L'art de faire pousser les plantes grimpantes vers le bas : une perspective inattendue

Les plantes grimpantes, souvent associées à l'ascension et à la conquête verticale, peuvent également être utilisées de manière surprenante pour créer des effets spectaculaires en retombée. Que ce soit pour habiller un mur, dissimuler une clôture, créer un rideau végétal ou végétaliser une pergola, l'approche de la culture en cascade offre des possibilités esthétiques et pratiques insoupçonnées. Si la permaculture cherche à densifier au maximum le nombre de plantes sur un même endroit en utilisant différentes strates de végétations qui exploitent différents espaces en hauteur, imitant ainsi ce que fait la nature, l'intégration de grimpantes en retombée s'inscrit parfaitement dans cette logique.

Plantes grimpantes en cascade sur un mur

Bien que la plupart des plantes grimpantes soient naturellement prédisposées à s'élever, certaines espèces, ou des adaptations de culture, permettent de les orienter vers le bas, créant des cascades de verdure et de fleurs. Cependant, il est important de comprendre les particularités de ces plantes et les conditions de leur croissance pour réussir un tel aménagement.

La nature des plantes grimpantes : une diversité fascinante

Les plantes grimpantes se distinguent par leurs méthodes d'accroche et leur cycle de vie. Comprendre ces différences est essentiel pour choisir la bonne espèce et lui offrir un support adapté.

Types de plantes grimpantes selon leur cycle de vie

On peut distinguer plusieurs catégories de plantes grimpantes :

  • Les annuelles : Ces plantes accomplissent leur cycle de vie en une seule saison. Elles produisent des fleurs et des graines avant de mourir. Si une espèce grimpante annuelle fane brusquement en cours de végétation, il n'y a pratiquement rien à faire. Des exemples incluent le petit pois, le haricot d'Espagne ou la gloire du matin. Elles nécessitent chaque année du temps et de l'énergie, ainsi qu'un sol préparé, et atterrissent souvent au potager.
  • Les vivaces : Lorsque vient l'hiver, seule la partie souterraine de ces plantes perdure, tandis que toutes les parties aériennes (tiges, fleurs et feuilles) meurent. La végétation repartira d'elle-même au printemps suivant, vous n'aurez donc pas de nouvelle plantation à faire. La fleur de glycine tubéreuse est une belle grimpante vivace aux tubercules comestibles, et le plant femelle de houblon porte les fameux cônes à la base de la préparation de nombreuses boissons, plats et remèdes.
  • Les ligneuses : Ces plantes créent des tiges dures, du bois (la lignine). Chaque année, les nouvelles pousses souples se transformeront en tiges rigides et serviront de support aux pousses de l'année suivante. Le lierre, la glycine, les rosiers grimpants et les clématites en sont des exemples.

Méthodes d'accroche des plantes grimpantes : comment s'élèvent-elles ?

Pour comprendre comment faire pousser une plante grimpante vers le bas, il est crucial de saisir la manière dont elle grimpe naturellement. Si vous voulez savoir comment faire un support adapté et durable pour votre plante grimpante, il faut comprendre comment celle-ci se développe et grandit sur un tuteur, et donc comment elle grimpe.

  1. Les plantes à crampons ou ventouses : Ce sont les plantes qui sont capables de s'accrocher directement sur le tuteur à l'aide de petits filaments nommés crampons (parfois appelés aussi racines adhérentes) ou alors en utilisant des ventouses (ou coussinets adhérents). L'exemple le plus connu est le lierre, une formidable plante pour un jardin en permaculture. La vigne vierge utilise des ventouses pour grimper sur un support. Le lierre utilise des crampons pour grimper sur un support. Ce type de croissance a un avantage : c'est que la plante se débrouille toute seule pour s'attacher et trouver le chemin optimal pour elle. Cependant, attention, le jour où elle est morte ou que vous souhaitez l'enlever, les ventouses ou racines resteront sur le mur.
  2. Les plantes volubiles : Ces plantes s'enroulent autour de leur support. C'est le cas de nombreuses clématites, du chèvrefeuille et de la glycine. Attention, certaines de ces plantes, en s'entourant autour d'un objet, vont le serrer de plus en plus au fil de leur croissance. Sur d'autres plantes grimpantes, c'est seulement le pétiole (partie entre la tige et la feuille) qui est volubile et qui permet à la plante de grimper. Généralement, ces plantes ne développent pas de grosses tiges.
  3. Les plantes à vrilles, à épines ou à tiges rigides : Les plantes à vrilles s'enroulent autour de fines branches ou de fils. Les rosiers grimpants et leurs cousins encore plus hauts, les rosiers lianes, ne grimpent pas du tout. Il faut fixer leurs tiges au tronc ou à un treillis appuyé au tronc pour les lancer dans la bonne direction. Leurs épines, étant en forme de courbe vers le bas, se stabiliseront très facilement sur des appuis.

Préparer le terrain pour une croissance optimale

La préparation du sol assure une meilleure reprise des plantes grimpantes, bien que celles-ci, pour la plupart, poussent dans n'importe quelle terre. Cependant, elles se développent mieux dans une terre riche.

Le sol : une base essentielle

Le sol doit donc être profondément bêché et bien drainé. Les terrains situés près des murs posent généralement quelques problèmes, car la terre y est souvent pauvre, pleine de gravats et de décombres enterrés lors de la construction de la maison. Elle est également souvent sèche, car elle se trouve alors protégée de la pluie par les larmiers qui la surplombent. Parfois, il est préférable de retirer, sur une profondeur de 30 centimètres environ, la terre ainsi que les gravats qui s'y trouvent, et de la remplacer par de la bonne terre additionnée de fumier décomposé, de compost, de terreau, etc.

Le pH du sol est également un facteur important. La grande majorité des plantes vivent dans une terre dont le pH oscille entre 6 et 7. Une terre très calcaire peut être corrigée par des apports de chaux, mais il faut y aller prudemment, car les excès en matière de jardinage ne sont jamais bons. Si votre sol est très compact (une terre très lourde), pensez à mettre une couche drainante au fond des trous de plantation. Une terre très sableuse est facile à travailler et à bêcher, mais l'eau s'y écoule rapidement sans avoir le temps d'abreuver les racines.

Coupe transversale d'un sol préparé pour une plante grimpante

L'arrosage et le paillage : des gestes indispensables

La première année qui suit leur plantation, les grimpantes ont besoin d'être quelque peu aidées. Ils sont indispensables, même s'il pleut, car l'eau du ciel n'atteint généralement pas le pied des murs contre lesquels vivent ces plantes. De même, lors des périodes de sécheresse, il est nécessaire d'arroser copieusement, en détrempant le sol de temps à autre. Pour maintenir une fraîcheur constante et limiter l'évaporation de l'eau, vous avez tout intérêt à mettre en place un paillis, qui empêche le sol de se dessécher pendant les fortes chaleurs. Ce paillis peut être composé de compost de jardin, de terreau, de déchets de tonte, de feuilles à demi pourries, de fumier bien décomposé, ou de tourbe humide. Certes, des paillis annuels apportent beaucoup d'éléments nutritifs.

Fertilisation et protection : pour une plante en pleine forme

Au printemps et en été, des engrais complets sont bénéfiques, car ils stimulent la végétation. Ne les oubliez pas, car les plantes grimpantes ont aussi leurs parasites et leurs maladies. Traitez dès le mois d'avril, et ne laissez surtout pas les insectes et les maladies s'installer. En cas de froids rigoureux, complétez la protection par de vieux sacs et de la paille.

La plantation : un démarrage réussi

Pour les grimpantes arbustives, dont les rosiers, la plupart se plantent d'octobre à mars, c'est-à-dire durant le repos de la végétation. Grâce à la technique des conteneurs, les clématites peuvent être plantées toute l'année, sauf par période de gel.

Distance et profondeur de plantation

Les bases des murs dépassent généralement de quelques centimètres la surface du mur lui-même. Pour cette raison, et afin d'éviter que le sol ne soit trop sec, effectuez cette plantation en laissant environ 15 centimètres entre le mur et le collet de la plante.

Pour un rosier, plantez dans un trou profond de 40 cm en tous sens, plus large si la terre est mauvaise près du mur. Pensez à bien le drainer. Inclinez les racines et dirigez-les dans la direction opposée à celle du mur. Ne collez pas le rosier au mur, car cela compliquerait les travaux ultérieurs d'entretien : taille, palissage. Pour la clématite, creusez le trou, toujours de 45 cm en tous sens, à 60 cm de la tige principale de l'arbuste-support.

Pour recouvrir un mur ou un grillage avec des plantes grimpantes pour le cacher et donc le recouvrir totalement, il est conseillé de planter en terre un pied de plante grimpante tous les 2 mètres environ.

Techniques de plantation spécifiques

  • Rosiers : Pralinez les racines, en les trempant dans une solution spéciale pour pralinage (type Pralin-Plantes) ou bien dans de la boue argileuse additionnée d'un peu d'hormones d'enracinement.
  • Clématites : Au fond du trou, mettez une couche drainante de 15 cm d'épaisseur faite de tessons de pot, de graviers, de briques, de galets. Entourez le tronc de l'arbre d'une bande de grillage, sur lequel vous palisserez la clématite.
  • Drainage : Tapissez le fond d'une couche drainante faite de tessons recouverts de sable grossier. Les racines des plantes ne doivent pas être tassées ni emmêlées. Beaucoup de plantes grimpantes sont livrées en pots ; aussi, pour ne pas abîmer la motte, il est nécessaire de briser le pot.

Considérations sur l'ensoleillement

Il faut bien préciser que les goûts de chaque espèce en matière d'ensoleillement sont différents. Le rosier ne fleurit bien que lorsqu'il dispose de soleil et d'air.

Supports : l'art de guider les plantes

Si vous ne placez aucun support à la disposition des plantes grimpantes, elles vont se mettre à ramper sur le sol. On les utilise d'ailleurs parfois comme couvre-sols, par exemple dans les endroits où le gazon refuse de pousser (trop d'ombre) ou bien sur des talus, qu'il serait difficile de tondre. Si vous désirez les habiller de verdure et de fleurs, vous devez prévoir des supports plus ou moins robustes selon la nature des plantes choisies. Il est préférable de placer un tuteur auprès des plantes jusqu'à ce que leurs pousses atteignent le fil de fer, le treillis ou tout autre support auquel elles pourront s'accrocher ou s'enrouler.

Supports adaptés à différentes plantes et situations

  • Plantes à forte végétation (glycine, vigne) : Soyez prudent, car la glycine mérite amplement son surnom de "bourreau des grilles". Pour ces espèces, l'autre solution est d'installer un support très résistant comme un système de câbles en inox, prévu pour encaisser de fortes pressions et charges lourdes. Ainsi une glycine ou une vigne pourra s'autoporter sur sa base au bout de quelques années. Donc si le tuteur se casse à la base, cela n'aura que peu d'importance.
  • Espèces exubérantes (chèvrefeuille, rosier, pyracantha, hydrangea) : Pour palisser ces plantes sur un mur, prévoyez sur le mur la place que doit couvrir la grimpante ; délimitez cette surface par des pitons à vis (inoxydables), à tête en anneau, fixés dans le mur au moyen de chevilles.
  • La plupart des grimpantes : Le treillage décoratif est une excellente solution, mais onéreuse dans le cas d'un grand mur. Ce treillage est vendu en panneaux qui couvrent, en principe, une surface rectangulaire de 1m x 4m. Extensible, il est en bois naturel (cèdre rouge, sapin de préférence), peint en vert, ou bien en plastique vert ou blanc. Vous le retiendrez pour les balcons et les terrasses principalement, et le poserez sur chevrons à 5 cm du mur pour permettre l'aération des plantes et leur palissage. Pour que les pousses des plantes grimpantes puissent avoir la place de se développer et de s'accrocher facilement d'elles-mêmes, le treillis doit être fixé à environ 5 cm du mur, isolé de celui-ci par des cales ou des intercalaires en bois. Si les treillages doivent être accolés à des murs peints, il est préférable de les placer de telle sorte qu'ils puissent facilement se rabattre pour permettre de repeindre lesdits murs. À cet effet, posez une charnière au bas du treillage et fixez-la sur une planche de bonne dimension, elle-même arrimée au mur.

Exemples de treillages muraux pour plantes grimpantes

Supports moins conventionnels

  • Poteaux et perches : Vous pouvez réaliser une perche à grimper verticale, que vous terminerez par une patte plus large. Par la suite, vous installerez des fils horizontaux. Il ne vous restera plus qu'à palisser la plante grimpante, en utilisant un lien lâche.
  • Lices : La lice, en ciment ou en plastique blanc, est fréquente dans les régions d'élevage, comme la Normandie. On les aime ou non, et cette affaire de goût ne se discute pas. Il n'en reste pas moins que ces éléments "rétro" ne manquent pas de charme lorsqu'ils sont bien intégrés dans un jardin. Vous l'égayerez aisément en plantant toutes sortes d'espèces volubiles.
  • Supports sur pied : Il existe des supports sur pied, en différentes largeurs (1 m, 1 m50, 2 m et 2,50 m), parfaits pour enjamber une allée. Des pylônes en fer, en plusieurs hauteurs (1,20 m, 1,60 m et 2 m), sont des supports pour toutes plantes pas trop vigoureuses, principalement les clématites et les rosiers grimpants.
  • Tuteurs parapluie : Le tuteur parapluie, qui existe en trois hauteurs (2 m, 2,50 m et 3 m), vise d'abord à obliger la plante à fortifier sa tige principale. De nombreuses branches florifères se développeront ensuite au-dessus de la couronne du tuteur métallique.

Les arbres comme supports naturels

Une hydrangée grimpante (Hydrangea petiolaris) qui monte dans un arbre : rien de plus naturel ! Peut-on faire monter les plantes grimpantes dans un arbre ? Bien sûr ! C'est d'ailleurs ainsi que la plupart vivent à l'état sauvage (rares sont les pergolas et les treillis dans la nature !). L'aristoloche siphon (Aristolochia macrophylla) fait un joli effet quand elle monte sur un arbre.

Il faut souvent une corde ou un filet pour aider certaines grimpantes, comme ces clématites, à commencer leur montée dans un arbre. Ce n'est pas le cas de toutes les grimpantes volubiles. Plusieurs, comme la clématite et les variétés annuelles comme le haricot d'Espagne ou la gloire du matin, ne peuvent se fixer que sur des supports très minces : une corde, un filet, une branche mince, etc. Il faut fixer les rosiers grimpants (ici Rosa 'Blue Magenta', un rosier liane) au tronc.

Il ne faut pas planter la grimpante directement au pied de l'arbre hôte, car il y aura trop de grosses racines à cet endroit et la plantation sera ardue. De plus, en général, près du tronc les conditions seront trop sombres, sèches et faibles en nutriments pour maintenir une bonne croissance. À la place, plantez-la en marge de la ligne d'égouttement (limite de la canopée feuillue), où les racines seront moins dominantes. Par la suite, dirigez les tiges de la grimpante vers le tronc, les fixant au sol avec des piquets s'il le faut.

Évidemment, il faut être logique dans votre choix de grimpante. Si une grimpante est considérée comme envahissante dans votre région, comme le kudzu (Pueraria montana lobata), le chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica) ou le bourreau des arbres (Celastrus orbicularis), considérés comme indésirables dans plusieurs régions d'Amérique et d'Europe, il ne faut bien sûr pas la planter. Une grimpante moins vigoureuse, comme un rosier grimpant, fait un meilleur choix pour un petit arbre comme ce pommier. Aussi, une grimpante vigoureuse et de très grande taille, comme le lierre de Boston (Parthenocissus tricuspidata), la vigne vierge (P. quinquefolia), le lierre commun (Hedera helix) ou le bourreau des arbres (Celastrus spp.) pourrait venir dominer et même recouvrir un jeune arbre ou un arbre de taille naturellement restreinte, comme un érable du Japon (Acer palmatum) ou un pommier (Malus spp.). Il faudra limiter la plantation de ces espèces dominantes aux grands arbres déjà assez matures.

Le palissage et la taille : des techniques pour maîtriser la croissance

Le palissage consiste à diriger les nouvelles pousses dans la direction voulue et à les attacher à leur support. Il est particulièrement utile lorsqu'il s'agit de diriger les pousses horizontalement ou presque horizontalement, alors que la croissance naturelle de la plante est ascendante. Pour d'autres grimpantes, la taille s'avère indispensable si l'on désire obtenir des floraisons massives et régulières.

PLUS IMPORTANT que la taille! Palissez votre rosier grimpant pour plus de fleurs

Taille des clématites

  • En fin d'hiver : Vous taillerez les clématites durandii, flammula, jackmanii, orientalis, paniculata, et les hybrides à grandes fleurs issus des clématites jackmani et viticella. Toutes ces plantes épanouissent leurs fleurs sur les pousses de l'année. En février donc, vous couperez toutes les tiges de l'année précédente afin d'obliger la clématite à émettre de nouvelles pousses qui porteront les fleurs.
  • Après la floraison : Pour les variétés qui fleurissent au début du printemps, épanouissant en mai-juin de très larges fleurs sur les pousses de l'année précédente, vous taillerez légèrement les branches faibles ou desséchées. En procédant ainsi, vous favoriserez un refleurissement à l'automne (les fleurs seront moins grandes au printemps mais présentes néanmoins).
  • En mars : Pour les clématites qui fleurissent deux fois par an, d'abord en fin de printemps sur les pousses de l'année précédente, puis en fin d'été sur les longues tiges de l'année, vous taillerez de façon à raccourcir les rameaux secondaires ; coupez au-dessus d'un bourgeon bien formé.

Taille de la glycine

Pour cette merveilleuse plante, la taille n'est pas indispensable, mais nous vous la conseillons néanmoins, car d'une part elle limite l'exubérance de la glycine et d'autre part améliore sa floribundité. En fin d'hiver : Vous taillerez "à la coursonne", pour utiliser le jargon des professionnels. Le but de cette taille est de conserver quatre ou cinq belles branches, que l'on renouvelle chaque printemps en supprimant les plus vieilles au profit des nouvelles.

Taille générale pour les autres grimpantes

Pour cette plante, la taille consiste d'abord en un nettoyage et en un éclaircissement de la charpente. Le but est de laisser la plante respirer et de favoriser sa croissance.

Faire pousser les grimpantes vers le bas : un défi stimulant

Il est tout à fait possible de faire pousser des plantes grimpantes vers le bas, bien que cela puisse parfois aller à l'encontre de leur nature profonde. Les jardiniers aiment cultiver des plantes grimpantes (plantes qui escaladent les arbres, les treillis, les murs et autres supports dressés) dans des paniers suspendus, avec leurs tiges qui pendent vers le bas. Cependant, le comportement des plantes peut changer de manière significative.

Les effets de la retombée sur les plantes grimpantes

Beaucoup de grimpantes commencent à produire des feuilles de plus en plus petites quand elles retombent. Et plus elles retombent, plus les feuilles sont petites. C'est notamment le cas de la plupart des aracées, y compris les philodendrons, les monsteras, les syngoniums et les pothos, et de nombreux Cissus aussi. Chez d'autres espèces, les feuilles ne rapetissent pas, mais les tiges pendantes atteignent une certaine longueur, puis cessent de pousser. Et chez d'autres encore, les tiges retombantes ne produisent plus de fleurs.

Il y a des grimpantes qui se battent férocement contre tout effort pour les faire retomber. Les gloires du matin susmentionnées, par exemple, et aussi les thunbergies, commenceront rapidement à s'entortiller autour de leurs propres tiges dans un effort pour se redresser. Tous ces effets sont le résultat d'hormones appelées auxines présentes dans l'extrémité des tiges volubiles. C'est ce qu'on appelle la dominance apicale. Tant que la tige grimpe, certaines de ces auxines se trouvent concentrées dans sa partie supérieure et stimulent sa croissance. À ce stade, la tige poussera dans le sens contraire de la lumière, une action appelée phototropisme négatif, ce qui est normalement une chose très inhabituelle pour une tige. Mais en fait, c'est très logique pour une grimpante à la recherche d'un support. L'ombre profonde est souvent causée par un tronc d'arbre ou un autre objet dressé sur laquelle la tige pourrait éventuellement grimper. Ainsi la tige se dirige vers l'objet le plus sombre des alentours. Une fois qu'elle l'a atteint, elle reprend sa croissance dressée, s'appuyant sur son nouvel hôte. Et elle recommence à faire du phototropisme positif comme n'importe quelle plante normale, dirigeant sa croissance vers la source de lumière. Aussi, les feuilles qui se forment commencent à reprendre une plus grande taille.

Schéma de la dominance apicale chez les plantes

Un philodendron grimpant (Philodendron hederaceum) qui file le parfait bonheur, car on le laisse grimper. Si vous changez de tactique et laissez vos plantes grimpantes grimper, peut-être sur un treillis, un poteau de mousse ou un mur, plutôt que de retomber d'un pot, attendez-vous à des changements de comportement. Beaucoup d'aracées (philodendrons, pothos, monsteras, etc.) commenceront graduellement à produire des feuilles plus grandes - nettement plus grandes - quand elles peuvent grimper. Et votre vieux pothos (Epipremnum aureum, syn. Scindapsus aureus) aux feuilles géantes découpées. De plus, cette augmentation de la taille des feuilles est reliée à la maturité sexuelle de la plante : une fois qu'elles atteignent leur pleine taille, ces aracées commenceront à fleurir et à produire des graines.

D'autres grimpantes continuent de produire de petites feuilles quand elles grimpent, souvent pendant des années. Puis, quand elles arrivent à une hauteur suffisante, elles passent soudainement de cette forme juvénile à leur forme adulte, avec des feuilles beaucoup plus grandes souvent de forme très différente. De plus, elles commencent aussi à fleurir et à produire des graines. Le figuier rampant (Ficus pumila) change complètement d'apparence, avec des feuilles plus grosses et plus coriaces, quand il atteint la maturité.

Quand la retombée est naturelle : les couvre-sols et épiphytes

Ce ne sont pas toutes les grimpantes qui réagissent mal quand on les permet de retomber. Et puis il y a le cas des plantes rampantes que nous utilisons dans les paniers suspendus, comme la misère (Tradescantia spp.) et le lierre suédois (Plectranthus australis). Bien que nous pourrions les prendre pour des grimpantes, en fait, elles ne le sont pas : il s'agit de plantes couvre-sol. Dans la nature, les plantes rampantes s'étendent latéralement, s'enracinant au contact avec le sol et forment ainsi un tapis de verdure.

Il en va de même pour les plantes épiphytes (celles qui poussent sur les branches d'arbres dans la nature), comme la plante de rouge à lèvres (Aeschynanthus spp.) et la plante poisson rouge (Nematanthus spp.). Elles sont magnifiques en panier suspendu, car leurs tiges s'arquent tout naturellement vers l'extérieur et le bas et elles fleurissent sans problème de cette manière.

Créer un rideau végétal tombant : idées et espèces

Pour ceux qui souhaitent obtenir une sorte de rideau haut de 2 à 3 mètres, en exposition sud, sans abîmer le mur, plusieurs options sont envisageables.

Suggestions de plantes retombantes

  • Cotoneaster dammeri : Cette plante peut très bien cascader sans se marcotter. Un exemplaire greffé sur tige peut cascader tout son saoul. Il peut atteindre 2 à 3 mètres de retombée.
  • Vigne vierge : Maria a observé dans sa commune une bordure de route avec un terrain pentu en surplomb où des murs en béton avaient été installés pour soutenir la terre. Dans le haut du mur, des arbustes et couvre-sols ont été installés, et à intervalle régulier, des vignes vierges ont été plantées pour dégringoler le long dudit mur et le recouvrir à terme. C'est une idée qui aurait le mérite de ne pas coûter trop cher et de couvrir vite un mur immense. Les vignes vierges s'enflamment à l'automne, ce qui est très joli.
  • Clématite armandii : Cette clématite est une sacré coureuse et persistante, pas fragile. Cependant, sa rusticité est à vérifier en fonction de la région, avec une crainte pour des températures inférieures à -15°C.
  • Rosier grimpant remontant (ex: Emera grimpant) : Un rosier très remontant pourrait convenir, mais il faudrait équiper le mur pour guider les branches et faire attention aux épines si le passage est étroit.
  • Jasmin nudiflorum et Cotonéaster : Un mur de 2 m de haut peut être recouvert avec le jasmin nudiflorum et le cotonéaster.
  • Abutilon : Un abutilon peut être magnifique en retombée.

Conséquences de la culture en pot pour les grimpantes retombantes

Les dimensions d'une plante grimpante plantée en pot sont très différentes d'une grimpante plantée en pleine terre dans le jardin. Dites-vous toujours que plus une plante a de la place pour faire des racines, plus elle fera de longues tiges. Et inversement si elle est plantée en pot ! Moins de racines en profondeur signifie moins de feuillage. C'est le principe des bonsaïs ! Avez-vous déjà vu une glycine bonsaï ? Pour une plantation en haut d'un mur, dans des bacs, l'espace limité pour les racines est un facteur à prendre en compte.

Démystifier la distance de plantation et la taille des treillis

Il n'y a pas vraiment de sens à parler de hauteur et de largeur pour une grimpante. Les mesures de la taille adulte d'un certain nombre de plantes grimpantes sont indicatives. Dans le cas d'une glycine ou un pied de vigne, un support plus grand est préférable car ces plantes aiment courir un peu plus loin. Entremêler 2 plantes grimpantes de la même variété est ce qui se passe naturellement quand vous voulez recouvrir un mur avec des grimpantes.

Différence de croissance entre une plante en pot et en pleine terre

Plutôt que de se focaliser sur la dimension des plantes grimpantes, il est plus pertinent de se poser la question de la dimension des treillis. Car les plantes grimpantes se taillent très bien ! Vous pouvez très bien palisser une grimpante sur un support plus large que haut ou plus haut que large ! Ce qu'elle veut la grimpante, c'est grimper ! Donc, il n'y a pas de dimensions particulières de treillis à conseiller.

Ces plantes sont normalement disponibles chez votre pépiniériste local.

PLUS IMPORTANT que la taille! Palissez votre rosier grimpant pour plus de fleurs

tags: #faire #pousser #grimpante #vers #le #bas