Les fascines de noisetier : construction, entretien et rôle écologique

Les fascines, qu'elles soient constituées de branches mortes enchevêtrées ou de rameaux vivants, représentent une solution polyvalente et respectueuse de l'environnement pour de multiples aménagements. Historiquement utilisées pour conforter les berges des cours d'eau, elles ont été adaptées pour lutter efficacement contre l'érosion des sols et pour délimiter des espaces. Parmi les essences utilisées, le noisetier, aussi appelé coudrier, est particulièrement prisé pour ses qualités.

Illustration d'une fascine en cours de construction avec des branches de noisetier

Qu'est-ce qu'une fascine ? Définitions et typologies

Le terme "fascine" désigne un assemblage de branchages, souvent morts, enchevêtrés. Ces structures peuvent prendre diverses formes et remplir des fonctions distinctes.

Fascines "caissons" et leur usage

Les fascines « caissons », composées de grosses branches ou de fagots de branches, se caractérisent par peu de contraintes techniques. Elles sont couramment utilisées pour délimiter un chemin ou une allée. Ces fascines qui guident un chemin sont généralement assez basses (moins d’un mètre de hauteur) afin de ne pas masquer la vue. En revanche, les fascines destinées à masquer des structures ou à bloquer des accès sont souvent plus hautes, dépassant fréquemment un mètre.

Fonctions principales des fascines

Les fascines constituent un obstacle perméable qui freine l’eau et retient la terre. Leur rôle est de réduire la charge solide des ruissellements en milieu érosif en piégeant les matières en suspension (sables, limons, etc.). Elles peuvent également retenir un sol, faire barrage à l'érosion en retenant les alluvions, et consolider un chemin ou une berge de cours d'eau. Dans ce dernier cas, l'utilisation de branches "vivantes" est privilégiée, car elles s'enracineront et renforceront l'ouvrage dans le temps. Une fascine peut aussi créer une retenue de terre ou un potager en jouant sur une différence de niveau.

Fascines mortes vs. fascines vivantes

Il existe deux catégories principales de fascines :

  • Les fascines mortes : Elles sont constituées d'un assemblage d'enchevêtrement de branchages morts. Elles ne doivent pas être systématiquement plantées. Elles offrent un microclimat et un sol intéressant, et sont souvent colonisées spontanément par diverses plantes comme le lierre grimpant, les ronces, les clématites des haies, ou des plantes de sous-bois dans les zones forestières.
  • Les fascines vivantes : Construites avec des rameaux vivants capables de se bouturer, elles se “transforment” au fil du temps en une haie qui renforce et pérennise l’action de l’ouvrage. À la mise en place, ce sont les branchages qui sont efficaces pour freiner les ruissellements. Par la suite, les branchages vieillissent et perdent de leur efficacité, et ce sont alors les arbres, suffisamment développés, qui prennent le relais vis-à-vis du ruissellement. Pour une fascine vivante, les pieux doivent être choisis dans une essence capable de se bouturer (saule, noisetier, sureau…).

Schéma comparatif d'une fascine morte et d'une fascine vivante avec leurs évolutions respectives

Distinction avec d'autres aménagements végétaux

Il est important de distinguer la fascine d'autres types d'aménagements végétaux :

  • Un plessis : C'est une clôture constituée de pieux sur lesquels sont tressés des branchages, ou une haie épaissie en entrelaçant ses branchages au lieu de les tailler. Le mot "plessis" se retrouve dans de nombreux noms de lieux, désignant alors une terre entourée de telles haies.
  • Une claie : C'est un assemblage végétal tressé sur des piquets (technique du "clayonnage"). Elle sert de structure pour les murs en torchis, de clôture ou de délimitation pour les aménagements de jardin, et peut créer des retenues de terre ou un potager pour y planter toute sorte de végétation. Le mot "claie" a également donné le terme "clayette" pour désigner les étagères de réfrigérateur, par exemple.

Matériaux et outils pour la construction d'une fascine

La réussite d'une fascine repose sur le choix des matériaux et la préparation adéquate.

Choix du bois et des essences

Pour construire votre fascine, vous avez besoin de bois mort. Le bois de saules têtards est intéressant pour constituer des fagots. Il est préférable de privilégier du bois non pourrissant, comme le saule ou le châtaignier, et non traité par des produits biocides. Il faut être vigilant aux bois malades. Pour le tressage des fascines ou des claies, les essences les plus utilisées sont le saule, l'osier, le noisetier ou coudrier, ou des bois morts souples, de faible section. Les pieux et gaulettes ne seront pas nécessairement constitués des mêmes essences en diamètres différents. Une branche de châtaignier, robinier, du saule pourra servir de piquet.

Variété de bois morts adaptés à la construction de fascines

Durée de vie des matériaux

Une fascine a une durée de vie entre 2 et 7 ans selon sa composition et son environnement. Suivant les essences, vous pouvez espérer 2 à 7 ans de tranquillité (3 ans pour le saule, 5 ans pour le noisetier et 7 ans pour le châtaignier), si les branchages ont été récoltés en hiver.

Outillage nécessaire

Pour la taille et la préparation du bois, des sécateurs, des élagueurs à chaîne, des scies et des sécateurs de qualité supérieure sont recommandés. Ces outils, dotés d’une excellente capacité de taille, peuvent assurer un travail précis et éviter les blessures dangereuses ou l’écorçage des branches. Il est crucial d'utiliser des outils parfaitement propres et de désinfecter correctement les lames afin d’éviter de transmettre des agents pathogènes à risque à la plante.

Étapes de construction d'une fascine

La construction d'une fascine suit des étapes précises pour garantir sa solidité et son efficacité.

Préparation du site et de la tranchée

Sur toute la longueur du tracé souhaité, il faut creuser une tranchée de 15 à 30 cm de profondeur sur la largeur prévue de la fascine. La fascine doit être légèrement enfoncée dans le sol, surtout si vous souhaitez qu’elle retienne des coulées de boue. Dans les zones pentues et les berges, préférez des fascines basses.

Mise en place des pieux verticaux

La structure est composée de pieux verticaux et d’un garnissage (remplissage) horizontal. Formez une double rangée, de part et d’autre du tracé de la fascine. Prévoyez des piquets solides, de 8 à 15 cm de diamètre. Taillez les têtes des pieux en biseau pour faciliter leur plantation. Plantez les pieux à 50 cm de profondeur, pour garantir la solidité de la structure. Dans les zones pentues et les berges, plantez les pieux jusqu’à 1,50 cm de profondeur. Pour une structure pérenne en espaces verts, il est possible de renforcer la structure avec des piquets métalliques pour clôtures. Ne coupez pas les piquets verticaux qui « dépassent » en hauteur des branchages ; le bois va se tasser avec le temps et les piquets permettront de conserver une structure à remplir régulièrement.

Remplissage et garnissage

L’intérieur des fascines de grosses branches et de fagots est rempli de branchages, idéalement plus longs que la distance entre les piquets, pour qu’ils y restent bloqués sans s’éparpiller. Pour les fascines à grosses branches, utilisez des branches d’un diamètre maximum de 3 à 4 cm et d'une longueur maximale de 3 m.La qualité du fagot de remplissage est fondamentale. Il est nécessaire de compacter le fagot uniformément sur toute la hauteur de la fascine, sachant qu’une décompression s’opère toujours dans l’année qui suit vers le haut. Il faut aussi s’assurer de l’homogénéité du remplissage en ayant une distribution régulière de tiges rectilignes de section relativement petite (2 à 3 cm de diamètre). Enterrez les fagots sur 35 à 50 cm pour permettre une bonne reprise.

Consolidation et finition

Après avoir comblé la tranchée jusqu’au niveau du sol, rabattez la terre issue du creusement pour constituer un « joint » de terre entre le bois et le sol. Tassez plus ou moins fortement selon l’opacité et l’étanchéité recherchées.Pour les fascines vivantes, piquez les gaules fines de saules tous les 15 cm environ entre les pieux. Les fagots peuvent être réalisés dans la même essence ou avec une essence différente, non bouturable, ou avec un mélange de plusieurs essences.Afin d’assurer la compression des fagots dans le temps, il est recommandé de poser des tasseaux reliés aux pieux par des fils de fer, particulièrement pour les fascines de grande longueur.

Entretien et gestion des fascines

Pour assurer la longévité et l'efficacité d'une fascine, un entretien régulier est nécessaire.

Vérification annuelle et rechargement

Une fois par an, au printemps, vérifiez la stabilité globale de la structure. Si nécessaire, complétez les piquets trop abîmés en rajoutant des nouveaux pieux de bois à proximité. Évitez de couper et supprimer les piquets dégradés, qui peuvent contenir des larves d’insectes. Une fascine morte doit également être régulièrement rechargée en fagots de bois morts, dès que sa hauteur commence à diminuer significativement. Une fascine incorporée à une haie vivante pourra être rechargée régulièrement pour compenser le tassement et la dégradation des fagots de remplissage et sera ainsi pérenne.

Précautions à prendre

  • Matériaux de remplissage : Évitez d’ajouter des matières vertes (matériel végétal frais) comme les tontes de gazon ou les feuilles et branchages encore verts, qui accélèrent le pourrissement et peuvent provoquer des odeurs désagréables lorsqu’ils sont en trop grosse quantité. Localement, un tas de feuilles mortes (brunes et sèches !) peut trouver sa place contre la fascine.
  • Protection de la faune : Veillez à ne pas cloisonner l’espace, cela empêche les déplacements des petits animaux, comme les hérissons. Ne couvrez pas intégralement la fascine de treilles, treillis, grillage ou cage à poules dans l’idée de stabiliser la structure ou de prévenir le vol de bois : cela empêche la circulation de la faune et complexifie l’entretien et la recharge en bois. Le long de la fascine, pratiquez une gestion douce pour éviter de tuer les insectes, grenouilles, reptiles ou petits mammifères qui s’y réfugieraient. Gardez une largeur de tondeuse en « zone refuge » tout le long de la fascine.
  • Réutilisation du bois de taille : Réutilisez le bois de taille pour recharger les fagots de la fascine. Replanter certains rameaux taillés permet de densifier le réseau de boutures. Si nécessaire, étalez dans la parcelle l’accumulation de terre qui va se produire progressivement à l’amont de la fascine.

Le rôle du noisetier dans les fascines et l'agro-écologie

Le noisetier, ou Corylus avellana, est une essence de choix pour la construction de fascines et joue un rôle important dans les pratiques agro-écologiques.

Caractéristiques du noisetier

Le noisetier commun est très rustique et son port est "buissonnant", ce qui lui donne un aspect champêtre. Sa forme est souvent irrégulière et il est composé de plusieurs troncs fins. Ses feuilles sont à pétioles courts et doublement dentées de grandes et petites dents. Dès la fin de l’hiver, le noisetier commun commence à produire ses fleurs, sur des branches nues, et ses chatons attirent de nombreux insectes pollinisateurs. Bien entendu, il produit de magnifiques noisettes à l’automne, à partir de sa 6ème année.

Photographie de chatons de noisetier en fin d'hiver

Le noisetier est présent dans toute l’Europe et en Asie, et on le trouve dans toutes les régions de France. Il est facile à planter et à entretenir, et s'adapte aussi bien en haie champêtre et bocagère qu'en ornement de parc ou en sous-bois de forêts. Il existe des variétés décoratives de noisetiers à feuilles pourpres ou jaunes flamboyants et d’autres à branches tortueuses. En haie champêtre, il convient de le planter tous les deux mètres au moins.

L'élagage du noisetier : une pratique essentielle

L’élagage d’hiver dans un verger de noisetiers est essentiel tant pour définir la conduite que pour protéger la santé des arbres et leur faire atteindre une productivité élevée. Dans les premières années de croissance, l’objectif de l’élagage du noisetier est de lui donner une forme correcte et de rendre sa structure plus robuste. La taille du noisetier est également indispensable pour obtenir un bon équilibre entre son développement végétatif et son activité productive, ainsi que pour préserver sa santé. Alléger son feuillage permet une meilleure pénétration de la lumière entre les branches, ce qui augmente la vigueur de son activité fruitière et préserve son cœur de la prolifération des agents pathogènes.

Les objectifs de l’élagage varient en fonction de l’âge du noisetier. Dans les arbres de moins de trois ans, les opérations de taille visent principalement à façonner leur forme, tandis que dans les arbres plus âgés, elles visent à éliminer les branches endommagées ou malades, une activité fondamentale pour préserver la santé de toute la noiseraie. Le moment optimal pour tailler les noisetiers est la fin de l’hiver, période de dormance des arbres.Une autre suggestion pour un élagage parfait est de faire une taille inclinée de 45°, afin que l’eau puisse s’écouler sur la zone coupée.

Formes de conduite du noisetier

  • Forme en buisson : C'est la plus répandue, surtout dans les collines du nord de l’Italie. Au cours de la 1ère et 2è année, il faut sélectionner quatre ou cinq pousses parmi celles qui partent du sol pour se développer, en éliminant les autres. À partir de la 3è année, on peut continuer à maintenir en bonne santé les 4 ou 5 pousses sélectionnées en éliminant régulièrement les drageons et en donnant à la plante une forme harmonieuse. Cette forme est préférable dans les zones mal irriguées.
  • Conduite en vase buissonnant : Elle est monoculaire, c’est-à-dire qu’elle possède une seule branche qui est plantée à environ 50-60 centimètres du sol. Cette forme convient aux zones bien irriguées et aux sols particulièrement fertiles.
  • Forme en arbuste : Également monoculaire, elle implique une branche plantée à environ 80-90 cm du sol. Malgré le plus grand effort requis lors de l’élagage, ce type de conduite facilite les traitements phytosanitaires et la cueillette finale des fruits. La première année, la plante doit être plantée et taillée à environ 90 cm du sol, tandis que la 2è année, il faut choisir la tige la plus vigoureuse, qui deviendra l’axe central de la plante. Au cours de la 3è année, on peut choisir 4 ou 5 branches qui formeront la structure principale du noisetier.

La taille du noisetier

Conseils pour une taille efficace du noisetier

La taille du noisetier permet d'obtenir une meilleure récolte sur un sujet déjà bien installé tout en équilibrant la silhouette de l'arbuste. Ainsi débarrassé du superflu, votre noisetier sera plus aéré et plus fructifère. Ayez la main légère et ne taillez pas trop de grosses branches afin d'éviter le phénomène de drageonnement très fréquent sur cet arbuste. Le but de la taille consiste à aérer la ramure au maximum afin de laisser pénétrer l'air et la lumière et d'éviter que les branches ne se frottent avec le vent, ce qui peut occasionner des blessures qui offriront une ouverture de choix aux maladies et parasites.

Commencez par observer votre noisetier en fin de floraison. Repérez les branches porteuses de chatons et de glomérules. À l'aide de l'ébrancheur ou de la scie, taillez à leur base les branches mortes ou celles qui se croisent ou qui se touchent au centre de l'arbuste. Procédez à une coupe franche et sans déchirure.Certains très vieux sujets présentent des signes d'épuisement. Partiellement malades ou envahis par des branches denses et en fouillis, ils ne produisent presque plus. Dans ce cas, un sauvetage doit être réalisé en taillant toutes les branches au ras du sol en début d'hiver. Cette taille drastique permettra un redémarrage de la souche dès le printemps suivant. N'hésitez pas à griffer du compost au pied du noisetier après cette taille et renouvelez l'opération dès le mois de mars.

Noisetier et usages traditionnels des gaules et branches

Le noisetier, souvent appelé « la coude » ou « le coudrier » par certains, a été utilisé de diverses manières au fil du temps. Ses branches droites et souples, appelées gaulettes ou gaules, étaient très recherchées.

  • Gaules à pommes : Les noisetiers les plus vigoureux poussent bien droit, permettant de confectionner de longues gaules légères. Pour gauler les pommes, il ne faut pas frapper sur les branches comme une brute, mais utiliser la flexibilité du bois de noisetier pour agiter les branches sans abîmer les bourgeons. Une courte gaule, le réquet, était utilisée pour atteindre les fruits peu accessibles dans les pommiers.
  • Harts pour lier les fagots : Les rejets de noisetier étaient utilisés pour faire des harts pour lier les fagots. Cela se faisait quand la sève montait, en mars-avril, car le bois se tordait mieux. C'était une solution solide et économique, bien que moins rapide que le fil de fer.
  • Tendeurs à peaux de lapin : Autrefois dans les fermes, lorsque l’on tuait un lapin, sa peau était mise à sécher sur un tendeur ou une fourche en noisetier dans un grenier, en attendant le passage du marchand de peaux de lapins.
  • Manches d'outils et cannes : Lorsque l'on coupe une haie, on sélectionne les branches les plus droites et au diamètre adéquat pour confectionner tous les manches d’outils qui cassent fréquemment, de la binette à la fourche à fumier. L'écorce du bois encore vert était pelée à la plane sur un banc. Des pousses de coudrier tressées ensemble et laissées pousser au moins deux ans permettaient de faire de jolies cannes.
  • Triques pour le bétail : Une bonne trique en noisetier était utile pour faire avancer, arrêter ou empêcher les veaux ou les bœufs de se diriger dans une mauvaise direction, à utiliser avec modération.
  • Rames pour haricots et pois : Le « haricot à rames » est une plante grimpante qui a besoin d’être tuteurée. Les jardiniers fixaient des baguettes de noisetier deux par deux pour que les haricots s'y enroulent. Contrairement aux haricots, le pois s’accroche aux rames avec des vrilles, et les branches d’orme en forme d’arrête de poisson convenaient bien pour le soutenir.
  • Lance-pierres : Les mauvais gamins fabriquaient facilement des lance-pierres avec des branches de noisetier, qui pouvaient s’avérer dangereux.

Impact environnemental et économique des fascines

Les fascines ne sont pas seulement des aménagements pratiques ; elles ont un impact significatif sur l'environnement et peuvent s'intégrer dans des stratégies agricoles et écologiques plus larges.

Lutte contre l'érosion et infiltration de l'eau

La fascine, constituée de branchages, a été utilisée à l’origine pour conforter les berges des cours d’eau, puis a été adaptée pour lutter contre l’érosion des sols. Positionnée en travers de l’axe de ruissellement principal, elle constitue un obstacle perméable qui freine l’eau et retient la terre. Dans les limons battants, des mesures en Alsace ont montré que les fascines pouvaient retenir au champ jusqu’à 22 m³ de terres en quelques années. Outre son efficacité rapide en termes de rétention des sédiments, de récentes expérimentations réalisées par l’Areas (association de recherche sur les sols basée en Normandie) ont permis d’estimer les volumes infiltrés aux abords des fascines, à savoir 170 mm/heure !L’intérêt des associations du type haie + fascine, ou haie + fascine + bande enherbée est démontré pour assurer la durabilité de l’action, et pour conjuguer les effets positifs sur l’infiltration et sur la sédimentation des différentes tailles de particules.

Biodiversité et microclimat

Les fascines offrent un microclimat et un sol intéressant, et seront souvent colonisées spontanément par diverses plantes et animaux. Veiller à ne pas cloisonner l’espace permet les déplacements des petits animaux, comme les hérissons. Ne pas couvrir intégralement la fascine de treilles, treillis, grillage ou cage à poules empêche la circulation de la faune et complexifie l’entretien et la recharge en bois. Le long de la fascine, une gestion douce évite de tuer les insectes, grenouilles, reptiles ou petits mammifères qui s’y réfugieraient. Garder une largeur de tondeuse en « zone refuge » tout le long de la fascine favorise la biodiversité.

Coût et financement

Le coût d’installation d'une fascine est généralement estimé à moins de 100 € TTC/ mètre linéaire pour la main d’œuvre, les matériaux et les engins (en 2022). Les fascines ne sont pas reconnues comme Surfaces d’Intérêt Écologique (SIE) auprès de la Politique Agricole Commune (PAC). Leur création peut cependant être aidée au même titre que d’autres Infrastructures Agro-Écologiques (IAE) dans le cadre des Contrats Territoriaux (CT) Eau. Des financements, comme le PVE (plan végétal pour l’environnement) à hauteur de 40 %, ont favorisé la mise en place de fascines dans les secteurs à érosion. On constate que de plus en plus d’agriculteurs décident d’en implanter eux-mêmes car ils disposent de la matière première (saule - noisetier…). Toutefois, lorsque l’on ne fait pas appel à un prestataire, quelques règles doivent être suivies si l’on veut garantir l’efficacité de l’ouvrage dans le temps.

Recommandations et collaborations

Il est conseillé de se rapprocher d’une chambre d’agriculture ou d’un syndicat de bassin versant avant d’entamer la construction d’une fascine. Les fascines sont à positionner sur le trajet des écoulements concentrés, en tête de bassin versant ou en aval des parcelles érodables. Il est important de prêter attention aux distances de plantation. Le code civil impose des distances minimales de plantation d’arbre par rapport aux limites de propriété : 50 cm si l’arbre fait moins de 2 m de hauteur, ou 2 m si l’arbre fait plus de 2 m de hauteur.

Implantation régionale

Alors que la fascine s’est imposée depuis longtemps dans le Nord Pas-de-Calais et en Normandie, le nombre de ces éléments du paysage dans le département de la Somme ne décollait pas au début des années 2000. Ce n’est désormais plus le cas. La base de données « Ruissol », renseignée par l’association Somea, qui recense les ouvrages de lutte contre l’érosion à l’échelle du département, faisait état en 2012 de plusieurs dizaines de fascines.L’association Somea et le syndicat intercommunal pour l’amélioration de l’écoulement dans le Vimeu organisent régulièrement des visites d’aménagements anti-érosion (fascines, haies…) pour sensibiliser et former aux bonnes pratiques.

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