L'Art et la Science du Sol de Jardinage : Comprendre et Améliorer Votre Espace Vert

Tout espace extérieur, qu'il s'agisse d'un grand lopin de terre ou d'une simple jardinière sur un balcon, offre la possibilité de jardiner. Cependant, la nature du sol, élément fondamental de toute culture, varie considérablement d'un endroit à l'autre, d'une région à l'autre et, bien sûr, d'un climat à l'autre. Comprendre les caractéristiques de ce support de vie est la première étape vers un jardinage réussi et durable.

Schéma des composants du sol

Les Composants Essentiels du Sol

Le sol, ce milieu complexe et dynamique, est constitué de quatre composants principaux : des minéraux, de l'eau, de l'air et de la matière organique. Ces éléments s'agencent de manière diverse pour former les différentes textures de sol que l'on rencontre. Une terre arable, la couche supérieure propice à la croissance des légumes et des végétaux d'ornement, est généralement constituée d'argile, de sable, de calcaire et d'humus.

Les Différentes Textures de Sol

La granulométrie des particules minérales est un facteur déterminant de la texture du sol, influençant directement ses propriétés physiques et sa fertilité.

Le Sol Argileux : Une Terre Lourde mais Fertile

Le sol argileux est caractérisé par des particules d'argile dont la taille mesure moins de 0,002 mm. Cette granulométrie extrêmement fine rend ces éléments minéraux très adhérents, agissant comme un ciment. On parle d'ailleurs de sol lourd en raison de sa densité et de sa difficulté à être travaillé. Il manque d'aération, ce qui le transforme en boue lorsqu'il pleut et forme une croûte de battance lorsqu'il sèche. Cette croûte peut rendre le travail du sol particulièrement ardu. Cependant, le sol argileux retient exceptionnellement bien les nutriments, ce qui le rend intrinsèquement fertile. Sa capacité à stocker l'eau est également élevée.

Le Sol Limoneux : Souple et Productif

Le sol limoneux présente des particules dont la granulométrie se situe entre 0,002 et 0,063 mm. Cette taille intermédiaire lui confère une texture souple et agréable au toucher. Il est reconnu pour sa fertilité et sa capacité à retenir efficacement l'eau et les nutriments qu'il restitue aux plantes. Cependant, en raison de la taille de ses particules, le sol limoneux est davantage soumis à l'érosion, particulièrement dans les terrains en pente, où la pluie et le vent peuvent facilement emporter la couche superficielle riche.

Le Sol Sableux : Léger et Drainant

Avec ses particules mesurant entre 0,063 et 2 mm, le sol sableux est un sol léger, très perméable et poreux. Sa structure lâche le rend facile à travailler et il se réchauffe rapidement au soleil. Cependant, cette porosité excessive le soumet au lessivage, un processus qui entraîne l'élimination des nutriments essentiels. De plus, il s'assèche également rapidement, ce qui peut nécessiter des arrosages plus fréquents dans les périodes chaudes et sèches.

Illustration des trois types de sol : argileux, limoneux, sableux

La Terre Végétale : Un Amendement Essentiel pour le Jardin

Outre les sols naturels, il existe des matériaux spécifiques, souvent appelés "terre", qui jouent un rôle crucial dans l'amélioration des espaces de jardinage. La terre végétale en est un exemple primordial.

Qu'est-ce que la Terre Végétale ?

La terre végétale est la couche supérieure du sol, généralement riche en matières organiques et en nutriments essentiels pour les plantes. Cette couche, souvent appelée “humus”, se forme par la décomposition de matières organiques telles que les feuilles, les plantes et les animaux, sur une longue période. Elle est encadrée par une norme (norme U44-551) dont la dernière mise à jour date de 2009. Cette norme spécifie que cette terre doit provenir d’horizons humifères. La terre végétale, ce sont les premiers centimètres de sol, plus riches et fertiles que les horizons situés plus bas. Cette terre vient souvent de constructions de lotissements, de chantiers qui empiètent sur dame nature. La terre des premiers centimètres est séparée des terres plus profondes, pour potentiellement devenir de la terre végétale.

La norme précise aussi que la terre végétale peut être mélangée avec des matières organiques d’origine végétale ou animale. La terre végétale est souvent amendée avec des composts, de la matière organique. C’est logique puisque les premiers centimètres de sol sont souvent remplis d’humus, résultant d’une décomposition de feuilles mortes, herbes, brindilles, mais aussi de cadavres d’animaux, de déjections des animaux, que ce soit urines ou fèces. Et si cette matière organique manque, le vendeur de terre végétale peut très bien en rajouter. Ce sera par exemple du compost végétal jusqu’à 15% du volume total. C’est très important parce que la matière organique est un moteur de fertilité pour le sol, pour le potager. Tout jardinier y court après en ramenant constamment des composts à son potager, composts de matières végétales, composts de déchets de cuisine, composts de fumiers d’animaux.

À quoi sert la Terre Végétale ?

La terre végétale sert principalement à améliorer la fertilité du sol. Elle enrichit le sol en nutriments essentiels, favorisant ainsi une croissance vigoureuse des plantes. En outre, elle améliore la structure du sol, ce qui permet une meilleure rétention de l’eau et une meilleure aération, deux éléments cruciaux pour le développement des racines. Elle est également utilisée pour réhabiliter les sols appauvris ou dégradés, les rendant plus propices à la plantation. L’utilisation de terre végétale est indispensable lorsque le sol est trop pauvre, trop compact ou dégradé. Elle est particulièrement recommandée sur les terrains neufs, après des travaux de terrassement ou sur des sols composés de remblais.

Pourquoi utiliser de la Terre Végétale ?

Utiliser de la terre végétale dans votre jardin offre plusieurs avantages significatifs :

  • Amélioration de la qualité du sol : Elle ajoute des nutriments essentiels et améliore la texture du sol, offrant un substrat idéal pour les cultures.
  • Réduction des besoins en arrosage : Sa capacité à retenir l’eau diminue la fréquence des arrosages, un avantage économique et écologique.
  • Augmentation de la biodiversité : Un sol riche en matière organique favorise une vie microbienne abondante, bénéfique pour les plantes et l'écosystème du jardin.
  • Durabilité : La terre a un sacré argument de durabilité ; c'est un produit qui a une durabilité à vie, contrairement à certains amendements qui disparaissent rapidement.

Quand et comment utiliser la Terre Végétale ?

La terre végétale peut être utilisée à différentes périodes de l’année, en fonction des besoins spécifiques de votre jardin :

  • Au printemps : Pour préparer le sol avant les plantations, lui offrant un démarrage optimal.
  • En été : Pour revitaliser les zones appauvries après une saison de croissance intensive.
  • À l’automne : Pour préparer le jardin pour l’hiver et enrichir le sol en prévision de la saison suivante, permettant aux matières organiques de se décomposer lentement.

La mise en place de la terre végétale suit des étapes précises pour garantir son efficacité :

  1. Préparer le sol : Enlevez les mauvaises herbes et les débris. Il est essentiel de bien préparer le terrain en retirant les pierres, racines et mauvaises herbes, puis en décompactant le sol existant afin de favoriser le drainage et l’enracinement.
  2. Ajouter une couche de terre végétale : Étendez uniformément une couche de terre sur la surface préparée. L’épaisseur dépend de l’usage prévu (pelouse, plantation, potager).
  3. Mélanger avec le sol existant : Utilisez une bêche ou un motoculteur pour bien mélanger la terre enrichie avec le sol existant.
  4. Tasser légèrement : Pour assurer un bon contact entre la terre végétale et le sol.
  5. Arroser : Arrosez abondamment pour aider à l’établissement des nutriments et à l’enracinement des plantes.

Quelle épaisseur et quel type de Terre Végétale choisir ?

L'épaisseur de terre végétale à prévoir dépend de l'usage :

  • Pelouses : Pour les pelouses, une épaisseur de 5 à 10 cm de terre végétale est recommandée. Cette épaisseur est suffisante pour permettre un bon enracinement du gazon. Pour le gazon, optez pour une terre de jardin (sans cailloux) pour faciliter la tonte et éviter les dommages à la tondeuse.
  • Parterres de fleurs : Pour les parterres de fleurs, une couche de 10 à 15 cm est idéale. Cela permet aux fleurs d’avoir suffisamment de nutriments pour une croissance optimale. Pour les plantes ornementales, une terre végétale enrichie en compost peut offrir des nutriments supplémentaires.
  • Arbres et arbustes : Pour les arbres et arbustes, une épaisseur de 20 à 30 cm peut être nécessaire. Cette épaisseur assure un bon enracinement et fournit une réserve suffisante de nutriments pour les plantes. Pour les arbres et arbustes, choisissez une terre végétale avec une bonne capacité de rétention d’eau.

La quantité de terre végétale à prévoir dépend de la surface à couvrir, de l’épaisseur nécessaire selon votre projet (pelouse, massif, potager…) mais aussi du mode de livraison choisi. Pour de grands volumes ou des surfaces importantes, la terre végétale en vrac est généralement la solution la plus adaptée.

Infographie sur les épaisseurs de terre végétale recommandées

Terre Végétale ou Terreau : Une Distinction Importante

Il est primordial de ne pas confondre la terre végétale et le terreau, car ces deux notions diffèrent fondamentalement. La terre végétale est du sol, de la TERRE. C’est la résultante, sur des millénaires, d’une dégradation de la roche mère. Cette roche se dégrade en petits cailloux, qui ensuite se dégradent en sable, en limons et enfin en argile, particules les plus fines. On trouve souvent ces trois stades de décomposition dans un sol. On aura parfois un sol plutôt sableux, plutôt limoneux, plutôt argileux. La terre végétale, c'est de la terre, du minéral.

Le terreau, en premier lieu, correspond à un support de culture composé de différents éléments listés sur l'étiquette afin de correspondre à chaque utilisation : terreau de semis, terreau de rempotage, terreau horticole, etc. Chaque formulation diffère, mais on attend de lui qu'il retienne l'eau, qu'il apporte des éléments nutritifs et qu'il contribue à un bon enracinement des végétaux. Il n'est pas composé à 100% de matière organique, mais c'est un mélange spécialement formulé pour des usages précis.

La terre végétale est souvent préférée pour les grandes surfaces en raison de son coût inférieur par rapport au terreau. De plus, elle offre une solution durable pour améliorer la qualité du sol sur le long terme. Le terreau, en revanche, est généralement utilisé pour des applications spécifiques comme les plantations en pot ou pour des plantes nécessitant des soins particuliers.

Autres "Terres" et Matériaux de Culture

Outre cette gamme de sol destinée à la culture, il existe des matières que l'on appelle "terre" mais qui n'en sont pas, et parfois dont l'utilité reste bien éloignée du jardinage même si on les qualifie de "rares".

Le Terreau : Un Support de Culture Spécifique

Le terreau, en premier lieu, correspond à un support de culture composé de différents éléments listés sur l'étiquette afin de correspondre à chaque utilisation : terreau de semis, terreau de rempotage, terreau horticole, etc. Chaque formulation diffère mais on attend de lui qu'il retienne l'eau, qu'il apporte des éléments nutritifs et qu'il contribue à un bon enracinement des végétaux. Il est idéal pour les cultures en pot ou pour enrichir localement un sol.

La Tourbe : Une Matière Végétale Fossile

La tourbe, matière végétale fossile, provient des tourbières, milieux humides pauvres en oxygène. Elle se constitue durant plusieurs milliers d'années. Sa capacité à retenir l'eau et sa structure légère en font un amendement intéressant, bien que son extraction soulève des préoccupations environnementales.

La Terre de Coco : Un Résidu Textile Recyclé

La terre de coco provient des résidus issus de la transformation textile de l'enveloppe fibreuse des noix. Ce substrat fibreux est apprécié pour sa capacité de rétention d'eau et sa bonne aération.

La Terre de Sommières : Un Détachant Naturel

La terre de Sommières est une poudre argileuse ultrafine découverte au XIXe siècle dans le village de Sommières, à proximité de Montpellier, où un gisement de montmorillonite avait été découvert. L'extraction de ce minerai a participé à la diffusion du produit au pouvoir absorbant, utilisé essentiellement comme détachant à sec, mais pas dans le jardin. Son utilité est donc principalement domestique et non horticole.

La Terre de Diatomée : Un Insecticide Naturel

La terre de diatomée est extraite d'une roche sédimentaire siliceuse appelée diatomite qui s'est formée par l'accumulation de squelettes de diatomées, algues microscopiques mono-cellulaires acérées fixant la silice (elle en contient 75 à 90%). Il s'agit d'un produit naturel souvent utilisé comme insecticide mécanique pour lutter contre certains parasites au jardin, mais elle n'est pas un substrat de culture.

Les "Terres Rares" : Des Métaux Stratégiques

L'expression "terres rares" désigne en réalité des métaux stratégiques. Cette expression tend à supplanter celle de terres rares puisqu'il s'agit bien de minerais, pas toujours faciles d'ailleurs à extraire des gisements puisqu'il faut parvenir à séparer ces métaux naturellement sous forme d'alliage. Cette difficulté pourrait expliquer le recours au qualificatif de "rare" à l'époque de leur découverte, au XVIIIème-début XIXème siècle, où l'utilisation du mot "terre" devait s'entendre comme "minerai". Leur application est loin du jardinage et concerne plutôt les technologies de pointe.

L'Amélioration des Sols de Jardinage : Stratégies et Bonnes Pratiques

Parfois le sol sera une terre merveilleuse, grumeleuse, d’une belle couleur foncée laissant espérer des récoltes abondantes sans trop d’efforts. Parfois ce sera tout l’inverse avec une terre dite de remblais. Des caillasses, des morceaux de briques ou de béton venant de constructions réalisées toutes proches. Des constructions dont on a enfoui les restes sous terre. Et que dire de toutes ces terres naturelles, mais non propices à faire du potager, simplement parce qu’elles sont beaucoup trop argileuses, calcaires, sableuses, avec très peu d’activité biologique. Dans ces cas-là, des actions ciblées sont nécessaires pour créer un environnement propice à la croissance des plantes.

Diagnostic de la Terre : Connaître pour Mieux Agir

Pour évaluer simplement les qualités et limites d'une terre ou d'un terreau, voici quelques observations et tests faciles à réaliser qui vous aideront à mieux connaître la terre de votre jardin. On peut avoir une idée de la nature d'un sol rien qu'en observant puis en identifiant les plantes sauvages qui y poussent naturellement. En effet les plantes se sont adaptées à des situations variées. Une application comme PlantSnap peut vous aider à identifier les végétaux de votre jardin. Ainsi, herbes spontanées, arbustes et arbres nous renseignent sur l'état physique, chimique et biologique du sol. Sans être agronome il est possible de devenir un jardinier plus fin connaisseur de la terre de son jardin à l'aide de quelques tests rapides.

Le Test du Vinaigre : Détecter le Calcaire

Le vinaigre provoque un bouillonnement ? Ce test permet d'établir si le sol contient du carbonate de calcium. Quelques gouttes de vinaigre versées sur une poignée de terre provoque l'apparition d'un petit bouillonnement si elle est de nature calcaire. L'intensité du bouillonnement est proportionnel au taux de calcaire. Si rien ne se passe, cela signifie que votre terre est à tendance acide.

Le Test du Boudin : Identifier la Texture

Tout d'abord, si la terre prélevée (une petite poignée) à 5-10 cm de profondeur est trop sèche, il faut l’humidifier suffisamment pour pouvoir la modeler en une petite boule. Cette boule est ensuite patinée entre la paume des mains, frottées l’une contre l’autre. Si le boudin qui en résulte est granuleux et fendillé, la terre est sableuse. S’il est légèrement collant et granuleux, d’un diamètre inférieur à 7 mm, et colore un peu la peau, la terre est limoneuse. Enfin, s’il est facile de faire un cerceau, la terre est argileuse à raison d'au moins 25% d'argile.

Le Test du Pot de Précipitation : La Composition Détaillée

Pour cela, il faut prélever une bonne poignée de terre du potager ou d'un parterre. Bien la mélanger avec 2 fois son volume en eau en touillant énergiquement puis verser le mélange dans un récipient transparent, si possible cylindrique. Les graviers se déposent en premier, suivent les sables grossiers puis fins. Les limons puis les argiles sont bon derniers à se déposer après parfois plusieurs jours. Il se peut que l'eau de mélange reste trouble plus de 5-6 jours. L'épaisseur de chaque couche : graviers, sables, limons, argiles, permet déjà de se faire une idée de la nature de la terre. Si la couche la plus épaisse est celle des sables, cela signifie que le sol est, logiquement, sableux : il sera drainant et conviendra, par exemple, à la culture des carottes, de l'ail ou de crocus. À l'inverse, il ne retiendra que très peu d'eau : il faudra choisir des plantes adaptées à cela. À l'opposé, une couche épaisse en argile indique un sol asphyxiant lors des pluies mais riche en sels minéraux variés.

Connaître la texture d'un sol : test du bocal

L'Observation Visuelle et Olfactive : Indices Précieux

Il suffit de réaliser, à l'aide d'une bonne bêche, un simple trou de 40 cm au carré et profond d'autant pour avoir des indications supplémentaires concernant la nature d'une terre. Cette expérience se fait en dehors de conditions météos extrêmes. Le sol ne doit être ni trop sec, ni trop humide. La sortie des premières bêchées indique si le sol est compact, granuleux, ou s'il est de bonne tenue tout en se défaisant facilement. Une simple observation visuelle aide à évaluer les qualités et défauts du sol de son potager. Plus elle est sombre, plus elle contient de l'humus. À l'inverse, des traces blanches ou bleu-vert indiquent la présence d'argile. Par ailleurs, si elle dégage une odeur forte et désagréable, c'est le signe d'une mauvaise aération. De là, il n'y a qu'un pas à franchir pour soupçonner un compactage du sol ou un excès d'eau (évacuation imparfaite). Si de nombreux vers de terre sont visibles, ainsi que d'autres représentants de la faune souterraine, c'est bon signe. De même, la présence de nombreuses racines, bien ramifiées et qui s'enfoncent dans les 30-40 premiers centimètres de terre est un signe de plus qui indique que le sol est aéré, vivant et fertile.

Amendements et Apports Organiques : Nourrir le Sol

Le diagnostic étant posé, la terre ayant reçu une "appellation" (acide, calcaire, humide, sèche, argileuse, sablonneuse, etc.), il reste alors à l'améliorer grâce à des apports de matière, qualifiés d'amendements.

Amendements Minéraux : Ajuster la Structure et le pH

Les sables grossiers, vendus dans les jardineries ou les coopératives agricoles, peuvent être utilisés pour alléger les sols trop argileux. Les amendements calcaires, tels que la chaux, la chaux magnésienne (la magnésie renforce la couleur des pigments de nombreuses fleurs, dont les roses), les algues calcifiées ou le calcaire broyé, sont également disponibles. Ces deux éléments permettent de ramener une terre ou un terreau trop acide vers la neutralité chimique. Ce faisant, ces matières améliorent aussi la porosité (proportion d'espaces vides) du sol, rendent terres et terreaux davantage meubles tout en renforçant la stabilité de la structure. Grâce à cela, la terre résiste aux précipitations ; les mottes gardent leur forme.

Apports de Matière Organique : Le Moteur de la Fertilité

Les apports de matière organique constituent, et de loin, la meilleure amélioration qu'un jardinier amateur puisse apporter à sa terre. Concrètement, cela consiste à épandre, de façon régulière dans le temps (tous les ans ou tous les 2-3 ans) différentes matières organiques en voie de décomposition, telles que :

  • Compost-maison ou acheté
  • Algues échouées
  • Fumiers variés
  • Terreau de feuille
  • Déchets de tailles compostées, etc.

Cela donne du corps aux terres maigres (de type sableux) et ameublit les terres lourdes (de type argileux). Cela enrichit la terre en sels minéraux nutritifs dont bénéficient les plantes, au fur et à mesure que l'humus du sol se minéralise. Cela stimule aussi la vie de la faune et de la flore du sol. On comprend alors le cycle : la matière organique apportée par le jardinier se transforme en humus (un bon sol en contient de 2 à 5 %), cet humus se transforme à son tour en sels minéraux. Dans le temps, il y a donc une perte régulière d'humus dans toute terre ou terreau. Il faut compenser cette perte par les apports réguliers de matières organiques.

Schéma du cycle de la matière organique dans le sol

Le Broyat : Une Richesse en Carbone

Pensez au broyat qui, lui aussi, permet de redonner vie à bien des sols. Mélangé aux premiers centimètres, il est rétenteur d’eau, générateur d’activité biologique et d’humus à moyen et long terme. Vous pourrez en trouver via des paysagistes. Le broyat a le mérite d’être très riche en carbone : on estime que 12 cm de broyat équivaut à peu près… à 90 cm de paille en termes d’apport de carbone !

La Solution Radicale : Remplacer le Sol

Dans des cas extrêmes où le sol de départ est très calamiteux, avec 0 % de sable et des cailloux gros comme la main, presque collés les uns contre les autres, la pratique du potager n’est pas chose aisée. Sitôt un manque d’humidité ou au contraire trop d’humidité, vous aurez un sol compact, presque du béton. Et à l’inverse comme de la glaise si ce sol est trop humide. C’est intéressant pour faire de la poterie, mais un peu moins envieux pour faire du potager. Et concernant les gros cailloux à tout va, et bien tout simplement, les légumes ne poussent pas dans les cailloux. Trop de sable est aussi une difficulté conséquente. Regardez la plage. Force est de constater que peu de légumes y poussent.

Dans ces situations, faire un carré potager rempli de terre végétale, ou encore décaisser quelques mètres carrés pour y installer à vie de la terre végétale est une solution rapide et efficace. Remplir un carré potager de terre végétale : une solution pour cultiver directement dans de la bonne terre. Attention cependant : les carrés ont tendance à sécher plus vite qu’un potager à même le sol. C'est une méthode que de nombreux jardiniers ont adoptée avec succès, comme en témoigne l'expérience d'Olivier qui, face à une terre d'argile et de cailloux, a choisi de décaisser son sol ingrat et de le remplacer par une belle terre végétale, s'épargnant ainsi des années d'efforts.

Aménager l'Espace de Jardinage : Conception et Écologie

L'aménagement de l'espace de jardinage va au-delà de la simple composition du sol. C'est une démarche qui intègre la biodiversité, les pratiques durables et une conception réfléchie.

Le Jardin comme Refuge de Biodiversité

Nos jardins, nos balcons, nos parcs sont des refuges pour les oiseaux, les insectes, la faune du sol… Réunis ils forment ce que l’on appelle des corridors écologiques car ils permettent à la biodiversité de circuler. Balcon fleuri, potager, cour d’école végétalisée… Le champ des possibles est vaste. Tondre moins souvent, accepter des herbes folles, un coin de feuilles mortes ou un tas de bois, c’est offrir toit et couvert à une multitude d’espèces : pollinisateurs, hérissons, oiseaux ou amphibiens.

Les 6 Bonnes Pratiques pour Favoriser la Biodiversité

  1. Tondez moins souvent : Pour laisser pousser fleurs et graminées. La pelouse rase est un désert pour la biodiversité. Vous pouvez aussi essayer une tonte en mosaïque qui alterne les zones courtes et hautes pour accueillir fleurs et insectes.
  2. Prévoyez des points d’eau : Car, par exemple, une mare naturelle accueille amphibiens et libellules. Vous pouvez aussi réduire l’arrosage en installant un récupérateur d’eau de pluie.
  3. Recyclez les déchets verts : Car le broyat nourrit les sols et sert de paillage. Les sols couverts restent fertiles et humides plus longtemps.
  4. Utilisez des plantes locales : Elles sont souvent mieux adaptées au climat et au sol de votre région, nécessitant moins d'eau et de soins, et offrant un habitat aux espèces locales.
  5. Évitez les pesticides : Dans le cadre de la stratégie Écophyto 2030, de nombreuses collectivités réduisent l’usage des pesticides et expérimentent des pratiques plus respectueuses du vivant : paillage, désherbage thermique, plantes locales et gestion différenciée.
  6. Créez des habitats diversifiés : Un coin de feuilles mortes, un tas de bois, des pierres… autant de micro-habitats pour la faune du jardin.

Exemple de jardin favorisant la biodiversité

La Conception du Potager : Praticité et Écologie

Pour la partie ornementale du jardin, il est tout à fait possible de s’adapter à n’importe quelle situation : sol sec ou humide, pauvre ou riche, terrain en pente ou plat, bien exposé ou à l’ombre… Il suffit de choisir les plantes en conséquence. Et en ce qui concerne le plan, il pourra être géométrique ou fantaisiste. C’est une affaire de goût et de style.

Mais pour ce qui est du potager et du verger, le choix de l’emplacement est extrêmement important. Il est idéal d'avoir un terrain bien exposé, c’est-à-dire dégagé au sud, et protégé des vents. Un jardin potager peut être minuscule, voire se réduire à une jardinière sur un balcon ou dans une cour : les possibilités d’organisation sont alors limitées. Un potager circulaire, en spirale ou pointilliste, pourquoi pas ? Le jardin est un lieu où chacune et chacun s’expriment. Mais la ligne droite et le rectangle, souvent employés dans les potagers, ne sont pas contradictoires avec l’écologie et la biologie. Ils sont surtout bien pratiques quand il s’agit de planter, semer, entretenir, circuler au quotidien ! Bref, s’il est un stade où le jardinier doit faire preuve d’autorité, c’est au moment de la conception spatiale de son jardin potager.

Éléments Clés de la Conception d'un Potager

  • Un coin de compostage : Idéalement proche de l’entrée et pas trop éloigné de la cuisine (pour limiter les déplacements), abrité du soleil par des arbustes (noisetiers, sureaux, groseilliers, etc.).
  • Des parcelles cultivées (planches) : De largeur constante (1,10 à 1,30 m, de façon à pouvoir accéder facilement au milieu), séparées par des sentiers de 30 cm. La pomme de terre ou le potiron peuvent occuper plusieurs planches contiguës, ce qui entraîne la suppression provisoire des sentiers. La culture en planches n’empêche pas d’associer des cultures car chaque planche peut comporter de 2 à 5 lignes. Elle présente l’avantage de découper le potager en parcelles égales que l’on peut numéroter. Il est alors facile d’organiser une rotation des cultures. Il est utile, pour les repérer, de piqueter chaque coin de planche.
  • Un point d’eau : Pour remplir les arrosoirs ou brancher les tuyaux, indispensable pour l'arrosage.
  • Des lianes, arbres et arbustes fruitiers : Plantés à la périphérie du potager (de préférence à l’ouest et au nord), pour éviter que les légumes ne se trouvent à l’ombre et pour servir de brise-vent.
  • Les sentiers : Ils peuvent être enherbés et c’est bon pour le sol. Mais il faut, dans ce cas, couper l’herbe de temps en temps à la houe, à la cisaille à bordure, à la faucille ou à la tondeuse à fil. Il est aussi possible de couvrir allées et sentiers avec de la paille, des copeaux, de la sciure de bois, des écorces, etc. Mais, s’ils ont l’avantage de structurer un potager en parcelles, les sentiers prennent de la place et sont un lieu privilégié d’envahissement par les adventices vivaces (rumex, renoncule, etc.). Dans les petits jardins, on pourra se passer de sentiers.

Regarder par-dessus la haie des voisins pour vérifier ce qui se voit et s’avère plaisant est aussi une bonne source d'inspiration pour l'aménagement.

Approvisionnement en Terre Végétale : Logistique et Coût

Pour des plus gros volumes, tournez-vous plutôt vers des sablières, des entreprises spécialisées. Vous trouverez via un bon moteur de recherche ou sur des sites d’annonces, des sources d’approvisionnement de terre végétale. Mais attention à bien vérifier la qualité de la terre. La terre végétale en vrac est plus économique pour les grands projets. Elle est vendue au mètre cube et peut être livrée directement sur votre chantier. Les livraisons peuvent être effectuées en porteur de 8m³, porteur avec remorque de 18m³, ou en semi-benne TP de 20m³. Vous pouvez également choisir l’enlèvement par vos soins sur nos dépôts.

La terre végétale en sac big bag est une solution pratique pour les grands projets. Les big bags, généralement de 0,1m³ à 1 m³, facilitent le transport et la manipulation de grandes quantités de terre.

Concernant le coût économique, tout dépendra évidemment de votre surface. La tonne de terre vous comblera environ 8 m² sur 20 cm de profondeur, ou 4 m² sur carrément 40 cm de profondeur si vous voulez allez plus profond encore. Déjà avec 20 cm, l’énorme majorité des cultures pourra pleinement se développer. La tonne se vend entre 25 et 80 €. Les disparités sont énormes selon les régions, les facilités d’approvisionnement. En jardinerie, le sac de 25 kilos coutera autour des 10 € et le rapport prix/quantité sera bien plus élevé que via des gros volumes.

La terre végétale vous procurera une terre sans cailloux, sans remblai, bien amendée. Il restera à lui donner du corps, de la structure, de l’activité biologique. Il sera intéressant de rapidement lui apporter de la matière organique non compostée, du broyat, des paillages diversifiés, pour que bon nombre d’organismes environnants viennent vivre et se développer dans votre terre. Une fois votre terre végétale apportée, vous pouvez la pailler pour commencer à la rendre vivante et plus fertile ! Vous pourrez aussi au fil des saisons, enrichir chaque mètre carré d’une bonne poignée d’engrais organique pour redonner toute une fertilité à votre sol et permettre aux cultures de trouver tout ce dont elles ont besoin. Et bien sûr, l’eau ! C’est 90 % du poids de vos légumes. C’est le moteur de toute activité biologique. Alors si la pluie venait à manquer, pensez à maintenir votre terre végétale humide comme une éponge essorée en arrosant si nécessaire.

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