Le figuier est un arbre magnifique, avec son tronc tordu, ses branches courant près du sol et ses grandes feuilles lobées. Pourvoyant une ombre bienvenue dans ses régions méditerranéennes de prédilection, il offre également des fruits sucrés et doux, gorgés de soleil. Parmi les variétés identifiées par les passionnés, celle nommée 'Causses de Vers' s'inscrit dans un catalogue incroyable de variétés locales dénichées par des aventuriers de la figue, tels que Thierry Demarquest de la pépinière Figues du monde.

Comprendre le cycle biologique : variétés unifères et bifères
Le figuier n’est pas un, il est multiple, se déclinant en plusieurs centaines de variétés pour la plupart fort anciennes. Pour bien le cultiver, il est essentiel de distinguer les variétés unifères des variétés bifères.
Les variétés bifères de figuier produisent deux récoltes par an : l'une en été (dite de figues fleurs) et l'autre en automne (dite de figues d'automne). Ceux-ci portent en effet à leur sommet, à côté et au-dessous du bourgeon apical, les figues fleurs à l'état de bourgeons arrondis de la taille d'un grain de poivre. Elles sont nées sur la partie terminale du rameau pendant la saison de végétation et ont traversé l'hiver à l'état de bourgeons. Lorsqu'il y a deux bourgeons côte à côte, un seul des deux est un bourgeon à figue, l'autre est un bourgeon végétatif (à feuilles et à bois), souvent peu développé, mais parfois très développé et qui va produire un rameau latéral au printemps suivant. Au stade grain de poivre, les bourgeons à figue sont souvent difficiles à distinguer des bourgeons végétatifs.
Techniques de taille et entretien des sujets
Il faut bien tailler un figuier trop encombrant. Mais mieux vaut connaître les conséquences de ce que l'on fait. Si l'on doit tailler un figuier bifère et que l'on souhaite conserver une partie de la récolte de figues fleurs, la pratique la plus courante est de tailler, une première année, la moitié des branches à supprimer, puis de tailler, l'année suivante, l'autre moitié. Mais le résultat s'avère inesthétique si l'on procède par découpage de l'arbre en deux parties symétriques.
Il vaut mieux tailler la moitié des branches à supprimer en les sélectionnant par endroits une à une sur l'arbre pour lui laisser une forme harmonieuse. Une technique plus sophistiquée, mais qui requiert d'être aguerri, est de se baser en outre, pour la sélection, sur la présence ou non de bourgeons de figues fleurs sur les rameaux nus (c'est plus facile à voir en fin d'hiver). On peut ainsi supprimer en priorité les rameaux n'en portant pas et qui ne vont donc pas fructifier.

Deux conseils sont valables également dans le cas des figuiers unifères :
- Il convient de mastiquer soigneusement les plaies de taille, aussi minimes qu'elles soient, l'espèce étant sensible à l'introduction de parasites via des plaies ouvertes, car cicatrisant avec difficulté.
- Il faut attendre le meilleur moment pour effectuer des tailles de branches de très gros diamètre : le début du printemps, juste avant que la plante ne débourre. La montée de sève va faciliter la cicatrisation des plaies.
Multiplier son figuier par bouturage
Le bouturage est une méthode efficace pour multiplier son pied de figuier. Pour ma part, je prélève des baguettes d’environ 20 cm du 5 février au 5 mars, avant le débourrement des feuilles. Le diamètre optimal de la baguette est celui d'un pouce ou plus. Toutes mes boutures sont munies de l’oeil terminal. Je prélève du bois de l'année exclusivement.
Je plante mes boutures dans des containers de 3 litres de préférence, remplis d’un mélange bien fait, moitié terreau et moitié terre consistante. Dans le fond du container, je place une couche de 2 cm de terre pour éviter trop de fluidité de l’eau. Je compte le nombre d'yeux présents sur la bouture, et j'enfonce celle-ci dans le pot en veillant à ce que la moitié des yeux soit enterrée. Avec la pointe des doigts, je tasse légèrement le mélange autour des boutures sur toute leur longueur. Je place ensuite les containers à l’ombre, légère de préférence (pas de soleil direct) et je veille à arroser les boutures de façon à ce que le mélange reste légèrement humide en permanence.
Comment bouturer un figuier
L'expérience de la transplantation : leçons d'un cas concret
Il y a quelques années, j'ai dû me séparer d'une parcelle de terrain abritant un beau figuier de la variété unifère 'Bellone', âgé de 17 ans et conduit en touffe. L'enseignement que je tire de cette expérience est qu'il ne faut pas hésiter à rabattre sévèrement un gros sujet en touffe (hauteur des troncs inférieure à la taille d'un homme), et qu'il faut prévoir un arrosage très important, quasi déraisonnable au premier abord, même pour le littoral méditerranéen.
Pour des sujets jeunes, on peut employer une autre technique : déterrer le sujet et le replanter en l'inclinant de façon que le tronc fasse un angle égal ou inférieur à 45° avec le sol. Si l'inclinaison est suffisante, une tige va pousser au bas du tronc, de façon pratiquement perpendiculaire à celui-ci.
Le figuier sauvage et la biologie du Ficus carica
Écrire sur les figuiers sauvages n'est pas seulement décrire un végétal. C'est décrire un réseau de dépendances, une histoire de co-évolution. Le caprifiguier, ou figuier sauvage, se distingue par sa capacité à produire trois générations successives de figues au cours de l’année : Mamme, Profichi et Mammoni.
Le bois du Ficus carica se caractérise par une densité faible : spongieux et fragile, il offre une résistance mécanique réduite. En revanche, le système racinaire se distingue par sa vigueur et sa remarquable capacité d’ancrage. La caractéristique la plus frappante du figuier est la grande diversité de la forme de ses feuilles, un phénomène appelé polymorphisme foliaire.

Ce liquide blanc et visqueux, le latex, qui s’écoule à la moindre blessure de feuille ou de tige, joue un rôle de défense. Sa richesse en alcaloïdes, terpènes et protéines le rend toxique et dissuasif pour les herbivores et les agents pathogènes. Pour l’être humain, le contact de la peau avec ce latex peut provoquer une irritation, notamment si la zone est exposée au soleil, déclenchant une réaction appelée phytophotodermatose.
Adaptabilité et culture régionale
Le figuier commun apprécie un sol fertile, bien drainé et sableux ainsi qu’une température maintenue entre 18 et 20°C toute l’année. Il tolère les sols acides même s’il se sent mieux en terre calcaire. Dans le Nord, le figuier atteint 2 à 4 m et donne une seule récolte dans l’année. Dans le Midi, il atteint 10 m et donne deux récoltes dans l’année.
Pour les régions aux climats plus rigoureux, il faudra privilégier une exposition chaude et abritée, par exemple contre un mur orienté au sud. En cas de grands froids, on lie les branches en les entourant de paille ou de branches de conifères et on enveloppe le tout d’un voile de protection synthétique. Le figuier est une plante résistante qui peut s'adapter à différents types de sols, mais il préfère les sols bien drainés et riches en nutriments. L'entretien du figuier est relativement simple et peu exigeant, demandant essentiellement une taille d'entretien régulière pour favoriser la fructification et maintenir la santé de l'arbre.