La transplantation d’un arbre, et plus particulièrement d’un figuier (Ficus carica), est une opération délicate qui place le végétal dans un état de stress physiologique intense. Lorsqu’un sujet perd une partie considérable de son système racinaire lors de son extraction de la pépinière ou de son déplacement, il subit ce que les arboriculteurs appellent un « choc de transplantation ». La croissance peut alors ralentir significativement et l’arbre peut perdre de sa vigueur. Il n’est donc pas alarmant de constater des signes de faiblesse ou des feuilles fanées dans les premières semaines ou mois suivant l’installation. Cependant, une observation attentive permet de distinguer un simple temps d’adaptation de pathologies plus sérieuses nécessitant une intervention humaine.

La gestion des blessures mécaniques et la cicatrisation
Lors de l’extraction d’un arbre, il arrive fréquemment que des branches soient endommagées, parfois même dans le sens de la longueur. Sur les soins à apporter aux blessures des arbres les avis divergent, mais une règle fondamentale prévaut : l’arbre ne « cicatrise » pas au sens humain du terme. Il ne remplace pas les tissus perdus, mais recouvre la plaie de nouveaux tissus. Pour faciliter ce processus, il est conseillé de « parer » le contour de la blessure avec une lame bien affûtée ou un gros cutter pour rendre le bord lisse. Enlever tout ce qui est déchiré ou déchiqueté est essentiel, car les tissus qui apparaissent au fond de la plaie, s'ils deviennent gris et spongieux sous l'action des bactéries ou des champignons, risquent de créer une cavité profonde.
Il est important de noter que le figuier ne recouvre pas ses plaies de la même manière que d'autres essences. Si l’intérieur de la blessure semble desséché, la patience est de mise. L’application de bouillie bordelaise peut aider à assainir la zone. Il n'est généralement pas nécessaire d'entreprendre des greffes complexes pour masquer une blessure ; ces dernières ne serviraient qu'à apporter un peu plus de sève sans pour autant porter de fruits. Il convient de tenir le pied de l’arbre propre, de bien biner le sol autour du tronc, et de fournir à ce convalescent l’eau et les nutriments nécessaires à sa reprise.
Les besoins en eau : un équilibre délicat
Le nouveau sol où vous plantez votre arbre peut être un environnement stressant. L’arbre a absolument besoin d’eau pour l’aider à étendre ses racines et s’établir. La première semaine après la plantation, arrosez l’arbre un jour sur deux. Remplissez le « beigne » de paillis d’eau et laissez l’eau s’écouler dans le sol ; une fois l’eau absorbée, remplissez le beigne de paillis une deuxième fois. Après cette première semaine, arrosez l’arbre une fois par semaine pour le reste de la première année.
Cependant, il faut garder à l'esprit que trop d’eau peut être aussi dommageable pour votre arbre que pas assez. Un arrosage excessif va endommager les feuilles de l’arbre, menant à des feuilles aux côtés brunis et secs. Il est donc important de laisser un léger temps d’assèchement entre les arrosages. La façon la plus simple d’éviter le surplus d’arrosage est de mettre son doigt dans la terre. Dans les régions sèches, à la plantation, certains jardiniers glissent dans le fond du trou en position verticale un tuyau qui devra dépasser en surface pour permettre un apport d'eau en profondeur, là où les racines se développent.
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Maladies cryptogamiques et bactériennes
Le jardinier doit savoir identifier les menaces courantes qui peuvent affaiblir un figuier déjà fragilisé par une transplantation.
- Le mildiou : Ce champignon se développe sous forme de points blancs sur les feuilles. Très commun lorsque les conditions sont humides, il est davantage un inconvénient esthétique qu'une menace mortelle. Si tout l’arbre est affecté, vous pouvez mélanger 5 ml de bicarbonate de soude à 1 litre d’eau et arroser les feuilles.
- Le feu bactérien : Cette maladie provoque des taches tendant vers le brun/couleur rouille, donnant aux feuilles et rameaux un aspect brûlé. La contamination est rapide. Pour en venir à bout, coupez les branches infectées 30 cm en dessous de l’infection, détruisez-les et désinfectez les outils de jardinage avec une solution d’eau de Javel (une mesure pour trois mesures d’eau).
- La brûlure foliaire : Elle est causée par l’utilisation intensive de fertilisants riches en sels solubles. On la reconnaît à l’aspect jauni et flétri des feuilles. Pour l’éviter, ne pas utiliser ce type d’engrais en période estivale et veiller à bien arroser après toute fertilisation.
Gestion des ravageurs : insectes et opportunistes
Plusieurs insectes peuvent s’intéresser à votre nouvel arbre. Il est crucial de faire la distinction entre ravageurs et insectes bénéfiques avant toute action.
- Scarabées japonais : Ils « squelettisent » les feuilles en ne laissant que les nervures. Le contrôle manuel le matin, en secouant l’arbre au-dessus d’un récipient d’eau savonneuse, est souvent la méthode la plus efficace en milieu résidentiel.
- Chenilles spongieuses : Présentes de la mi-avril à la mi-juillet, elles peuvent dévorer les feuilles d’un jeune arbre. L’utilisation de toile de jute enroulée autour du tronc crée une « cachette » où vous pourrez les capturer.
- Pucerons et Psylles : Ces insectes suceurs provoquent des feuilles jaunies, déformées et poisseuses à cause du miellat. Un puissant jet d’eau savonneuse ou l’introduction de prédateurs naturels comme les coccinelles sont des solutions écologiques recommandées.

Les spécificités du figuier : au-delà de la transplantation
Le figuier est un arbre original qui réunit dans sa production les fleurs, les fruits et les graines. Ce que nous appelons « fruit », la figue, est en réalité une inflorescence contenue dans un sycone. Si le figuier est cultivé le plus souvent dans le sud de la France, il peut l’être ailleurs, à condition d’être planté dans un endroit ensoleillé et abrité.
Un manque d'eau très temporaire peut mettre le figuier en danger, ayant comme conséquence des feuilles jaunes et des figues qui décrochent. Inversement, des arrosages copieux rendent le figuier « paresseux » : il se contente d'absorber l'eau à proximité sans émettre de nouvelles racines, devenant très dépendant de l'arroseur. Si votre sol est pauvre, apportez une fumure sous forme de compost à l'aplomb du feuillage plutôt que des engrais azotés qui favorisent le développement des feuilles au détriment des fruits. Enfin, n'oubliez pas que, selon la région et la variété, le figuier peut mettre jusqu'à quatre ans avant de produire ses premiers fruits. La patience et l'observation restent les meilleurs outils du jardinier pour accompagner la reprise de son arbre.
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