Les Dangers du Compost au Jardin : Guide de Gestion, Sécurité et Pratiques Durables

Le compostage domestique est une pratique vertueuse, essentielle pour transformer nos déchets organiques en un amendement riche pour le sol. Utile au jardinier pour faire de belles plantations dans le jardin, le compost s’avère toutefois dangereux pour les chiens et les chats d’extérieur. Il est important de les empêcher d’avoir accès au composteur, car le compost peut être dangereux en raison des matières organiques en décomposition. Ces dernières peuvent contenir des bactéries et des champignons toxiques. Le compost peut également contenir des pesticides et des engrais néfastes sans oublier des mycotoxines, des moisissures sur les aliments. Il est aussi bon de savoir que le processus de décomposition peut produire des gaz (monoxyde de carbone, ammoniac).

Schéma illustrant les risques potentiels liés au compostage pour les animaux domestiques

Risques pour vos animaux de compagnie

Un animal qui renifle, lèche et/ou ingère du compost peut mettre sa vie en danger. De ce fait, une grande vigilance est de mise si un propriétaire souhaite installer un composteur dans son espace extérieur. Un chien ou un chat qui a ingéré du compost de jardin peut manifester différents symptômes inquiétants comme des vomissements, de la diarrhée, des ballonnements, une perte d’appétit, de la fièvre. Certains aliments toxiques peuvent également provoquer une augmentation du rythme cardiaque, des tremblements, une respiration difficile…

Si le maître voit un ou plusieurs signes cliniques chez son animal de compagnie (ou alors au moindre doute), il doit consulter un vétérinaire en urgence. Il est important d’éloigner de suite l’animal du compost, de nettoyer son pelage, ses pattes, son visage s’il a de la matière collée sur lui, d’appeler un vétérinaire immédiatement et de suivre ses recommandations. Le professionnel de santé animale aura besoin d’informations comme les déchets qui sont présents dans le compost, la quantité ingérée et l’heure d’ingestion. Le maître doit également bien surveiller les symptômes. Une intoxication au compost engendre une hospitalisation, une perfusion et des soins attentifs pour l’animal. Malheureusement, il n’existe pas de traitement pour guérir de cette intoxication.

Stratégies de sécurisation et prévention

Le jardin cache de nombreux dangers pour les chiens et les chats, parmi eux, le compost du jardin ! Pour sécuriser votre installation :

  • Choisir un composteur fermé avec un système de verrouillage.
  • Surélever le composteur pour qu’il soit davantage difficile d’accès.
  • Ne pas ajouter d’aliments toxiques dans le composteur pour les chiens et les chats (raisins, oignons, avocats, chocolats, café, thé, ail, os cuits, agrumes…).
  • Rester vigilant quand l’animal est dans le jardin.
  • User du « non » ou du « pas toucher ».

La gestion des biodéchets et la loi AGEC

Pour un compost de qualité, bien choisir ce que vous y mettez est essentiel. Et savoir ce qui ne doit pas y être mis, aussi! Ainsi, vous ne freinerez pas la décomposition, votre compost sera aéré et sans mauvaises odeurs et vous éviterez d'attirer tous les animaux du voisinage. Avec l'entrée en vigueur de la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une économie circulaire) le 1er janvier 2024, c'est tous les Français qui sont incités à trier leurs biodéchets à la maison afin d'être collectés par les collectivités pour un compost collectif.

Si vous voulez éviter d'attirer les rongeurs et les mouches, ne mettez pas les restes de viande et de poissons dans votre bac. L'odeur les attirait à coup sûr. De même, direction la poubelle pour le contenu de votre cendrier, les graisses comme le beurre ou l'huile de friteuse, ainsi que les produits non biodégradables (plastique, verre, métal, couches, sacs d’aspirateur). En novembre 2022, l'Anses alertait sur le compostage des sacs biodégradables à usage unique. L'agence recommande donc de ne mettre aucune matière plastique dans les composteurs domestiques, car "la dégradation totale de tels matériaux n'est pas garantie".

Compost ► On reprend les bases pour avoir le plus beau compost

La question des rongeurs au jardin

Lorsqu’on démarre dans l’aventure du compostage, vous entendrez beaucoup d’usagers vous parler du risque de rongeurs et dès lors de ce qu’il faut faire pour éviter d’avoir des rats dans son compost. Parfois, il est vrai que certains adeptes du compostage ont déjà vu la tête d’un rat dépasser du tas. Pour autant, certaines idées reçues circulent aussi vite que les rats dans les égouts ! « Le compost attire les rats » : en fait, il s’agirait davantage d’une idée préconçue. Selon le Réseau Compost Citoyen : « Si vous voyez des rats dans un composteur, c’est qu’ils étaient déjà présents sur le site avant ».

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le composteur avec les déchets organiques qui s’y décomposent devient vite identifié comme une cantine pour les rats et les souris. Ces rongeurs y trouvent de la nourriture variée et en quantité suffisante. Par ailleurs, notamment l’hiver, le compost apparaît comme un refuge idéal pour se reposer ! Car comme vous le savez, le composteur dégage de la chaleur, appréciée des rats pour dormir et élever leurs petits. Favorisez un bon taux d’humidité et aérez régulièrement votre compost en le retournant de temps en temps. Si vous compostez en tas, remuez-le très souvent ! Vous allez ainsi déranger les rats. Parfois, certains rats s’infiltrent par les trous d’aération du composteur. Vérifiez que ce n’est pas le cas. Autre idée : si vous avez un chat, n’hésitez pas à le laisser aller se balader près du compost. Nul doute qu’il chassera les rongeurs de son territoire !

Fondamentaux techniques du compostage

La transformation de matières organiques en compost est un phénomène naturel dû à l’action d’un ensemble complexe d’organismes micro (levures, bactéries…) et macro (vers, insectes…), en présence d’eau et d’oxygène. Pas besoin d’être biochimiste pour réussir son compost, il faut juste s’assurer que tout ce petit monde puisse bien travailler, en suivant 4 grands principes :

  1. Fragmenter les déchets.
  2. Équilibrer le milieu, en apportant 1 à 2 parts de déchets azotés (plutôt verts, mous et mouillés : gazon, fleurs fanées, épluchures…) pour 1 de déchets carbonés (plutôt bruns, durs et secs : écorce, paille, carton brut…).
  3. Assurer l’oxygénation, notamment en brassant régulièrement.
  4. Surveiller l’humidité : trop, ça pourrit, trop peu, ça ne se décompose pas.

Infographie montrant l'équilibre entre les matières azotées et carbonées

Éviter les erreurs courantes

S’il y a mauvaise odeur, c’est qu’il y a dysfonctionnement ! Un déséquilibre azote/carbone, un excès d’humidité, des déchets inappropriés ou trop gros entravent le travail de décomposition, entraînant pourriture et macération aux relents désagréables. Les mouches et moucherons font partie de la petite faune du compost de jardin. Certaines habitudes permettent cependant d’éviter leur prolifération : couvrir les déchets ; composter rapidement les aliments ; limiter les sucres, l’humidité et l’exposition au soleil d’été.

Le succès de votre compostage dépend en grande partie de la gestion appropriée de l'humidité. Un compost trop sec entrave la décomposition, tandis qu'un compost trop humide inhibe l’oxygène, peut dégager des odeurs désagréables et favoriser le développement de moisissures. Pour évaluer le niveau d'humidité de votre compost, une méthode simple consiste à prendre une poignée et à la serrer fermement. Le compost doit rester compact sans dégager de jus. En cas de compost trop humide, vous pouvez rétablir l'équilibre en ajoutant des matériaux secs tels que des feuilles mortes ou du carton déchiqueté. A l’inverse s’il est trop sec, ajoutez des déchets humides comme des épluchures de fruits ou des tontes de gazon.

Emplacement et maintenance

Lorsque vous décidez où placer votre tas de compost, assurez-vous de choisir un endroit approprié dans votre jardin. Évitez de le positionner trop près de votre habitation pour éviter les odeurs potentielles de décomposition. Préférez une zone un peu protégée des précipitations mais si possible proche d'une source d'eau afin d’arroser le compost en cas de besoin. Privilégiez un endroit proche de votre habitation et qui soit accessible facilement quelle que soit la saison.

Sans oxygène, un tas de compost ne peut pas générer de chaleur. Et sans chaleur, la décomposition se fait au ralenti. Si vous ne retournez pas régulièrement votre tas, le centre du tas risque, avec le temps, d’être privé d’oxygène. A l’aide d’une fourche, retournez régulièrement votre compost pour l’aérer et accélérer sa décomposition. Nous vous conseillons de le faire tous les 15 jours pour le démarrage, puis une fois par mois pour maintenir un bon apport en oxygène au cœur du tas.

Précautions sur les déchets spécifiques

Lors du nettoyage de vos massifs ou de votre potager, vous vous retrouvez avec une grosse quantité d’adventices dont vous ne savez pas toujours quoi faire. Assurez-vous que les mauvaises herbes ne sont pas montées en graines avant de les ajouter au compost. Les graines pourraient survivre au processus de compostage et germer une fois que le compost est utilisé, ce qui entraînerait une nouvelle infestation de mauvaises herbes dans votre jardin. Evitez d'ajouter les racines d'adventices réputées envahissantes, car elles pourraient reprendre vie et se développer dans votre compost. Il en va de même pour les plantes malades ou traitées avec des pesticides.

Les coquilles d'œufs peuvent tout à fait être jetées dans le compost et permettent même de réguler son taux d’acidité. A condition qu’elles soient cassées ou écrasées en petits morceaux. En effet, elles sont constituées principalement de bicarbonate de calcium, ce qui les rend très résistantes et les empêche de se décomposer rapidement. Afin de favoriser le processus de décomposition, assurez-vous de bien émietter les coquilles d'œufs avant de les incorporer dans le compost. Si vous trouvez que votre mélange est trop acide, il peut être tentant d'ajouter une grande quantité de cendres pour rééquilibrer le pH. Si vous souhaitez utiliser des cendres de votre cheminée pour ajuster le pH de votre compost, faites-le avec modération. Ajoutez simplement quelques poignées de cendres çà et là avant de brasser le fertilisant.

Diversifier les méthodes de compostage

Le lombricompostage est plus strict, mais le marc de café avec son filtre, les sachets de thé, les fleurs fanées ou les brisures de carton sont quand même bienvenus. Ce que l’on bannit, ce sont les aliments nocifs pour les vers - ail, échalote, oignon, rhubarbe, agrumes, graisses, laitages -, ou qu’ils ont du mal à digérer - peaux de banane et d’avocat entières, feuilles d’ananas, pelures de pommes de terre, par exemple. Si vous souhaitez composter les excréments de vos animaux, optez pour le Bokashi, une technique japonaise de fermentation à faire chez vous. Dans ce seau hermétique avec robinet, chaque apport de déchet est saupoudré de son, chargé en microorganismes. C'est garanti sans odeur et sans ver.

Schéma comparatif entre un composteur classique et un système Bokashi

Il est important de noter que le compost n'a d'intérêt que pour les plantes. Du jardin au salon en passant par le potager et le verger, le compost favorise la croissance et le développement racinaire des végétaux. Mais bien plus qu’un engrais, le compost est ce qu’on appelle un amendement, c’est-à-dire qu’il améliore la structure même du sol et sa fertilité de manière durable. Par ailleurs, le compostage a l’immense intérêt de réduire la quantité de déchets organiques valorisables (40 à 60 % de nos poubelles selon l’Ademe), qui finissent, hélas, à l’incinérateur. Pour avoir un bon compost, il suffit d’éviter de se servir en forêt. En plus de détruire l’écosystème de la forêt, en plus d’être illégal si celle-ci ne vous appartient pas, ce pillage a toutes les chances de s’avérer contre-productif, l’humus de sous-bois risquant au mieux d’être inadapté au potager ou au jardin, au pire d’y introduire des organismes malvenus.

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