La culture des arbres fruitiers, qu'ils soient en pleine terre, en pot, ou spécifiquement formés en espalier, demande une attention particulière à leur nutrition, leur entretien et leur environnement. Une fertilisation réfléchie et méticuleuse est nécessaire pour des arbres fruitiers en bonne santé et des récoltes gourmandes et généreuses. Il s'agira à la fois d'assurer un environnement sain, un sol adapté et nourricier avec des amendements appropriés mais également de nourrir, quand nécessaire, l'arbre en lui-même. Petit tour d'horizon des éléments nutritifs nécessaires aux arbres fruitiers, des types d'engrais disponibles et des options possibles en matière de fertilisation naturelle et biologique.
Les Fondamentaux de la Fertilisation des Arbres Fruitiers
Engrais et amendements interviennent dans le processus de fertilisation des cultures. Si les amendements ont pour mission d’améliorer la qualité des sols, les engrais, eux, sont censés nourrir directement le végétal, favoriser sa croissance en lui apportant des éléments nutritifs.

Les Éléments Nutritifs Essentiels
En fonction de leur origine et de leur composition, les divers engrais sont plus ou moins riches en azote (N), en phosphore (P), en potassium (K) ainsi qu’en oligo-éléments. Pour rappel, l’azote agit sur la partie aérienne des végétaux ; il permettra de renforcer tiges et feuilles. Le phosphore agit sur le développement du système racinaire et la résistance du végétal. La potasse agit sur le développement de la floraison et des fruits.
Chez les arbres fruitiers, ces éléments nutritifs sont essentiels, consommés en grande quantité, de manière différenciée selon l’espèce, le stade de développement et la saison.
Les Différents Types d'Engrais
Les engrais minéraux proposent diverses formules qui contiennent plus ou moins de chaque élément NPK. Facilement assimilables par le végétal et donc rapidement efficaces, ces engrais dits chimiques de synthèse ne contiennent cependant pas tous les éléments essentiels à votre arbre comme les oligo-éléments par exemple.
Les engrais organiques sont constitués de matières animales ou végétales, parfois associés à de la matière minérale - on parle alors d’engrais organo-minéraux. On trouvera dans ceux-ci, toujours en proportions diverses, de l’azote - avec la corne broyée et le sang desséché, parfois en mélange -, du phosphore apporté par des phosphates naturels et enfin de la potasse organique le plus souvent issue de la transformation des betteraves à sucre.
Les engrais sont parfois enrichis encore par des apports supplémentaires, des oligo-éléments par exemple qui corrigeront les carences de l’arbre et favoriseront sa croissance (le bore ou le zinc), l’aideront à absorber l’azote (le cuivre) ou la potasse (le molybdène) ou encore encourageront la synthèse de la chlorophylle (le fer ou le manganèse). Le purin d’ortie cumule les deux avantages avec sa richesse naturelle en azote mais également la présence de nombreux minéraux et oligo-éléments qui lui permettront de réduire de nombreuses carences.
Dans tous les cas, il est nécessaire de lire les indications mentionnées sur ces produits et de suivre les préconisations d’emploi.
La Fertilisation Spécifique des Arbres Fruitiers
Bien sûr la qualité des sols, l’équilibre et la richesse du terroir seront des éléments fondamentaux dans l’épanouissement de votre fruitier, de votre verger. Amélioration du milieu et coup de pouce direct au végétal seront parfois nécessaires.
La Fertilisation des Sols : Les Amendements
C’est à ce stade que commencera le processus de fertilisation avec la mise en œuvre des amendements - compost, fumier, paillis organiques, terreaux, sable, cendres, engrais verts, etc. - si et quand nécessaires. Une étape fondatrice d’une culture, d’un jardinage au naturel.

La Nutrition Directe de l'Arbre
Au-delà de ces fertilisations d’implantation puis d’entretien, des apports d’engrais pour nourrir le végétal en lui-même seront à prévoir à chaque étape de la vie de votre verger, directement à l’arbre.
- L'azote (N) agira sur la croissance de l’arbre, la qualité des boutons floraux puis le grossissement des fruits. Il contribue également à un rendement plus régulier. Chez les fruitiers, les besoins se manifestent particulièrement à la fin de l’hiver, juste avant l’ouverture des bourgeons (le débourrement), à la mise à fruit (la nouaison) et juste après les récoltes.
- Le phosphore (P), en dynamisant la croissance des racines, hâtera la nouaison, influera sur sa bonne maturité mais aussi sur sa saveur. Il encourage également la résistance au froid et aux maladies.
- Le potassium (K) influe sur la qualité des fruits et leur teneur en sucre. Il participe voire augmente sa résistance à la déshydratation.
En parallèle, d’autres éléments ont leur rôle à jouer à des degrés divers :
- Le calcium participe du développement racinaire et de la robustesse du bois et du feuillage.
- Le magnésium, le soufre ou le fer permettent la formation de la chlorophylle et impactent donc le processus de photosynthèse (une carence provoquera d’ailleurs le jaunissement des feuilles).
- Quant aux oligo-éléments - fer, manganèse, cuivre, zinc, bore, molybdène, etc. -, ils jouent un rôle essentiel dans le métabolisme des plantes, dans leur croissance comme dans leur bonne santé.
Spécificités selon le Type de Fruitiers
En termes d’apport nutritif, il existe des différences entre familles, espèces et variétés.
Agrumes : La gestion des oligo-éléments sera tout particulièrement importante. Une carence en zinc provoquera chute des feuilles, faible fructification, fruits de mauvaise qualité ; une carence en manganèse résultera en une décoloration du feuillage. Une carence en fer sera en partie responsable de la célèbre chlorose ferrique (jaunissement des feuilles) et altèrera croissance et production. Le manque de bore aura un effet dévastateur sur les fruits. Une carence en cuivre provoquera dégâts sur l’écorce, décoloration, déformation et perte des feuilles et des fruits.
Comment ENTRETENIR les AGRUMES en pot ?
Petits fruits : Vous pouvez vous tourner vers des engrais fraisiers et petits fruits qui proposent souvent une solution de fertilisation globale avec une double fonction d’amélioration du sol et de nutrition de la plante.
Fruitiers à noyaux (abricotier, cerisier, pêcher, nectarinier, prunier, etc.) sont plus gourmands en azote que les fruitiers à pépins (pommier ou poirier par exemple).
Arbres fruitiers nains en pots : Ils demanderont un arrosage plus soutenu, et les apports en engrais sont à surveiller de près et bien souvent plus réguliers que pour des plantations en pleine terre.
Quelle Fertilisation Naturelle et Biologique pour vos Fruitiers ?
Privilégiez bien sûr les formules 100% naturelle qui préservent votre santé et celle de la planète.
Calendrier de Fertilisation Naturelle
À la plantation : Rebouchez le trou avec un mélange de terre de surface, d’amendements naturels et d’engrais organique azoté - un mélange de corne broyée et sang séché ou du guano, engrais naturel à effet rapide, riche en azote et en phosphore. Les deux années suivantes, soutenez la croissance et la consolidation par un apport de compost au pied.
Au printemps : La reprise de la végétation s’opère et l’arbre fruitier entame la nouaison ; ces besoins en nutriments sont importants. En parallèle d’un apport en compost bien mûr sous l’ensemble de la couronne - c’est-à-dire la totalité de la surface au sol couverte par la silhouette -, ce sera le moment de nourrir plus directement l’arbre, surtout en cas de carence manifeste. L’engrais devra être rapidement assimilable. En matière d’engrais naturel, le guano semble à ce stade une bonne solution. Pour des sujets carencés, optez pour un engrais soluble ou liquide de type purin d’ortie.
Après la fructification (le plus souvent à l’automne) : L’arbre fruitier refait ses stocks. On l’aide avec une fumure de réserve pour reconstituer les sols. L’apport d’engrais direct à la plante n’intervient lui qu’en cas de carence constatée car il ne s’agit pas de bousculer l’arbre, de le motiver de trop alors qu’il s’apprête à amorcer son repos végétatif. Il s’agit plutôt de pallier des manques trop prononcés qui pourraient mettre en danger sa reprise. Si l’arbre parait particulièrement affaibli, optez pour un engrais riche en potasse, en magnésium et en phosphore.
La Culture des Fruitiers en Pot : Un Atout pour Espaces Réduits
Au balcon ou sur la terrasse, ajoutez le plaisir des yeux et des papilles en récoltant vos propres fruits de saison, cueillis à pleine maturité. Juteux, sucrés, parfumés, ils méritent de figurer en bonne place dans les potées de tout espace réduit. Nombreux sont les fruitiers, arbres, arbustes ou vivaces, qui se plaisent en pot et qui, moyennant quelques soins adaptés, permettent année après année des récoltes toujours très attendues par toute la famille. Les petites récoltes marqueront les saisons et ajouteront fraîcheur et vitamines aux desserts et même aux plats salés du moment.
Les Atouts de la Culture des Fruitiers en Pot
Le balcon et la terrasse offrent généralement un microclimat chaleureux et protégé des fortes intempéries grâce à la proximité des murs et parfois du toit de l’habitation. Bien exposés au soleil, ces espaces réduits répondent au grand besoin de lumière des espèces fruitières assurant maturité et goût aux fruits. Il est également facile de rajouter des protections pour tamiser la lumière ou filtrer les courants d’air comme un écran synthétique ou végétal.
La culture des arbres fruitiers en pot permet de s’affranchir d’un sol trop calcaire, trop argileux ou trop pauvre et de répondre le plus près possible aux besoins du fruitier.
À deux pas de la cuisine, ils permettent de récolter au dernier moment pour une saveur maximale. Improvisations culinaires sont au rendez-vous avec des fruits « maison ».
Enfin, le côté « juste sous la main » facilite l’entretien : arrosage, apport d’engrais, taille, élimination des parasites ou des feuilles malades…
Quel Pot Choisir pour un Arbre Fruitier ?
La majorité des fruitiers apprécient un bon drainage : privilégiez un matériau poreux comme un pot en terre cuite pour limiter les excès d’humidité. De même, le pot du fruitier doit être impérativement percé de trous de drainage. Évitez les pots à réserve d’eau.
Côté dimensions, voyez plutôt grand (40 à 50 cm de diamètre ou de côté pour autant de profondeur) ! Vos fruitiers vont se développer pendant plusieurs années et nécessitent un volume de terre important pour s’enraciner en profondeur sans souffrir de carences hydriques ou nutritives. Un pot un peu lourd va de plus éviter à l’arbre fruitier de chavirer sous l’effet d’un fort coup de vent.
Si vous cultivez des arbres fruitiers sur la terrasse une essence gélive ou à rusticité modérée, prévoyez un plateau à roulettes ou roule-plante pour faciliter le déplacement des pots et leur hivernage.
Quels Fruitiers se Plaisent en Pot ?
Gardez à l’esprit qu’au balcon comme sur la terrasse, les arbres fruitiers en pot doivent être aussi utiles que décoratives. En plus de leur fructification, les fruitiers offrent souvent l’avantage d’une belle et généreuse floraison, d’un feuillage automnal joliment coloré et d’une silhouette structurante. De nombreux choix s’offrent à vous pour un jardin en pot gourmand et esthétique.
- Les arbres fruitiers classiques : Incontournables au verger, les abricotiers, pêchers, pommiers ou encore poiriers offrent des formes réduites qu’il faut privilégier pour leur ramure ornementale, leur faible encombrement et leur bonne adaptation à la vie en pot. Sur le balcon, préférez un petit arbre fruitier de forme colonnaire, en palmette ou basse tige.
- Arbres fruitiers nains : Spécialement conçus pour les petits espaces, ces arbres produisent des fruits de taille normale tout en restant compacts. Ils fleurissent abondamment et produisent des fruits de taille normale. Spécial coup de cœur pour l’amandier nain qui fleurit dès la fin de l’hiver sur votre terrasse. Sa petite taille permettra de préserver ses fleurs si le gel menace.
- Les agrumes : Les agrumes (citronnier, oranger, kumquat, calamondin…) se plaisent également en pot et offrent des floraisons blanches délicieusement parfumées avant de fructifier généreusement. Hors climat doux, tenez compte de leur rusticité variable selon les espèces et protégez-les des fortes gelées avec un voile d’hivernage.
- Les arbustes et buissons à petits fruits : Cassille, groseillier, cassissier, myrtillier, framboisier… les petits fruits sont incontournables au balcon ! Faciles à entretenir, ils donnent du volume au décor du balcon avec leur feuillage abondant. Supportant bien la taille, ces arbustes fruitiers nains se modèlent à l’envi. Attention : ils apprécient peu, surtout le framboisier, les situations brûlantes et se plaisent dans un substrat restant frais tout l’été. N’oubliez pas les fraisiers (remontants, c’est encore mieux !) qui se plaisent également au balcon, en jardinière, en suspension ou dans une jarre spéciale fraisiers.
- Les fruitiers aux accents méditerranéens : D’autres arbres et arbustes fruitiers aux doux accents du Sud se cultivent aisément en pot.
Les Fruitiers Palissés : Optimiser l'Espace et l'Esthétique
Les arbres fruitiers palissés sont formés à partir d’un jeune scion soumis à des tailles répétées pendant 3 à 8 ans par un professionnel de l’arboriculture fruitière. Ce travail de longue haleine et l’aspect « prêt à fructifier » justifient le prix plus élevé d’une forme palissée par rapport à une forme libre. Il existe plus de deux cents formes palissées, dont les principales sont : le U simple, le U double, la palmette Verrier, la palmette oblique, le cordon à un bras, le cordon à deux bras, la forme colonnaire…
Les fruitiers en espalier se palissent sur un mur ou sur des câbles tendus entre des poteaux, on parle alors de contre-espaliers.

Les Avantages des Fruitiers Palissés
Les fruitiers palissés présentent de nombreux avantages :
- Leur faible encombrement qui permet de les accueillir dans un espace réduit : petit jardin, mais aussi terrasse et balcon, car ces fruitiers se cultivent très bien en pot.
- Leur fructification dès l’année qui suit la plantation.
- Une récolte à portée de main de fruits goûteux qui ont bénéficié d’un ensoleillement maximal.
- Leur fort potentiel décoratif par la netteté des formes et leur pouvoir structurant et délimitant de l’espace.
- Leur grande résistance aux maladies et aux parasites grâce à l’ensoleillement et l’aération qui limitent la persistance de l’humidité notamment.
Pour les accueillir au jardin, de nombreuses possibilités s’offrent à vous :
- Donner de l’originalité à la façade en encadrant l’entrée avec deux formes identiques de fruitier palissées contre le mur.
- Ceinturer ou border le potager avec des contre-espaliers ou une haie fruitière palissée. Ils donneront du relief et un côté « jardin à la française » à l’espace.
- Doubler la rambarde du balcon avec un cordon à deux bras qui servira d’écran végétal à la belle saison.
- Marquer une allée avec deux grands pots contenant un pommier colonnaire.
Pour un effet encore plus décoratif, soulignez les formes palissées avec des bordures de narcisses, de myosotis et de giroflées ou encore des fraisiers et des aromatiques. Laisser pousser des bandes de prairie fleurie à proximité est également idéal pour attirer les insectes auxiliaires et favoriser la pollinisation. Enfin, pourquoi ne pas les alterner avec des rosiers grimpants qui trouveront avantage de ce palissage horizontal et fleuriront généreusement ?
Espèces et Variétés de Fruitiers Palissés
Si les fruitiers à pépins, pommiers et poiriers, sont des classiques du palissage, quelques autres espèces se prêtent également à cette technique.
- Le pommier : Nombreuses formes de pommiers palissés disponibles, belle floraison printanière blanche, très rustique, fructification en fin d’été/automne. Les valeurs sûres : ‘Belle de Boskop’, ‘Reine des Reinettes’, ‘Court pendu gris’, ‘Melrose', 'Cox Orange', 'Transparente de Croncels'.
- Les poiriers : Nombreuses formes de poiriers palissés disponibles, belle floraison printanière blanche, très rustique, fructification en fin d’été/automne.
- Les pêchers : Disponible en palmette oblique ou en palmette U, belle et précoce floraison printanière rose tendre, fructification en été. La valeur sûre : 'Amsden'.
- Les cerisiers : Disponible en palmette oblique, floraison abondante blanche, fructification à la fin du printemps. Les valeurs sûres : 'Bigarreau Burlat', 'Bigarreau d’Hedelfingen'.
Plantation des Fruitiers Palissés
- Sol : Comme les autres formes de fruitiers, les espèces palissées apprécient une terre fertile, profonde et bien drainée.
- Exposition : Le soleil favorise la floraison donc la fructification !
- Conseil : Dans les régions soumises aux hivers rigoureux, planter les fruitiers palissés contre un mur bien exposé permet de les protéger des gels tardifs et d’éviter ainsi les risques d’absence de récolte.
Quand planter les fruitiers palissés ? La période idéale est l’automne et le début du printemps.
Comment planter les fruitiers palissés ?
En pleine terre : Ameublissez le sol sur une bande large de 80 cm et longue de 1, 2, 3 ou 4 m selon la forme palissée choisie. Pour des fruitiers en contre-espaliers, préférez une orientation nord-sud afin de bénéficier d’une luminosité maximale. Installez le système de palissage : poteaux et câbles positionnés à la hauteur des branches horizontales des palmettes ; câbles fixés solidement sur le mur en respectant 20 cm d’éloignement pour favoriser une bonne aération. Creusez un trou de plantation de 3 à 4 fois le volume de la motte de racines. Amendez avec une bonne fumure organique. Installez le sujet, comblez avec la terre et arrosez copieusement. Palissez la ramure sur les câbles horizontaux. Pour des branches verticales, utilisez de grands tuteurs (type bambou ou lattes de bois) maintenus sur les câbles pour les palisser.
Pour une culture en pot : Choisissez un contenant non gélif, percé de trous de drainage et assez lourd pour ne pas se renverser à cause d’une prise au vent du feuillage. Utilisez un terreau de qualité et consistant, type terreau de plantation enrichi de fumure organique. Arrosez copieusement après la plantation.
Entretien des Fruitiers Palissés
Arrosage : Les sujets de pleine terre doivent être arrosés régulièrement et abondamment les deux premiers étés et en cas de canicule. Pailler permet de limiter la fréquence des arrosages. Arrosez les sujets en pot régulièrement et copieusement pendant la belle saison. Le substrat ne doit pas se dessécher.
Fertilisation : Apportez un compost en début d’automne ou au début du printemps. Fertilisez les fruitiers palissés en pot une fois par mois d’avril à août avec un engrais spécial fruitiers. Rempotez tous les 3 à 4 ans ou surfacez au printemps si le pot est très grand.
Protection hivernale : Inutile en pleine terre. En cas de gel annoncé, couvrez la ramure en pleine floraison des sujets en pot avec un voile d’hivernage.
Parasites et maladies : Palissés en contre-espaliers, les fruitiers sont moins sensibles aux maladies et attaques parasitaires. Veillez tout de même à contrôler les feuillages régulièrement et agissez comme pour les fruitiers à forme libre.
Taille : L’hiver qui suit la plantation, renforcez la charpente de votre sujet palissé en taillant les prolongements des rameaux. Respectez le principe de raccourcir de 2/3 les rameaux verticaux et de 1/3 les horizontaux. Profitez-en pour rectifier le palissage. La taille hivernale des fruitiers à pépins est utile pour encourager leur fructification. Elle est dite trigemme, elle se déroule sur trois ans : la coupe au-dessus du 3e œil d’un rameau va générer la formation d’un dard qui deviendra un bouton à fleurs la troisième année. En début d’été, éclaircissez les fruits pour n’en conserver qu’un ou deux par rameau. La taille en vert des sujets palissés vise à maintenir la forme, la symétrie et la hauteur du sujet. Elle se pratique en été pendant la période de végétation.
Le saviez-vous ? Les techniques de palissage visant à obtenir des formes particulières, peu encombrantes et décoratives, ont été mises au point par Jean-Baptiste de la Quintinie, célèbre jardinier du potager du Roi à Versailles.
Choisir le Bon Fruitier : Climat, Espace et Goûts
C'est la cerise sur le verger ! Chaque espèce d'arbre fruitier a ses propres exigences ! Aussi, bien déterminer quel fruitier choisir, c'est une étape essentielle pour garantir des récoltes abondantes et un entretien facile.
Adaptation au Climat
Pour tous les climats : Certaines variétés de pommes, comme la ‘Reine des Reinettes’, sont particulièrement résistantes au froid. Le poirier produit des fruits savoureux, et les variétés comme la ‘Williams’ ou la ‘Conférence’ sont très appréciées.
- Fruits à noyaux : Le cerisier bigarreau est idéal pour les régions tempérées. L’abricotier aime le soleil, mais peut s’adapter à des climats plus frais à condition d’être protégé des gelées tardives. Le pêcher préfère les régions au climat doux. Le prunier 'Reine Claude' est une variété résistante et productive.
- Conseil Jardiland : Vérifiez toujours la rusticité de la variété qui vous intéresse (sa capacité à résister au gel). Par exemple, le cerisier ‘Stella’ est parfait pour les régions froides.
Pour les climats chauds : L'amandier, résistant à la sécheresse, fleurit tôt et produit des amandes riches en nutriments. L'olivier demande peu d’entretien et produit des olives savoureuses. Les agrumes (orangers, citronniers ou clémentiniers) produisent des fruits vitaminés mais demandent une protection contre le gel en hiver.
- Astuce Jardiland : Ces fruitiers aiment les sols bien drainés et une exposition plein sud. Pensez à les planter près d’un mur ou d’une clôture pour les protéger des vents froids.
Pour les climats froids : Les plus rustiques sont à privilégier. Le pommier ‘Reinette Grise’ est résistant au froid. Le poirier ‘Passe-Crassane’ est idéal pour les climats frais. Le prunier ‘Mirabelle de Nancy’ est très rustique.
Adaptation à l'Espace
Pour un petit jardin ou un balcon : Optez pour des formes palissées (cordon, U, palmette) ou des fruitiers nains. Elles permettent de cultiver un pommier ou un poirier en pot sur un balcon ou dans un petit jardin. Les arbres fruitiers nains produisent des fruits de taille normale tout en restant compacts. Le cerisier nain et le prunier 'Reine Claude' sont d'excellents choix.
Pour un jardin de taille moyenne : Les formes gobelet (limitant la hauteur, favorisant la production et facilitant la cueillette) sont idéales pour les pommiers, poiriers et pruniers. La forme quenouille est souvent utilisée pour les cerisiers ou abricotiers. La demi-tige est parfaite pour les espèces peu vigoureuses comme le pêcher ou l’abricotier.
- Conseil Jardiland : Un arbre court occupe souvent plus d’espace au sol qu’une demi-tige à maturité.
Pour un grand terrain : Les formes en tige et haute tige sont parfaites pour les grands jardins et vergers, offrant une production abondante.
- Conseil Jardiland : Variez les espèces afin d’étaler les récoltes sur plusieurs mois.
Plantation et Entretien : Clés du Succès
Une plantation printanière est possible, à condition d'arroser l'arbre régulièrement pour compenser la sécheresse estivale.
Comment Planter ?
- Mettez la motte à tremper dans l’eau pendant 10 minutes pour bien l’hydrater.
- Creusez un trou deux fois plus large que la motte.
- Mélangez la terre avec du compost mûr (évitez le fumier frais).
- Positionnez l’arbre de façon à ce que le haut de la motte affleure le niveau du sol.
- Tuteurez si nécessaire (les formes hautes ont besoin d’un tuteur solide).
- Arrosez abondamment pour favoriser l’enracinement.
Comment Entretenir ?
- Arrosage : Au printemps et en été, arrosez généreusement tous les 10 à 15 jours. En automne et en hiver, arrosez uniquement à la plantation, puis surveillez selon la météo.
- Paillage : Un paillis de copeaux de bois, de miscanthus ou de feuilles mortes est indispensable pour limiter l’évaporation de l’eau, nourrir le sol en se décomposant, et empêcher les mauvaises herbes de concurrencer votre arbre.
- Taille : La taille de formation et d'entretien est cruciale pour la santé et la productivité de vos fruitiers. Elle varie selon les espèces et les périodes de l'année.
- Fertilisation : Au printemps, apportez 2 à 3 cm de compost mûr en surface au pied de vos fruitiers. Misez ici sur un engrais organique riche en potasse (pour favoriser la fructification) et sur la corne broyée pour un apport progressif en nutriments.
Comprendre la Pollinisation des Fruitiers
Sans elle, pas de fruits !
Fruitiers Autofertiles
Ces arbres ont la capacité de se polliniser eux-mêmes, sans avoir besoin d’un autre arbre à proximité. La plupart des variétés d'abricotiers, le pêcher, certains cerisiers (comme ‘Stella’ ou ‘Sunburst’) et certaines variétés de pruniers (comme ‘Reine Claude’) sont autofertiles.
Fruitiers Autostériles
Ces arbres ont besoin d’un autre arbre de la même espèce, mais d’une variété différente et compatible, pour que la pollinisation ait lieu. La majorité des variétés de pommier, le poirier, beaucoup de variétés de cerisier (comme 'Bigarreau') et certaines variétés de pruniers (comme ‘Mirabelle de Nancy’) sont autostériles.
Favoriser une Bonne Pollinisation
- Plantez au moins deux variétés compatibles.
- Plantez les arbres compatibles à moins de 30 mètres l’un de l’autre.
- Choisissez des variétés à floraison simultanée.
- Favorisez la présence des pollinisateurs naturels, comme les abeilles, en plantant des haies fleuries et en évitant les pesticides.
Conseil Jardiland : Même en pot, les règles de pollinisation s’appliquent. Peu exigeants, rustiques, peu sensibles aux maladies… Tout dépend de vos goûts et de votre espace ! Les fruitiers nains ou les pêchers produisent souvent des fruits dès la deuxième ou troisième année après la plantation.
Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour choisir, planter et entretenir vos arbres fruitiers, qu'ils soient palissés, en pot ou en pleine terre, et ainsi profiter de récoltes savoureuses année après année.