Le Figuier aux Feuilles Dentelées comme un Chêne : Mythes, Réalités et Phénomènes Étonnants

Le figuier (Ficus carica) est un arbre fruitier fascinant, riche d'histoire et de biodiversité. Bien que la plupart des gens l'associent à ses feuilles lobées caractéristiques, la découverte de figuiers aux feuilles dentelées, rappelant celles du chêne, soulève des questions intrigantes. Cet article explore la nature complexe des figuiers, leurs interactions écologiques, les phénomènes de croissance inhabituels et la distinction entre le figuier et d'autres arbres au feuillage similaire.

Illustration d'un figuier avec des feuilles lobées classiques et, en contraste, une feuille dentelée de type chêne.

La Famille des Figuiers : Une Diversité Insoupçonnée

Vous ne le croirez pas en vous trouvant nez à tronc avec un figuier étrangleur, mais ils font partie du même genre que les Ficus que nous trouvons dans les petits pots de fleurs de nos intérieurs. Le genre Ficus, incroyablement diversifié, compte plus de 750 types de figuiers dans le monde. Cette variété se manifeste par des arbres gigantesques, certains avec le tronc creux, et des spécimens plus modestes. Véritable garde-manger pour la forêt et les animaux frugivores, plus de 1200 espèces se nourrissent de figues tout au long de l’année. Les Ficus sont présents dans la plupart des forêts costariciennes jusqu’à 1800m d’altitude. Il est facilement observable au Rincon de la Vieja, Arenal, Corcovado ou encore Monteverde.

Le Figuier Étrangleur : Une Stratégie de Vie Unique

Parmi cette grande diversité, le figuier étrangleur représente une stratégie de vie unique et spectaculaire. Le cycle de vie commence lorsqu'une graine est ingérée par un oiseau et déposée sur un arbre hôte. De cette graine, vont naître des feuilles qui auront, comme pour la plupart des autres végétaux, la fonction de collecter les rayons lumineux afin d’effectuer la photosynthèse, ainsi que des racines dites aériennes. Celles-ci vont, par gravité, croître vers le sol. Une fois le tronc hôte atteint, c’est un véritable réseau de racines qui vont venir adhérer au tronc.

À l’opposé, les branches et les feuilles du figuier étrangleur vont se développer vers la cime. Les figuiers étrangleurs possèdent une frondaison très dense. Elles vont donc chercher à dépasser la cime de l’arbre hôte. Il va ensuite y avoir une compétition pour la captation de la lumière. C’est ainsi que l’arbre hôte, « étranglé », sans lumière suffisante pour réaliser sa photosynthèse et sans possibilité de croissance du fait du treillis formé par le figuier étrangleur, va, petit à petit, mourir et pourrir en son creux. Ces cavités et systèmes racinaires forment des micro biotopes pour de nombreuses espèces, contribuant ainsi à la richesse écologique de l'écosystème.

La Figue : Plus qu'un Simple Fruit

Avant tout, il faut savoir que nous ne consommons qu’une seule variété de figue parmi les plus de 750 espèces de figuiers de la planète. La figue n’est pas un fruit au sens botanique, il s’agit en fait d’une structure appelée Siconum qui contient les fleurs du figuier. Il y en a des centaines par figue. Le figuier ne peut donc pas compter sur le vent pour polliniser ses fleurs. Cette particularité amène une reproduction bien spécifique et unique, souvent qualifiée de mutualiste.

Schéma illustrant la structure d'un sycone de figue avec les fleurs à l'intérieur.

La Symbiose Exceptionnelle avec les Guêpes Polinisatrices

Afin de pouvoir se reproduire, les figuiers ont développé une relation mutualiste avec des guêpes (en majorité de la famille des Agaonidae) de taille millimétrique. Cette interaction complexe se déroule en plusieurs phases :

  • Phase A : Maturation des fleurs femelles et attraction des guêpes. Les fleurs femelles ne sont pas encore matures. Elles mûrissent peu à peu et deviennent prêtes à être fertilisées. Les figues sont alors réceptives aux guêpes pour la pollinisation et les figues émettent de grandes quantités de composés volatils qui vont avoir un rôle attractif pour les guêpes. Ce trou est si petit que la femelle va y perdre ses ailes et ses antennes en s’y engouffrant. La guêpe femelle ne pourra donc plus sortir de la figue. La ponte des œufs de la guêpe pourra se faire dans de nombreuses fleurs. C’est en permettant à la guêpe de pondre ses œufs dans ses fleurs que la guêpe va polliniser les autres fleurs.
  • Phase D : Émergence des guêpes mâles et reproduction. Il s’agit de la fin de la période d’incubation des larves dans les fleurs. Les guêpes mâles, petites et sans ailes, possèdent de puissantes mandibules. Elles sortent les premières des fleurs réceptrices puis parcourent les fleurs dans lesquelles sont situées les guêpes femelles. La guêpe mâle va alors développer un pénis télescopique qui va traverser l’enveloppe qui protège la guêpe femelle. La reproduction aura lieu à l’intérieur de cette enveloppe. Les femelles sortent alors des fleurs réceptrices.
  • Phase E : Dispersion des femelles pollinisatrices. Les femelles s’envolent à la recherche d’autres figuiers pour perpétuer le cycle.
  • Phase F : Interaction écologique avec d'autres espèces. Il s’agit, selon M. Rocha, d’une phase écologique. En effet, il a été trouvé des larves d’autres espèces dans les figues, sans que celles-ci n’aient de rôle de reproduction pour le figuier. Nous pouvons citer les mouches, coléoptères, fourmis, papillons, mites ou encore punaises. Lorsque le figuier est prêt à se reproduire, il va émettre des composés volatils (Phase A) qui vont être reçus par les autres figuiers de la zone. Ceux-ci vont alors différer leur cycle de reproduction, un mécanisme de communication chimique qui assure une pollinisation efficace et évite la compétition.

Le saviez vous ? manger une figue, c’est aussi manger une guêpe !

Variétés de Figuiers : Une Palettes de Saveurs et de Formes

Le figuier est apprécié pour ses fruits, mais aussi pour sa robustesse et sa capacité d'adaptation. Il existe une multitude de variétés, chacune avec ses propres caractéristiques. Bouddha aurait atteint l’illumination sous un figuier, soulignant l'importance culturelle et historique de cet arbre. Voici quelques exemples de variétés de figuiers, illustrant la diversité de leurs fruits et de leur port :

  • Figuier de développement moyen (5-6 mètres de diamètre) : Produit un fruit sucré, de bonne qualité gustative.
  • Figuier de taille moyenne à grande : Maturité mi-août, avec des fruits de bonne qualité gustative. La figue fleur est précoce (mi-juillet), de taille moyenne : 55 à 70 g. La figue d'automne est un peu plus petite : 45 à 55 g. La chair est rouge foncé, douce et fruitée, sucrée, fondante quand le fruit est bien mûr. Rustique, donc plantation possible dans toute la France, y compris dans le nord-est.
  • Arbre remarquable aux feuilles luisantes avec à peine trois lobes : Bonne productivité. Fruit de bonne taille, environ 40g, épiderme brun noir, pulpe couleur fraise. Il est excellent gustativement. La chair est très moelleuse, juteuse, avec une saveur très fine.
  • Arbre de taille moyenne : Très vigoureux, avec une croissance très rapide. Fruit de bonne taille (env 60 g). La chair, d’abord de couleur rosée, devient ensuite jaune miel.
  • BOURJASSOTTE BLANCHE (Synonymes : Bernissou blanc, Barnissotte blanche) : Figuier unifère à fort développement. Fruits à peau légèrement pruineuse et assez résistante. Placenta blanc, peu épais. Pulpe rouge.
  • Figuier de très grande dimension, étalé : Variété très intéressante du point de vue commercial, de préférence fraîche ou en confiture. Chair de très belle couleur ambre, d’un goût très fin, avec peu de graines.
  • Arbre de taille petite à moyenne : Possède une grande résistance au froid. Supporte bien des terrains argileux. Fruit de taille moyenne, très sucré. Sa peau est lisse, fine, de couleur jaune pâle mêlé de gris et se teintant de violet en fin de mûrissement. La chair est rouge très clair, presque rose.
  • Figuier de grande taille : Très cultivée dans le Sud-Ouest de la France et en Catalogne. Fruit de taille moyenne 50 à 60 grammes. Forme piriforme, avec un cou très prononcé. Rouge carmin à l’intérieur. Chair dense, très parfumée. Maturité très tardive. Remarquable qualité gustative. C’est une excellente figue. Très bonne tenue aux intempéries grâce à une peau épaisse.
  • Variété hybride créée par I. Condit dans les années 1950 (à partir du figuier Adriatic) : L’arbre est de taille moyenne, vigoureux et buissonnant, adapté au climat chaud. La figue d’automne, à épiderme jaune verdâtre et pulpe rose, résiste à l’humidité, maturité début septembre, se conserve et résiste au transport, utilisée en arboriculture, apte au séchage. Très bonne qualité gustative. Très bonne résistance à la pluie et au gel. Utilisation en frais, confiture et surtout pour le séchage.
  • DALMATIE (Synonymes : San Pietro) : Arbre de petite taille, branches peu ramifiées avec peu de feuilles, intéressant pour les petits jardins. Fruit très gros - 100 à 120 grammes - pour les figues fleurs, 60 grammes pour les figues d’automne. Texture fine et juteuse pour la figue fleur, peu de graines. Bonne résistance au froid.
  • Figuier ornemental : Exceptionnellement frappant lorsqu'il est cultivé comme plante à feuillage, très ornemental, en particulier lorsqu'il est formé contre un mur ou une clôture. Arbre à faible développement, bien adapté à la culture en pot ou pour petit jardin. Fruit au goût sucré - La peau est verte à jaune à maturité. La chair est rouge pâle. C'est une figue délicieuse avec une forte teneur en sucre.
  • Figuier commun : Fruit de taille moyenne, de 40 à 50g, de couleur jaune verdâtre. Fruit de forme ovoïde voire sphérique et une peau, initialement vert paille, qui devient jaune verdâtre. Saveur douce et miellée. Variété commune dans l’Aude, l’Hérault, les Pyrénées-Orientales. On la confond souvent à tort avec la Marseillaise, qui est une variété unifère. Très grande douceur du fruit.
  • Figuier aux saveurs de miel et de baie : Figues très savoureuses, avec une saveur de miel et de baie. Port compact. Arbre de dimension petite à moyenne. Fruit de 40 grammes pour les figues fleurs, 35 à 40 grammes pour les figues d’automne. Peau fine ayant tendance à craqueler. Excellente qualité gustative. Remarquable aptitude au séchage. Elle produit des fruits de petite taille à l’épiderme rouge, brun, tirant au noir à maturité.
  • Figuier décoratif : Son feuillage très découpé en fait un arbuste très décoratif, qui trouvera naturellement sa place dans un petit jardin. Fruit à la chair rosée, d’une très bonne qualité gustative. Texture et goût très fin. Bonne qualité gustative. Elle fructifie mi-octobre.
  • NATASCHA (Origine allemande) : Très bonne qualité gustative. La chair est douce, parfumée, sucrée. Fruits de petite taille d’une superbe qualité gustative. Fruit de 40 à 50 grammes. Chair rouge. Pyriforme pour les figues fleurs.
  • Figuier de Caromb : Très bonne résistance au froid. Figue rustique de très bonne qualité gustative, parfumée. Parfum fruité. Utilisation en frais, en confiture.
  • NOIRE DE BARBENTANE (Synonymes : Boulbon) : Arbre de grande dimension, port érigé à tendance décorative. Excellente qualité gustative. Variété très intéressante du point de vue commercial. Ce cultivar de la figue Noire de Caromb en possède toutes les qualités gustatives. Fruit de taille moyenne, environ 50 grammes, dont les panachures ont tendance à s’estomper à maturité. Bonne qualité gustative. Utilisation : frais ou en confiture.
  • Figuier de petite dimension : Port érigé avec peu de tendance au drageonnement. Fruit de taille moyenne - 60 à 70 grammes -. Texture fine et juteuse, chair très fruitée. Excellente résistance au froid.
  • PETROVAC (Originaire des Balkans) : Très bonne tenue. Saveur similaire à la Noire de Caromb.
  • Figuier Ravin de Calce : Variété de figue exceptionnelle. L'arbre a de très belles feuilles lobées et des côtes lourdes. Arbre productif, rustique, vigoureux, de taille moyenne à grande, à port semi-érigé. Feuilles très rondes et peu découpées de 3 à 5 lobes. Arbre d’ombrage.
  • Figuier unifère : Épiderme vert se rayant partiellement de violet et prenant des teintes marron brun, certaines figues peuvent se colorer de violet sur une ou plusieurs parties de la figue (forme et teinte différente) et la peau peut se craqueler.
  • Arbre de dimension moyenne à grande : Vigoureux, avec une tendance au drageonnement. Fruit de petite taille - 30 à 40 grammes -.
  • Arbre de développement moyen : 5 mètres de diamètre, hauteur 3 à 4 mètres. Fruit de bonne taille - 60 grammes -. À consommer frais ou en confiture.
  • Arbre de taille moyenne : 5 mètres de diamètre, hauteur 3 à 4 mètres. Fruit de taille moyenne à petite (40 grammes). Couleur vert, jaunâtre. Très bonne résistance en climat humide. À recommander dans les régions à pluviométrie importante. À consommer frais ou en confiture.
  • Figuier de Condit (1975) : Fruit de 60 grammes pour les figues fleurs, 45 à 50 grammes pour les figues d’automne. Variété provenant des travaux de I. Condit, mise sur le marché en 1975. Arbre de développement moyen à grand, se développant en forme de boule. Fruit de taille moyenne (50 à 60 grammes pour les figues fleurs, 40 à 50 grammes pour les figues d’automne).
  • Figuier résistant au froid : Fruit de taille moyenne. Excellente résistance au froid. Très intéressant pour les climats rigoureux.

Phénomènes Étonnants : Quand les Figues se Dévoilent

Un phénomène particulièrement intrigant a été observé sur un figuier, produisant au printemps de grosses figues vertes qui n’arrivent pas à maturité (elles restent cartonneuses à l’intérieur). La récolte en fin d’été est régulière et généralement très généreuse. Ce phénomène, déjà observé de façon épisodique les années précédentes sur des figues vertes, se caractérise par des figues incomplètement formées réparties sur la totalité de l'arbre, des branches les plus basses aux branches les plus hautes. Cependant, les figues concernées par ce phénomène ne semblent pas affectées dans leur développement général.

Un cas spécifique a été documenté : un groupe de trois figues à l'aisselle d'une même feuille, avec une disposition inhabituelle, constituant le seul cas observé sur l’arbre. Contrairement à des petites figues immatures ouvertes, cette malformation est observée sur des figues développées et, souvent, parvenues à maturité. Un point commun est noté : dans les deux phénomènes observés, l'ouverture du sycone conduit à laisser les fleurs et les fruits (fleurs transformées) se développer à ciel ouvert.

L'analyse approfondie de photographies de ces figues malformées révèle plusieurs particularités. Le pourtour de l'ouverture anormale est souvent évasé et, sur certaines figues, la malformation prend des formes différentes d'un ovale régulier. Malgré l'ampleur de la malformation, l'ostiole est le plus souvent très bien formé, apparaissant durci et craquelé, avec des plaques grisâtres. Un relief écailleux est visible aux deux points de jonction du pourtour de l'ouverture avec la zone craquelée et durcie.

Le caractère spectaculaire des fruits (fleurs transformées) mis à ciel ouvert par l'ouverture anormale du sycone est notable. La première impression est que les fruits sont surdimensionnés, comme si l'absence de paroi pour les contenir avait favorisé un développement plus libre et donc plus important que celui des fleurs et fruits contraints à un espace réduit à l'intérieur d'un sycone parfait. À ce stade de développement, ce que l'on voit, ce ne sont pas des fleurs, mais des fruits. L'ensemble des fruits attachés à la paroi intérieure du sycone par un pédoncule assez long constituent une infrutescence, qui a remplacé l'inflorescence initiale. Chaque fruit est une drupe (avec un noyau au sens botanique, appelé communément graine) résultant d'une fleur.

Le fruit a conservé la structure générale de la fleur femelle, toutefois légèrement déformée et nettement ramollie. La couleur est passée du blanc (fleurs) au jaune rougeâtre (fruits). Les fruits peuvent avoir l'apparence d'oiseaux à long cou car ils conservent la structure générale de la fleur femelle, bien que ramollis et légèrement déformés. Les fleurs mâles (pourvues de filets mais dépourvues d'anthères), qui ne se sont pas, bien évidemment, transformées en fruits, sont situées dans la zone de l'ostiole. Elles sont impossibles à voir car l'ouverture anormale se situe généralement trop loin de l'ostiole et elles sont de toute façon très difficilement identifiables dans la masse ramollie de l'infrutescence à maturité.

En observant de plus près, on distingue nettement la partie terminale du pédoncule avec les sépales ouverts qui entourent l'ovaire gonflé contenant une graine et qui porte un style allongé et terminé par la zone noire des stigmates (deux stigmates, ici non visibles individuellement). Certains fruits, avec leur pédoncule, conservent une structure très proche de la fleur femelle longistylée (chaque fruit est une évolution légère de la fleur qui lui a donné naissance), de couleur jaune et légèrement inclinée. Les pédoncules peuvent faire un angle de presque 90 degrés l'un par rapport à l'autre. Un fruit vertical peut montrer un pédoncule charnu jaune verdâtre terminé par des sépales qui entourent un ovaire rond gonflé contenant une graine. Certains des sépales (à gauche, rougeâtres) peuvent être décollés de l'ovaire, tandis que d'autres (blanchâtres et rougeâtres) y sont collés. L'ovaire se prolonge par un style allongé incliné vers la gauche, terminé par une partie bifide avec les restes de deux stigmates noirs. Il n'existe pas de pétales dans la fleur du figuier. Seule l'attache de chacun des deux pédoncules sur la paroi interne du sycone n'est pas visible.

Photo macro d'une figue malformée, montrant l'ouverture anormale et les fruits

Hypothèses sur l'Origine des Malformations

Plusieurs hypothèses ont été envisagées pour expliquer ce curieux phénomène. L'aspect du pourtour de l'ouverture des sycones a rappelé des dégâts causés par des rongeurs sur des grenades. Cependant, des rongeurs sur un figuier auraient mangé l'intérieur des figues, et les parties rongées n'auraient pas eu un pourtour régulier comme celui observé. De même, s'il s'agissait de dégâts d'oiseaux, les fruits à l'intérieur du sycone n'auraient pas été épargnés.

L'explication qui vient immédiatement à l'esprit est un banal éclatement des figues dû à un excès d'eau (fortes pluies, en particulier), une pluviométrie nettement supérieure aux normales saisonnières ayant été constatée. Cependant, cette hypothèse ne résiste pas à une observation attentive. Dans le cas d'éclatement, le sycone s'ouvre au niveau de l'ostiole comme les doigts de la main, mais il reste complet : les morceaux de sycone éclaté reconstituent entièrement le sycone si on les referme. Dans le phénomène observé, il manque une partie du sycone, parfois la moitié de celui-ci.

Dans le cas d'éclatement, on observe aussi que le pourtour des morceaux résultant de l'éclatement est d'aspect normal et de couleur blanche sur l'épaisseur, signe d'une rupture brutale et récente. Dans le phénomène observé, le pourtour de l'ouverture du sycone est noirâtre, durci et desséché, signe qu'il est "âgé". De plus, chez le figuier, c’est l’excès d’eau qui explique le plus souvent l’éclatement des figues ayant atteint un certain stade de maturité (dans certaines zones géographiques, ce peut être aussi un excès de pollinisation). L'éclatement ne concerne pas que les figues mûres ou proches de l'être ; elles éclatent ou, plus rarement, se fissurent. Mais les figues qui ont éclaté par excès d'eau ne tiennent pas sur l'arbre ; elles chutent rapidement (deux ou trois jours) après avoir éclaté. De même, les figues fissurées ne continuent pas leur évolution ; elles pourrissent par la fissure.

Une hypothèse plus plausible est celle d'une micro-fissuration initiale du sycone, malformation d'origine génétique, qui se transforme en une ouverture qui s'allonge et s'élargit progressivement en ovale au fur et à mesure du développement de la figue (avec épaississement et dessèchement des bords de l’ouverture). Le processus se termine pour certaines figues par une ouverture quasi complète. Dans certains cas, la fissure prend naissance très près de l'ostiole et s’étend dans le sens de la longueur jusqu'à celui-ci. Elle l'élargit progressivement jusqu’à ce qu'il présente deux moitiés formant un angle de 180 degrés l’une par rapport à l’autre.

Une observation complémentaire va dans le sens de cette hypothèse : l'apparition de déchirures de couleur blanche plus ou moins grandes sur le pourtour de l'ouverture de certaines figues malformées ayant atteint la maturité. Ces déchirures sont dues à une tension qui n'a pas pu être absorbée par un accroissement (en longueur et/ou en largeur) de l'ouverture du sycone et qui provoque une rupture dans le pourtour de celle-ci. Il s'agit du processus normal d'accroissement de volume de la figue à l'approche de la maturité. Les figues de ce figuier ont en effet une peau fine et fragile à maturité. La phase de maturité augmente le volume global de la figue malformée, mais n'accroît pas l'ouverture anormale du sycone de façon significative.

Le début du développement de la figue est marqué par l'apparition visible de la figue entre les deux bractées, avec un diamètre du sycone de 2 millimètres. Puis, la petite figue verte se développe pendant 6 à 7 semaines, et le sycone atteint un diamètre de 2 à 4 centimètres, stade qui constitue un palier assez long dans le développement du sycone, dit palier de maturation. Le début de ce palier correspond à la nouaison : la figue tient sur le rameau et les fleurs femelles commencent à se transformer en fruits à l'intérieur du sycone (par suite de fécondation ou par parthénocarpie). Pendant le palier de maturation, qui dure environ 6 semaines, le volume de la figue, dont les fruits mûrissent à l'intérieur bien que son extérieur reste vert, demeure à peu près stable (très légère augmentation du diamètre du sycone). L'ouverture maximale du sycone des figues malformées est atteinte au stade du palier de maturation. En effet, pendant le palier de maturation, le volume du sycone n'évoluant pratiquement pas, l'ouverture anormale ne s'agrandit pas. Mais, l'augmentation de la taille de l'ouverture est limitée par l'apparition de déchirures sur son pourtour et par l'intensification du processus de dessèchement.

Infographie comparant l'ouverture anormale d'une figue malformée à l'éclatement classique.

Distinguer le Figuier d'Autres Arbres aux Feuilles Dentelées

L'observation d'un figuier avec des feuilles dentelées comme un chêne peut prêter à confusion. Il est important de pouvoir distinguer le figuier de plantes similaires. Par exemple, un cas a été rapporté où un plant au pied d'un Prunus virginiae a été confondu avec un figuier en raison de ses premières feuilles. Cependant, il s'est avéré être un mûrier. Les premières feuilles du mûrier ressemblent en effet à celles d'un figuier, mais quand le plant a deux ou trois ans, elles perdent ce découpage en dentelle et ressemblent plutôt à celles du tilleul.

Pour différencier un figuier d'un mûrier, on peut noter que la feuille du figuier est épaisse et comme un peu cireuse ; quand on la plie, elle se casse. Celle du mûrier est plus fine et on peut la plier et la froisser comme du papier. Les feuilles du figuier sont très rugueuses, quand on les frotte de l'extérieur vers le tronc, et ce autant sur le dessus que le dessous. Celles du mûrier aussi, mais moins et presque pas sur le dessous. Autre différence, le bois du figuier devient noir avec l'âge et fait très vite des branches assez grosses, comme au moins 1/4 po. et plus. Celles du mûrier deviennent plutôt beige et restent fines longtemps.

L'hypothèse d'un Quercus macrocarpa (chêne à gros fruits) a également été soulevée, les feuilles pouvant faire du gigantisme et se déformer en raison d'un milieu riche. La question de la germination d'une figue mise au compost est également pertinente : les figues que nous mangeons ne sont pas à proprement parler des fruits, mais des fleurs. La fécondation des fleurs est très compliquée, rendant peu probable qu'une figue consommée donne un figuier, à moins d'une figue exotique déjà fécondée et d'une résistance de l'arbre aux hivers rigoureux.

Maladies et Ravageurs du Figuier : Prévention et Traitement

Bien que le figuier soit un fruitier très robuste, certaines maladies et ravageurs peuvent toutefois s’y attaquer. Il est essentiel de protéger votre figuier contre les maladies pour assurer sa croissance saine et sa production de fruits abondante.

1. Le chancre du figuier : bourrelets et déformations

  • Le coupable : Le chancre du figuier.
  • Symptômes : Plaies occasionnées à l’arbre, souvent à cause d’une taille mal effectuée.
  • Remède : Retirer les lésions en curant profondément jusqu’à atteindre les parties saines du figuier, puis appliquer un fongicide et un mastic, avant de traiter l’arbre entier avec le même fongicide. Si l’arbre est vraiment trop atteint, il est nécessaire de le couper pour ne pas qu’il contamine les autres végétaux.

2. Le pourridié laineux : dépérissement de l'arbre

  • Le coupable : Armillaire ou Rosellinia necatrix.
  • Symptômes : Affecte les parties aériennes, peu à peu asphyxiées par la présence de champignons au niveau des racines. Éclaircissement des feuilles, feuilles plus petites, ralentissement du développement, chute précoce des feuilles à l’automne. La distinction entre les champignons responsables est possible au niveau du système racinaire.
  • Remède (Prévention) : Un sol bien drainé, pas d’excès de potasse et éviter de blesser branches ou racines.
  • Remède (Curation) : Pas de remède pour cette maladie, l’arbre doit être détruit ainsi que ses racines, la terre qui les entoure sur environ 20 cm, et attendre 4 ans avant de replanter une espèce sensible à cet endroit. Ces champignons demeurent en effet longtemps dans la terre.

3. La teigne du figuier : feuilles pliées et trouées

  • Le coupable : La teigne du figuier, un petit papillon d’1 cm ou 1,5 cm, qui se construit un cocon dans le pli de la feuille.
  • Symptômes : Feuilles pliées et trouées, couvertes de filaments de soie et d’excréments noirs. Généralement, les prédateurs de ce papillon mettent fin à ses dégâts (légers) avant la fin de l’été.
  • Remède : Traiter l'arbre à l’aide d’un insecticide à base de bacille de Thuringe ou utiliser des pièges à phéromones.

4. Le psylle du figuier : gouttes blanches sur les feuilles

  • Le coupable : Le psylle du figuier, un tout petit insecte suceur, cousin du puceron. Il apparaît au printemps et aime les atmosphères chaudes.
  • Symptômes : S’installe en colonie sur les branches ou les feuilles. Ses larves fabriquent du miellat, ce qui a pour résultat l’arrivée des fourmis et des pucerons, et donc de la fumagine. Cette maladie cryptogamique empêche la photosynthèse et affaiblit l’arbre.
  • Remède (Prévention) : Des colliers arboricoles (ou colliers anti-fourmis) placés autour des troncs des arbres sensibles empêchent les fourmis d’envahir l’arbre.
  • Remède (Curation) : Les coccinelles sont un grand prédateur pour les psylles, comme elles le sont pour les pucerons. Si leur population n’est pas assez nombreuse, vous pouvez acheter des larves de coccinelles qui se feront une joie de se nourrir de ces insectes.

Conseils généraux pour prévenir les maladies du figuier :

  • Choisissez un emplacement approprié : Plantez votre figuier dans un endroit ensoleillé et bien drainé.
  • Préparez le sol : Avant de planter votre figuier, préparez le sol en ajoutant du compost ou d'autres amendements organiques.
  • Arrosez correctement : Assurez-vous de fournir à votre figuier une quantité adéquate d'eau. Évitez les arrosages excessifs, car cela peut favoriser le développement de maladies fongiques.
  • Surveillance régulière : Examinez régulièrement les feuilles, les fruits et les branches de l'arbre à la recherche de symptômes tels que des taches, des déformations ou des lésions.
  • Produits de protection spécifiques : Il existe des fongicides et des insecticides disponibles sur le marché qui peuvent aider à prévenir les infections fongiques et les infestations d'insectes.

En suivant ces bonnes pratiques de culture, en surveillant régulièrement votre figuier et en prenant des mesures de prévention appropriées, vous pouvez profiter d'un figuier en bonne santé et productif dans votre jardin.

tags: #figuier #avec #feuilles #denteleees #comme #un