Le jardinier des villes se pose toujours la même question. Que faire de la terre des jardinières ? Faut-il la changer ? Rien que d'y penser, on est découragé. Décrocher les bacs, au risque de les faire tomber dans la rue, puis les rentrer dans la maison et les vider sur une grande feuille de plastique. Ensuite, il faut évacuer le tout dans des sacs et on ne sait jamais dans quelle poubelle il faut les mettre (la verte, la jaune, la bleue ?). Enfin, il faut laver les bacs à grande eau dans la baignoire ou la douche, avant de les remplir de terre neuve… prise dans des sacs qu'il aura fallu grimper dans les étages, après les avoir achetés dans un endroit où il est quasi impossible de garer sa voiture et… au prix de l'or en barre. Et, dès qu'on a une dizaine de jardinières, ou une terrasse, le problème se pose. Faut-il vraiment faire tout ça ? Pas vraiment. On l'a fait, autrefois, poussé par on ne sait quel souci de perfection illusoire. La vieillerie a eu tôt fait de réviser à la baisse des exigences livresques qui ne se vérifient pas dans la pratique. Cet article vous est offert pour vous éclairer sur les pratiques optimales et simplifiées pour maintenir la vigueur de vos plantations en pot.
Pourquoi le Substrat des Jardinières s'Épuise-t-il ?
Les jardinières et autres contenants dans lesquels on plante des végétaux forment un milieu assez limité. Contrairement aux plantes en pleine terre qui ont accès à un vaste réseau de nutriments et d'eau, celles en pot dépendent entièrement du volume de terreau mis à leur disposition. Les plantes doivent y trouver l'eau et les nutriments dont elles ont besoin pour croître et s'épanouir, suffisamment d'espace… en bref, un environnement qui leur est favorable. Pour l'obtenir, il faut un substrat bien équilibré, à la fois léger mais qui retient un minimum l'eau et les éléments nutritifs, et un bon système de drainage de l'humidité dans le contenant.
Avec le temps, le terreau vieillit et s'appauvrit en nutriments, plus pour les plantes en pot que celles en terre. En effet, les arbustes et les plantes se nourrissent des micro-éléments et des nutriments nécessaires à leur croissance. La solution est alors d'apporter un peu plus de fertilisant ou d'ajouter du compost pour continuer à apporter des nutriments. Le terreau est, à l'origine, une véritable réserve de nutriments pour vos végétaux. S'il a perdu une bonne partie de ses nutriments, il en contient encore un peu, mais cette ressource diminue inévitablement.
Un terreau de jardinière deviendra plus compact et dense avec le temps, car une partie de son contenu (tourbe, fibres de coco, résidus de bois, etc.) est organique et se décomposera. Cela réduit sa capacité à retenir l'air, essentiel pour les racines, et diminue son efficacité de drainage. De plus, dans la maison, où l'eau est appliquée en circuit fermé (le surplus se draine dans une soucoupe pour être réabsorbée par la suite), des sels minéraux - provenant de l'eau d'arrosage et des engrais appliqués - s'accumulent peu à peu. Quand vous voyez une croûte blanche sur le bord du pot et même sur la tige de la plante, c'est que le terreau est contaminé aux sels minéraux. Ces sels peuvent s'accumuler au point où le terreau devient toxique et commence à endommager les racines. Cela n'arrive pas aux terreaux de jardinière en plein air, car ils sont régulièrement lessivés par la pluie et les arrosages et le surplus d'eau se draine hors du pot, dans la nature.
Renouvellement Partiel ou Total : La Vérité sur la Terre des Jardinières
Faut-il vraiment changer toute la terre ? Pas toujours. En fait, il suffit de changer environ un quart ou un tiers de la terre des jardinières chaque année, voire tous les deux ans, et de bien nourrir à l'engrais les nouvelles plantes qui y sont installées pour l'été, et le tour est joué ! Pour cela, il faut, après avoir bien mélangé l'ancienne terre avec une petite pelle ou à la main pour en extirper les grosses racines des plantes mortes, retirer la partie qu'on veut changer. On remélange ce qui reste dans le bac avec une bonne poignée d'engrais complet en granulés, et l'on recouvre le tout avec la nouvelle terre. Il faut ensuite tasser le mélange dans la jardinière, pas trop non plus, et faire en sorte qu'il reste environ 3 cm de libre jusqu'au bord supérieur pour que l'on puisse arroser franchement. Chose impossible si la terre affleure. Un détail, peut-être, mais, outre le fait que cette opération fait gagner du temps quand il fait très chaud, c'est aussi la seule façon d'abreuver convenablement les plantes qui poussent en pot.
Un quart ? Ou un tiers, direz-vous ? Pas besoin de sortir le pied à coulisse pour mesurer au millimètre. On le fait au jugé. Plus la jardinière est profonde et large, et moins on doit changer la terre. Plus elle est étroite et peu profonde, plus la quantité de terre disponible par plante est réduite et plus il faudra la remplacer souvent. Une bonne jardinière doit faire environ 20 cm par 20 cm vue de profil et 40 à 50 cm de longueur, de façon qu'elle ne soit pas trop lourde à manipuler. Les jardinières faisant 10 cm au carré, voire 12 cm, sont à laisser chez le marchand… Il faut les arroser deux ou trois fois par jour l'été. Si l'on oublie et qu'elles sont mal accrochées, elles risquent alors de verser sous le simple poids des plantes retombantes.
Pour les plantes annuelles ou bisannuelles, si possible, il est conseillé de changer la terre tous les ans. Pour les grands contenants, on peut envisager d'améliorer la terre par moitié seulement tous les ans. Ces plantes puisent fortement dans les éléments nutritifs, rendant un terreau appauvri capable d'accueillir une nouvelle plantation, mais avec une floraison moins généreuse. Pour les petites jardinières faciles à manipuler, un remplacement complet garantit un support riche et équilibré.
Quand et comment rempoter une plante d'intérieur - Truffaut
Le Surfaçage : Une Alternative Simple pour les Grands Contenants
Certaines plantes peuvent éviter le rempotage total. C'est le cas des très grandes placées dans des pots ou bacs volumineux (supérieurs à 40/50 cm de diamètre). Les extraire de leur pot est une opération très compliquée. Un surfaçage suffit, de même que pour les plantes adultes, dont la croissance est arrêtée.
Le surfaçage consiste à remplacer le substrat sur les premiers centimètres seulement sans déterrer la motte. Une technique qui permet de garder le même contenant tout en stimulant le développement des plantes. Tout comme pour les plantes rempotées, le surfaçage est à réaliser de préférence en fin d'hiver ou en début de printemps. C'est le moment où les plantes sortent de leur repos végétatif et qu'elles vont reprendre leur croissance. Pour ce faire : Griffez le vieux terreau sur les 10 premiers centimètres en prenant soin de ne pas abîmer les racines. Puis, remplacez-le par du neuf. Tassez légèrement et arrosez généreusement. Vous pourrez ajouter un peu d'engrais un mois plus tard.
Ce geste simple, comparable à un lifting végétal, redonne vigueur et éclat aux plantations sans effort excessif. Les apports d'engrais peuvent éventuellement se faire avant de mettre la nouvelle terre. Grâce à l'arrosage, les fertilisants vont venir enrichir l'ancienne terre qui est restée au fond, de même que le terreau de rempotage va finir par se mélanger au fil du temps.
Quand vos Plantes Vous Parlent : Les Signes qu'un Changement de Terreau s'impose
Le terreau assure aux plantes une bonne circulation de l'air, de l'eau et un apport en minéraux et nutriments. Un combo nécessaire à leur croissance. Si vous n'avez pas le réflexe de rempoter vos plantes ou si vous avez oublié en quelle année vous l'avez fait la dernière fois, elles vous enverront des messages plus ou moins clairs. Sans même regarder votre plante, le simple fait de ne pas avoir changé ou ajouté de nouveau terreau depuis plus de 3 ans est une raison suffisante pour le faire.
Trois éléments sont à surveiller : les racines, le feuillage et l'arrosage.
1. Les Racines :
- La meilleure façon de voir si une plante a besoin de nouvelle terre consiste à examiner ses racines. Si de nombreuses racines sont mortes, il est grand temps de remplacer la terre !
- Même chose si elles sont entourées de grosses mottes d'impuretés compactes.
- Les racines dépassent du pot par les trous de drainage. C'est un signe évident que la plante est à l'étroit et a besoin de plus d'espace pour son système racinaire.
2. Le Feuillage et la Croissance :
- Les feuilles jaunissent sans raison apparente (malgré un arrosage adéquat et un emplacement idéal).
- Le feuillage semble grand par rapport au pot, indiquant un déséquilibre entre la partie aérienne et le système racinaire confiné.
- Les nouvelles feuilles sont plus petites que les précédentes.
- La plante pousse moins vite, ou n'a pas fait de nouvelle feuille depuis 6 mois, signe d'un manque de nutriments.
- La plante est moins vigoureuse, elle flétrit 2-3 jours après l'arrosage.
3. L'Arrosage :
- Le terreau ne retient plus l'eau, même après un arrosage. L'eau s'écoule du pot très vite à l'arrosage (sauf si la plante manquait d'eau et absorbe tout rapidement). Cela indique que le terreau est trop compact ou trop décomposé pour bien retenir l'humidité et les nutriments.

Le Choix Crucial du Terreau : Ne pas Mégoter sur la Qualité
Quelle terre mettre dans les jardinières ? À la campagne, c'est facile, on retourne la jardinière sur le tas de compost et on la remplit d'un mélange neuf que l'on fait en brassant moitié pour moitié de la terre de jardin et du terreau, ou du compost bien mûr, dans une brouette, ce qui est beaucoup plus pratique que de le faire dans un seau ou à même la terre d'une plate-bande nue. En ville, c'est la croix et la bannière. Il faut acheter du terreau tout fait. Et surtout ne pas mégoter, car, même si globalement la qualité a évolué favorablement, certains ne sont pas très bons.
Il faut donc faire confiance à une grande marque spécialisée. Or brun, par exemple, produit des mélanges de grande qualité, y compris pour les rosiers, les orangers et les citronniers. Sem est aussi une excellente marque. Et il y en a d'autres. Surtout, se méfier des promotions de marques obscures. Un bon terreau doit sentir bon, être souple quand on plonge les mains dedans et surtout pas malodorant et collant. Idéalement, il devrait contenir un peu d'argile, en tout cas de la terre franche, et ne pas être uniquement constitué de tourbe et d'écorces de pin compostées. Outre le fait que l'exploitation à outrance des tourbières est une catastrophe écologique sans nom et qu'il faudrait l'interdire sur le territoire européen, la tourbe est pauvre en éléments nutritifs. Et si c'est une excellente éponge, elle est très difficile à réhumidifier quand elle a séché, ce qui n'est pas l'idéal pour une jardinière.
Dans le commerce, de nombreux terreaux universels sont proposés. Je vous recommande cependant de les enrichir avec du fumier déshydraté, de la corne broyée torréfiée ou avec des cendres végétales, riches en potasse. Mais un bon compost familial bien mûr, et criblé, peut faire l'affaire. Conservez le substrat frais par des arrosages réguliers le soir ou par l'installation d'un goutte-à-goutte. Évitez l'excès d'humidité favorable au développement des pourritures. L'excès d'arrosage peut être favorable au lessivage des nutriments et oligo-éléments.
L'Art du Rempotage : Étapes et Précautions
Le rempotage est essentiel pour toutes les plantes en pot, qu'elles soient à l'extérieur ou à l'intérieur. Il sert à donner plus d'espace aux racines qui grandissent et aide donc à stimuler la croissance de la plante. L'autre utilité du rempotage concerne le renouvellement de la terre. Oublier de rempoter une plante peut même avoir de graves conséquences, et même mener à la mort de la plante.
Quand rempoter une plante ? Il est conseillé de rempoter les plantes d'intérieur environ tous les 2 ans. Mais avant de vous mettre à l'ouvrage, sachez que cette étape ne se fait pas n'importe quand. La période la plus favorable est le printemps. Au printemps, les plantes vertes s'apprêtent à entrer dans une phase de croissance. Elles seront plus à même de supporter ce changement, et surtout, elles pourront profiter au maximum du nouveau substrat que vous leur avez offert. Il est également conseillé de rempoter les plantes immédiatement après l'achat. La plupart du temps, pour des raisons économiques, les commerçants vendent les plantes dans des pots dont les dimensions sont les plus petites. N'oubliez pas qu'il ne faut jamais rempoter une plante en période de floraison au risque d'interrompre son épanouissement.
Comment rempoter une plante ? La façon de s'y prendre pour rempoter correctement une plante dépend aussi de la taille de la plante. Les plantes de petite taille sont plus faciles à manipuler que les arbustes d'intérieur par exemple.
- Dépotez la plante : Tirez délicatement sur la plante ou déterrez-la de la façon la plus délicate possible. Le but est de ne pas la brutaliser ni de casser les toutes petites racines. Pour cela, vous pouvez la baigner dans l'eau quelques minutes avant, cela facilitera la manipulation. Puis, pressez le pot sur les côtés et tapotez le fond, tête aux 3/4 en bas, en maintenant la plante dans une autre main. Si besoin, vous pouvez également introduire un tuteur par le trou de drainage pour l'aider à sortir. Souvent, une motte de terre reste accrochée à la plante. Désagrégez doucement la motte jusqu'à ce qu'elle tombe complètement.
- Préparez le nouveau pot : Prenez votre nouveau pot, qui doit être d'une dimension supérieure de quelques centimètres par rapport au précédent. De manière générale, quand vous rempotez vos plantes, pensez à toujours augmenter la taille du pot. Lorsque vous achetez ce pot de rempotage pour plante verte, vérifiez qu'il ait un ou plusieurs trous de drainage. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez faire les trous vous-même avec une perceuse électrique lorsqu'il s'agit d'un pot en plastique.
- Mise en place du drainage : En plus de la fonction essentielle des trous de drainage, pour optimiser totalement la quantité d'eau dans la terre, il est conseillé de déposer des billes d'argile au fond du pot. Celles-ci absorbent l'eau comme une éponge et le surplus est peu à peu libéré dans le substrat lorsque celui-ci s'assèche à nouveau. Placez une première couche de terreau sur la couche de drainage.
- Positionnez la plante : Déposez ensuite la plante au centre du pot et recouvrez les racines de terreau. Pour vous assurer que la plante ait assez de nourriture pour grandir, vous pouvez envisager de la fertiliser. Le moment de la transplantation des végétaux paraît idéal pour le faire. Cependant, mieux vaut attendre quelques semaines avant de leur donner du fertilisant afin qu'ils aient le temps de se remettre un peu des événements. Une fois bien en place dans leurs nouveaux pots, ils auront plus de facilité à absorber les nutriments supplémentaires. Vérifiez bien les conditions d'utilisation sur la notice de l'emballage. Certains se mélangent à la terre, alors que d'autres types de fertilisant se sèment simplement en surface.
- Finitions : Lorsque vous recouvrez les plantes vertes de terreau jusqu'au bord du pot, assurez-vous qu'elles restent bien maintenues au centre du pot. Tassez légèrement avec les doigts mais pas trop pour que l'air et l'eau puissent circuler. Terminez en arrosant la plante abondamment. Si vous voyez que le terreau s'affaisse (même si ce sont les jours suivants), n'hésitez pas à en rajouter un peu pour compléter.

L'Importance Fondamentale du Drainage pour la Santé des Racines
Le drainage dans une jardinière est crucial. Pourquoi faire une couche de drainage ? En présence d'une coupelle en-dessous des pots ou des jardinières, l'eau des arrosages ou des précipitations ne s'évacue pas totalement et stagne au fond, transformant le substrat en boue et asphyxiant les racines. Certes, il est possible, et même conseillé, de retirer ces coupelles, mais il faut dire quand même qu'elles se révèlent bien utiles. Notamment pour garder une petite réserve d'eau bien appréciée des plantes lorsqu'il fait très chaud. Mais aussi pour éviter de salir le sol ou le support des jardinières après chaque pluie ou arrosage. Mettre une couche de drainage au fond des jardinières va permettre à cette eau d'être stockée et présente lorsque le substrat va sécher, remontant vers les racines par capillarité.
Il peut de plus s'avérer utile de filtrer, de retenir le substrat qui pourrait s'évacuer hors de la jardinière (ou de tout pot d'intérieur ou d'extérieur), et ce pour plusieurs raisons. Avec le substrat, ce sont les nutriments présents pour nourrir vos plantes qui s'en vont, ce qui est à éviter.
Quelles matières utiliser pour le drainage ?Les matières utilisables pour drainer le fond d'une jardinière sont les suivants :
- Les tessons de pots en terre cuite : Ces pots, sensibles aux chocs, se retrouvent bien souvent cassés. Leurs débris sont néanmoins très pratiques pour servir de couche de drainage au fond d'un pot ou d'une jardinière rectangulaire ou autre forme. Pensez à casser en plus petits morceaux les débris de trop grande taille. Ce matériau « recyclé » est relativement léger.
- Les cailloux : Faciles à récupérer dans le jardin ou dans la nature et sont dans ces cas gratuits. Vous pouvez également trouver des sacs de cailloux calibrés dans les jardineries ou dans les grandes surfaces de bricolage. Leur poids est important, mais ce n'est pas toujours un inconvénient, du moins pour les pots et jardinières qu'elles peuvent lester. Par contre, leur transport et leur manipulation s'en ressentent.
- Le gravier : Facile à trouver et à utiliser, peu coûteux et très courant dans ce rôle de drainage de la terre ou des terreaux.
- Les billes d'argile : Un matériau extrêmement léger, donc facile à transporter et à manipuler et qui ne pèsera pas au fond du pot. Elles sont de plus très bon marché. Les billes d'argile ont la particularité d'être poreuses et donc d'absorber l'eau en excès. Le restant sera évacué par les trous de drainage. Totalement inertes, elles pourront rester plusieurs années au fond du pot. Vous les étalerez sur 2 à 5 cm en fonction de la hauteur de la jardinière.
- Le bois mort : Fait rarement partie des matières conseillées pour le drainage d'un pot de fleur, il a pourtant son intérêt, en tout cas pour des jardinières et pots de fleur XXL. Car une fois mort et légèrement attaqué par les décomposeurs, il se transforme en éponge et est donc très utile pour conserver l'humidité.
Il est judicieux de déposer du feutre géotextile par-dessus la couche de drainage, découpé à la taille du contenant, afin d'éviter que le terreau finisse par s'écouler par les trous du pot, mais aussi pour que les fines radicelles ne s'insinuent pas à l'intérieur des billes, rendant l'ensemble définitivement inséparable.
La couche au fond du pot est certes importante, mais le substrat, c'est-à-dire le support de culture de vos plantes, l'est tout autant. Car cela ne servira à rien de mettre une couche de drainage si le terreau est très compact et ne laisse pas s'évacuer l'eau en surplus. Sélectionnez toujours un terreau léger, type terreau pour plantes méditerranéennes. Vous pouvez également ajouter directement dans le substrat des éléments drainants comme de la perlite, du sable ou du gravier, ou encore des écorces de pin.
Au préalable, vérifiez que la jardinière soit percée au fond, principalement pour des plantes installées à l'extérieur. Si ce n'est pas le cas, il vous faudra percer ces trous vous-même, faute de quoi la jardinière se transformera en piscine !
Matériaux de Jardinières et Choix du Drainage Adapté
Le choix du matériau de votre jardinière peut influencer le type de drainage le plus approprié.
Jardinière en bois
La jardinière en bois a pour elle de nombreux avantages. Au niveau esthétique tout d'abord, le bois est particulièrement polyvalent, pouvant s'intégrer tout aussi bien dans une ambiance contemporaine que dans un environnement plus rustique et son aspect naturel est toujours apprécié. De plus, le bois est un matériau robuste, votre jardinière sera donc plus durable. Naturellement isolant, il protégera les racines de vos plantations contre le froid. Petit défaut par contre, et encore il est facile à résoudre : le bois, ou du moins tous les bois ne sont pas résistants face à l'humidité. Il faut qu'il ait subi un traitement, au préalable ou après l'achat par vous-même, ou qu'il soit naturellement résistant, comme le sont les bois de classe 4 ou 5. Si vous décidez de traiter vous-même le bois, veillez à ne pas utiliser de produit chimique, le bois est un matériau respirant, ces substances pourraient migrer dans le terreau et tuer vos plantes. Que mettre au fond d'une jardinière en bois pour protéger si besoin le matériau tout en drainant le substrat ? Les billes d'argile sont un bon choix car elles n'ajouteront pas de poids à ces jardinières souvent de grande taille et déjà lourdes.
Jardinière en plastique
Peu onéreux, pouvant s'afficher en toutes les teintes existantes, ultra léger, le plastique est un matériau courant pour les pots et jardinières. Que mettre au fond de vos jardinières en plastique ? La légèreté du matériau fait que l'utilisation de matières lourdes est le plus judicieux, qui donnera une meilleure stabilité au contenant. Vous éviterez donc les billes d'argiles, le plus léger des matériaux de drainage, pour vous tourner vers les cailloux ou le gravier.
Jardinière en terre cuite
Certes fragile et relativement coûteuse, la jardinière pour balcon ou pour intérieur en terre cuite n'a cependant pas que des inconvénients. Son esthétique souvent vintage et toujours authentique donne beaucoup de charme à vos compositions. De plus, la terre cuite est un matériau respirant, qui laisse air et eau circuler entre l'intérieur du pot et l'extérieur. Attention par contre lors des périodes de gel, la terre cuite peut se fendre, pensez à la protéger (en protégeant les racines de vos végétaux par la même occasion). Que mettre au fond de vos jardinières en terre cuite ? Évitez les matières lourdes telles que les cailloux ou les graviers, à moins que votre jardinière n'ait vraiment un problème d'équilibre !

Une fois que vous avez vérifié la présence de trous au fond de la jardinière, disposez tout au fond l'éventuel morceau de feutre géotextile puis la couche de drainage, qui doit représenter approximativement 20 % de la hauteur totale de votre contenant. Ajoutez le facultatif feutre géotextile sur la couche de drainage avant de verser le substrat correspondant aux besoins de votre plante. Tassez avant de poser la motte totalement réhydratée, puis complétez tout autour de cette motte jusqu'au trait généralement présent signalant le correct remplissage. Tassez à nouveau et arrosez copieusement. Vous aurez certainement à ajouter du terreau lorsque l'intérieur se sera bien tassé. Cette couche de drainage peut à la longue se tasser, associée avec le substrat. Lorsque vous réalisez le rempotage de vos plantes, n'hésitez pas à vider totalement le pot et à nettoyer graviers ou autres. C'est un matériau drainant que vous devez mettre au fond de vos jardinières afin que leurs racines ne soient pas noyées, asphyxiées dans un milieu trop humide qui leur est néfaste. Les matériaux qui peuvent être utilisés sont assez variés, et rien ne vous empêche de les mélanger voire de composer vos propres couches de drainage, par exemple à l'aide d'éléments recyclés ou cassés.
Réutiliser le Terreau Usagé : Une Approche Écologique et Économique
J'ai déjà entendu une employée de jardinerie expliquer à un client qu'il fallait jeter la terre de jardinière à la fin de la saison et acheter un terreau frais chaque printemps. J'ai été horrifié : quel gaspillage ! Car en fait ce terreau peut servir encore et encore, même pendant des décennies. Donc, oui, vous pouvez réutiliser cette terre. Il est toutefois certain qu'un terreau de jardinière deviendra plus compact et dense avec le temps, car une partie de son contenu (tourbe, fibres de coco, résidus de bois, etc.) est organique et se décomposera. Ainsi, il faudra rajouter occasionnellement de la matière organique - compost, fumier, terreau frais, etc.
Le terreau, s'il a perdu une bonne partie de ses nutriments, en contient encore un peu pour le bon usage de votre compost. Si vous ne voulez pas réutiliser le terreau en jardinière, il est parfaitement loisible de l'employer presque à toute fin de jardinage : pour réparer une pelouse, pour ajouter au potager ou à une plate-bande, etc. L'ancien terreau peut également être utilisé pour redonner du pep's à une pelouse. Il apportera de la matière organique utile à la structure du sol.
Le terreau usagé des vieux pots de fleurs peut également servir à compléter le paillage pour votre jardin. Il suffit de le répandre aux pieds des plantes sous le paillage. Le terreau peut également être mélangé au paillage. Les quelques nutriments dont il est encore pourvu vont pouvoir s'infiltrer dans le sol pour garantir une meilleure teneur en humus et booster la fertilité du sol en en améliorant la structure.
Si ce conseil est valable pour les plantes en pot, il l'est aussi pour les jardinières de fleurs annuelles. Dans ce cas, il est suggéré d'effectuer un test avant de planter dans cette terre recyclée. Commencez par choisir des graines avec une levée réputée rapide (exemple : graines de radis) et vérifiez si tout se passe normalement et si la levée s'effectue rapidement. Feu vert pour les plantes vivaces qui sont peu gourmandes en nutriments (exemple : campanules, lavandes) et les herbes aromatiques (exemple : basilic) en mélangeant le terreau recyclé avec du nouveau. Feu orange pour certaines plantes d'intérieur, où l'on conseille d'être vigilant et de faire plus attention à l'évolution de la plante, notamment si l'on constate un jaunissement trop rapide du feuillage ou une croissance anormalement lente.
Gérer les Contaminations et Maladies du Terreau
Le terreau des bacs de jardinage est-il récupérable ? Le terreau ou la terre usagés des vieux pots de fleurs peuvent être réutilisés pour de nombreuses applications comme le compost, le paillage ou encore pour de nouveaux pots de fleurs à condition de vérifier qu'il ne s'agit pas d'un terreau contaminé par des plantes malades ou parasitées. Une plante qui dépérit sans raison apparente peut révéler un terreau contaminé. Dans ce cas, le pot doit être entièrement vidé. Un nettoyage soigneux s'impose, avec du vinaigre blanc par exemple, afin d'éliminer germes et parasites sans recourir à des produits agressifs.
Si la plante était malade, le terreau ne doit pas être réutilisé au pied d'autres végétaux : le risque de propagation reste élevé. Cependant, si aucune maladie n'est en cause, ce substrat peut être valorisé dans les massifs.
Si vous envisagez de mettre le terreau au compost et que vous avez des doutes sur la contamination possible de ce terreau, vous pouvez commencer par disposer le terreau sur une surface plane (bac ou bâche par exemple) et le mettre suffisamment longtemps au soleil sur quelques jours. Le soleil et la chaleur vont permettre d'éliminer toute contamination. Pensez à remuer de temps à autre le terreau pendant cette période. La stérilisation est une autre solution très usitée par les jardiniers. Pour cela, on va chauffer la terre contaminée pendant trente minutes à 70 / 80°C.