Pour monter dans une éolienne, il est préférable de ne pas avoir le vertige, de ne pas être claustrophobe, ni de souffrir du mal de mer, et d'être un brin sportif. Mais cette occasion ne se présente pas deux fois dans une vie. J'ai donc pris mon courage à deux mains. Sauf qu'à peine arrivée en vue des éoliennes, ces mains commençaient déjà à être moites. En attendant mon tour au pied de la machine à l'arrêt, je tente d'évaluer ce que peuvent bien représenter 98 mètres. Les techniciens me tendent un casque que je peine à visser sur ma tête (la faute à trop de cheveux) et me font enfiler un harnais anti-chute, alourdi par de gros mousquetons sur les hanches et le bassin. Car l'ascenseur est bien à dix bons mètres du sol.

Les défis physiques et psychologiques de l'ascension
Monter au sommet d'une éolienne n’est pas de tout repos. Pour monter au sommet d'une éolienne, pas d’escaliers mais une échelle rudimentaire : l’équipement est le même que pour gravir une falaise. Même avec un point de repos occasionnel, l’escalade d’une tour aussi haute sans assistance peut être épuisante et dangereuse. Arrivée dans l'élévateur, aussi spacieux qu'une boîte de conserve, je profite d'une pause de dix minutes pour reposer mes bras et mes jambes déjà engourdis par l'effort.
Plus on se rapproche de la cime, plus le diamètre de l'éolienne se rétrécit, et plus la force du vent se fait sentir. Mais cette sensation d'être sur un bateau en pleine houle n'a pas raison de moi. Quelques mètres supplémentaires d'échelle et ça y est, je suis dans la nacelle, là où le vent est converti en électricité par un énorme générateur. Éclairée jusqu'alors par les néons, deux petites trappes au sol et au plafond baignent les quelques mètres carrés d'une lumière réconfortante. Je m'autorise à y passer la tête pour admirer la vue imprenable sur le paysage. Monter a visiblement fait descendre mon stress.
HALIADE : LA PLUS GRANDE EOLIENNE AU MONDE
L'innovation au service de la performance énergétique
Les éoliennes modernes sont des merveilles d’innovation technique. Pour optimiser la capture de l’énergie éolienne, il faut placer les pales en rotation en hauteur, là où la variabilité du vent - ou turbulence - est réduite au minimum. Plus le diamètre de la turbine est grand, plus elle peut produire d’énergie. Un diamètre plus important signifie généralement une tour plus haute. Les nouvelles installations éoliennes installent des tours de 300 pieds de haut ou plus au niveau du moyeu.
Les pales d’une éolienne sont montées sur le moyeu de la nacelle de l’éolienne, une enceinte remplie d’équipements électromécaniques finement réglés. Pour que l’éolienne fonctionne de manière optimale, il faut accéder régulièrement à la nacelle pour effectuer des inspections, ajouter des lubrifiants, entretenir les composants et remplacer les pièces usées. Atteindre la nacelle depuis le sol n’est pas facile. Les grues dotées d’une flèche suffisamment longue ne sont généralement pas disponibles ni viables pour déplacer les techniciens vers le haut et le bas des éoliennes. Au lieu de cela, les équipes doivent grimper à l’ancienne, un échelon à la fois. Les tours d’éoliennes sont construites en segments ou en sections. La hauteur de chaque section varie en fonction des exigences techniques de la tour concernée.
Systèmes d'élévation et assistance à la montée
Les élévateurs de personnel sont installés à l’intérieur de la tour et peuvent être intégrés au système d’échelle existant ou installés en tant qu’unité autonome. Les élévateurs sont disponibles dans de nombreuses configurations différentes qui peuvent accueillir plusieurs techniciens ou un seul utilisateur, en fonction de la conception de la tour et des spécifications de l’élévateur. Les ascenseurs sont généralement plus lents à monter et à descendre d’une tour qu’une montée « libre » ou avec assistance à la montée, mais ils peuvent faciliter la tâche des techniciens qui doivent monter plusieurs turbines par jour, tout en minimisant la fatigue et l’épuisement.
Dans les installations où les techniciens éoliens de Pattern gèrent les opérations et sur certains de nos nouveaux sites de construction, Pattern a commencé à installer des élévateurs de personnel qui permettent à un seul grimpeur à la fois de monter et de descendre de la tour en toute sécurité. Les techniciens sont tenus de porter un équipement complet d’antichute et d’escalade lorsqu’ils utilisent les ascenseurs. En cas de dysfonctionnement de l’ascenseur, celui-ci s’arrêtera sur place et l’usager se connectera au système d’échelle, débarquera et terminera l’ascension en toute sécurité.
La deuxième solution pour grimper au sommet de l’éolienne, c’est l’ascenseur. Mais même dedans, il faut s’accrocher : “C’est au cas où le fond de l’ascenseur s’écroule, comme ça on reste pendus dans l’ascenseur.” A destination, il y a une nacelle : “c’est le cœur de l’éolienne, du rotor”. Lorsque l’on passe la tête dans la trappe qui permet de voir dehors, “on voit bien les pales, et on voit la torsion dans les pales aussi, c’est amusant”.
Les aides à la montée sont une alternative aux élévateurs de personnel. L’aide à la montée est un système de poulie sophistiqué intégré à la structure de l’échelle de l’éolienne. Un moteur installé à la base de la tour exerce une tension sur une boucle de câble allant jusqu’à une poulie, ou poulie, située en haut de l’échelle. Le moteur assure une portance suffisante pour supporter 40 à 60 % du poids du grimpeur et, dans de nombreux cas, l’assistance à la montée peut être réglée en fonction du poids du grimpeur afin d’assurer des vitesses de montée et de descente appropriées. C’est le grimpeur, et non le moteur, qui détermine la vitesse de montée.
Protocoles de sécurité et culture de la prévention
Le grimpeur qui utilise une aide à l’escalade porte un harnais qui passe autour