Grimper le Col du Portillon depuis Bagnères de Luchon : Un Guide Complet

Le Col du Portillon, un col pyrénéen emblématique, matérialise la frontière entre la France et l’Espagne en reliant Bagnères de Luchon à Bossost. Régulièrement emprunté par le Tour de France depuis 1954, ce versant nord offre une ascension courte mais exigeante, promettant des défis stimulants et une immersion totale dans la nature forestière des Pyrénées.

Carte du Col du Portillon et de la région de Bagnères de Luchon

L'Ascension : Un Début en Douceur avant le Vif du Sujet

Le départ de l'ascension se situe à Bagnères de Luchon (625 m), également pied du col de Portillon et de la montée vers Superbagnères (1804 m). Les premiers hectomètres permettent de descendre les allées d’Etigny bordées de Tilleuls, une entrée pittoresque dans ce parcours cycliste captivant. On rejoint ensuite Saint Mamet (630 m) en traversant la Pique. C'est à la sortie de ce village que la "vraie côte" commence.

La route oblique vers le sud en longeant un affluent de la Garonne sur une pente modérée initialement. Cependant, la déclivité augmente rapidement à la sortie de Saint Mamet, atteignant 10% avant de s’adoucir à l’approche de l’ancien poste de frontière de Péquerin, qui marque le départ du sentier du Clôt des Poupées. Ce début, bien que simple, met rapidement le cycliste dans le vif du sujet avec de bons pourcentages.

Panneau indicateur de début d'ascension à Saint Mamet

Un Profil Irrégulier et des Passages Redoutables

Le Col du Portillon depuis Bagnères de Luchon est reconnu pour son profil irrégulier et ses passages très raides, ce qui en fait un "pyrénéen comme on les aime : court, mais très, très irrégulier avec des passages très raides". La montée est courte mais que je trouve ennuyeuse pour certains, tandis que d'autres la décrivent comme une "montée très plaisante, assez régulière dans la difficulté".

Une longue ligne droite aux pourcentages élevés remonte la vallée en séparant la forêt domaniale de Saint Mamet sur la droite du bois de la Réouère sur la gauche. Ce tronçon rectiligne, qui permet d’apercevoir la tour médiévale de Castel Vieil, se termine par deux épingles au fort dénivelé peu après la jonction avec le chemin du Portillon.

À l’approche de la cascade de Sidonie (807 m), au bruit assourdissant, la route dessine une série de lacets aux pourcentages irréguliers. Il est alors difficile de trouver son rythme en raison d’incessantes ruptures de pente. La route se cabre davantage après environ 3 km au niveau de la cascade de Sidonie avec un passage assez court à 14% qui fait penser aux premiers lacets de l'Alpe d'Huez. Plusieurs passages bien bien costauds sont à noter, notamment une belle rampe après une épingle à mi-parcours.

Au décours de la cascade au kilomètre 5, la montée offre une forte rampe (13%) puis une route à nouveau plus linéaire qui mène au ravin de l’Artiguette. C’est à cet endroit que certains cyclistes ont noté un replat salvateur : "un petit faux plat pour se refaire" ou "un replat qui fait du bien". Ce palier au milieu de l'ascension est le bienvenu et permet de récupérer avant d'affronter la partie finale.

Cycliste passant devant la cascade de Sidonie

La Partie Finale : Un Défi Constant

Les quatre derniers kilomètres, qui proposent une pente comprise entre 8 et 11%, serpentent à nouveau en longeant le ruisseau du Burbe. Cette portion est souvent décrite comme "très soutenue" et "sans répit". La fin est assez difficile et la fatigue se fait sentir, avec des passages à 15% sur la fin. Pour ceux qui ont grimpé d'autres cols avant, comme Superbagnères, la difficulté est accentuée, rendant le Portillon "vraiment assassin".

L'irrégularité est une caractéristique majeure, avec des pentes très dures à gérer sans se mettre dans le rouge. Certains ont relevé "plusieurs passages avec de gros pourcentages notamment 400 mètres entre 12 et 15% vers le sommet". D'autres parlent de "deux ou trois côtes très raides de largement plus de 10%, notamment à la sortie de Saint Mamet puis après une série d'épingles qui mènent à un replat salutaire au milieu de l'ascension environ. La fin est vraiment raide, à nouveau avec des passages à plus de 10%".

Environnement et Ambiance de l'Ascension

L'ascension du Col du Portillon s'effectue principalement en forêt. Cet environnement boisé offre l'avantage d'une ombre appréciable la plupart du temps, ce qui "facilite la tâche en été" ou "par forte chaleur". L'ambiance est calme, avec peu de circulation. C'est un "beau col forestier", où l'on est "presque toujours à l'ombre".

La route est en excellent état avec un revêtement de bonne qualité, souvent décrite comme "beau revêtement" ou "route en bonne état". Cependant, des gravillons peuvent être présents vers le sommet, et la descente côté espagnol est parfois jugée de moins bonne qualité.

Le Col du Portillon n'offre pas de points de vue spectaculaires au sommet, ni de panneau indiquant clairement le col, ce qui est un "autre point noir" pour certains. Toutefois, la descente sur l'Espagne est souvent jugée "faire envie".

Vue d'un cycliste en forêt lors de l'ascension

Données Techniques et Conseils pour les Cyclistes

Le Col du Portillon depuis Bagnères de Luchon mesure 8.1 km de long avec un pourcentage moyen de pente de 7.9%. Il atteint une altitude de 1294 m. Le dénivelé cumulé est d'environ 669 mètres. Il s'agit d'une ascension de 2ᵉ catégorie.

Braquet recommandé : Pour cette montée exigeante, un braquet de montagne est recommandé, plus précisément un système compact. Cela signifie un petit plateau de 34 dents, combiné à une cassette arrière où, selon votre niveau, votre force et votre expérience, vous choisissez une couronne de 30, 32 ou même 34 dents. Une cadence fluide est toujours plus efficace.

Temps d'ascension indicatifs :

  • À un rythme lent (7 km/h) : environ 01:09:07
  • À 11 km/h : 00:43:59
  • À 15 km/h : 00:32:15
  • Pour les cyclistes les plus rapides : 00:25:27

Des cyclistes ont réalisé l'ascension en 00:40:31 avec un vélo de 23 kg en 28x28, et d'autres sur un vélo Orbea tout neuf. Certains ont grimpé debout sur le 30/19 sauf le dernier km sur le 30/21, tandis que d'autres ont opté pour un 34x32.

Graphique de profil altimétrique du Col du Portillon

Le Col du Portillon et le Tour de France

Le Col du Portillon est un col français mythique qui a beaucoup de charme et est régulièrement emprunté par le Tour de France depuis 1954. Il a été le théâtre de moments mémorables, notamment en 2001 lors de l'étape entre Foix et St Lary Soulan. Laurent Jalabert a réalisé une échappée solitaire de 170 kilomètres avec le classement de la montagne comme objectif, franchissant cinq cols (Portet d’Aspet, Menté, Portillon, Peyresourde, Val Louron Azet) avant la montée finale vers le Pla d’Adet. Cette étape a vu Ulrich tenter de décrocher Armstrong dans la montée puis la descente de Portillon, avec une prise de risque telle que l'Allemand a manqué un virage.

Le col du Portillon (depuis Bossòst)

Boucles Cyclistes et Autres Activités dans la Région

La région offre de nombreuses opportunités pour les cyclistes et les randonneurs.

Boucle du Col du Portillon depuis Marignac : La boucle du Col du Portillon depuis Marignac par Bagnères-de-Luchon en vélo de route offre une expérience cycliste captivante dans les Pyrénées. Le départ pittoresque à Marignac est suivi de jolies routes à travers des paysages montagnards. L'ascension devient plus intense après Bagnères, avec une montée plus exigeante. La descente vers l'Espagne et Bossost offre une sensation exaltante, combinant défi et récompenses visuelles. Le retour en France permet de découvrir la cascade et la tour du Sériail avant de revenir à Marignac pour une expérience cycliste mémorable.

Autres cols et ascensions populaires dans la région :

  • Col de Menté depuis Cierp-Gaud (29,7 km, difficile)
  • L’ascension du Col de Peyresourde (15,8 km, difficile)
  • Montée au Col de Peyresourde (27,4 km, difficile)
  • Passage au Col de Larrieu depuis Aspet (23,4 km, difficile)
  • A l'ombre des géants au Col du Portet-d'Aspet (28,7 km, modérée)
  • Le tour du Louron par les cols (43,7 km, difficile)
  • Ascension du Col de Portet depuis Saint-Lary-Soulan (34,9 km, difficile)

Lacs et randonnées : La région regorge de lacs et de sentiers de randonnée. Parmi les destinations populaires, on trouve le Pic du Gar (1 785 mètres d’altitude), le Lac d'Oô (accessible à tous les niveaux), le Lac de Payolle (surnommé "petit Canada" pour ses activités nautiques et ses randonnées faciles), la Vallée de Bethmale avec son lac iconique, le Lac de Bethmale, le Mont Valier (le "seigneur" du massif du Couserans), le Lac de l'Oule dans le massif du Néouvielle, le Lac d'Orédon, le Lac d'Oncet au pied du Pic du Midi de Bigorre, Loudenvielle et le lac de Génos Loudenvielle, le Lac d'Aubert et le Lac d'Aumar, le Lac de Cap-de-Long (deuxième plus grande retenue d’eau des Pyrénées françaises), le Lac Bleu des Pyrénées (le plus profond des Pyrénées), le Cirque de Troumouse (moins connu que Gavarnie mais tout aussi spectaculaire), le Lac d'Ourrec, le Lac d'Isaby et le Cirque d'Estaubé.

Massifs montagneux : La chaîne des Pyrénées offre une multitude de balades, des cirques glaciaires aux lacs d’altitude. Le Massif des Petites Pyrénées propose des randonnées accessibles toute l'année, tandis que le Massif du Néouvielle est célèbre pour ses nombreux lacs façonnés par l’érosion glaciaire. Le Col de la Core offre des panoramas grandioses du Couserans et permet de relier la vallée de Bethmale à celle de Seix.

Paysage de montagne des Pyrénées avec des lacs

Bagnères-de-Luchon : La Reine des Pyrénées

Bagnères-de-Luchon, surnommée « la reine des Pyrénées », est une station thermale réputée en Occitanie. Elle offre une large offre de logement et de restauration, en faisant une base idéale pour explorer la région et entreprendre l'ascension du Col du Portillon. La ville est également le point de départ de la montée vers Superbagnères, offrant ainsi d'autres défis cyclistes à proximité.

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