Le métier de jardinier dans la fonction publique territoriale : enjeux, missions et évolutions

Le secteur des espaces verts au sein de la fonction publique territoriale constitue un pilier fondamental de la gestion du cadre de vie des citoyens. L’agent des espaces verts effectue l’entretien des espaces verts et naturels, le tout en préservant la qualité écologique et paysagère du site. Plus communément appelés « jardiniers », les agents d’entretien des espaces naturels sont très présents dans la fonction publique. L’agent peut travailler dans n’importe quel type de collectivité de la fonction publique territoriale : commune, intercommunalité, département, région. Commune, intercommunalité, organismes d’État… plusieurs possibilités s’offrent à eux.

Illustration d'un professionnel des espaces verts travaillant dans un parc public

Le cœur de métier : technicité et environnement

Le jardinier exerce des missions variées qui nécessitent une maîtrise approfondie des cycles biologiques. Il prépare les sols, plante et arrose les semis. Il agrémente les massifs de fleurs ou d’arbustes. Si la structure est équipée, le jardinier peut produire en régie ses semis et gérer ses plantations sous serre. Les jardiniers travaillent le plus souvent à l’extérieur, quelquefois sous serre.

Au-delà de la simple plantation, le métier exige une grande rigueur. Le jardinier utilise des engins motorisés/mécaniques ou des substances chimiques nécessitant le respect de certaines consignes. Tondeuse, élagueuse, scie, produits phytosanitaires… sont des outils du quotidien. Certains permis sont également obligatoires pour la conduite de certains engins (CACES, permis remorque, poids lourds…).

Le jardinier travaille principalement en extérieur. Il est important qu’il dispose d’une bonne aptitude physique. Il peut travailler en hauteur à l’aide de nacelle ou d’échelles pour l’élagage ou la taille, accroupi ou courbé pour les plantations, le désherbage… Bien évidemment, il faut aimer travailler au contact de la nature et maîtriser les règles de l’horticulture, en particulier les spécificités biologiques et paysagères de la région. Le jardinier exerce le plus souvent au sein d’une équipe de 2 ou 3 personnes et peut être sollicité par le public lorsqu’il se déplace sur site.

Cadre statutaire et évolution professionnelle

Comme le métier est catégorie C, il est possible de passer par une intégration directe, c’est-à-dire sans concours. Dans la fonction publique territoriale, ils appartiennent au cadre d’emplois des adjoints techniques territoriaux. Quelques postes sont ouverts aux agents de maîtrise. Il est possible pour l’agent d’évoluer en grade, en cadre d’emploi, voire se spécialiser.

Le CNFPT publie 20 nouvelles fiches métiers et fonctions qui reflètent les évolutions des métiers et fonctions au sein des collectivités territoriales. Ces fiches seront intégrées dans la nouvelle version du Répertoire des métiers territoriaux. Les nouvelles fiches métiers à tronc commun et à spécialités expriment le fait que plusieurs métiers, dans des familles professionnelles différentes, partagent un tronc commun d’activités/compétences qui peut permettre une migration d’un métier à un autre via un dispositif de professionnalisation relativement court. Ces domaines incluent le pilotage et management des ressources, les services à la population et les interventions techniques.

Mon métier ? Jardinier !

Les enjeux contemporains : vers une gestion écologique

Cette profession est en plein « boom » dans les collectivités locales. Elle est portée à la fois par les enjeux environnementaux et par le vieillissement des agents en poste. La spécialisation dans des techniques d’entretien plus écologiques devient une priorité : gestion différenciée des espaces verts, développement de la biodiversité et procédés économes en eau, en produits phytosanitaires, en production de déchets.

Les paysagistes doivent, en plus de leurs qualités de jardinier, avoir un talent plus artistique de dessinateur, de créateur d’espaces extérieurs aménagés. Cette dimension artistique complète la technicité horticole pour répondre aux exigences des citoyens en matière de cadre de vie et de trame verte urbaine.

Prévention des risques et santé au travail

La sécurité est une composante essentielle de la fiche de poste. Chaque FMP (Fiche Métier Professionnelle) présente une liste de dangers à priori. Il est crucial de se poser les questions suivantes : Quels sont les risques des autres métiers de l’entreprise ? Les dangers notés correspondent-ils aux risques réels après évaluation dans l’entreprise concernée ?

Afin de définir si un salarié bénéficie d’un Suivi Individuel Renforcé de son état de santé, il est nécessaire de vérifier s’il appartient à l’une des catégories suivantes des postes à risques particuliers, notamment en ce qui concerne l’exposition au plomb ou à d’autres agents nocifs. S’il le juge nécessaire, l’employeur complète la liste des postes entrant dans les catégories mentionnées par des postes présentant des risques particuliers pour la santé ou la sécurité du travailleur ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l’environnement immédiat de travail, après avis du ou des médecins concernés et du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

Schéma des mesures de protection individuelle et collective pour les agents d'entretien

Les risques liés à la profession sont documentés par des études spécialisées, comme celles de M.N. Crépy sur la photosensibilisation, les cancers cutanés liés à l’exposition professionnelle aux ultraviolets, ou encore les dermatoses professionnelles aux végétaux, comme les « Tulip fingers » dus à l’alstroemeria. La mise à jour régulière de l’évaluation des risques, prévue à l’article L. 4121-3, est une obligation légale pour garantir la pérennité de l’agent dans sa fonction.

Référentiels et ressources documentaires

Le cadre juridique et professionnel s’appuie sur diverses sources. Plusieurs conventions collectives encadrent le secteur privé, bien que la fonction publique territoriale possède son propre statut :

  • 7016 Convention collective nationale de travail concernant les jardiniers et jardiniers-gardiens de propriétés privées du 30 janvier 1986.
  • 2111 Convention collective nationale des salariés du particulier employeur du 24 novembre 1999.
  • 7018 Convention collective nationale applicable aux salariés non cadres des entreprises du paysage du 23 mars 1999.

Pour approfondir les connaissances techniques et réglementaires, les agents peuvent se tourner vers plusieurs organismes de référence :

  • Le site du Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Souveraineté alimentaire.
  • L’ANEFA : Association Nationale Emploi Formation en Agriculture.
  • L’APECITA : Association pour l’emploi des Cadres Ingénieurs et Techniciens de l’agroalimentaire.
  • EDUCAGRI : Site de la communauté éducative de l’enseignement agricole public français.
  • Le site du Ministère de l’Écologie et du Développement Durable.
  • Ifen.fr : Le site de l’institut français de l’environnement.

L’articulation entre ces ressources et la pratique quotidienne permet aux agents de s’adapter aux évolutions constantes des techniques horticoles tout en respectant les impératifs de la fonction publique territoriale. L’apprentissage continu est donc au cœur de la stratégie de gestion des ressources humaines pour les collectivités.

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