L'art du bonsaï, cette pratique ancestrale qui consiste à cultiver des arbres miniatures en pot, fascine par sa capacité à recréer des paysages naturels à une échelle réduite. Si cette culture remonte à la Chine ancienne, elle a été affinée au Japon avant de se répandre dans le monde entier. Qui ne connaît pas le bonsaï, cet arbre miniature cultivé dans un pot ? Les bonsaïs sont des arbres comme les autres, mais guidés afin d'obtenir un résultat précis et voulu. Contrairement aux arbres en pleine nature où les racines se développent selon leurs nécessités, lorsqu'elles sont confinées dans un pot, comme c'est le cas pour un bonsaï, elles sont limitées et ne servent pas à ancrer l'arbre dans le sol. De même, en pleine nature, le tronc et les branches se développent pour mieux capter la lumière, luttant ainsi contre la concurrence des autres plantes. En pot, leurs fonctions sont différentes, puisque l'homme fait en sorte que la lumière soit bien dosée et suffisante. Les feuilles, quant à elles, sont révélatrices de l'état de santé de l'arbre et leur développement dépend de l'eau et de la lumière apportées au bonsaï, ces deux éléments devant être dispensés de manière équilibrée.
Un malentendu fréquent à propos des bonsaïs est qu’ils doivent être maintenus en intérieur. En réalité, la majorité des arbres devraient être placés en extérieur, où ils sont exposés à toutes les saisons comme les arbres normaux. Il y a différents arbres que l’on peut cultiver en intérieur, mais de loin le plus courant et le plus facile à entretenir est le bonsaï Ficus. La principale raison est que les arbres de zones tempérées ont besoin d’une période de dormance en hiver. À cette période, le cycle de croissance annuel s’arrête, et l’arbre prépare le prochain cycle qui redémarrera au début du printemps. Ainsi, la culture du bonsaï d'intérieur demande une approche spécifique, car les soins à apporter à un bonsaï d'intérieur sont différents de ceux prodigués aux plantes d'appartement normales. La raison principale est que les bonsaïs sont plantés dans de petits pots et ont, par conséquent, une quantité limitée de nutriments et d’eau à disposition.

Choisir l'Espèce Adaptée à la Culture en Bonsaï d'Intérieur
Le choix de l'espèce est la première étape cruciale dans la création d'un bonsaï, et plus particulièrement d'un bonsaï d'intérieur. Toutes les espèces d’arbres ou d’arbustes ne se prêtent pas à la miniaturisation. Certaines supportent mal les tailles répétées, d’autres ont un système racinaire trop important pour survivre dans le peu de terre qu’autorise la culture du bonsaï. Le feuillage a également son importance : les espèces à petites feuilles (ou aiguilles) comme le buis, l’if ou le charme sont plus adaptées à la formation d’un bonsaï harmonieux que celles à larges feuilles, telles que le platane, le marronnier ou le catalpa. La longueur des internoeuds est aussi à prendre en compte : plus les nœuds (zones où s'attachent les feuilles sur la tige) sont rapprochés sur le rameau, meilleur sera le résultat. Par exemple, le hêtre produit davantage de feuilles et de ramifications dans un faible volume qu’un chêne, aux longues pousses porteuses de feuilles très espacées.
Pour un bonsaï d'intérieur, le critère essentiel est de choisir une essence d’arbre qui convienne à votre environnement et qui puisse vivre à l’intérieur, ce qui limite vos options aux bonsaïs subtropicaux ou tropicaux. Les arbres subtropicaux nécessitent souvent beaucoup de lumière et une température relativement élevée, et ne peuvent vivre dehors seulement si l’on vit dans un climat suffisamment chaud ; ces arbres conviendront parfaitement à l’intérieur. Parmi les espèces adaptées aux bonsaïs d'intérieur, on trouve couramment le ficus, le bougainvillée ou le gardénia.
Ceci étant dit, on peut créer des bonsaïs avec des espèces très variées : feuillus, conifères, arbres et arbustes à fleurs. Les arbres ne sont d’ailleurs pas les seuls à donner de beaux bonsaïs ; les arbustes ne sont pas en reste, pourvu qu’ils aient naturellement un tronc bien dessiné. Les espèces suivantes, sélectionnées pour leur bonne réponse à la culture en bonsaï, peuvent servir de base pour un projet, même si l'accent pour l'intérieur est mis sur les espèces tropicales et subtropicales. Parmi les conifères, on peut citer le pin sylvestre, le pin noir, le pin mugho, le pin blanc du Japon, l'if, l'épicéa, le genévrier ou le mélèze (qui est un conifère caduc). Pour les feuillus persistants, le buis, le houx (il existe différentes espèces de houx), le cotoneaster et le pyracantha sont des choix possibles. Enfin, de nombreux feuillus caducs sont utilisés pour des bonsaïs d'extérieur, mais peuvent aussi être acclimatés à des conditions intérieures lumineuses et tempérées si les conditions le permettent : pommier, prunier, érable du Japon, érable champêtre, hêtre, orme, ginkgo biloba, micocoulier, glycine, forsythia, cognassier du Japon, jasmins et charme.
Un bonsaï est avant tout un arbre. Comme ses grands frères, il est obtenu à partir d’un semis, d’une bouture ou d’un marcottage. Les plants de pépinière sont des arbres obtenus à partir de semis, de boutures ou de marcottes. Ils ont déjà vécu quelques années en conteneur et permettent donc d’économiser les premières années de culture à partir de semis. Cependant, pour des raisons principalement économiques, les producteurs ne prennent pas toujours en compte les contraintes propres à la culture des bonsaï au niveau des racines de l’arbre. Tout le travail sur le pain racinaire est alors à reprendre, et le réel gain de temps par rapport aux semis est alors loin de nos espoirs initiaux. La maturité de l’écorce constitue un critère clé pour un bonsaï de qualité.

Acquisition du Jeune Arbre : Diverses Approches pour Démarrer votre Bonsaï
Le premier pas est d'acquérir un arbre, ce qui peut être fait en achetant un pré-bonsaï (matériel brut prêt à être taillé et ligaturé) ou en utilisant l’une des diverses techniques de culture. Le point le plus important est de choisir une essence d’arbre qui convienne à votre environnement. Si vous débutez, il est souvent conseillé d'opter pour des solutions qui ne coûtent rien, comme le prélèvement ou le bouturage.
Prélèvement d’un Jeune Plant dans la Nature
Par rapport au bouturage et au semis, qui demandent un peu de patience avant d’obtenir un résultat, partir d’un jeune plant permet de gagner quelques années. Pour se procurer un jeune arbre, on peut se rendre dans une jardinerie ou chez un pépiniériste ; on peut aussi prélever un sujet dans la nature ou dans un jardin. Pour un prélèvement sauvage, il faut en principe, en France, obtenir l’autorisation de l’État ou de son représentant (DRAAF, DIREN, ONF si c'est en forêt). Sur un terrain privé, il faut l’accord du propriétaire.
Si vous avez accès à un jardin à la campagne (en ville, les semis spontanés d’arbres et arbustes sont moins fréquents), inspectez-en tous les recoins, notamment au pied des arbres et le long des haies, épargnés par la tondeuse. Il y a de bonnes chances d’y trouver un jeune plant, qu’il ne vous restera plus qu’à prélever délicatement, de préférence entre l’automne et le tout début du printemps, hors période de gel. Vous pouvez le faire tout au long de l’année, mais avec de moins bonnes chances de reprise. Les feuillus supportent généralement mieux la transplantation que les conifères, dont le prélèvement s’avère plus délicat.
Comment créer un bonsaï ?
Bouturage et Marcottage : Des Techniques Accessibles
Il est également tout à fait envisageable d’obtenir un bonsaï à partir d’une bouture. L'avantage de cette technique est qu'elle vous donne accès à des essences non spontanées dans la nature ou les jardins, et elle est plus rapide que le semis. Parmi les espèces les plus faciles à multiplier et à entretenir, citons le buis, les érables ou encore le charme. Vous pouvez aussi essayer les genévriers, les cognassiers, les jasmins, les cotonéasters et les ifs, ou les cyprès. Procédez au printemps ou en été pour les feuillus, et en début d’automne pour les conifères.
Le marcottage se pratique au printemps, et il est assez facile à réussir chez les espèces qui s’y prêtent, notamment les feuillus. La glycine est par exemple une candidate idéale au marcottage, mais de nombreux arbres et arbustes aux branches basses, fines et souples donnent également de bons résultats. Chez les conifères, il faut compter un à deux ans pour avoir suffisamment de racines, alors que pour un feuillu, il faut entre 1 et 6 mois. L'inconvénient de la technique est qu'il faut avoir l’arbre « père » sous la main : difficile de faire un marcottage dans un parc sans le consentement du propriétaire ! Dans le cas d’un bouturage ou d’un marcottage, il faudra attendre que les jeunes plants se soient bien enracinés et qu’ils aient bien redémarré avant de commencer à les tailler. Comptez entre 1 et 2 ans de culture avant toute intervention, qu'il s'agisse de taille de racine, de taille des parties aériennes ou de rempotage.
Le Semis : Pour les Plus Patients
Si le semis est incontournable pour certains arbres, comme les pommiers, l'orme du Japon ou le pin noir du Japon, on peut aussi le pratiquer pour de nombreuses autres essences, du moment que l’on est un peu patient. Il faut au minimum 5 ans pour obtenir un jeune bonsaï à partir d'un semis. L'avantage principal de cette méthode est son aspect économique. Pour semer un bonsaï, commencez par semer dans des pots de culture dans un substrat constitué de sable. Ce dernier, léger, favorisera la pousse des semis. Exposez le pot à la lumière et éloignez-le des variations de températures trop importantes. Semer un bonsaï permet de façonner son bonsaï dès son plus jeune âge. Astuce : prenez soin de vos graines ! Certaines doivent être plantées très vite et ne sont viables que quelques mois, alors que d’autres « survivent » plus longtemps. Après avoir semé un bonsaï, la première chose est de le laisser pousser environ six mois, de préférence dans un endroit ressemblant ou proche de celui où il est destiné à être exposé.

Les Premiers Pas de la Culture en Pot : Pot, Substrat et Arrosage
Une fois le jeune arbre acquis, la phase de culture en pot commence avec le choix du récipient et du substrat, ainsi que la mise en place d'une routine d'arrosage adéquate.
Quel Pot pour votre Bonsaï ?
On commencera la culture du jeune plant dans un pot assez profond, d'une vingtaine de centimètres au minimum, pour lui permettre de bien amorcer son développement. Lorsque le petit arbre commence à prendre forme, on peut le rempoter dans des pots de plus en plus plats. Les bonsaïs sont cultivés dans des poteries très larges, peu profondes et présentant un large orifice de drainage. On en trouve dans la plupart des jardineries.
Le pot est plus qu'un accessoire ; dans l'art du bonsaï, il est primordial et doit constituer un ensemble harmonieux avec l'arbre. La longueur du pot doit faire les 2/3 de la hauteur de l'arbre. La largeur doit mesurer un peu moins que la distance entre les extrémités des branches antérieures et postérieures. Pour les pots ovales ou rectangulaires, divisez la longueur du vase par deux et sa largeur par trois. Pour les pots ronds, hexagonaux et carrés, implantez le tronc légèrement décentré vers l'arrière, en divisant le pot en quatre parties. Le pot du bonsaï doit être surélevé par rapport à la coupelle située en-dessous de ce dernier. Généralement, les pots pour bonsaï ont des « pieds ». Si ce n'est pas le cas, il faut alors impérativement le surélever à l'aide de petits objets, comme par exemple des bouchons de bouteille. Bien entendu, surélever le pot n'a de sens que si celui-ci comporte des trous dans sa partie inférieure afin de laisser échapper le surplus d'eau. Si ce n'est pas le cas, il faut changer de pot. Pendant la période de pousse, avant de le transplanter dans la coupe, il faut tamiser la terre (du terreau pour plantes vertes convient) pour la rendre fine afin que les petites racines aient un meilleur contact. Attention, cette terre fine est très compacte si on la tasse. Il faut donc y aller doucement.
Le Substrat Idéal
Le substrat devra être drainé, aéré et léger. On préférera des apports très réguliers d'engrais organiques à un substrat très nourrissant, afin d'adapter les apports au cycle végétatif de l'arbre. Il est essentiel de soigner sa qualité, car les bonsaïs n'ont que très peu de terre à leur disposition. On trouve parfois en jardinerie des substrats spécifiques adaptés aux bonsaïs, importés du Japon, tels que l'akadama ou le kanuma. Ces terres naturelles sont onéreuses ; il est conseillé de réserver peut-être l'investissement pour plus tard, lorsque votre arbre sera installé dans un vrai pot à bonsaï. En attendant, vous pouvez préparer votre propre mélange. Pour les feuillus, utilisez un mélange de 1/2 de terre de jardin, 1/4 de sable de rivière assez fin et 1/4 de terreau horticole. Pour les conifères, 3/4 de terre de jardin et 1/4 de sable de rivière. Pour les arbres à fleurs et à fruits, 1/2 de terre de jardin et 1/2 de terreau horticole. Enfin, pour les bonsaïs d'intérieur (ficus, bougainvillée, gardénia), un mélange de 1/4 de terre de jardin et 3/4 de terreau horticole est approprié.

L'Arrosage : Une Pratique Délicate mais Essentielle
La fréquence à laquelle un bonsaï demande à être arrosé dépend de nombreux facteurs, comme l’essence de l’arbre, la taille du pot, la qualité du substrat et le climat. Attention aux idées reçues, les racines du bonsaï ne doivent pas être continuellement mouillées. Il est important de ne jamais arroser par habitude ; il faut ignorer l'étiquette attachée au bonsaï qui affirme qu’il faut l’arroser tous les « X » jours. Au lieu de cela, il faut observer son arbre et l’arroser selon son besoin. La fréquence d'arrosage dépend de plusieurs facteurs : il faut arroser différemment les bonsaïs selon leurs espèces, leur orientation et la période de l'année. Avant d'arroser un bonsaï, il faut s'assurer que la surface du substrat est très légèrement sèche. Toujours attendre que la terre soit redevenue sèche avant d'arroser, sinon les racines vont pourrir. Un signe extérieur de pourriture des racines est que les épines se dessèchent et jaunissent. L'excès d’arrosage peut conduire à une pourriture des racines, l’une des plus grandes causes de mort. De même, un manque d'eau sévère peut provoquer le jaunissement uniforme des feuilles, qui se ternissent ou se flétrissent, et les racines se rétractent et s'assèchent.
Pour l'arrosage, utilisez l'eau de pluie, ou de l'eau de source ou du robinet, même calcaire, ayant reposé 24 heures. La température de l'eau doit être proche de celle de l'endroit où se trouve le bonsaï. Généralement, la technique d'arrosage recommandée est le bassinage. Cette technique consiste à arroser en pluie fine (comme avec un brumisateur) le haut du bonsaï jusqu'à ce que les premières gouttes tombent par les trous de drainage dans le pot. Cependant, quelques arbres, qui n'aiment pas l'humidité sur leurs feuilles, n'aiment pas le bassinage : le chêne, l'érable et le mélèze. Il en va de même pour tous les arbres en floraison. En cas de manque d'eau, préférez le traditionnel bassinage en pluie fine et intensifiez-le un peu.
Il est important de ne pas oublier que la plupart des bonsaïs n'aiment ni trop ni trop peu d'eau. D'habitude, il suffit de trouver une voie médiane et de donner la juste quantité. Conseil : il suffit de placer vos paumes sur la surface du sol. Si elle est humide, il n'est généralement pas nécessaire de l'arroser. Un bonsaï d'intérieur sur le balcon en été a besoin de beaucoup plus d'eau que le même bonsaï à l'intérieur en hiver. Il faut arroser davantage les jours de grande chaleur et les jours de grand vent.
La Formation et l'Entretien du Bonsaï : Façonner et Maintenir la Miniature
Une fois l'arbre bien établi dans son pot et son substrat, le travail de formation et d'entretien devient primordial pour lui donner et conserver sa forme caractéristique. Le bonsaï n’est pas une course, pas plus qu’une destination ; c'est une démarche artistique sur le vivant.
Comprendre le Bonsaï et sa Forme
Un bonsaï n'est pas un topiaire ! Sa silhouette, bien que miniature, doit être naturelle. Le but ultime est de créer un bonsaï qui ressemble autant que possible à un arbre au naturel. L'homme, en façonnant le bonsaï, agit sur sa forme dès son plus jeune âge. Il faut garder en tête l'aspect qu'aurait l'arbre dans la nature, avec ses dimensions normales.
La Taille : Un Outil Indispensable pour la Forme et la Santé
Il est impératif de tailler son bonsaï pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la taille permet de faire grossir le tronc ainsi que les branches de son bonsaï. Ensuite, cela permet de donner à son bonsaï la forme souhaitée. Enfin, cela l'aide à se développer. La taille est primordiale autant pour conserver la taille miniature des arbres que pour les mettre en forme. Le printemps et l’été sont les bonnes périodes pour procéder aux tailles conséquentes, même si cela dépendra du type d’arbre que l’on possède.
Intervenez rapidement sur les jeunes sujets, notamment ceux issus de semis. Les boutures et marcottes ont besoin d'un an ou deux « avec la bride sur le cou » avant de subir leur première taille. Si vous laissez « filer » en hauteur les jeunes arbres, il sera difficile de corriger ensuite. Dans un premier temps, une fois que l'arbre est acclimaté à son pot et à son emplacement (deux mois), on peut commencer à le former.
On distingue plusieurs types de taille :
- La taille de structure (coupure de branches) s'effectue en hiver. Elle sert à donner une forme équilibrée et une personnalité à l'arbre. Elle est destinée à mettre en place l’architecture du bonsaï et est l’occasion de finaliser la construction des branches primaires et du tronc. Cette étape constitue le moment à la fois le plus créatif et le plus déterminant de la mise en forme de l’arbre : des décisions trop hâtives peuvent nécessiter de revenir à des étapes précédentes pour reconstruire de nouvelles branches. Une des façons de l’aborder sereinement consiste à imaginer le bonsaï à un horizon de plusieurs années à travers un dessin. Il nous permettra de valider nos choix et garder un fil directeur pour les travaux des saisons suivantes.
- La taille de forme (rameaux et feuilles/épines) a lieu pendant la période de végétation : printemps et début de l'été. Elle sert à modeler les volumes de la végétation afin de lui donner la forme, le volume et la densité voulus.
- Les pincements : Il sera nécessaire de couper les branches qui sont trop larges et dont le diamètre est identique ou quasi identique au tronc. Ensuite, il faut tailler les branches qui partent de la base du tronc du bonsaï. De cette façon, le bonsaï pourra capter plus de lumière et se développera plus facilement. Équilibrez la ramure : les branches doivent être disposées régulièrement autour du tronc, et sur plusieurs étages. Supprimez les branches qui se croisent, et pincez les rameaux pour favoriser la ramification. Pour les conifères, raccourcissez délicatement les jeunes pousses sans abîmer les aiguilles. Les branches basses ne doivent pas être les plus longues mais elles doivent diminuer graduellement vers le haut. Les branches ne doivent jamais se superposer directement mais être distribuées régulièrement sur le tronc. Pour le pin, il faut « pincer » les bouts des rameaux afin de provoquer les ramifications.
Lorsque l'on taille des branches de diamètre conséquent, il est important de prendre soin de bien couper à ras du tronc, autant pour des raisons esthétiques que pour des raisons pratiques : en effet, cela sera plus facile pour le bonsaï de cicatriser. Toujours appliquer du mastic de cicatrisation à chaque coupe ; cela évite les maladies, les parasites, aide à cicatriser et diminue grandement les cicatrices. Faites confiance à votre instinct, et n'ayez pas peur de mal faire ! Au-delà des aspects esthétiques, la santé de l’arbre doit rester la préoccupation principale.
Le Ligaturage : Orienter la Croissance
La ligature est une autre technique de formation importante pour le bonsaï. En enroulant avec précaution des fils d'aluminium anodisé (ou de cuivre recuit) autour des branches, il est possible de les plier et de les mettre en forme, au moins en partie. Le ligaturage d'un jeune bonsaï permet d'adapter sa forme à sa convenance. La ligature peut être appliquée à n’importe quel moment de l’année, mais il faut la retirer avant qu’elle ne blesse les branches qui s'épaississent. Généralement, il faut garder six mois les ligatures sur les branches annexes et jusqu'à un an pour les branches principales ainsi que le tronc. Astuce : il est vivement conseillé de ne pas attendre le développement du bonsaï pour ligaturer. La ligature constitue un complément presque indispensable à la taille pour les conifères.
Comment créer un bonsaï ?
Le Rempotage : Vitalité du Système Racinaire
Le rempotage d'un bonsaï doit être effectué tous les deux à trois ans. Il s'agit d'un rempotage différent de celui des autres plantes en pot. Ici, on ne va pas rempoter l'arbre pour lui donner un plus grand pot. On va simplement tailler les racines qui se trouvent contre les parois et le fond du pot. Lorsque la masse des racines est très développée, on pourra raccourcir le pivot, racine centrale qui prolonge le tronc, ainsi que les grosses racines latérales. Le rempotage régulier, en moyenne tous les deux ans, est primordial pour s’assurer que les jeunes arbres ne se congestionnent pas dans le pot, rendant l’arrosage et la rétention d’eau moins efficaces.
Un arbre ne vit que rarement dans un espace restreint : son système racinaire s’étend largement dans le sol, dans des directions et des profondeurs variables selon l’espèce. Seules les radicelles assurent l’alimentation en eau et en nutriments. Les rempotages sont également l’occasion de construire la partie visible des racines, juste à la base du tronc. Cette zone, « départ des racines » ou « nebari » en japonais, donne une image d’ancrage solide du bonsaï au sol et rend plus vraisemblable la vision miniature d’un arbre mature. Astuce : il est possible de rajouter de la mousse séchée sur la terre du pot.
La Fertilisation : Apporter les Nutriments Nécessaires
La fertilisation n'a de sens que si l'arbre peut faire quelque chose avec l'engrais pour bonsaï. Cela signifie qu'en hiver, lorsque votre bonsaï d'intérieur pousse à peine en raison du manque de lumière, vous n'avez pratiquement pas besoin d'engrais. En général, on peut dire : fertiliser le bonsaï d'intérieur pendant la saison de croissance, de mars à septembre. Mais dans ce cas, il faut le faire correctement. En plus de l’arrosage et du rempotage, il est aussi important de garder à l’esprit que, comme l’espace des pots pour les arbres est limité avec peu de nutriments disponibles, la fertilisation avec de l'engrais pendant la saison de croissance est importante pour conserver la santé de l’arbre. Encore une fois, cela dépend de l’essence de l’arbre ; quand, combien et à quelle fréquence il est approprié de mettre de l'engrais. Les engrais liquides pour bonsaïs habituels et les engrais solides organiques tels que le Biogold et l'Hanagokoro sont pratiques, sûrs et efficaces. Peu importe celui que vous prenez. On préférera des apports très réguliers d'engrais organiques à un substrat très nourrissant, afin d'adapter les apports au cycle végétatif de l'arbre.

L'Environnement du Bonsaï d'Intérieur : Lumière, Température et Humidité
Le succès de la culture d'un bonsaï d'intérieur repose grandement sur la recréation d'un environnement favorable, car leurs besoins diffèrent de ceux des plantes d'extérieur et même des plantes d'appartement classiques. Les bonsaïs sont des créatures vivantes. Ils ont certains besoins, et ceux-ci varient en fonction des conditions environnementales.
Lumière : Le Carburant du Bonsaï
Les bonsaïs d'intérieur, comme toutes les plantes, ont besoin de lumière. Beaucoup de lumière. Ils effectuent la photosynthèse pour gagner de l'énergie. Le principal problème quand on garde un bonsaï tropical en intérieur est que l’intensité lumineuse à l'intérieur est bien plus faible qu’à l’extérieur. Les arbres ne vont pas mourir immédiatement lorsque la lumière est insuffisante, mais la croissance va ralentir, affaiblissant finalement la plante. Même si l’on a une fenêtre orientée vers le sud, l'intensité lumineuse risque d'être insuffisante. La lumière est une source énergétique primordiale. Elle influence la forme des végétaux et la pousse des feuilles.
Il faut les placer près d'une fenêtre pour la luminosité, mais en les protégeant de la lumière directe par un voilage. Attention, il ne faut pas forcément une lumière qui soit directe car elle augmente la transpiration du feuillage, pouvant entraîner une dessiccation des feuilles. Au cours de l'été, il est bien de les mettre en plein air pour qu'ils profitent d'un ensoleillement direct. Pour éviter tout choc thermique, il faut les sortir progressivement. Dans un appartement normal, la quantité de lumière disponible pour les bonsaïs d'intérieur est faible. C'est-à-dire que si les températures au printemps-été le permettent, les bonsaïs d'intérieur doivent être placés à l'extérieur.
Température et Métabolisme
Le métabolisme des bonsaïs dépend de la température. C'est-à-dire que si la température est élevée, alors le métabolisme sera élevé. Un métabolisme élevé va de pair avec une forte consommation d'énergie. Dans une pièce réchauffée, la consommation d'énergie des bonsaïs d'intérieur est proportionnellement élevée. En même temps, en raison de la faible quantité de lumière dans la pièce, la production d'énergie est faible. C'est un problème : consommation élevée - faible production d'énergie. Les températures optimales se situent, selon les espèces, entre 7 et 24 °C.
Humidité : Un Facteur Crucial pour les Espèces Tropicales
Un autre aspect de l’entretien des bonsaïs tropicaux en intérieur est leur besoin d’un niveau relativement élevé d’humidité, bien supérieur aux conditions de nos maisons dans les climats tempérés (tout spécialement lors de l’utilisation de chauffage et de climatisation). Les bonsaïs d'intérieur des régions tropicales, en particulier, sont habitués à une humidité élevée et en ont besoin. L'humidité dans un appartement normal est faible. Une façon d'augmenter le faible taux d'humidité pour un bonsaï d'intérieur est de le placer dans une soucoupe remplie d'eau et de gravier d'ardoise expansée ou de pierre ponce.

Diagnostic et Soins en Cas de Maladie : Préserver la Santé de votre Bonsaï
Comme toute plante, un bonsaï peut être sujet à des maladies ou à des "mauvais traitements" qui altèrent sa santé. Il est crucial d'identifier rapidement le problème pour y apporter une solution adaptée.
Premiers Réflexes en Cas de Souffrance
Quand un bonsaï est malade, il est important dans un premier temps de le mettre à l'abri de la lumière directe, de ne pas lui donner d'engrais et de diminuer considérablement l'arrosage. Ensuite, il convient de déterminer de quelle sorte de maladie ou de quelle sorte de "mauvais traitements" il souffre.
Identification des Problèmes Courants et Solutions
- Manque d'eau : Si les feuilles jaunissent de façon uniforme, se ternissent ou se flétrissent et que les racines se rétractent et s'assèchent, il semble évident que le bonsaï manque d'eau, voire manque cruellement d'eau. Il faut donc le réhydrater. Cependant, il ne servira à rien de le noyer dans 10 litres d'eau. Préférez alors le traditionnel bassinage en pluie fine et intensifiez un peu ce dernier.
- Excès d'eau / Pourriture des racines : Si de la même façon que lors de la première situation, les feuilles jaunissent, certaines tombent, d'autres flétrissent et virent au marron, et que la terre s'assèche, mais qu'il y a aussi d'autres symptômes comme des champignons ou de la mousse se développant à la surface de la terre et le tronc de l'arbre est gorgé d'eau, un peu gonflé ou carrément moisi, cela indique un excès d'arrosage et une potentielle pourriture des racines. La règle la plus importante est de ne jamais arroser par habitude ; toujours attendre que la terre soit redevenue sèche avant d'arroser, sinon les racines vont pourrir.
- Attaque de pucerons : Si les feuilles du bonsaï sont collantes et jaunes, et ont tendance à tomber, et que, de plus, des fourmis envahissent régulièrement le pot du bonsaï, c'est qu'il a été attaqué par des pucerons. Ces derniers peuvent l'empêcher d'absorber l'eau dont il a besoin et il va à terme s'assécher. Pour lutter contre ce phénomène, il faudra tout d'abord prendre soin de bien arroser son bonsaï afin que celui-ci ne se dessèche pas, puis traiter l'infestation.
Les feuilles sont révélatrices de l'état de santé de l'arbre. Le feuillage dense est un indicateur de bonne santé, alors qu'un feuillage terni, jaunissant ou collant est un signal d'alerte.
Histoire et Philosophie du Bonsaï : Un Héritage Culturel et Artistique
Le bonsaï est bien plus qu'une simple plante en pot ; c'est un art millénaire, porteur d'une riche histoire et d'une philosophie profonde qui continue d'inspirer les pratiquants du monde entier. La création d'un bonsaï est avant tout une démarche artistique sur le vivant.
Des Origines Chinoises à la Maîtrise Japonaise
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce sont les Chinois qui furent les premiers à cultiver des arbres en pot, dans un but purement esthétique, à l'ère de la dynastie des Han (de 206 à 220 av. J.-C.). Les Égyptiens ont mis l’arbre en pot pour le transporter plus facilement, les Chinois pour des raisons esthétiques et les Japonais sont passés maîtres dans l’art du bonsaï. Si aujourd'hui, les Japonais sont connus dans le monde entier pour cette culture, la première exposition nationale du bonsaï à Tokyo date seulement de 1914, et la culture du bonsaï ne fut reconnue comme art qu'en 1934.
En Europe, c'est lors de la troisième exposition universelle de Paris en 1878 que les Japonais introduisent et présentent les bonsaïs. Puis, ils sont mis en avant dans une exposition privée en 1909, à Londres. La quasi-totalité des bonsaïs d'intérieur proposés dans la boutique sont importés directement de Chine. Certains professionnels volent directement vers les producteurs chaque année pour sélectionner les meilleurs arbres.
Le Bonsaï comme Art et Philosophie
Lorsqu’une graine d’arbre échoue dans un creux de rocher, elle y pousse si elle trouve un peu de terre et assez de lumière et d’eau. Ces conditions minimales forcent l’arbre à rester de petite taille. Cet art des « paysages en pot » ne cesse de se développer. Un bonsaï abouti mérite d’être partagé. Des tablettes de présentation, des plantes d’accompagnement (« shitakusa »), une estampe suspendue (« kakemono »), une pierre remarquable (« suiseki ») et une alcôve (« tokonoma ») dans des agencements codifiés constituent autant d’éléments qui participent à la présentation d’un bonsaï au Japon.
Conseils pour les Débutants et la Progression
Beaucoup de gens ont commencé à cultiver un bonsaï après avoir acheté un arbre dans un magasin (en ligne). Bien que le « bon-saï » soit un art asiatique, étudié et raffiné depuis plusieurs siècles, ne croyez pas que vous ne serez pas capable de cultiver un arbre par vous-même. Le premier pas est d'acquérir un arbre. Si vous êtes débutant, commencez avec un bonsaï d’essence locale de quelques années et déjà formé pour vous faire la main. Ce site vous aidera à commencer et le forum Bonsaï est un bon endroit pour demander conseil. Des cours en ligne spécialement pour les débutants sont disponibles, et une leçon gratuite est souvent proposée. Les clubs de bonsaïs locaux organisent également des cours et des ateliers et sont à recommander.
Un bon choix est de choisir une essence indigène. La maturité de l’écorce constitue un critère clé pour un bonsaï de qualité. Une méthode plus économique, gratifiante mais lente consiste à cultiver soi-même un arbre, en partant de graines ou de boutures. Dès lors que l’on a acheté ou cultivé un arbre, c’est le moment de commencer à le mettre en forme et à l’entretenir. C’est la partie créatrice de la culture du bonsaï, mais aussi la plus difficile. Néanmoins, même s’il a fallu plusieurs décennies pour affiner les techniques comme la taille et la ligature pour garder les arbres, quelques fondamentaux peuvent être enseignés et appris assez aisément. Le voyage proposé pour créer un bonsaï en plusieurs étapes, du choix de l’espèce à la présentation en exposition, a pour principal objectif de gagner du temps sur la formation de l’arbre en évitant les erreurs qui nécessitent des retours en arrière et allongent la durée du travail.
