
Le nom de Cyril Casadesus, jardinier de profession, évoque bien plus qu'une simple expertise en horticulture. Bien que l'information directe sur sa biographie professionnelle en tant que jardinier ne soit pas explicitement détaillée dans les extraits fournis, le contexte élargi du monde artistique et pédagogique dans lequel son nom pourrait s'inscrire, par association ou par le prisme de personnalités partageant des sensibilités proches, nous invite à explorer les sphères de la création, de la transmission et de l'émerveillement. Dans cet article, nous plongerons dans les univers foisonnants de la musique, du conte et de l'éducation, des domaines où le "jardinage" de l'esprit et de la créativité prend toute sa signification.
Les Semences Musicales : Éveiller l'Ouïe et l'Imagination
Le monde de la musique pour enfants est un terreau fertile où des artistes s'efforcent de semer des graines d'éveil et de curiosité. Des initiatives telles que celles de Tania Le Saché et son label "Enfants à l'Écoute" illustrent parfaitement cette démarche. "Totalement par hasard," comme elle l'explique, son parcours a commencé en 1995 avec un enregistrement de chants et cantiques par le Chœur des moines de Zagorzk. Par la suite, elle s'est orientée vers la musique classique, puis la world music, cherchant un "fil conducteur" qu'elle a finalement trouvé en proposant des comptines du monde aux enfants. À l'époque, le marché était quasiment dépourvu d'offres similaires. L'objectif était de "comprendre les mécanismes qui régissent le monde du répertoire enfantin : comptines pour les faire chanter, danser, taper des mains et surtout il s'agissait de les rendre curieux d'autres pays - proches ou lointains."
Le premier titre de ce label, "Russie, rondes comptines et berceuses" avec Mamouchka, a vu le jour en février 2001. Le choix de la Russie s'explique par les origines de Tania Le Saché. Sa méthode de travail se distingue par son approche unique : elle fait appel à des artistes d’origine étrangère vivant en France. Cette démarche résonne avec son propre parcours. "Sans entrer dans les thématiques de l'exil, je sais ce qui fait qu'un souvenir remonte à la surface," confie-t-elle. Lorsqu'elle s'adresse à ces artistes, "on se comprend à demi-mots parce qu’on entre en résonance." Elle les invite à se "souvenir simplement des comptines de leur enfance," une méthode qu'elle a appliquée pour l'album "Égypte, rondes, comptines et berceuses," bien que ses parents ne soient pas égyptiens.
Elle encourage ces artistes à puiser dans leurs souvenirs d'enfance, une démarche "presque psychanalytique" où l'on tente de "reconstituer sa propre enfance avec son seul imaginaire." Le fait que ces artistes vivent en France et leurs interactions culturelles donnent une coloration particulière aux sons qu'ils proposent, créant un "métissage musical involontaire" qui fascine Tania Le Saché.
Le public visé par ces productions est diversifié, allant des artistes de jazz, de world music ou de classique, "qui n'appartiennent pas au monde de l'enfance mais ils sont enthousiastes du projet : faire un retour dans la musique de leur enfance et la faire connaître même à leur propres enfants." Les disques du label sont conçus pour les enfants qui vivent en France, indépendamment de leurs origines. L'objectif est de montrer que "l'autre n'est pas si différent de lui," puisque les enfants chantent partout pour apprendre les couleurs, les chiffres et les jours de la semaine, même si les méthodes varient. Par exemple, en France, on chante "1, 2, 3 nous irons au bois, 4, 5, 6 cueillir des cerises…", tandis qu'en Guinée, l'apprentissage des chiffres se fait avec une récurrence, "on apprendra 1, 2, puis 2, 3, puis 3, 4, on revient toujours avec un chiffre en arrière." De même, les comptines arabes avec jeux de main commencent à compter à partir du petit doigt, contrairement à l'Occident où l'on commence par le pouce.
Le choix des instruments est laissé à l'artiste, qui a "carte blanche" dans le cadre défini par Tania Le Saché. Des instruments traditionnels du pays sont souvent utilisés, non pas pour un caractère ethnologique, mais pour "restituer un son populaire." Le catalogue du label est riche, représentant "une cinquantaine" de pays des quatre coins du monde, avec une forte présence de l'Afrique et des Antilles. Des pays "assez rares" comme le Cambodge, l'Arménie et l'Afghanistan figurent également dans cette collection. Pour le Cambodge, l'enregistrement était crucial car le répertoire aurait pu disparaître en raison des massacres sous Pol Pot qui ont empêché la transmission culturelle. De même pour l'Afghanistan, le disque a été enregistré "quand il y avait beaucoup de massacres dans ce pays" pour rappeler que "la vie continuait malgré tout avec des mamans qui bercent leurs enfants et des enfants qui jouent ensemble."
En matière de diffusion, le label utilise diverses options : CD, livre-CD, livre audio, streaming et téléchargement. Tania Le Saché a d'ailleurs "beaucoup apprécié que Gallimard jeunesse sollicite nos enregistrements pour le livre-CD Les plus belles comptines du monde et soit revenu me solliciter pour Mes comptines du monde, un livre à puces musicales pour les petits." Tous les titres sont disponibles sur les plateformes numériques comme iTunes, Amazon, Deezer, Spotify et Apple Music.
Un projet sur l'Afrique francophone est également en cours, avec une chaîne YouTube musicale et éducative. Cette initiative répond à un "déficit d'écoles maternelles en Afrique" où les enfants entrent à l'école à 6 ans et reçoivent un enseignement en français. Parmi les artistes avec qui Tania Le Saché collabore régulièrement figurent Marlène N'garo de Centrafrique, Émile Biayenda du Congo Brazzaville (fondateur des Tambours de Brazza et percussionniste sur tous les disques africains du catalogue), et Magguy Faraux de Guadeloupe, avec qui plusieurs disques de chansons et comptines pour danser la biguine, la polka, la valse et le carnaval ont été réalisés.
La musique est-elle importante pour l'éveil de l'enfant ?
Les Racines Narratives : L'Art de Conter et de Transmettre
Au-delà de la musique, le conte est un autre jardin où la tradition orale et l'imaginaire s'épanouissent. Tania Le Saché exprime son affection pour les contes, étant elle-même "née dans un pays où la tradition orale est très présente." Elle se souvient avoir écouté à la radio "Ali Baba et les 40 voleurs ou Sindbad le marin, tirées des contes des Mille et Une Nuits" lorsqu'elle était enfant. Elle a ainsi initié une collection de contes de tous les pays.
Ces récits, qu'ils soient anciens ou contemporains, sont des outils puissants pour explorer des thèmes universels et stimuler l'imagination. Par exemple, dans six contes de la tradition haïtienne, le merveilleux et le fantastique côtoient la méchanceté. On y trouve "une lavandière qui exploite son enfant et va le regretter, une belle-mère qui tente de livrer sa belle-fille à 'une chose hideuse', une jeune fille qui se transforme en bananier pour tester les sentiments de son amoureux, un oiseau qui grossit jusqu'à devenir monstrueux, un homme inconsolable de la mort de sa femme…" Ces histoires sont sublimées par le "timbre doucement rauque de Mimi Barthélemy, son phrasé musical et rythmé," ainsi que par les "polyphonies a capella où la voix grave de la conteuse s'enlace avec celle de sa fille Coralie et de sa petite-fille Alizée, ouvrant ou fermant un récit ou s'intégrant à sa trame narrative."
L'art de raconter est également mis en lumière par d'autres créations. Marianne James, dans son rôle de Tatie Jambon, use "des moyens les plus variés" pour endormir ses neveux. Bien que le texte soit "mince," son "talent de chanteuse" est indéniable, naviguant "avec la même aisance dans le rock que dans la ballade country." De même, Natalie Dessay excelle dans la narration d'histoires de sorciers, se glissant "avec le même talent dans des personnages aussi disparates que la sorcière ou l'impertinence et combative Tristane." Ces récits sont enrichis par des musiques de Moussorgski, Berlioz, Saint-Saëns, Dukas, de Falla, et des extraits de L'enfant et les sortilèges de Ravel, créant une atmosphère "assez effrayante" mais captivante. Les illustrations de Rémi Saillard, rappelant des décors de théâtre, utilisent la "carte à gratter" pour donner "plus de force à de larges traits noirs qui contrastent avec des couleurs lumineuses."
La Pédagogie des Sons et des Mots : Cultiver l'Apprentissage
Le "jardinage" de l'esprit passe aussi par la pédagogie, qu'elle soit ludique ou plus structurée. L'initiative des "Concerts du mercredi" animés par Marianne Vourch, par exemple, délaisse "l'anecdote biographique pour s'intéresser à l'époque du musicien et à ses sources d'inspiration : l'Espagne, les jouets et les horloges, les animaux, le Jazz, et proposer une pertinente incitation à l'écoute" de l'œuvre de Ravel. Son texte "a de l'allant," et les extraits musicaux, soigneusement choisis dans le catalogue Harmonia Mundi, mettent en avant "l'aspect exotique ou ludique de la musique du compositeur de l'Enfant et les sortilèges."
La création de chansons elle-même peut être un processus pédagogique fascinant. Philippe Fourel, "artisan de la chanson," comme il se définit, montre dans ses vidéos "des chansons se créer et prendre forme." Il démontre que "l'inspiration ne suffit pas, il s'en faut aussi d'un peu (beaucoup) de technique." Il a d'ailleurs reçu un coup de cœur Charles Cros jeune public pour "La fée des pigeons" et vient de sortir un nouveau disque pour enfants, "Supernous."
Dans le domaine de l'éveil sensoriel, l'opus de Benjamins média, évoquant Baudelaire et ses "formes, les couleurs et les sons se répondent," offre une expérience immersive. L'histoire d'un "petit rond noir, habitant d'un pays tout gris parti à la découverte du monde" est un jeu de correspondances sensorielles : "au blanc de la neige est associé le froid, au noir de la nuit l'obscurité, au jaune du désert la chaleur…" Ces impressions sont renforcées par "les effets de matières et de textures des illustrations de Charlotte Des Ligneris et les paysages sonores du CD concoctés par le génial Ludovic Rocca," associant "subtilement bruitages et touches musicales tout le long du récit déroulé par la voix doucement chuchotée de Cristel Touret." Cristos, l'auteur et musicien, utilise cette histoire dans ses ateliers pour enfants, la présentant "sous la forme d’une lecture interactive avec des fonds sonores." Le récit, bien que simple, est "porteur de sens, puisque le monde - imaginé au départ par le petit rond noir comme une grosse boule bleue - se révèle bien plus intéressant avec toutes ses couleurs," soulignant l'importance de la découverte.

L'Épanouissement Culturel : Un Jardin aux Mille Saveurs
Le monde créole est un exemple vibrant de la richesse culturelle qui peut être cultivée et partagée. Le bassiste Zaf Zapha, après l'Afrique de l'Ouest, l'Amérique latine, la Nouvelle-Orléans et le Maghreb, nous guide dans cet univers. Son œuvre intègre "tout naturellement des grands classiques antillais, réunionnais et guyanais : 'Aliette', 'Dodo tit pitit maman', 'Adieu madras, adieu foulards' 'P'tite fleur fanée' 'Sa ko ké fé pou ça'," mais aussi des titres métropolitains comme "Ne pleure pas Jeannette" et "Mam'zelle Angèle," revisités avec "de joyeux rythmes créoles." Des musiciens professionnels renommés tels que le martiniquais Dédé Saint Prix, la martiniquaise Jocelyne Beroard, l'haïtien Beethoven Obad, les réunionnais Davy Sicard et Oriane Lacaille et le guyanais Lova Jah, apportent leur expertise, unissant leurs voix à celles des enfants "dans une complicité chaleureuse." Le livre accompagnant cette œuvre, "joliment illustré par Laura Guéry, c'est un véritable documentaire sur la musique, la cuisine, les fêtes et les îles," ne se contentant pas de fournir les paroles des chansons en créole et en français.
Enfin, la "Bonne nouvelle : Réimpression du livre-disque Je chante avec mon bébé" rappelle l'importance des ressources pour les parents et professionnels de la petite enfance. Décrit comme "une mine quasi inépuisable pour les parents et un ouvrage de référence pour tous les professionnels de la petite enfance" en novembre 2014, cet ouvrage, tout comme "Do ré mi ! Refrains d'enfance," chroniqué dans "La Grande Oreille, revue des arts de la parole," souligne la valeur intemporelle des chansons d'enfance. Ce dernier numéro, orchestré par Chantal Grimm, "auteur-compositeur-interprète (Le Grand dodo, La ballade des belles rebelles) et spécialiste de l'histoire chansonnière," explore en profondeur ce répertoire essentiel.
Ces diverses initiatives et créations, bien que ne mentionnant pas directement Cyril Casadesus jardinier, dessinent un tableau vivant du travail de fond effectué par de nombreux acteurs pour cultiver l'imaginaire, transmettre les savoirs et éveiller la sensibilité artistique des jeunes publics. Chaque artiste, chaque pédagogue, chaque créateur, à sa manière, "jardine" les esprits, plantant des graines qui, avec le temps, s'épanouiront en compréhension, en curiosité et en appréciation du monde qui nous entoure.