Tout sur les iris et les fleurs à bulbe : Guide complet de culture et d'entretien

Les iris, appartenant à la vaste famille des Iridacées, comptent plus de 200 espèces originaires des régions tempérées de l’hémisphère Nord. Le nom « iris » provient du grec ancien et signifie « arc-en-ciel », une référence directe à la diversité chromatique spectaculaire de ces plantes. Messagère des dieux dans la mythologie grecque, l'iris est une fleur porteuse de nouvelles heureuses. Au-delà de leur symbolique, ces plantes offrent une adaptabilité remarquable, colonisant aussi bien les rocailles que les abords des points d'eau ou les plates-bandes classiques.

Illustration botanique d'une collection variée d'iris présentant différentes formes et couleurs de pétales

L'univers des iris germanica : les rois des jardins

Il existe de nombreuses sortes d'iris, et nous vous présentons ici les iris germanica, aussi connue sous le nom d’iris des jardins, iris barbus ou encore iris d’Allemagne. Ce sont des plantes vivaces très solides et faciles à vivre, aux grandes fleurs diversement colorées, souvent avec plusieurs tons sur la même fleur. Les fleurs sont parfois agréablement parfumées. Les iris germanica refleurissent généralement tous les ans, en les laissant en terre l’hiver pour en profiter dès le début des beaux jours le printemps suivant.

Les iris barbus sont connus pour leur feuillage décoratif en forme d'épée gris argenté et leurs fleurs parfumées spectaculaires. Les iris allemands ont des barbes de poils colorés au centre de chaque chute. Ils aiment une position ensoleillée dans le jardin et un sol alcalin et prospèrent presque grâce à la négligence. D'autres noms communs incluent le drapeau commun, l'iris allemand ou l'iris allemand barbu.

La multiplication et la division des rhizomes

En ce qui concerne la multiplication, la conservation et la plantation des iris, nous n’évoquerons ici que les iris rhizomateux, de loin les plus variés et les plus intéressants pour le jardin. Dès que l’on constate que les fleurs sont moins nombreuses ou plus modestes, il y a lieu de procéder à la division.

Voici comment procéder :

  • On arrache toute la touffe à l’aide d’une bêche ou d’une fourche-bêche ;
  • Puis, l’on sépare les rhizomes les uns des autres en conservant ceux de la périphérie car ce sont les plus forts (ceux du centre sans feuillage ne présentent pas d’intérêt). Il est préférable de séparer les rhizomes avec une serpette pour avoir une surface nette au bout des rhizomes et ainsi limiter les risques de maladies ;
  • Ensuite, l’on raccourcit les racines ainsi que le feuillage (à environ 15 centimètres) pour limiter l’évaporation.

Il est possible de multiplier les iris avant la troisième année mais, à notre avis, c’est se priver de la plus belle floraison. En effet, un rhizome est capable, au bout de trois années, de produire 15 à 16 rhizomes et donc 15 à 16 hampes florales, soit pour 3 rhizomes d’une même variété, un bouquet de 45 à 48 hampes porteuses de 7 à 10 fleurs en moyenne selon les cultivars.

Schéma explicatif de la division d'un rhizome d'iris avec les étapes de coupe et de préparation

Sous nos climats tempérés, la multiplication doit se faire durant l’été, environ quatre semaines après la fin de la floraison et avant les premières gelées afin que de nouvelles racines soient émises par les rhizomes. Cependant, l’on peut les conserver près de deux semaines sans que cela n’affecte leur reprise. Il suffit de les installer dans un coin sec et pas trop chaud (nous avons même l’expérience de rhizomes restés deux mois hors sol ayant parfaitement survécu).

Les exigences de plantation et l'emplacement idéal

L’iris adore le soleil ! Si les iris poussent à l’ombre, ils ne fleurissent cependant pas. Il est crucial de planter dans un sol bien drainé et de préférence neutre à calcaire. Si le terrain est lourd et argileux, un apport de chaux agricole (environ 100 grammes par mètre carré), puis un apport de matière organique trois semaines après, permettront d’améliorer la structure du sol et d’éviter d’avoir à lutter contre la pourriture des rhizomes.

Dans le cas d’une terre lourde, il est fortement conseillé de planter en butte afin que l’eau ne stagne pas au niveau des rhizomes (ne jamais planter les iris barbus dans une cuvette). Une règle d'or : ne pas enfoncer les rhizomes. Il faut que le dessus soit au niveau du sol, d’ailleurs l’on peut constater que sur des touffes âgées, ils sont tous apparents.

Respectez une distance de 25 à 40 cm entre chaque rhizome même si cela semble beaucoup au début. En effet, les iris barbus sont pour la plupart bien prolifiques. Planter plus serré serait une erreur car il faudra alors diviser les touffes plus précocement et les risques de variétés étouffant leurs voisines seront plus importants. Ce point est essentiel : très souvent les amateurs d’iris constatent que leurs iris ont « changé de couleurs », ce qui provient du fait que certaines variétés plus fortes ont, par leur développement plus rapide, étouffé les plus faibles.

Comment réussir la division des iris en été au jardin

Entretien courant et soins au jardin

Les iris n’appréciant que modérément la concurrence, il est nécessaire de biner régulièrement pour supprimer les adventices, mais pas trop profondément, pour ne pas abîmer les racines ou les rhizomes. Après floraison, il est bon de couper les hampes florales au ras du sol ou à quelques centimètres, cela peut éviter le développement de fruits si des bourdons ont pollinisé les fleurs, puis l’apparition de « variétés » non désirées suite à la germination des graines tombées au sol.

Le feuillage n’a pas besoin d’être rabattu s’il reste sain et vert. L’on peut couper les parties les plus atteintes par l’hétérosporiose en cas de forte attaque de cette maladie fréquente chez les iris de jardin. Ainsi réduire le feuillage des iris en été ou au début de l’automne n’est pas du tout indispensable. Pour la fertilisation, les iris apprécient des engrais faibles en azote et riches en potasse et phosphate. Les engrais organiques ou organo-minéraux sont à privilégier car leur action est longue. Une adjonction de vieux fumier ou de compost parfaitement décomposé est vivement conseillée, la matière organique aidant les plantes à lutter contre les maladies.

Diversité botanique : Iris non barbus et bulbeux

On distingue les iris rhizomateux et les iris bulbeux au niveau de l’entretien. Les iris non barbus, comme les iris de Sibérie, les iris du Japon, les iris d’eau et les iris spuria, sont particulièrement intéressants pour embellir les jardins. Leur division est identique à celle des iris barbus si ce n’est que les rhizomes sont moins charnus et se conservent nettement moins longtemps hors du sol.

  • Iris de Sibérie : tolère tous les sols et aime la fraîcheur.
  • Iris japonais : préfère les terres acides, aime en été avoir les pieds dans l’eau mais a besoin d’être au sec en hiver.
  • Iris Spuria : tolère tous les sols, a besoin de fraîcheur et aime les conditions humides en bordure de plan d’eau.

Comparaison visuelle entre un rhizome d'iris barbu et un bulbe d'iris de Hollande

Chez l’iris à bulbe, les réserves sont contenues dans ses racines charnues. Il apprécie les sols bien drainés et on le plantera à 12 cm de profondeur (20 cm pour les plus grands). L’iris Xiphion, comprenant les iris d’Angleterre, d’Espagne et de Hollande, est idéal en fleurs à couper et en fleurs de massif. L’iris Reticulata est un iris nain à floraison précoce qui pousse bien en situation dégagée, au soleil.

Usages traditionnels et propriétés

La racine d’iris possède des propriétés expectorantes, diurétiques et légèrement purgatives. On en donnait autrefois à mâcher aux bébés pour calmer les gencives. Utilisée en cosmétique, elle exhale un délicieux parfum de violette - on l’appelait jadis « racine de violette » - qui se développe au cours du séchage. En parfumerie, elle sert de fixateur. Pour l'utiliser, nettoyez bien les racines, coupez-les en fins morceaux et laissez-les sécher à l’air libre pendant un à deux mois avant de les réduire en poudre fine. Cette poudre peut servir de déodorant, de shampoing sec ou même de dentifrice.

Conseils de compagnonnage et design au jardin

L’iris a un esprit grégaire assez développé : il n’aime pas trop accueillir d’autres plantes à ses pieds et préfère se retrouver dans une bordure mono-plante. Cependant, vous pouvez mixer les variétés, les couleurs et surtout les hauteurs. Les iris nains étant plus précoces que les grands, vous pouvez tabler sur une floraison continue d’avril à juin.

Si vous tenez à marier les iris à d’autres plantes, les rosiers sont les compagnons idéaux. Leur floraison coïncide avec celle des iris, créant des tableaux magnifiques. Les iris à taille moyenne pourront être accompagnés de plantes adaptées à la sécheresse comme les lavandes, le phlomis ou des petites graminées comme la fétuque bleue. Pour l'arrière-plan, une belle grimpante colorée comme une clématite ou un jasmin parfumée apportera de la verticalité et du relief à vos massifs.

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