une diminution des volumes, même si elle reste très faible par rapport aux usages agricoles. Ce changement systémique induit par l'abandon des intrants se traduit par une gestion plus naturelle du jardin ou des espaces verts, avec des espaces plus rustiques, plus adaptés à leur environnement, moins gourmands en eau, et une plus grande place pour la végétation spontanée et donc pour une biodiversité locale. Se passer d’engrais chimique signifie travailler sur la vie du sol, sur sa biodiversité. C’est la poursuite de la révolution culturelle amorcée avec la loi Labbé : le passage à un jardinage et un entretien des espaces verts sans intrants chimiques, c’est le retour de la nature en ville avec tous ses aspects positifs, paysagés, pour la biodiversité, la lutte contre les îlots de chaleur urbains, etc.
3. Défis et Prochaines Étapes :
Des impasses techniques persistent, notamment dans le milieu du sport où certains ont tenté de se passer d’engrais de synthèse pour l’entretien des terrains de foot ou de golf, mais ont dû faire marche arrière faute de solutions adéquates. Le projet de loi de finance sera une prochaine étape pour le financement de mesures d’accompagnement pour le développement d’alternatives. Il est également crucial de donner des moyens à l’Institut Technique d’Agriculture Biologique, sous-financé, pour qu'il puisse proposer des innovations efficaces.
La Lutte contre le Cadmium dans les Engrais Phosphatés
Une proposition de loi a été déposée visant à interdire l'importation, la vente et l'utilisation d'engrais inorganiques ou organo-minéraux phosphatés contenant du cadmium à partir du 1er janvier 2027. Le cadmium s’accumule dans l’organisme au fil des années et est « l’un des plus grands toxiques existants ». Des médecins libéraux ont alerté sur la contamination massive des Français, principalement les enfants et les femmes, au cadmium via ces engrais phosphatés, qui se retrouvent notamment dans les céréales du petit-déjeuner, le pain ou les pommes de terre. Des alternatives à l'utilisation de ces engrais, telles que l'agroforesterie ou l'agriculture biologique, sont encouragées.

La Fertilisation du Poireau en Agriculture Biologique : Des Alternatives Durables
Le jardinier bio soigne d'abord son sol en apportant les engrais organiques. Par la suite, c'est le sol qui nourrit les plantes. Un sol sain et vivant parvient à nourrir les plantes avec les nombreux éléments dont elles ont besoin. Le sol fournit aussi le bon dosage au bon moment. L'agriculture conventionnelle utilise les engrais chimiques de synthèse. Ils sont solubles dans l'eau du sol et la plante doit les absorber directement, court-circuitant le pouvoir régulateur du sol. Pour le poireau, comme pour d'autres cultures, les pratiques biologiques se concentrent sur la santé du sol pour nourrir la plante.
1. L'Importance de la Santé du Sol :
La production végétale biologique a recours à des pratiques de travail du sol et des pratiques culturales qui préservent ou accroissent la matière organique du sol, améliorent la stabilité du sol et sa biodiversité, et empêchent son tassement et son érosion. La fertilité et l’activité biologique du sol sont préservées et augmentées par la rotation pluriannuelle des cultures, comprenant les légumineuses et d’autres cultures d’engrais verts et par l’épandage d’effluents d’élevage ou de matières organiques, de préférence compostés, provenant de production biologique. L'apport des amendements calcaires permet de régler l’acidité du sol et le maintient à un pH autour de 7, ce qui influence l’accès des plantes aux nutriments.
2. Les Engrais Organiques :
Les engrais organiques proviennent des animaux ou végétaux, produits à partir des déjections (fumier, purin, lisier, fientes), boues issues de stations d'épuration, digestats de méthanisation ou sous-produits industriels de récupération fermentescibles. Des préparations appropriées de micro-organismes peuvent être utilisées pour améliorer l'état général du sol ou la disponibilité d'éléments nutritifs dans le sol ou les cultures. De même, des préparations appropriées à base de micro-organismes ou de végétaux peuvent être utilisées pour l'activation du compost.
3. Les Mesures Préventives contre les Ravageurs et Maladies du Poireau :
En jardinage biologique, l'accent est mis sur les mesures préventives, plus complexes à appliquer, tandis que le jardinage conventionnel donne davantage d’importance aux mesures curatives. L’observation de son jardin est un prérequis indispensable pour comprendre son fonctionnement et anticiper les dégâts causés par des nuisibles. La période du semis ou de la plantation est très importante pour obtenir des plantes en bonne santé.
Gestion des Mauvaises Herbes : Les mauvaises herbes (adventices) peuvent concurrencer les légumes cultivés pour l’accès à la lumière, les éléments nutritifs et l’eau. Elles étouffent les semis à croissance lente et servent d’abri aux limaces. Cependant, elles protègent le sol contre les précipitations (érosion), le rayonnement solaire, le vent (assèchement de la surface du sol), produisent de l’humus par décomposition des racines, effectuent le décompactage du sous-sol grâce à leurs racines pivotantes, et certaines adventices sont même comestibles. La première mesure contre les adventices est une bonne couverture du sol, soit avec les cultures en place (feuillage), soit avec un paillage. Un sarclage régulier empêche l’envahissement des mauvaises herbes. Une fois coupées ou arrachées, les mauvaises herbes peuvent elles-mêmes servir de couche de paillage. Il ne faut pas composter les adventices avec des graines mûres ou les organes de reproduction végétatifs.
Renforcement de l'Immunité des Plantes : Lorsqu'un ravageur ou une maladie attaque, les légumes et les arbres fruitiers activent leur système immunitaire. Par exemple, pour le cerisier, l'arbre se défend en faisant mourir ses propres cellules autour des spores afin de les priver de nourriture. La vitalité de l'arbre et sa capacité à lutter contre le champignon seront renforcées grâce aux conditions favorables de l'écosystème, comme un bon ensoleillement et une aération suffisante qui rendra plus difficile la germination des spores du champignon et affaiblira l'agent pathogène.
Exemples d'Organismes Nuisibles Réglementés : L’utilisation des produits chimiques de synthèse est autorisée dans certaines conditions comme la lutte contre les organismes nuisibles réglementés ; des dérogations peuvent également être données contre des dangers sanitaires graves, menaçant la pérennité d’un patrimoine historique ou biologique. La liste des organismes nuisibles établie en 2000 et consolidée en 2016, concerne aussi bien des mammifères, des insectes, des nématodes, des plantes, des champignons, des bactéries ou des virus. Les bulletins de santé du végétal (BSV) sont de bons outils pour connaître rapidement la présence et la propagation de tel ou tel organisme.
4. Mesures Curatives Biologiques :
Aujourd'hui, le jardinier bio dispose d'une impressionnante palette de mesures curatives qui sont compatibles avec la préservation de l'écosystème du jardin. Cependant, bien que d’origine naturelle, ces produits peuvent comporter des risques pour l’utilisateur ou pour l’environnement.
- Contre le Doryphore (pour la pomme de terre, mais applicable aux principes biologiques) : L'azadirachtine, un insecticide de contact extrait du margousier, est efficace contre les doryphores, pucerons, mouches blanches, thrips, mineuses, teignes, pyrales du buis et acariens jaunes. Attention : les produits à base d’azadirachtine peuvent provoquer une allergie cutanée et sont toxiques pour les organismes aquatiques. Le Bacillus thuringiensis tenebrionis, insecticide produit par des bactéries, est autorisé uniquement pour les pommes de terre et aubergines.
- Contre le Ver Fil de Fer : Pour piéger le ver fil de fer, on peut enterrer un récipient avec des rondelles de pomme de terre.
- Contre le Mildiou (pour la pomme de terre, principes généralisables) : Le mildiou cause des taches brunes à la surface des feuilles et un duvet blanchâtre sur la face inférieure de la feuille. Des traitements avec des produits à base de cuivre (hydroxyde de cuivre ou oxychlorure de cuivre) peuvent être utilisés. Attention : ces produits sont toxiques et dangereux pour les organismes aquatiques. Des produits à base de soufre pur sont également une option.
- Contre les Pucerons : Les pucerons sont omniprésents et attaquent de préférence des plantes affaiblies. Des huiles de fenouil peuvent être utilisées, mais ce produit est corrosif et dangereux pour les organismes aquatiques. Les pesticides à base de pyréthrines sont mortels aussi pour les insectes utiles comme les auxiliaires, les abeilles et les autres pollinisateurs. D’une manière générale, ces produits peuvent être toxiques et dangereux pour l’environnement.
- Contre la Teigne : Les filets de protection, en polyamide, peuvent être utilisés pour couvrir les cultures durant la période de vol du ravageur.

Prévention des Risques et Bonnes Pratiques
Comme pour toute activité susceptible de présenter un risque d'exposition à des agents chimiques dangereux, l'employeur doit procéder à une évaluation des risques encourus pour la sécurité et la santé des travailleurs. Cette évaluation doit être renouvelée périodiquement, notamment à l'occasion de toute modification importante ou avant une activité nouvelle. Les résultats de l'évaluation des risques sont consignés dans le Document Unique de Sécurité (D.U.S). L'étiquetage du produit et la fiche de données de sécurité sont obligatoires et permettent de repérer les principaux risques. En fonction des risques mentionnés sur l'étiquette, le port de certains types de protection peut s'avérer obligatoire.
1. Sécurité lors de la Manipulation et du Stockage :
Stocker des engrais présente des risques de chute ou de renversement d'emballage avec fuites ou déversements des produits. La première des mesures de prévention passe par une réflexion en amont sur les travaux agricoles à effectuer. Une bonne préparation et organisation sont des gages de sécurité des opérations ultérieures, ainsi que le respect des bonnes pratiques sécuritaires.
2. Utilisation Sûre des Engins Agricoles :
Les travaux agricoles de fertilisation comportent une combinaison de risques naturels et de risques liés à l'emploi de machines d'épandage. Les risques naturels sont liés au caractère accidenté des terrains et à leur déclivité éventuelle, aux difficultés d'accès, à la visibilité réduite et à la difficulté des conditions climatiques (vent, humidité, brouillard, chaleur ou froid). La durée d'exposition à la condition dangereuse influence considérablement l'incidence des facteurs de risque.
L'utilisation d'engins et machines agricoles de traction et d'épandage est dangereuse : chutes et renversements des tracteurs, coincements, écrasements, happements par les accessoires des machines en rotation. Le taux d'accidents mortels causé par l'éjection du conducteur de son siège ou consécutif au retournement du tracteur et à l'écrasement ou coincement du conducteur, est important dans le secteur agricole : soit des renversements sur le côté durant les opérations sur pente raide, au bord d'un fossé, soit des renversements vers l'arrière (cabrage) consécutif à une élévation de l'avant de l'engin. Les chutes à la descente de la cabine du tracteur sont fréquentes du fait de l'engourdissement des membres inférieurs et/ou de la glissance du marchepied ou de la chaussée boueuse.
Les interventions en cas de bourrage, les opérations d'attelage et de dételage, du décrochage de l'épandeur d'engrais, les travaux concernant les liaisons tracteurs-outils autour de l'arbre de transmission à cardans (avec des pièces mobiles à vitesse de rotation élevée), figurent parmi les situations les plus dangereuses.
Il est impératif de respecter la réglementation routière : permis, gyrophare, feux de croisement, vitesse, poids total en charge (PTC), pas de consommation d'alcool ni de produits stupéfiants, port de la ceinture de sécurité. Les parties mobiles des engins agricoles doivent être repliées ou démontées lors d'un parcours routier. L'utilisation de vêtements non ajustés ou flottants, qui pourraient être facilement happés par des pièces mobiles en rotation, est proscrite.
3. Précautions avec les Substances Naturelles :
Les dénominations naturelles, de bases, ou utilisables en agriculture biologique ne sont pas totalement un gage d’innocuité aussi bien pour l’utilisateur que pour l’environnement. Souvent la dangerosité du produit vient de la dose employée et les conditions dans lesquelles le produit est utilisé. Certains équipements de protection peuvent donc être nécessaires comme des gants, des lunettes et des vêtements de travail. Enfin, pour limiter les risques de projection, il est nécessaire d’appliquer les traitements dans des conditions climatiques adéquates.
Azote et volatilisation - Libération contrôlée et progressive des éléments nutritifs ?
Les Dangers des "Recettes Maison" et Détournements d'Usages
De nombreuses recettes « maisons » dites « naturelles », prétendument plus économiques et respectueuses de l'environnement, fleurissent sur internet pour lutter contre les ravageurs ou les herbes indésirables. Cependant, ces pratiques comportent des risques.
Un exemple courant est une préparation à base d’eau, de sel et de vinaigre, parfois agrémentée de savon noir. Le vinaigre n’est pas homologué en tant qu’herbicide. L’utiliser en tant que tel est un détournement d’usage et comporte des risques pour l’environnement et l’utilisateur, que ce soit par inhalation ou par projection. Il n’est pas efficace contre les herbes indésirables déjà bien développées qui repartiront ensuite en croissance. Cette faible efficacité nécessite d’appliquer le produit de nombreuses fois et son utilisation sur les plantules induit beaucoup de pertes qui se retrouveront directement dans le sol.
Le vinaigre acidifie le sol et entrave la vie microbienne des sols. Le sel est aussi très nocif pour les vers de terre, les collemboles et les myriapodes. S’il se retrouve dans les eaux, il peut nuire aux bactéries et micro-organismes utilisés pour le traitement des eaux. Un sol acide et « désherbé à nu » sera favorable à la prolifération de la mousse. Le sel modifie la structure des sols, entraînant des effets de tassement et de diminution de la perméabilité. D’autre part, le sel ne se dégrade pas dans les sols, il s’y accumulera au fur et à mesure des pulvérisations et polluera ensuite les nappes.
Collecte des Produits Phytosanitaires Non Utilisés
Les pesticides non utilisés et leurs emballages, mais aussi les produits chimiques d’entretien comme les peintures, les colles, l’antigel, l’essence de térébenthine, etc., ne sont pas des déchets comme les autres. Ils peuvent représenter un danger pour la santé et pour l’environnement s’ils ne sont pas collectés puis traités correctement. Il existe une filière de gestion des déchets dite « à responsabilité élargie du producteur (REP) », qui rend responsable les fabricants de la gestion de ce type de déchets. Cette gestion différenciée est financée par une contribution dans le prix d’achat des produits. L’ensemble du territoire est plutôt bien couvert par les lieux de collectes.