Guide complet : Fumier déshydraté et corne broyée, les alliés de votre jardin

Le fumier est un matériau provenant de l’élevage agricole ou familial et utilisé depuis des lustres dans le domaine de l’agriculture. Un fumier comprend deux sortes de matériaux : les déjections animales et les pailles ou les déchets végétaux. En effet, la terre devient facile à travailler et riche en micro-organismes, car elle est dotée d’une certaine perméabilité à l’eau et à l’air. Par contre, il est déconseillé d’utiliser un fumier frais pour planter les végétaux. Ces derniers seront brûlés et susceptibles de se décomposer. Le fumier doit être composté pour se libérer des organismes pathogènes qu’il contient.

Véritable trésor pour le potager, le fumier est souvent surnommé l'or noir du jardinier. Mais attention, tous les fumiers ne se valent pas ! Cheval, bovin, mouton ou volaille : chaque type possède ses propres vertus et exigences. Faut-il l'utiliser frais ou composté ? Quel amendement pour une terre argileuse ou sableuse ? Voici comment nourrir votre sol et booster vos récoltes sans risquer de brûler vos plantations.

Schéma illustrant le cycle de décomposition du fumier dans le sol, des nutriments bruts vers l'humus

Les spécificités des fumiers selon leur origine

Le fumier de vache est favorable pour l’amendement des sols légers, calcaires et siliceux puisqu’il offre plus de corps. Ce type de fumier reste assez compact et riche en humus, idéal pour les sols légers. Ces derniers ont la chance de profiter du caractère humide et froid du fumier de bovin. Contrairement au cheval, le fumier de vache est « froid » et humide. Il ne chauffe pas et ne permet pas de faire des couches chaudes.

Le fumier de cheval est un matériau qui possède beaucoup de légèreté à cause des pailles. Par contre, ce fumier monte rapidement en température, c’est pour cela qu’il convient au sol lourd et froid. Ce matériau est étonnant pour former des couches chaudes. Le fumier de lapin reste une composition lourde quand il est intégré à un sol léger. De ce fait, ce fumier nécessite un système de bêchage afin de s’incorporer.

Le fumier sec et chaud de chèvre ou de mouton possède la même caractéristique que celui du cheval. Ce matériau reste riche en potassium ainsi qu’en éléments fertilisants utiles à un potager après avoir cultivé des légumes et des fruits gourmands. Le fumier issu d’un poulailler est riche en azote, oligo-éléments, potasse et chaleur. Par conséquent, son usage doit faire preuve d’une étude minutieuse pour éviter de brûler les racines. L’avantage de ce fumier réside dans la chaleur qu’il offre et son rôle d’activateur de compost. Pour être utile à un potager, le fumier de porc devra être accompagné par d’autres éléments tels que le compost.

Le fumier déshydraté : une solution pratique et moderne

Le fumier déshydraté que vous trouvez en jardinerie a subi plusieurs transformations avant d’arriver dans votre sac. Les fabricants récupèrent du fumier frais, généralement de vache ou de cheval, qu’ils laissent se décomposer pendant plusieurs mois, exactement comme vous le feriez dans votre compost. Une fois bien décomposé, ils le broient finement puis le sèchent pour enlever la plus grande partie de l’eau. Ce processus transforme le fumier en petits granulés ou en poudre qui ressemblent à du terreau très fin.

L’avantage principal ? Le fumier ne contient presque plus d’eau, seulement 15% contre 70% pour du fumier qui sort de l’étable. Quand vous achetez un sac de 25 kg, vous avez donc 21 kg de « vrai » fumier et seulement 4 kg d’eau. Le fumier de vache déshydraté, par exemple, se présente comme un fertilisant organique particulièrement adapté aux jardiniers soucieux d’améliorer la fertilité du sol de manière naturelle.

Comparatif : fumier frais versus fumier déshydraté

Quand on regarde les étiquettes, on pourrait croire que le fumier frais est plus riche que le déshydraté. Mais cette comparaison directe trompe, car on ne compare pas la même chose. Un sac de 25 kg de fumier déshydraté contient environ 21 kg de matière active. Pour avoir la même quantité de matière active avec du fumier frais qui contient 75% d’eau, il vous faudrait 85 kg de fumier, soit environ trois grosses brouettes.

Le fumier déshydraté, déjà décomposé, commence à nourrir vos plantes plus vite, en quelques semaines. Le fumier frais doit d’abord se décomposer dans votre terre. Pendant cette décomposition, il peut même « emprunter » temporairement un peu d’azote à votre sol, ce qui peut ralentir la croissance de vos légumes si vous l’utilisez trop frais.

La corne broyée : l'atout fertilisation durable

Les copeaux de corne proviennent de la transformation de cornes d’animaux, souvent le bovin. Ils se présentent sous forme de petits morceaux qui sont naturellement riches en éléments nutritifs, notamment en azote, phosphore et potassium.

La taille des copeaux de corne peut varier, et le choix dépend de vos préférences spécifiques. Des copeaux plus fins se décomposent rapidement, offrant des nutriments presque immédiatement, tandis que des copeaux plus gros agissent comme un "slow-release" qui nourrit vos plantes sur une période prolongée. Une utilisation régulière de copeaux de corne enrichit le sol, ce qui améliore la croissance des plantes grâce à une libération progressive des nutriments.

Tableau comparatif des différentes granulométries de la corne broyée et leur temps de libération

Conseils d'utilisation et gestion du jardin

Pour une efficacité optimale, nous vous conseillons d’incorporer les copeaux de corne directement dans le sol avant de planter. Cela permet aux nutriments d’être disponibles au moment où vos plantes en ont le plus besoin. En général, il est recommandé d’appliquer les copeaux de corne chaque saison pour maintenir un niveau nutritif adéquat dans le sol.

Pour le potager, un dosage de 2,5 à 3 kg pour 10 m² convient à la préparation du sol et à l’entretien des cultures avec du fumier déshydraté. L’application s’effectue par épandage suivi d’un griffage léger pour incorporer les granulés dans les premiers centimètres du sol. Le saviez-vous ? L’amendement de la terre, l’entretien du composteur, le ramassage des feuilles d’automne sont des prestations éligibles à crédit d’impôt de 50% !

Adapter votre choix à votre terre

Si vous avez une terre argileuse, lourde, qui colle aux bottes quand il pleut et qui durcit comme du béton en été, le fumier frais vous rendra de grands services. Avec sa paille et sa texture grossière, il allège progressivement ce type de sol. À l’inverse, si votre terre est légère et sableuse, où l’eau passe tout de suite, le fumier déshydraté convient très bien. Il se mélange facilement sans créer de grumeaux.

Pour construire un sol riche et vivant sur plusieurs années, le fumier frais apporte un vrai plus. Il enrichit la terre en humus, cette matière noire et grumeleuse qui fait les bons potagers. Le fumier déshydraté, plus concentré en éléments nutritifs, agit plus comme un engrais coup de pouce que comme un vrai enrichissement de fond.

Les pièges à éviter et la certification

Certains jardiniers achètent du fumier déshydraté très bon marché. Méfiez-vous. Ces produits contiennent souvent 70% d’eau au lieu de 15%, ce qui annule complètement l’économie. Vérifiez toujours sur l’étiquette la mention « matière sèche » qui doit être d’au moins 75%, idéalement 85%.

Concernant la corne broyée, veillez à opter pour des copeaux de haute qualité, sans mélanges nocifs ou additifs. Il est essentiel de s’assurer qu’ils proviennent d’animaux élevés dans de bonnes conditions, pour garantir l’absence de contaminants. Privilégiez les copeaux locaux si possible. Acheter des copeaux de corne produits localement réduit l’empreinte carbone de votre choix et soutient l’économie locale. Cela peut aussi garantir une meilleure fraîcheur et une plus grande efficacité des produits. L'utilisation de produits certifiés pour l'agriculture biologique est toujours un gage de sécurité pour votre potager.

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