Le cognassier, malgré son nom un peu barbare, est l’un de mes petits arbres préférés ! J’adore son feuillage vert pâle et ses petites fleurs roses qui rappellent celles des cerisiers japonais. J’ai vu grandir celui de la Villa, au bord de la terrasse. Il m’apporte aujourd’hui de l’ombre et de la fraicheur pour travailler dehors en été. Je me suis donc un peu plus intéressée à ce beau fruitier.

Portrait botanique et origines du cognassier
Le cognassier (Chaenomeles), parfois appelé « cognassier du Japon », est un arbuste épineux et caduc appartenant à la famille des Rosacées. Originaire des régions du Caucase et du nord de l’Iran, on l’appelle aussi cydonia, pomme d'or ou poire de Cydonie. Cet arbre fruitier ne dépasse pas les 6 mètres de haut et les 3 mètres de large, même à sa taille adulte. Il se plait bien dans notre région des Hauts-de-France, car il résiste à des températures allant jusqu’à 25 en dessous de zéro, mais le plus gros pays producteur est la Turquie avec 135 500 tonnes de fruits par an !
Cet arbuste compact peut atteindre une hauteur de 1 à 3 mètres. Ses branches, souvent épineuses, sont ornées de feuilles ovales et brillantes, d’un vert éclatant au printemps. Les fleurs du cognassier, qui apparaissent dès la fin de l’hiver ou au début du printemps, offrent une palette de couleurs vives allant du rouge écarlate au rose tendre, en passant par le blanc ou l’orange. Ces fleurs, à cinq pétales, rappellent par leur simplicité la beauté naturelle des pommiers ou des cerisiers.
La symbolique de la fleur de cognassier : simplicité et résilience
Dans le langage des fleurs, le cognassier symbolise la simplicité. Ses fleurs élégantes mais modestes, qui éclatent au milieu de l’hiver, incarnent une beauté pure et sincère, dépourvue d’artifice. Elles rappellent que la splendeur réside souvent dans les choses simples et naturelles. Offrir une branche de cognassier, c’est célébrer une personne qui incarne l’authenticité et la modestie, tout en apportant une joie discrète mais profonde. Cette fleur invite à apprécier les moments simples et à embrasser une vie sans complication, en valorisant l’essentiel.
Le cognassier est également une leçon de résilience, car il fleurit dans les périodes les plus froides, rappelant que même dans l’adversité, il est possible de révéler sa beauté intérieure et d’inspirer les autres. Le cognassier, fleur du 2 février, est une célébration de la beauté simple et authentique. Par sa capacité à fleurir dans les moments les plus froids, il inspire à apprécier les petites joies de la vie et à embrasser une existence sans superflu.
Procreation des plantes a fleurs 5min20
Traditions et légendes du cognassier à travers les âges
La légende autour du coing est assez romantique. Chez les Grecs anciens, son fruit, le coing, faisait partie de la liste de cadeaux « rituels » lors des mariages. Pâris en aurait offert un à Aphrodite, et il est donc devenu sacré. Selon Plutarque, la mariée grecque en grignotait un pour parfumer son baiser avant d'entrer dans la chambre nuptiale, « afin que le premier salut ne soit ni désagréable ni déplaisant ».
D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes, Pline assure qu'une branche de cognassier coupée et aussitôt plantée en terre donne naissance à un nouvel arbre; cette idée fut reprise par la religion et représente la résurrection. Dans l'iconographie chrétienne, il a la même signification que la pomme, symbole de rédemption; voir le tableau de G. Bellini où l'enfant Jésus tient un coing dans les mains. En Asie, le cognassier du Japon est considéré comme un porte-bonheur. Sa floraison précoce est vue comme un présage de renouveau et de croissance.
Les bienfaits thérapeutiques et nutritionnels du coing
Pas très glamour, mais très utile, le coing aurait une action bénéfique et protectrice des intestins. En effet, ce fruit contient une quantité très importante de fibres. On retrouve principalement la pectine, celle qui sert à la composition des sucreries végétales comme les délicieuses pâtes de fruits. Le coing est riche en antioxydant et en vitamines C, et comme il n’est pas très sucré, c’est un bon allié contre l’hyperglycémie. Il contribuerait également à prévenir le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité.
Henri Ferdinand Van Heurck et Victor Guibert, auteurs d'une Flore médicale belge, nous apprennent que les semences contiennent dans le spermoderme du mucilage presque pur, usité en médecine et en parfumerie sous le nom de bandoline. Le mucilage des semences, analogue à celui de gomme arabique, est un bon véhicule des substances résolutives et irritantes destinées à être introduites dans l'œil; on l'emploie avec succès pour badigeonner les surfaces qui reposent sur un plan solide dans les maladies de longue durée.

Utilisation culinaire : transformer l'amertume en délice
Un seul arbre peut produire entre 100 et 400 kg de fruits par an ! Autant vous dire qu’il y a de quoi faire. Le fruit se consomme uniquement cuit ; c'est la cuisson qui casse son amertume et qui va lui donner un goût délicat. On le retrouve souvent en compote, en confiture, ou dans des préparations sucrées, mais c'est un fruit d'hiver qui s'invite aussi dans des préparations salées.
En Grèce, le coing était surtout utilisé pour concocter de la confiture et des gelées. Le mot « marmelade » provient même du terme grec « marmelada », qui signifie « confiture de coing ». C’est grâce à la pectine qui joue le rôle d’épaississant. En version salée, il se marie parfaitement avec le potiron, dans une tarte par exemple, ou en tajine, avec des émincées de soja fumé.
Bonus : la compote de coing à la vanille de Madagascar
Pour 4 portions de compote, vous aurez besoin de 6 coings bien mûrs, 4 cuillères à soupe de sucre roux, 1 gousse de vanille de Madagascar, 1 cuillère à café de cannelle et 1 pincée de fleur de sel. Lavez et épluchez les fruits, coupez-les en quatre afin de retirer les pépins et les cœurs, puis coupez-les en gros morceaux carrés. Mettez les morceaux dans un fait-tout, recouvrez-les d’eau, faites cuire jusqu’à ébullition puis laissez mijoter à feu doux pendant 30 à 35 minutes. Égouttez les fruits, remettez-les dans l’eau avec le sucre, le sel, la cannelle et les graines de vanille. Laissez cuire 10 minutes en mélangeant et en écrasant les morceaux à la fourchette. La compote est encore meilleure tiède ou accompagnée d’un biscuit à la cannelle.
Perspectives philosophiques et symboliques
Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, le coing étudie les choses et réfléchit sur elles. Il pèse et soupèse, tâche d'apporter une solution harmonieuse à des affaires en suspens ou à première vue insolubles. Il fait appel à la sagesse qui réside au plus profond de lui, ne juge pas, ne condamne pas, mais ne nie pas pour autant que certains éléments demandent à être résolus. Le coing symbolise la patience de méditer calmement sur certaines choses afin de parvenir à une solution sensée.
Sylvie Verbois, auteure de Les arbres guérisseurs, associe le cognassier au mot-clé « Renouer avec son cœur ». Elle explique : « Je vous accompagne sur le chemin de la vie, vous épaulant dans les passages délicats, amenant votre esprit à prendre du recul, à s'alléger, redonnant légèreté et délicatesse à votre cœur, telle une feuille se détachant de sa branche. »
Une approche historique et linguistique
L'étymologie du mot cognassier remonte au latin impérial cotoneum, lui-même probablement une déformation du grec kydonia (pommes de Kydonia en Crète). Le terme est attesté dès le XVIe siècle sous des formes comme coignassier. Cette profondeur historique souligne l’importance de cet arbre dans la culture méditerranéenne et européenne.
L'identification de la pomme d'or des Hespérides est, dans la mythologie grecque, le pendant de celle du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal dans la Bible. Ces fruits mystérieux, aux identités également incertaines, ont fait saliver des générations et des générations de botanistes ; la plupart de ceux-ci conviennent cependant que cette pomme d'or a pu être le coing, bien connu des anciens Hellènes et qui poussait spontanément dans les forêts des bords de la Caspienne, du Caucase, de l'Anatolie et de la Grèce septentrionale.

Le cognassier dans la pensée ésotérique et magique
Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques, le cognassier est régi par la planète Saturne et l'élément Terre. Ses pouvoirs incluent la protection du couple, le bonheur et la fécondité. Les graines sont protectrices : vous pouvez les faire sécher dans des coupes que vous répartirez dans les diverses pièces de la maison. Les mères peuvent en coudre dans les vêtements des jeunes enfants.
Roger Tanguy-Derrien, dans son ouvrage sur le savoir druidique, souligne que l'élixir de coing est psychotonique. Il diminue l'hypersensibilité à l'environnement et contrôle d'éventuelles défaillances intervenant dans le corps physique, notamment dans les cas d'allergie. Il équilibre l'aspect féminin de la personnalité et aide les femmes à concilier leurs aspirations professionnelles avec leurs obligations familiales.
Enfin, Ana M. Cabo-González, autrice de Quand les propriétés des plantes défiaient l’entendement, rapporte que selon al-Qazwīnī, ses fleurs ont des propriétés merveilleuses pour fortifier le cerveau et le cœur. On dit que le Messager de Dieu cassa en deux un coing en disant : « Mangez-en parce qu’il purifie l’homme et il rendra plus beau à vos descendants ! » Ainsi, au-delà de son usage ornemental et culinaire, le cognassier demeure une plante riche de sens, de mythes et de bienfaits ancestraux, invitant chacun à cultiver la simplicité dans un monde parfois trop complexe.
tags: #fleur #de #cognassier #signification