Guide complet pour la greffe du figuier en août : techniques, soins et variétés

Illustration d'un figuier adulte portant des fruits mûrs

Le figuier (Ficus carica), fruitier emblématique du bassin méditerranéen, est apprécié pour sa robustesse et la saveur exceptionnelle de ses figues. Bien que le bouturage soit une méthode de multiplication largement répandue et facile pour cet arbre, la greffe offre des avantages distincts, notamment pour transformer un sujet existant ou améliorer la qualité des fruits. Cette technique horticole, combinant science et savoir-faire, permet d'optimiser la productivité et d'adapter les arbres à divers environnements.

Comprendre le figuier : un arbre fruitier unique

Le figuier est un arbre fruitier qui donne des « fruits » extraordinaires. Originaire du Moyen-Orient, il s'est développé à l’état naturel, sans l’aide des hommes, sur tout le pourtour de la Méditerranée durant des siècles. Ce que nous appelons « fruit », la figue, est en réalité une inflorescence arrondie et évasée, contenue dans un sycone. L'inflorescence est « ouverte » par un « œil » à l’opposé de l’accroche. À l’intérieur de ce sycone en creux se trouvent les fleurs unisexuées du figuier. Les fleurs mâles sont proches de l’œil, tandis que les femelles sont plus profondément installées. Ce sont ces fleurs qui produisent les petits grains, les akènes, que l'on retrouve également chez les fraises. Cette inflorescence évolue pendant tout le temps de la végétation, certains « fruits » mûrissant tandis que d'autres restent à l'état d'embryons.

Bien que souvent cultivé dans le sud de la France, le figuier peut être très productif même dans le Nord du pays, à condition d'être planté dans un endroit ensoleillé et abrité, par exemple contre un mur orienté plein sud. Le figuier a d'ailleurs été cultivé pendant très longtemps en banlieue parisienne, et certaines variétés, comme la figue blanche d’Argenteuil ou Blanche de Versailles, en portent le nom. Leurs fruits sont plus précoces, arrivant à maturité en juillet, contrairement aux récoltes de figues rouges, plus souvent en août-septembre. Les figues se dégustent mûres, moment où elles libèrent toutes leurs saveurs. Leur peau, fragile et de plus en plus fine à mesure qu'elles mûrissent, se fissure, ce qui est un signe qu'il faut les cueillir.

Les différents types de figuiers et leurs « fruits »

Il existe plusieurs types de figuiers, chacun avec des caractéristiques de fructification spécifiques :

  • Figuiers mâles (caprifiguiers) : Ils produisent des fruits non comestibles.
  • Figuiers femelles communs : Ces variétés sont auto-fertiles, ce qui signifie que la pollinisation n’est pas nécessaire pour obtenir des figues.
  • Figuier « Smyrne » : Unifère, ce type nécessite une pollinisation pour éviter la chute des figues avant maturité. Il est particulièrement utilisé pour la production de figues séchées.
  • Figuier de type San Pedro : Ce sont des figuiers bifères.

On distingue également les figues et les figues-fleurs. Les figues-fleurs sont moins sucrées que les fruits d’automne, plus grosses, plus molles et leurs grains sont quasiment imperceptibles en bouche. Elles se consomment rapidement et se prêtent bien à la cuisine, par exemple avec du miel ou un fromage frais.

Résistance et entretien du figuier

Le figuier est souvent cité comme l’arbre de l’autonomie alimentaire car il est très résistant aux maladies et ne subit pas d’attaques majeures. C'est un des arbres qui demandent le moins de soin et qui est le plus adapté à la sécheresse. Cependant, en période sèche, un manque d’eau peut limiter sa fructification. Il est conseillé de mulcher le pied de l'arbre avec du carton ou d'autres matériaux pour conserver l'humidité. Les jeunes figuiers doivent être protégés des rayons intenses du soleil, par exemple avec une dilution 50/50 eau/peinture acrylique ou des sacs de jute blancs. Ses racines peuvent s'étendre en surface à parfois une dizaine de mètres du tronc pour trouver l'eau.

Pourquoi greffer un figuier ?

Bien que le bouturage soit la méthode la plus simple pour multiplier un figuier, la greffe s'avère particulièrement utile dans plusieurs situations :

  • Changer la variété d'un sujet adulte en place : Si un figuier produit des fruits non comestibles ou de qualité médiocre, la greffe permet de le transformer sans avoir à l'abattre et à replanter. Cela conserve son système racinaire déjà développé et robuste.
  • Améliorer la qualité des fruits : En associant un porte-greffe vigoureux et résistant avec un greffon d'une variété produisant des fruits de qualité supérieure, la greffe permet d'obtenir de meilleures récoltes.
  • Adapter l'arbre à un environnement défavorable : La greffe peut aider à améliorer la résistance au froid, à certaines maladies ou parasites, ou à s'adapter à des sols spécifiques.
  • Favoriser la pollinisation : Dans le cas de sujets dioïques, greffer un greffon femelle sur un porte-greffe mâle peut optimiser la production.
  • Créer des bonsaïs : Une fois la bouture bien racinée et pourvue de plusieurs feuilles, au printemps ou en fin d’été début d’automne, il est possible de l'installer dans un petit contenant empli d’un substrat pour bonsaï, léger et bien drainant. Le processus de formation consiste en un pincement annuel, au printemps, de tous les bourgeons apicaux afin de provoquer la densification et de ligatures progressives.

Les bases du greffage

Le greffage est une technique qui consiste à souder deux végétaux : le porte-greffe, enraciné au sol et servant de support, et le greffon, inséré au porte-greffe et destiné à se développer. Trois principes fondamentaux régissent tous les types de greffe :

  1. Respecter la bonne période : Chaque technique de greffe a sa période optimale.
  2. Mettre en contact les cambiums : Le cambium est le tissu végétal placé juste sous l’écorce, une fine pellicule vert clair visible en grattant délicatement l'écorce. La mise en contact des cambiums du porte-greffe et du greffon est essentielle pour assurer la circulation de la sève et la soudure.
  3. Greffer deux plantes compatibles : En général, on greffe au sein d’un même genre botanique (par exemple, figuier sur figuier).

Un préalable indispensable est de prélever un greffon sur une plante productive et saine, exempte de maladies.

La période optimale pour greffer un figuier

Diagramme des meilleures périodes de greffe pour le figuier

La période idéale pour greffer un figuier s'étend de mai à septembre, avec des résultats particulièrement prometteurs lorsque le vert des feuilles commence à foncer, annonçant le passage à un état semi-ligneux. Cette période, généralement située entre juin et août, correspond à une circulation active de la sève, favorisant la cicatrisation et la soudure.

Pour la greffe à œil dormant, vous pouvez également opérer de mi-juillet à début septembre. Dans ce cas, le greffon ne se développera qu'au printemps suivant. Les conditions environnementales jouent un rôle déterminant : une température ambiante entre 15 et 25 degrés Celsius et une humidité relative de 60 à 70% sont idéales.

Matériel nécessaire pour une greffe réussie

La réussite d'une greffe dépend grandement de la qualité des outils utilisés et de leur préparation.

Outils de coupe

  • Sécateur de précision parfaitement affûté : Indispensable pour prélever les greffons sans les endommager et pour réaliser des coupes horizontales nettes sur le porte-greffe.
  • Greffoir à lame tranchante : L'instrument de base pour réaliser les entailles et façonner les greffons avec exactitude. La qualité de la lame est primordiale, car toute irrégularité peut compromettre le contact entre les tissus.
  • Couteau à greffer avec une lame fine et bien aiguisée : Utile pour des greffes plus spécifiques comme le chip-budding, facilitant le prélèvement précis des écussons.
  • Pierre à affûter : Recommandée pour maintenir le tranchant optimal des lames pendant la session de greffage.

Matériel de protection et de fixation

  • Liens de raphia naturel ou rubans de greffage élastiques : Pour maintenir fermement le greffon contre le porte-greffe. Les rubans élastiques s'étirent avec la croissance de l'arbre, évitant l'étranglement des tissus.
  • Ruban PVC transparent ou Parafilm : Largeement utilisé par les professionnels, il offre une excellente étanchéité, protégeant de la déshydratation et permettant de surveiller l'évolution de la greffe. Il est impératif que la zone soit parfaitement sèche lors de la pose du ruban PVC, car toute présence d'eau entraînerait une putréfaction fatale.
  • Mastic de greffage : Précisément non nécessaire pour la technique du chip budding, mais dans d'autres cas, il constitue un allié précieux pour protéger la plaie de greffe contre les infections et la déshydratation. On peut opter pour un mastic à froid ou une formulation naturelle à base de cire d'abeille.
  • Papier aluminium : Essentiel pour le chip-budding afin de protéger le point de greffe des rayons directs du soleil, évitant un échauffement excessif et assurant une double protection (humidité et réflexion des rayons).

Assortiment d'outils de greffage (sécateur, greffoir, ruban de greffage)

Les principales techniques de greffe du figuier

Le figuier peut être greffé selon différentes méthodes, mais la technique du chip budding (greffe en écusson) est la plus recommandée et offre les meilleurs taux de réussite.

Greffer un figuier en chip-budding | Chip-budding grafting on fig tree | تطعيم التين بالكشط (البرعم)

1. La greffe en fente

La greffe en fente est adaptée aux jeunes figuiers dont le diamètre du tronc ou des branches est modeste.

  • Préparation du porte-greffe : Sélectionnez un porte-greffe sain et vigoureux. Coupez-le horizontalement, puis pratiquez une incision verticale de 2 à 3 centimètres de profondeur au centre de la section.
  • Préparation du greffon : Prélevez un greffon de la variété désirée, idéalement d'un diamètre similaire à celui du porte-greffe. Taillez sa base en forme de coin sur environ 2 à 3 centimètres, en veillant à conserver au moins deux bourgeons sur la partie supérieure.
  • Insertion et fixation : Insérez délicatement le greffon dans la fente du porte-greffe, en prenant soin d'aligner les zones de cambium. Fixez l'ensemble à l'aide de ruban de greffage, en serrant suffisamment pour assurer un contact étroit sans entraver la circulation de la sève.

2. Le chip budding (greffe en écusson)

Cette technique est très efficace sur le figuier, avec un taux de réussite pouvant atteindre 60 à 80%. Elle peut être réalisée sur une plus longue période et est idéale pour les débutants.

  • Préparation du porte-greffe : Rabattez sévèrement votre figuier adulte au printemps (mars-avril) pour stimuler l'émission de nouvelles branches herbacées de 1 à 2 centimètres de diamètre. Ces pousses de la saison en cours sont idéales. Vous pouvez aussi le préparer en l'arrosant régulièrement durant les deux semaines qui précèdent le greffage, puis supprimez rameaux et feuilles se trouvant sur la zone à greffer.
  • Prélèvement de l'écusson (chip) : Sélectionnez sur un figuier sain et productif des rameaux de l'année avec un diamètre moyen, semblable à celui d'un crayon. Choisissez un bourgeon bien développé, situé à l'aisselle d'une feuille. Prélevez un fragment d'écorce portant ce bourgeon. Pour cela, réalisez deux incisions précises avec un greffoir bien affûté, la première entaille suivie d'une seconde pour extraire le copeau. Supprimez la feuille en laissant une partie du pétiole. La clé du succès réside dans le prélèvement d'un chip herbacé de l'année en cours, qui donne de bien meilleurs résultats qu'un chip ligneux.
  • Préparation du porte-greffe : Pratiquez deux entailles identiques sur la branche réceptrice pour créer un emplacement qui accueillera parfaitement le greffon.
  • Insertion et fixation : Insérez délicatement le fragment d'écorce avec son bourgeon dans l'encoche du porte-greffe, en veillant à ce que les cambiums se touchent. Coupez le pétiole de la feuille pour permettre un recouvrement total par le ruban de protection. Enveloppez totalement le greffon avec du ruban PVC ou du parafilm pour créer une protection hermétique contre la déshydratation. N'utilisez pas de mastic à greffer qui n'est pas nécessaire pour cette technique. Appliquez ensuite une feuille de papier aluminium sur le ruban pour offrir une protection solaire indispensable et éviter un échauffement excessif.

3. La greffe en écusson classique (œil dormant)

La greffe en écusson est la plus utilisée au cours des mois de juillet et août sur œil dormant. Elle limite le gaspillage de greffons (un seul œil suffit) et permet de savoir rapidement si la greffe a pris.

  • Préparation du porte-greffe : Arrosez régulièrement le porte-greffe durant les deux semaines précédant le greffage. Supprimez les rameaux et feuilles sur la zone à greffer. Réalisez une entaille en forme de T sur la partie nettoyée, en enfonçant la lame jusqu'au bois et en écartant délicatement l'écorce. Si l'écorce ne se décolle pas facilement, le porte-greffe n'est pas suffisamment en sève et la greffe ne prendra pas.
  • Prélèvement de l'écusson : Sur un rameau de l'année du sujet à multiplier, choisissez un œil développé à l'aisselle d'une feuille. Supprimez la feuille en laissant une partie du pétiole. Découpez l'écorce tout autour de l'œil, sur environ trois centimètres, sans prélever le bois (cœur de la tige) et sans évider l'arrière de l'œil.
  • Pose de l'écusson : Soulevez les bords de l'incision en T avec la spatule du greffoir et insérez l'écusson. Si la partie haute de l'écusson dépasse de la barre horizontale du T, coupez-la.
  • Ligature : Finissez la greffe en la ligaturant avec du raphia ou des bandelettes spéciales en caoutchouc.
  • Vérification : Si au bout de 15 jours, le pétiole tombe en laissant une cicatrice verte sur l'écusson, la greffe a pris. Au printemps suivant, l'œil va se développer. Lorsque le nouveau rameau atteint une trentaine de centimètres, rabattez le porte-greffe à environ 10 cm au-dessus de la greffe.

Soins post-greffe et surveillance

Une fois la greffe réalisée, sa protection et son suivi sont essentiels pour garantir sa réussite.

Protection contre les éléments extérieurs

  • Protection solaire : L'utilisation de papier aluminium sur le ruban PVC est efficace contre les rayons directs du soleil, surtout en été, pour éviter la surchauffe et le dessèchement des tissus.
  • Protection contre la pluie : Un petit auvent improvisé peut être installé au-dessus du point de greffe pour le protéger des fortes pluies, qui pourraient déloger le greffon ou introduire des pathogènes. Attention à ne pas créer un environnement confiné propice aux moisissures.
  • Protection contre le vent : En région venteuse, un tuteurage léger mais solide permet de stabiliser l'ensemble et d'éviter que les mouvements répétés ne compromettent la soudure des tissus.

Suivi et entretien la première année

La première année suivant le greffage est critique.

  • Vérification de la prise : Trois à quatre semaines sont nécessaires à la prise complète de la greffe. Effectuez un premier contrôle après deux semaines en dégageant légèrement le ruban au niveau du bourgeon pour vérifier son état. Après quatre semaines, inspectez complètement le chip : s'il présente une couleur verte sans rides ni zones noircies, la greffe peut être considérée comme un succès. Si le chip est mou comme une éponge sous la pression du doigt, c'est un échec. Le développement de nouveaux bourgeons sur le greffon dans les semaines suivantes confirme la réussite.
  • Arrosage : Un arrosage modéré mais régulier est recommandé, en évitant d'humidifier directement la zone greffée pendant les premières semaines.
  • Élimination des rejets : L'élimination systématique des rejets émanant du porte-greffe est fondamentale pour diriger toute l'énergie vers le développement du greffon.
  • Suppression des feuilles et bourgeons supérieurs : Une fois que le chip commence à pousser et que l'œil greffé démarre sa végétation, supprimez les feuilles et bourgeons situés au-dessus de la greffe. Cette action permet de diriger toute la sève vers le greffon, qui partira alors avec beaucoup plus de vigueur.
  • Taille : Adoptez une approche minimaliste la première année, en vous limitant aux interventions essentielles pour former la structure désirée.

Bouturage du figuier : une alternative simple

Le bouturage est la méthode la plus simple pour multiplier un figuier et est également très facile à réussir. Il n’y a pas de date précise pour bouturer un figuier, les rameaux peuvent développer des racines presque tout au long de l’année, mais les méthodes varient selon la période.

La bouture simple

  • En février : Sélectionnez, sur des rameaux de l’année, de jeunes pousses portant entre 3 et 5 yeux. Ôtez le bourgeon terminal. Enterrez ces boutures à mi-hauteur en terre ou en pot après les avoir trempées dans de l’hormone de bouturage.
  • Au printemps (avril-juin) : Prélevez un rameau de l’année, comportant plusieurs paires de feuilles, et taillez juste au-dessous d’un œil. Supprimez les feuilles. Trempez la base dans de l’hormone de bouturage. Placez les boutures dans un contenant profond, rempli d’un substrat composé de terreau, de compost et de sable. Tassez bien et arrosez. Gardez les boutures à l’abri du soleil et du vent, et veillez à ce que le substrat reste humide. Les jeunes plants de figuier seront installés à l’automne, ou bien seulement rempotés en attendant le printemps, à condition de les abriter du gel durant l’hiver.
  • En septembre : Taillez des rameaux de l’année de 5 mm de diamètre et d’une vingtaine de centimètres de long. Coupez en biais sous une feuille, puis étêtez en faisant une coupe droite (pour reconnaître haut et bas).
    • Plantation en pleine terre : Enterrez-les de ⅔, un peu penchées (pour obtenir plus de racines), dans une petite tranchée, dans un endroit assez protégé, et recouvrez de terre. Dans le cas d’une terre lourde, mélangez un peu de sable et de terreau pour l’alléger. Tassez et humidifiez légèrement. À l’automne suivant, il sera temps de les installer en pot pour qu’ils se développent durant 1 à 3 ans avant leur plantation définitive. Cette méthode convient aux régions à climat océanique ou en tout cas où les hivers sont doux.
    • Plantation en pot sous serre (dans les régions plus froides) : Utilisez du compost très décomposé ou un mélange de sable + compost.

La bouture à crossette

Cette méthode se réalise à l’automne, dès novembre, ou en hiver, après la chute des feuilles qui signale la descente de la sève.

  • Préparation : Sélectionnez des branches âgées de 2 ans et récupérez sur ces branches des rameaux de l’année d’au moins une vingtaine de centimètres. Conservez une crosse de la branche porteuse (1 cm de chaque côté du rameau). Réalisez une coupe très nette. Supprimez le bourgeon terminal et ne conservez que 3 bourgeons latéraux.
  • Stratification : Installez-les dans un récipient plein de sable, avec une extrémité exposée à l’air. Arrosez légèrement et installez le récipient à l’extérieur, durant tout l’hiver. Ce traitement va permettre au bois de se ramollir pour laisser percer les racines.
  • Plantation : Au printemps, plantez vos boutures en pépinière ou en pot individuel, dans un mélange de sable et de terreau à part égale. Arrosez régulièrement afin que le substrat reste légèrement humide jusqu’à la plantation définitive, l’hiver suivant.

La bouture dans un verre d’eau

Prélevez durant l’hiver des pousses sur des rameaux du printemps et placez-les dans un verre d’eau. Renouvelez celle-ci dès qu’elle devient moins claire. Pour garder l’eau propre plus longtemps, mettez-y un morceau de charbon de bois.

  • Mise en pot : Lorsque les boutures mesurent 5 cm, placez-les dans leur pot individuel, dans un mélange léger.
  • Acclimatation : Quand le temps se radoucit (au moins 13° la nuit), sortez les pots et installez-les à l’abri du vent et du soleil.
  • Plantation définitive : Les plants de figuiers seront plantés à leur emplacement définitif à l’automne, ou au printemps suivant. Pensez à les protéger du froid leur premier hiver, surtout s’ils sont toujours en pot.

La bouture à l’étouffée

Cette méthode se réalise en mars pour éviter les rigueurs de l’hiver dans les régions froides.

  • Préparation : Repérez les pousses de l’année précédente et prélevez des rameaux qui en sont issus en réalisant une coupe en biseau. Ces rameaux d’une vingtaine de centimètres portent au moins 3 yeux (gardez-en jusqu’à 5). Pour de meilleures chances de reprise, trempez le bas de vos boutures dans de l’hormone de bouturage.
  • Plantation en pot : Placez vos boutures de figuier en pot, enterrées à mi-hauteur (au moins la moitié des yeux doit être enterrée), dans un mélange de terreau de semis et de sable. Choisissez un pot large et profond, ou de petits pots individuels. Tassez et arrosez.
  • Création de l'effet de serre : Plantez au milieu de votre contenant un petit tuteur plus long que les boutures. Placez tout autour du pot un sac en plastique transparent que vous maintiendrez en place grâce à un élastique. Le tuteur empêchera le plastique de toucher les boutures. Installez l’ensemble dans une zone lumineuse, à une température d’au moins 16°.
  • Ventilation et acclimatation : Dès l’apparition du feuillage, percez quelques trous dans le sac, qui pourra être enlevé quand le système racinaire sera bien développé. Il faudra ensuite acclimater le jeune figuier à l’extérieur : sortez-le lorsque les températures dépassent 13° durant la nuit, et installez-le à l’abri du soleil et protégé du vent. Il pourra y rester jusqu’au printemps suivant, où il sera mis en terre, s’il est protégé durant l’hiver sous un châssis. Mais hormis dans les régions aux hivers rigoureux, ou en altitude, il pourra être planté durant l’hiver.
  • Astuce pour l'absence de pot : Si vous n’avez pas de pot disponible, installez vos boutures de figuier dans une bouteille en plastique, dont vous aurez gardé le fond et les ⅔ de la hauteur. Percez la bouteille pour le drainage et utilisez-en une par bouture. Vous pourrez utiliser le haut de la bouteille, maintenu par du scotch, pour enfermer les boutures. Vous enlèverez d’abord le bouchon lorsque pousseront les jeunes feuilles, puis le haut de la bouteille lorsque les racines seront bien développées. Il est possible que, durant le confinement, des racines aériennes se développent. Dès que la bouteille sera ouverte, il faudra recouvrir ces racines de terre.

La bouture longue

Cette méthode est possible en août, mais non réalisable dans les régions aux hivers trop froids.

  • Préparation : Taillez un long rameau, au moins 1 mètre, dont l’extrémité est encore verte. Une fois effeuillé, excepté la paire de feuilles terminale, installez-le dans un contenant rempli d’eau de pluie. Il est nécessaire qu’au moins 50 cm du rameau soit immergé.
  • Développement des racines : Quelques semaines plus tard, des radicelles blanches commencent à se développer.
  • Mise en pot : Placez votre bouture en pot (ou en jauge) au mois de novembre dans un endroit protégé du froid.
  • Plantation définitive : Réalisez la plantation définitive au printemps.

Multiplier le figuier de Barbarie

Le figuier de Barbarie, plante grasse typique des régions méditerranéennes, se multiplie très simplement à partir de jeunes « raquettes » (cladodes) ou de fruits encore verts.

À partir de raquettes (cladodes)

  • Prélèvement : Coupez des jeunes pousses à la jointure en vous protégeant des épines.
  • Cicatrisation : Laissez cicatriser la plaie durant quelques jours en la plaçant dans un endroit aéré et bien sec.
  • Plantation : Placez-les dans des petits pots individuels emplis d’un mélange de pouzzolane et de substrat pour cactées. Positionnez chaque raquette contre la paroi, enterrée de quelques centimètres. Dans les régions du Sud de la France, elles peuvent être installées en pleine terre, en allégeant le sol avec du terreau si nécessaire.
  • Arrosage : Arrosez un mois plus tard puis tous les 15 jours en vidant systématiquement la coupelle. Installés à l’extérieur, les figuiers de Barbarie n’auront pas besoin d’arrosage.

À partir de fruits verts

Il est aussi possible de bouturer un figuier de Barbarie à partir de fruits encore verts. Tout comme les raquettes, les fruits portent des aréoles à partir desquelles ils peuvent émettre feuilles et racines. Ils seront à moitié enterrés à plat dans un substrat léger et arrosés peu mais régulièrement. Ces « raquettes » sont particulièrement résistantes ; une fois détachées du pied-mère, elles peuvent rester en sommeil pendant plusieurs mois, à condition d’être dans un environnement bien sec.

Maladies et ravageurs du figuier

Le figuier est généralement un arbre robuste et résistant aux maladies et attaques. Cependant, il peut être sujet à quelques problèmes.

Psylles

Vous observez des jeunes pousses engluées et déformées et la présence de filaments cireux et de fumagine sur les rameaux de vos arbres fruitiers ou d’ornement ? Attention ! Les psylles, de la même famille que les pucerons, ressemblent à une toute petite cigale et se déplacent en faisant des bonds. Cet insecte se nourrit de la sève des larves et produit une « cire » et du miellat, ce qui peut entraîner l'apparition de la « fumagine ». Les larves de la psylle sont très voraces et dangereuses pour l'arbre, provoquant des feuilles piquées, recouvertes de miellat et déformées.

  • Prévention et traitement : Nettoyez le feuillage au jet d’eau puis pulvérisez un mélange d’eau et de savon noir. En cas d’invasion importante, traitez avec un insecticide bio. Pulvérisez de l’eau sur le dessus et le dessous des feuilles.

Oïdium

L'oïdium est une maladie cryptogamique, un champignon qui nuit au développement de l’arbre. Les attaques interviennent lors des périodes chaudes et par manque d’eau. Les signes apparaissent sous forme de feuilles déformées, recouvertes de poudre blanche.

  • Traitement : Sur le figuier, des « pustules » apparaissent sur les branches principales et les rameaux secondaires. Coupez les parties atteintes en prenant de la marge.

Araignées rouges

Les araignées rouges peuvent corrompre beaucoup de plantes de proximité.

Taille du figuier

La taille du figuier dépend de la région et de la variété, et n'est pas toujours obligatoire. Dans le sud, où les récoltes sont quasiment ininterrompues de l’été à l’automne, les tailles de formation peuvent être plus simples.

  • Taille de formation pour les arbres palissés : Réservée aux arbres cultivés le long d’un mur ou de câbles tendus chez les professionnels, c'est une taille « à plat ». Les branches charpentières et sous-charpentières sont conduites en oblique pour couvrir la surface que forme l’éventail en végétation, assurant une belle répartition des fruits et une récolte facilitée. Cette taille est également intéressante pour les petits jardins, car elle réduit l’encombrement en profondeur.
  • Taille au mois de mai : Supprimez toutes les nouvelles pousses sur les rameaux, en dehors de la première, celle qui se trouve le plus près de la base de la branche.
  • Après une nouvelle récolte : Coupez les premiers rameaux originels, juste au-dessus de ceux qui se sont développés à la base des branches.
  • Cépée ou butte : Faites une cépée ou butte au-dessus de la souche pendant le repos végétatif du figuier, sur les 2 ou 3 premières années.

Schéma des différentes tailles du figuier selon la période et la forme souhaitée

Localisation des racines et gestion de l'eau

Avant d’intervenir sur le sol, il est important d’avoir localisé les racines. Le figuier sait parfaitement où trouver l’eau ; ses racines s’étendent en surface, parfois à une dizaine de mètres du tronc. Vraiment, dans certaines régions, personne n'arrose ses figuiers ! Le pied profite au mieux de l'ombre d'un mur, mais c'est tout. L'eau peut être trop rare et rationnée. En France, les étés sont bien plus humides, ce qui ne devrait pas être un problème pour l'irrigation naturelle. Cependant, si le figuier manque d’eau en période sèche, sa fructification sera limitée. Il est donc recommandé de mulcher, que ce soit avec du carton ou autre, pour conserver l'humidité.

Variétés de figuier adaptées au chip budding

Les variétés Dalmatie, Madeleine des deux saisons et Brown Turkey s'adaptent parfaitement à la greffe en chip budding, offrant d'excellents résultats pour améliorer la production fruitière.

  • Figues de Dalmatie : Généralement de taille moyenne et très arrondie, c'est une variété productive qui craint le froid.
  • Figues Madeleine des deux saisons : Figues de taille moyenne et plutôt allongée.
  • Figues Brown Turkey : Grosses et allongées.
  • Il existe également des variétés avec des figues de petite taille, fermes, à la peau jaune-vert clair, ou de grosses figues aplaties, fermes, à la peau bleu-gris foncé, ou encore de petites figues fermes à la peau noire.

Le greffage et le bouturage sont des techniques clés pour multiplier et améliorer le figuier, offrant aux jardiniers la possibilité de profiter pleinement de ce fruitier méditerranéen.

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