La Permaculture sous l’Angle Écoféministe : Vers une Cohabitation Résiliente

La permaculture est bien plus qu’un simple concept d’agriculture ; c’est une approche de la vie très positive. Que vous souhaitiez apprendre à assurer la sécurité alimentaire de votre famille, avoir un simple potager durable, vous former pour travailler avec des ONG, aider dans des situations de crise, créer une économie verte dans votre communauté, soutenir des mouvements mondiaux pour le changement, ou vivre d’une manière plus connectée avec la nature, la permaculture offre un cadre structuré. Vous cherchez peut-être simplement des conseils et une méthode concrète pour mettre simplement en place dans votre jardin un potager en permaculture. Vous souhaitez peut-être allez plus loin en changeant de vie pour habiter à la campagne et pouvoir être dans quelques années autonomes à l’aide de la permaculture. Vous entendez beaucoup de choses ici est la sur un collapse, un effondrement plus ou moins rapide et avez le désir de connaitre les fondamentaux de la permaculture.

Schéma illustrant les trois piliers éthiques de la permaculture en interconnexion avec les principes sociaux

Nous avons chacun en nous un pourquoi et des objectifs particuliers qui nous ont amenées, un moment de notre vie à nous intéresser à la permaculture. Si vous êtes totalement débutant peut-être qu’une simple formation qui présente de façon générale la permaculture et donne une méthode concrète pour concevoir et réaliser un jardin fera l’affaire. Si vous débutez en permaculture et souhaitez savoir comment faire de la permaculture dans votre jardin. Cela peut être pratique si l’on manque de temps, un cours en ligne de permaculture s’adapte à votre rythme. Il peut aussi être un très bon début pour commencer à appréhender un peu mieux le sujet ou creuser certaines thématiques.

Les Fondements Éthiques et Philosophiques

La permaculture est une méthode systémique et globale qui vise à concevoir des systèmes (par exemple des habitats humains et des systèmes agricoles, mais cela peut être appliqué à n’importe quel système) en s’inspirant de l’écologie naturelle (biomimétisme ou écomimétisme) et de la tradition. Elle n’est pas une méthode figée mais un « mode d’action » qui prend en considération la biodiversité de chaque écosystème. Elle repose sur trois piliers simples : prendre soin de la Terre, prendre soin des humains, partager équitablement les ressources.

Le premier principe éthique, « Prendre soin de la terre », stipule qu’il s’agit dans chacune de nos actions de reconstituer nos sols et de soutenir la vie qui nous nourrit. Le deuxième, « Prendre soin de l’humain », rappelle que pour cela, il faut commencer par s’occuper de soi-même car tant que je ne vais pas bien, je ne peux raisonnablement pas m’occuper de mon entourage. Il s’agit de se poser la question de ce qui m’anime et me met en joie et de m’y investir pleinement. Enfin, le troisième principe éthique, « Partager équitablement », appelle à différentes formulations : « partage équitable » ou « limitation de la population et de la consommation », « redistribuer les surplus ». Il s’agit dans tous les cas d’un principe d’autorégulation qui invite à la réflexion sur l’étendue de nos besoins.

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Convergence entre Écoféminisme et Permaculture

L’écoféminisme et la permaculture ont de nombreuses souches communes, autant dans leur philosophie que dans leur pratique. Pour les écoféministes, la cause de la Nature fait partie de la cause des femmes. Il y a l’égalité entre hommes-femmes et l’égalité Humanité-Nature. Féminité et Nature sont des concepts qui s’associent quand il s’agit de dénoncer l’impact de deux autres concepts : la croissance à tout prix et l’économie capitaliste. Pour qui partage la vision écoféministe du monde, la Nature est une alliée à respecter et non un bien à exploiter (eco vient du grec, oikos, qui signifie habitat). Détruire les écosystèmes nécessaires à la survie de l’ensemble est une posture de domination propre au masculin.

Le terme « permaculture » a d’abord été inventé dans les années 50 en Australie par Bill Mollison, pour décrire un système évolutif où les espèces végétales et animales utiles à l’humain se perpétuent grâce à leurs propres interactions. Les échanges entre les différents systèmes se font sans pression, sans violences, sans hautes technologies, sans pesticides, sans produits chimiques. La rapidité des résultats importe peu, non plus que la quantité. Le concept a beaucoup évolué depuis : la permaculture est maintenant une philosophie et un mode de vie qui s’inscrit dans le grand mouvement de la transition écologique et juste. La réalité des femmes dans les pays du Sud en a obligé plusieurs à se reconnecter avec une agriculture différente et inventive. Responsables de nourrir leur village et leur famille, ces femmes ont dû compenser la pénurie de ressources. La course vers la croissance infinie propre aux pays de Nord provoque cette déprédation « programmée » et est facilitée par des siècles d’exploitation colonialiste.

Design, Méthodologie et Pratique

C’est la méthode de mise en œuvre de la Permaculture sur un site concret, choisi pour créer son projet mais la définition du projet reste essentielle. Tout part d’une observation très poussée de ce site particulier, pour interagir avec la nature et comprendre la gestion écologiques des sols voir leur régénération, le rôle de l’eau, des végétaux, des animaux et des énergies, notamment humaines (chaque effort doit être utile). Il faut mobiliser des connaissances en géologie, en topographie, en hydrologie, en botanique, en étude des sols, etc. Parfois, ce qu’on appelle design est le dessin ou le plan détaillé qui présente les éléments de cette conception permaculturelle. Ce peut être, par exemple, le plan d’une ferme.

Infographie montrant la méthode d'observation des flux sur un terrain (soleil, vent, eau)

La pratique est essentielle : n’hésitez pas aussi même avec peu de connaissance à commencer à développer un petit potager si cela est possible. La permaculture est une approche de conception complexe qui peut améliorer la productivité et l’efficacité de votre ferme ou de votre jardin. Mais parce qu’elle englobe tant de disciplines, ce n’est pas quelque chose que l’on peut apprendre du jour au lendemain. Cependant, comme beaucoup de choses dans la vie qui valent la peine d’être apprises, la pratique rend parfait. Commencez par expérimenter de petits projets qui utilisent des stratégies de permaculture. Recueillez ensuite les données : le projet a-t-il atteint les objectifs souhaités ? Si oui, peut-elle être reproduite ailleurs sur votre propriété ? N’ayez pas peur d’expérimenter. Après tout, les stratégies qui fonctionnent dans mon climat tempéré de zone 6 peuvent ne pas fonctionner dans un climat sec à haute altitude. En effet, mes erreurs m’ont aidé à apprendre.

L'Apprentissage et l'Engagement Communautaire

Un cours de permaculture en personne sera l’engagement le plus précieux que vous puissiez faire pour progresser dans votre apprentissage de la permaculture. Rien de mieux que des formateurs physiques et un peu d’exercice grandeur nature dans une école de permaculture. Faut-il encore avoir le temps et avoir des fermes de permaculture ou des centres qui proposent cela non loin de chez vous. Il y a également de nombreuses petites structures ou fermes qui proposent des stages et initiations à la permaculture. Les livres de permaculture sont une option à ne pas négliger pour votre apprentissage de l’agriculture bio. Il y a de très bons livres en permaculture qui vont vous permettre de bien débuter ou aller plus loin.

Afin de vous aider dans cette démarche, voici une série de questions à vous poser lorsque vous recherchez une formation en agroécologie. Ces questions vous aideront à définir vos objectifs et vos intérêts concernant la permaculture afin que vous trouviez un cours de permaculture approprié pour vous. Quel est le climat de votre terrain ? Avez-vous besoin d’un cours certifié ? Des cours sont conçus pour donner aux étudiants une connaissance de base de l’éthique et des principes de la permaculture. Le contenu est généralisé et s’applique à tous les climats, types de sols, échelles de propriétés, etc. Parfois, cela va plus loin lorsque les instructeurs de permaculture creusent plus profondément dans les conversations sociopolitiques, spirituelles ou diététiques et leur appliquent la permaculture en fonction de leurs propres perspectives dans la vie.

Vers une Transition Socio-Économique

L’écoféminisme et la permaculture sont deux mouvements qui, bien que distincts, partagent une vision commune : celle d’un monde plus juste, équitable et en harmonie avec l’ensemble des vivants. Depuis les années 1970, l’écoféminisme a mis en lumière les liens entre l’oppression des femmes, la dégradation de l’environnement et les enjeux d’intersectionnalité. De son côté, la permaculture propose une vision du monde souhaitable pour vivre en symbiose avec notre écosystème. L’écoféminisme émerge comme une réponse aux crises environnementales et aux iniquités de genre. Il souligne que la domination de la nature et l’oppression des femmes sont interconnectées.

L’éducation est un pilier fondamental pour la permaculture et l’écoféminisme. Les deux mouvements soulignent l’importance de l’éducation de qualité pour toutes et tous, indépendamment du genre. L’écoféminisme met en lumière les inégalités de genre et propose des stratégies pour y remédier. En intégrant des pratiques permaculturelles avec une conscience écoféministe, les projets peuvent promouvoir une répartition plus équitable des responsabilités et des bénéfices entre les femmes et les hommes. La biodiversité est essentielle au maintien de la résilience des écosystèmes. La perte de biodiversité, souvent causée par la conversion des habitats naturels en terres agricoles, affaiblit les écosystèmes et réduit leur capacité à fournir des services essentiels, tels que la pollinisation et la régulation des nuisibles. Les pratiques agricoles doivent évoluer pour protéger les habitats naturels, promouvoir la diversité des cultures et intégrer des zones de conservation au sein des paysages agricoles. L’accès à l’eau propre est un droit humain fondamental et un élément clé de la permaculture. L’écoféminisme met en avant le fait que les femmes sont souvent les principales gestionnaires de l’eau dans de nombreuses cultures. Les femmes sont souvent les plus touchées par les impacts des changements climatiques. La permaculture offre des solutions pratiques pour renforcer la résilience des communautés face à ces changements. Le 17ème ODD souligne l’importance des partenariats pour atteindre les objectifs de développement durable. L’écoféminisme et la permaculture peuvent collaborer pour créer des réseaux de soutien et de coopération qui englobent à la fois les aspects environnementaux et sociaux.

Schéma représentant la boucle de rétroaction entre action locale, résilience communautaire et justice sociale

L’écoféminisme et la permaculture offrent une feuille de route puissante pour un avenir souhaitable. En combinant les principes de justice sociale et environnementale, nous pouvons créer des systèmes qui respectent la nature et les droits de l’ensemble des vivants. Cette transition est et sera multiple. L’écoféminisme et la permaculture s’inscrivent dans ce mouvement à long terme. Il y a beaucoup de tâtonnements pour sortir des sillons encastrés du capitalisme néolibéral. Celles (ceux) qui inventent des fermes, créent des jardins où il fait bon vivre, nourrissent leur milieu en s’articulant en harmonie avec le vivant, transforment un univers de proximité. Ce n’est pas sans effort. Si on faisait quelque chose de semblable « tout le monde en même temps » ? Peut-être que le mouvement écoféministe et la permaculture pourraient inventer des alternatives viables et intéressantes où les êtres vivants pourraient vivre autrement qu’en étant ou consommateurs ou consommés ?

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