Parmi les paysagistes adhérents à la Coopérative, vous êtes nombreux à pratiquer la technique du mulching pour l’entretien des pelouses de vos clients. Dans l’esprit coopératif, il est de coutume de partager les connaissances ! Le débat entre le mulching et le ramassage classique est une question régulière, mainte fois posée ici ou là. Pour faire le meilleur choix, il convient d’analyser les spécificités de chaque méthode, leurs impacts sur la santé du gazon et les contraintes logistiques qu’elles imposent aux professionnels comme aux particuliers.

Comprendre la technique du mulching
Mulching est un mot anglais qui peut se traduire en français par « paillage ». Cette technique consiste à ne pas ramasser l’herbe qui vient d’être coupée, à la laisser sur le gazon pour protéger celui-ci. Attention, l’herbe n’est pas laissée telle quelle ! Elle est finement broyée à plusieurs reprises pour créer une sorte de paillis, appelé aussi « le mulch ». Dans le métier on entend souvent qu’« un mulching bien fait est un mulching qui ne se voit pas » !
Le concept est simple : la tondeuse, grâce à des lames généralement positionnées l'une sous l'autre, va broyer l'herbe en brins très fins et les déposer sur le sol, sans les éjecter ni les ramasser. Pour être plus précis, la première lame qui équipe le tracteur ou la tondeuse va venir couper le gazon et la seconde va retailler le gazon, le hacher pour le transformer en micro-particules. Les brins d'herbe sont maintenus en sustentation grâce à la forme spécifique du carter qui crée une dépression d'air, permettant aux brins d'être recoupés plusieurs fois.
Les avantages stratégiques du mulching
En tant que jardinier professionnel, vous mettez sans doute un point d’honneur à conseiller votre clientèle. Cette technique de tonte est facile à présenter, et pour cause elle rassemble 3 prestations d’entretien en une. En utilisant la technique du mulching, vous proposez : la tonte, le paillage et la fertilisation en un seul passage.
Gain de temps et gestion des déchets
Éviter la corvée de ramassage et d’évacuation : avec cette technique et une tondeuse adaptée, nul besoin de passer du temps à ramasser et évacuer les déchets verts issus de la tonte ! Terminé le ratissage et les passages à la déchetterie. Le gain de temps et la facilité sont les arguments N°1 avancés par les promoteurs du mulching : pas besoin de ramasser l’herbe, pas de bac à vider tous les 100 mètres, pas d’allers-retours à la déchetterie.
Fertilisation et santé du sol
L’herbe n’étant pas ramassée, elle se décompose au fil des jours et devient un véritable humus naturel ! Les brins d’herbe broyés se décomposent rapidement et libèrent des nutriments essentiels comme l’azote, le potassium et le phosphore. C’est un engrais gratuit qui favorise la croissance du gazon et limite le recours aux produits chimiques. Au fil des tontes, la pelouse devient plus dense, plus verte et mieux résistante aux aléas climatiques.
Protection contre les éléments
En été, grâce à ce paillis d’herbe semblable à du humus, votre pelouse est protégée des fortes chaleurs. Son besoin en arrosage diminue, son vert reste vif ! Le paillis agit comme une barrière de protection qui bloque l’humidité à la surface du sol et limite le phénomène d’évaporation. En mars, lors des fortes pluies, le mulching va permettre d’éviter que la terre ne soit trop compacte. En hiver, ce dernier protège le sol du gel.

Les contraintes et risques du mulching
Malgré ses vertus, le mulching ne tolère pas l’approximation. Il présente des inconvénients sur lesquels les constructeurs communiquent moins.
Risque d’étouffement du gazon
Utiliser de manière répétée la technique du mulching peut avoir un effet néfaste sur la santé des pelouses. L’herbe hachée peut former une sorte de paillis très dense. Ce paillis épais empêche alors la lumière et l’eau d’atteindre correctement la pelouse. L’un des principaux pièges est le feutrage : si les résidus ne se décomposent pas rapidement, ils s’accumulent, formant une couche étanche qui favorise le développement de maladies fongiques.
Fréquence de tonte accrue
Qui dit engrais dit pousse plus rapide ! Cette technique nécessite alors plus de passages qu’une tonte standard. En conditions optimales, une tonte mulching doit être faite au moins deux fois par semaine pour être réellement efficace. Si l’herbe devient trop haute, le broyage ne se fait plus correctement, risquant d’occasionner des bourrages. L’herbe restera en surface et, avec la chaleur, elle pourrira, masquant l’herbe en dessous.
Exigences matérielles et climatiques
Une tondeuse à mulching professionnelle est un vrai investissement ! Il est primordial de l’entretenir régulièrement pour conserver son efficacité. De plus, si vous exercez dans des régions au climat venteux, prenez garde : lors de vents violents, le paillage peut voler et se disperser autour de la surface tondue. Enfin, la météo est un facteur limitant : il faut éviter absolument de tondre après la pluie, car l’herbe mouillée se compacte et forme des mottes.
Guide du mulching avec une tondeuse manuelle : économique, écologique et efficace ! 🌱
Comparaison avec le système de ramassage classique
Le système du bac à ramassage est connu : l'herbe est coupée et envoyée directement dans le bac situé à l'arrière. Ce système vous garantit une tonte « visuellement » plus jolie, ce qui est un argument de poids pour les clients exigeants sur l'esthétique. En revanche, elle vous contraint à de nombreux allers-retours à la déchetterie pour évacuer les déchets verts.
Le choix dépend finalement du profil du terrain et des attentes du client :
- Le mulching est idéal pour les jardiniers réguliers ou les adeptes de la tonte robotisée (tous les robots fonctionnent en mulching). C'est une méthode écologique et efficace, à condition d'avoir le bon rythme et un sol bien entretenu.
- Le ramassage permet une fréquence de tonte moins soutenue et un rendu visuel impeccable, mais demande une gestion logistique des déchets plus lourde.
Conseils d'experts pour réussir l'entretien
Pour éviter le risque d’étouffement du gazon, pensez à utiliser un scarificateur ! En entaillant le paillis, vous faciliterez le passage de la lumière et de l’eau. De plus, certains professionnels pratiquent le mulching partiel pour éviter que le mulch ne soit trop épais.
Quelques règles d'or à retenir :
- Nettoyage préalable : Avant de tondre, retirez les gros cailloux, branches ou bouts de bois pour ne pas endommager la lame.
- Hauteur de coupe : Coupez un tiers de la hauteur de l’herbe lors du passage. Cela offre une belle homogénéité et favorise la dégradation du paillis.
- Entretien du matériel : Nettoyez le carter et les lames après chaque utilisation pour éviter l'accumulation de résidus qui diminue l'efficacité de l'aspiration et de la coupe.
- Variété de tonte : Il est recommandé de réaliser une tonte classique de temps en temps pour favoriser l'aération du sol si le mulching est pratiqué de manière intensive.
- Accessibilité fiscale : Si vous êtes paysagiste, n'oubliez pas que vous pouvez proposer à vos clients particuliers 50% de réduction fiscale sur les prestations d’entretien, ce qui valorise d'autant plus votre conseil professionnel.

En définitive, le mulching est une technique qui peut transformer l’entretien du jardin, à condition d’avoir le bon matériel et un sol bien préparé. Que vous optiez pour le confort du mulching ou la rigueur esthétique du ramassage, la clé réside dans la connaissance de votre terrain et la régularité de vos interventions.