Horticulture : Définition, Portée et Nuances Lexicales

L'horticulture, un terme dont l'étymologie renvoie au latin « hortus » signifiant jardin, est un art ancestral qui a évolué pour englober bien plus que la simple culture des parterres floraux. Ce domaine multidisciplinaire est essentiel à l'agriculture, à l'environnement et à l'économie, bien que sa perception puisse varier considérablement selon les contextes géographiques et professionnels.

Étymologie du mot horticulture

Comprendre l'Horticulture : L'Art de Cultiver les Jardins

Dans sa définition la plus large, l'horticulture désigne l'art de cultiver les jardins, incluant les fleurs, les plantes ornementales, les fruits et les légumes. Au-delà de cette activité primaire, elle s'étend également à la conservation des plantes, à la gestion des sols, à la conception des paysages et à la restauration environnementale. Historiquement, comme le mentionne Émile Zola, l'horticulture a été le résumé d'un amas considérable d'observations en zoologie, en pomologie et même en anthropologie. Ernest Michel souligne aussi l'existence de sociétés dédiées à l'horticulture pour l'avancement de cette branche, aux côtés de la géographie et de l'agriculture. Le Dictionnaire de l'Académie française, depuis 1835, définit l'horticulture comme l'art de cultiver les jardins potagers et floraux, illustré par des expressions telles que "société, traité d'horticulture" ou "l'exposition d'horticulture est ouverte". Des exemples comme celui de Proust, décrivant des "travaux d'horticulture aquatique" où il faisait fleurir de véritables jardins de nymphéas, montrent la diversité des applications de cet art.

Le mot "horticulture" est attesté en français dès 1824, dérivé du latin classique hortus sur le modèle d'agriculture, probablement par l'intermédiaire de l'anglais horticulture, attesté dès 1678. Sa fréquence absolue dans la littérature française est de 39 occurrences.

Une Filière Riche en Métiers et en Savoir-faire

La filière horticole française est un pilier économique, employant près de 170 000 personnes. Les métiers sont nombreux et variés, incluant les fleuristes, les paysagistes, les arboriculteurs et les maraîchers. Ces professionnels pratiquent leur art avec une passion indéniable, que ce soit dans la production agricole, le conseil ou l'horticulture elle-même. Pour les métiers saisonniers, la viticulture, l'arboriculture, l'horticulture et le maraîchage restent toujours les secteurs les plus demandeurs en main-d'œuvre. De nombreux établissements proposent des formations dans ce domaine, comme l'institut Agro Rennes-Angers, où les jeunes, comme ceux de la section horticulture, apprennent les techniques nécessaires, parfois délaissant leurs sécateurs pour une simple paire de ciseaux, comme l'a observé Ouest-France. Un encadrant peut ainsi former les jeunes en horticulture et à la sécurité de l'utilisation des matériels professionnels.

L'enseignement supérieur de l'horticulture a une histoire significative en France. En 1872, un enseignement supérieur de l'horticulture était créé et l'École nationale d'horticulture, chargée d'assurer cet enseignement, était installée dans le cadre du « Potager du Roy » à Versailles. Cet héritage contribue à la richesse et à la complexité du secteur horticole.

Les différents métiers de l'horticulture

Les Synonymes et la Perception du Mot "Horticulture"

Le terme "horticulture" possède plusieurs synonymes qui peuvent varier en fonction du contexte et de la spécificité de l'activité. Voici quelques-uns des mots proposés en fonction du nombre de lettres :

  • En 5 lettres : JARDIN
  • En 7 lettres : CULTURE, FLORALE
  • En 8 lettres : ARBORAGE
  • En 9 lettres : JARDINAGE, MARAÎCHAGE, PÉPINIÈRE
  • En 10 lettres : BOTANIQUE
  • En 12 lettres : HORTICULTURE (terme propre, parfois utilisé comme synonyme de lui-même pour souligner sa spécificité)

Ces synonymes mettent en lumière les différentes facettes de l'horticulture, qu'il s'agisse de la culture des jardins en général, de la floriculture, de l'arboriculture, de la production maraîchère, de la pépinière ou de la botanique, la science des plantes.

Cependant, il est important de noter que le mot "horticulture" n'est pas toujours bien compris, surtout en France. Une étude menée à la demande de la SNHF a révélé que « le mot “horticulture” est inconnu des jeunes et connu des plus âgés qui ne l’utilisent guère et pour lesquels son contenu reste vague ». Cette étude, réalisée en 2019 par l'entreprise C’est-à-dire, a interrogé deux groupes de jardiniers : traditionnels (40-65 ans) et émergents (20-40 ans). Elle a mis en évidence que « c’est par déduction que les jeunes en approchent le sens et par connaissance du mot “horticulteur” que les plus âgés en élaborent le contenu ». De manière générale, « horticulture » renvoie alors à la culture des fleurs et des plantes vertes en pot destinées à embellir l’extérieur comme l’intérieur des maisons.

Perception du mot horticulture selon les générations

Une Définition Variable : L'Éclatement de l'Horticulture en France

Le paradoxe réside dans le fait que, si le mot "horticulture" est mal compris en France, il est pourtant utilisé dans le monde entier avec une définition souvent plus large et cohérente. Étymologiquement, comme déjà mentionné, horticulture a pour racine hortus : le jardin. L’horticulture constitue la part de l’agriculture qui s’intéresse aux légumes, aux fruits et aux plantes d’ornement, et par extension à l’organisation de celles-ci dans les villes, les parcs et les jardins (arts des jardins, paysage). Si ces produits font l’objet d’un domaine spécifique, c’est qu’il s’agit de produits vivants et fragiles « commercialisés en frais » (par opposition aux semences) et qui nécessitent, notamment pour leur conservation, la mise en œuvre de techniques sophistiquées.

L'étude de la SNHF révèle également que « l’éclatement de l’horticulture et sa réduction à la culture de l’ornement signifient la perte d’une vision d’ensemble en faveur d’une nomenclature de spécialités… (maraîchers, pépiniéristes, horticulteurs) ». Cette réduction est en grande partie le fait des professionnels eux-mêmes.

La Disparité des Définitions : France contre Reste du Monde

Le nom "horticulture" et son adjectif dérivé (horticole, horticultural en anglais) sont des mots très utilisés dans les pays anglo-saxons et compris de la même façon presque partout dans le monde. Il existe des départements d’horticulture ou d’enseignement de tous niveaux tout autour de la planète. Par exemple, aux États-Unis, de nombreuses universités comme l’Université multisite de l’État de Washington, celle de l’Oregon à Corvallis, ou encore celles en Arkansas, en Floride et dans le Colorado, proposent des programmes d'horticulture. Au Canada, des universités majeures comme Guelph en Ontario, McGill et Laval au Québec, affichent des enseignements d’horticulture. En Europe, au moins huit universités ou écoles, dont Wageningen aux Pays-Bas, intègrent le mot horticulture dans leurs enseignements.

L'International Society for Horticultural Science (ISHS), créée en 1959 en Belgique et ayant le français et l'anglais comme langues officielles, donne de l'horticulture une définition extrêmement large, à laquelle adhèrent tous ses membres, puisqu’elle couvre aussi les produits transformés (jus, purée…), même par les animaux (miel). Cette vision contraste fortement avec la perception française.

Comparaison des définitions d'horticulture à travers le monde

En France, lorsqu'il s'agit d'enseignement et de recherche, les mots « horticulture » et « horticole » sont utilisés dans leur sens international, assurant une lisibilité globale à ces deux secteurs. Il existe un Institut de recherche en horticulture et semences qui relève de l’Inrae, d’Agrocampus Ouest et de l’Université d’Angers. Cependant, la situation se complexifie au niveau des instances gouvernementales. On peut, par exemple, trouver la mention « produits horticoles » au sein de la « Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises », « sous-direction des filières agroalimentaires », « bureau fruits et légumes et productions horticoles ». Cette formulation soulève des interrogations : les produits de l’horticulture ornementale se mangeraient-ils ? Et les fruits et légumes ne seraient-ils pas des produits horticoles ? Autrement dit, pour les instances gouvernementales françaises, les productions horticoles, et par conséquent l’horticulture, se réduisent aux productions ornementales.

Cette approche est très différente de celle adoptée par d'autres gouvernements. Sur les sites canadiens, le gouvernement offre de l’horticulture une définition claire et large, incluant les fruits et légumes de grande culture et de serre, des milliers de variétés de fleurs et de plantes ornementales, le ginseng, ainsi que les produits de l’érable et du miel. De même, le mot horticulture figure à l’égal de l’agriculture sur le site du ministère de l’Agriculture néerlandais et ne couvre pas que l’horticulture ornementale.

Structure de l'industrie horticole canadienne

Les Productions Horticoles dans les Statistiques Françaises

Les statistiques françaises, notamment celles provenant de FranceAgrimer, séparent la filière fruits et légumes de la filière horticole. Cette dernière est définie comme « la filière française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage ». L’adjectif horticole semble donc couvrir un secteur plus large que le mot horticulture lui-même. Les productions horticoles, au sens de FranceAgrimer, sont noyées dans un conseil spécialisé intitulé « productions végétales spéciales ». Les compétences de ce conseil couvrent les productions issues de l’horticulture florale et ornementale, ainsi que des pépinières, les productions des plantes de service, plantes à parfum, aromatiques et médicinales et les produits issus de la transformation de ces produits. Le mot « horticulture » a cependant été qualifié, ce qui est rare, mais cela soulève une nouvelle question : quelle est la différence entre horticulture florale et horticulture ornementale ?

Cette fragmentation et cette spécificité des définitions contribuent à la confusion entourant le terme "horticulture" en France. Face à cette "schizophrénie lexicale", il est crucial de ne pas supprimer le mot « horticulture » de notre vocabulaire. Il est indispensable à la reconnaissance internationale de l’enseignement et de la recherche. Toutefois, il est nécessaire de garder à l'esprit que, dans les milieux gouvernementaux et professionnels français, le mot « horticulture » se réduit principalement aux productions ornementales et aux métiers associés. C'est pourquoi un effort de pédagogie est essentiel pour que ce mot soit reconnu et compris par tous, idéalement dans son sens le plus large, embrassant toute la diversité et la richesse de la culture des jardins, des fruits, des légumes et des plantes pour le bien-être humain et environnemental.

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