
Greenpeace, organisation non-gouvernementale de renommée mondiale, se distingue par son engagement inébranlable en faveur de la protection de l'environnement. Au cœur de son modèle d'action réside une politique de financement rigoureuse, garantissant son indépendance et sa liberté de parole. Cette indépendance financière est la pierre angulaire qui permet à Greenpeace de choisir ses cibles sans compromis et de mener des campagnes percutantes, qu'il s'agisse de dénoncer les pratiques destructrices de l'industrie fossile ou de militer pour une agriculture plus respectueuse de la nature.
Une Indépendance Financière Inflexible : La Clé de l'Action
Tous les bureaux de Greenpeace adhèrent à une politique stricte concernant les personnes et les fondations qui peuvent financer l'organisation. Un principe fondamental est le refus catégorique des dons d'entreprises ou d'États. C'est précisément cette indépendance financière qui permet à Greenpeace de conserver sa liberté de parole et d'action, particulièrement dans la sélection de ses cibles. Les campagnes prioritaires et les objectifs de l'organisation sont définis par un processus interne, incluant notamment un plan stratégique décennal.
Cette autonomie est cruciale pour éviter toute influence extérieure qui pourrait compromettre la mission de Greenpeace. Par exemple, l'organisation n'a jamais reçu de fonds de Gazprom, une entité avec laquelle elle a pourtant des désaccords profonds et publiquement affichés. L'intégralité des ressources de Greenpeace provient de ses adhérents, assurant ainsi une base de financement populaire et démocratique. En refusant tout don d'entreprise et toute subvention publique, Greenpeace garantit sa capacité à agir et à s'exprimer sans contrainte.
Transparence Totale : Une Rigueur Exemplaire
La transparence est une valeur essentielle pour Greenpeace. Les comptes de l'organisation sont publiés et accessibles à tous sur ses sites web. Pour Greenpeace France, les rapports financiers sont consultables en ligne, tandis que les rapports d'activité de Greenpeace International sont également disponibles publiquement. Cette démarche proactive permet à chacun de vérifier la provenance des fonds et leur utilisation, renforçant ainsi la confiance du public.
À Greenpeace France, chaque don supérieur à 1000 euros est signalé à une équipe dédiée pour analyse. De plus, tout don supérieur ou égal à 5000 euros fait l'objet d'une vérification approfondie de son origine. Chaque année, une centaine de personnes, sur un total de 235 000 adhérents, soutiennent Greenpeace France par des contributions dépassant 2000 euros. Greenpeace Allemagne applique un modèle de fonctionnement similaire à celui de la France en matière de dons : aucune contribution d'entreprise, même de faible montant, n'est acceptée, et une vérification systématique de l'origine du don est effectuée lorsque celui-ci est supérieur ou égal à 5000 euros. Cette rigueur assure que l'organisation reste à l'abri de toute tentative d'influence déguisée.
L'essentiel des ressources collectées sert à financer le travail des campagnes, aussi bien en France qu'à l'international. Une part significative du travail, allant de la première enquête aux propositions formulées, reste souvent dans l'ombre mais nécessite des ressources importantes pour être menée à bien. Pour en savoir plus sur l'utilisation des ressources, il est possible de consulter les pages dédiées à la transparence financière, où sont publiés chaque année les rapports financiers et les comptes annuels.
Face à l'Industrie des Énergies Fossiles : Le Cas Gazprom
Greenpeace a toujours été un ardent défenseur de l'environnement face aux géants de l'industrie fossile. Gazprom, acteur majeur de cette industrie et contributeur significatif au changement climatique, est depuis longtemps l'une des cibles privilégiées des campagnes de Greenpeace. Loin d'être financée par Gazprom, l'organisation s'y est opposée de manière répétée et publique.

Un exemple marquant de cette confrontation fut l'assaut du navire de Greenpeace, l'Arctic Sunrise, par un commando des forces spéciales russes, le 18 septembre 2013. Cette intervention faisait suite à une action non-violente menée par Greenpeace contre une plateforme pétrolière de Gazprom en mer de Petchora. Les 30 membres de l'équipage, surnommés les « Arctic 30 », furent accusés de piraterie et de hooliganisme, passant deux mois en prison avant d'être libérés grâce à une forte pression internationale.
En novembre 2013, Greenpeace a manifesté contre Gazprom lors d'une conférence internationale sur le gaz à Bruxelles, soulignant son opposition aux pratiques de l'entreprise. En janvier 2014, des activistes de Greenpeace, déguisés en ours, ont manifesté devant le Forum économique mondial à Davos pour protester contre les projets pétroliers de Gazprom en Arctique. Lors de ce même forum, Greenpeace et Public Eye ont conjointement décerné le Public Eye Award à Sergey Vakulenko, le PDG de Gazprom, une distinction ironique dénonçant les impacts négatifs de ses activités.
Greenpeace s'est également fortement mobilisée contre le projet de Gazoduc Nord Stream. Plus récemment, en mai 2022, Greenpeace France a publié une étude révélant comment les géants russes de l'énergie, tels que Gazprom, Lukoil et Rosatom, ont exercé un lobbying intense, rappelant le système des poupées russes, pour que le gaz fossile et le nucléaire soient inclus dans la liste des investissements « durables » de l'Union européenne. L'organisation a également ciblé des entreprises russes comme Gazprom et Novatek dans le cadre d'une mise en demeure de TotalEnergies, visant à empêcher la multinationale française de mener des activités susceptibles de financer la guerre en Ukraine.
Face aux allégations infondées concernant des financements de Gazprom, il est crucial de rappeler que la question devrait plutôt être posée à ceux qui diffusent ces fausses informations : quelles sont leurs preuves que Greenpeace a reçu des fonds de Gazprom ? La transparence des comptes de l'organisation et ses actions passées témoignent de son indépendance et de son opposition constante à l'industrie des énergies fossiles.
La Politique Agricole Commune (PAC) : Un Regard Critique sur les Subventions
Au-delà des énergies fossiles, Greenpeace s'intéresse également aux enjeux de l'agriculture et à l'impact des politiques publiques sur l'environnement. La Politique Agricole Commune (PAC) est un domaine où Greenpeace a exprimé de vives préoccupations, notamment en ce qui concerne l'orientation des subventions.

Afin d'analyser l'efficacité environnementale de la PAC, Greenpeace a croisé deux jeux de données : la liste des bénéficiaires des aides PAC et les montants alloués, ainsi que la liste répertoriant les émissions d'ammoniac par ferme, la seule pollution suivie à l'échelle des exploitations. Cette analyse a permis d'établir un classement des exploitations les plus polluantes qui reçoivent simultanément d'importantes subventions. L'ammoniac, un composé chimique à l'odeur âcre caractéristique, provient principalement des activités agricoles.
Cependant, Greenpeace a rapidement constaté que le système de suivi des émissions d'ammoniac était loin d'être sérieux et suffisant. À peine 3% des émissions d'ammoniac liées à l'élevage sont répertoriées dans cette base de données, alors que l'élevage représente 64% des émissions d'ammoniac en France. Par ailleurs, sur les 31 000 fermes porcines et/ou avicoles en France, seules 727 figuraient dans la base de données. Ces chiffres démontrent l'incapacité actuelle à évaluer correctement les pollutions liées à l'élevage.
Les conclusions de l'étude sont préoccupantes : en 2015, les 20 premières fermes du classement des « pollueurs payés » ont touché plus de 115 000 euros chacune en moyenne de la part de la PAC. Ce montant est considérable par rapport aux standards habituels de la PAC. Les exploitants qui déclarent le plus de pollutions reçoivent énormément de subventions, ce qui soulève la question de la cohérence de la PAC. Le système actuel rémunère les pollueurs, ce qui n'a aucun sens.
Le calcul des subventions versées aux exploitations est essentiellement basé sur le nombre d'hectares de terres cultivables. Cela incite les agriculteurs à agrandir la taille de leur ferme en cultivant davantage d'hectares. Par exemple, les éleveurs de cochons en Bretagne possèdent aujourd'hui deux fois plus de bêtes qu'il y a 10 ans, soit environ 1500 porcs pour une exploitation moyenne, ce qui est un nombre considérable.
Greenpeace souligne la nécessité d'une plus grande transparence et d'un suivi environnemental digne de ce nom. Il est impératif de passer de la parole aux actes. La Politique agricole commune doit encourager le respect de l'environnement et non pousser les agriculteurs à toujours plus d'intensification. Les négociations pour la prochaine PAC, initialement prévues pour 2021, ont déjà commencé. La Commission européenne devrait remettre une première proposition d'ici la fin du premier semestre 2018, offrant une opportunité cruciale de réorienter cette politique vers des objectifs plus durables et équitables.
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