Jean-Baptiste Tavanae : Un engagement profond pour l'agriculture biologique en Polynésie

Portrait de Jean-Baptiste Tavanae

L'agriculture biologique est bien plus qu'une méthode de culture pour Jean-Baptiste Tavanae, jeune agriculteur de Papeari, en Polynésie française. Surnommé « JB », il incarne une philosophie de vie axée sur le respect de l'environnement et la transmission de savoir-faire. Son parcours, jalonné de formations et d'expériences variées, témoigne d'un engagement indéfectible envers une agriculture durable et locale.

Formation et parcours professionnel de Jean-Baptiste Tavanae

Jean-Baptiste Tavanae a forgé ses compétences d'agriculteur au travers d'un parcours riche et structuré. Il a d'abord obtenu son BEP au Lycée d’Opunohu, posant ainsi les bases de sa connaissance agronomique. Fort de cette première étape, il a approfondi ses acquis en suivant une formation complète de deux ans dédiée à l'agriculture biologique à Raiatea. Cette spécialisation a été déterminante dans l'orientation de sa carrière et l'a préparé à adopter des pratiques respectueuses des écosystèmes.

Après sa formation, JB a mis ses connaissances au service de la communauté. Il a d'abord partagé son expertise en agriculture avec des jeunes au sein de l'Association Haururu à Papenoo. Cette expérience lui a permis de développer ses qualités de pédagogue et de formateur. Par la suite, il a élargi son champ d'action en travaillant avec des adultes en tant que moniteur d'agriculture pour l'Association Apataki’s Garden aux Tuamotu, à Apataki. Ces différentes missions de partage de connaissances ont renforcé sa conviction quant à l'importance de l'éducation agricole.

Depuis son installation à Papeari, Jean-Baptiste Tavanae continue d'œuvrer pour la transmission du savoir-faire agricole. Il accueille régulièrement des stagiaires du CFPA de Taravao et des élèves du MFR de Vairao. Pour lui, il est crucial d'offrir aux jeunes l'opportunité de découvrir la réalité du métier d'agriculteur et de les encourager à envisager l'entrepreneuriat. Il souligne l'importance pour eux de constater par eux-mêmes qu’il est possible de se mettre à son compte, une démarche qu'il a lui-même entreprise avec succès.

L'importance de l'agriculture dans l'économie

Le projet individuel et la ferme de Papeari

Ce qui distingue particulièrement JB, c'est son choix de se lancer dans un projet individuel à son propre compte. Une initiative qui, bien que ne « pas gagnée d'avance », a abouti à des résultats dont il est fier. Dès le 1er janvier 2016, il a loué un terrain de deux hectares à Papeari pour une durée de quatre ans. Sur cette parcelle, il a établi une culture biologique maraîchère et fruitière. Le chemin parcouru et la qualité de ses productions actuelles sont la preuve de son engagement et de son travail acharné.

Un engagement pour une culture respectueuse de l'environnement

Jean-Baptiste Tavanae accorde une importance primordiale à la limitation des impacts sur l'environnement. Il utilise exclusivement des engrais naturels, qu'il fabrique lui-même à partir d'épluchures de légumes, d'enzymes de fruits, de déchets de poisson et de fumier de poule. Cette approche circulaire témoigne de sa volonté de valoriser les ressources locales et de minimiser son empreinte écologique. Lorsque ses propres productions d'engrais ne suffisent pas, il a recours à des produits certifiés biologiques, garantissant ainsi la cohérence de ses pratiques.

Illustration d'un composteur avec des déchets organiques

En plus des engrais naturels, JB intègre des plantes répulsives dans ses cultures, telles que le basilic et les œillets d’Inde. Cette stratégie de biocontrôle est un pilier de son système agricole. Il s'engage formellement à n'utiliser aucun pesticide, insecticide, ni herbicide chimique, ce qui est une preuve tangible de son respect des principes de l'agriculture biologique.

La certification "Bio Pasifika"

L'excellence de ses pratiques a été reconnue par le SPG Bio Fetia. Après plusieurs visites et contrôles rigoureux, Jean-Baptiste Tavanae a reçu le prestigieux label « Bio Pasifika » le 12 juin 2017. Cette certification est un sésame qui assure à sa clientèle que les produits qu'il commercialise sont issus de modes de production biologique respectueux de l'environnement et des êtres vivants. C'est une garantie de qualité et de transparence, renforçant la confiance des consommateurs.

Commercialisation et développement des partenariats

JB ne se contente pas de produire des fruits et légumes biologiques de haute qualité ; il met également en place une stratégie de commercialisation diversifiée pour atteindre un large public. Il vend ses produits au « Marché bio » à Taunoa, un lieu privilégié pour la rencontre directe avec les consommateurs soucieux de leur alimentation.

En parallèle, il est présent sur le site de « La ruche qui dit oui », une plateforme qui met en relation les producteurs locaux et les consommateurs. Cette approche lui permet d'élargir sa clientèle et de s'adapter aux nouveaux modes de consommation.

Jean-Baptiste Tavanae participe également à des manifestations locales telles que le marché du terroir et le marché nature. Ces événements sont des opportunités uniques de promouvoir ses produits, de sensibiliser le public aux bienfaits de l'agriculture biologique et d'échanger avec d'autres acteurs du secteur.

Il fournit également la coopérative « Tama’a api coop », un magasin d'alimentation qui appartient au client, favorisant ainsi une économie locale et solidaire. Enfin, il cultive du noni, un fruit aux multiples vertus, destiné à la société Morinda, un partenariat qui témoigne de sa capacité à s'adapter aux demandes spécifiques du marché.

Les défis de l'avenir et la recherche d'un nouveau terrain

Malgré le succès de son projet à Papeari, Jean-Baptiste Tavanae fait face à un défi majeur : son bail de location du terrain agricole arrive à son terme le 31 décembre 2019. Le propriétaire ne souhaite pas le reconduire et va récupérer le terrain. Cette situation l'oblige à anticiper et à prospecter activement un nouveau terrain agricole à louer, d'une superficie d'au moins deux hectares, afin de pouvoir poursuivre son activité d'agriculteur.

Dans cette optique, JB envisage de s'installer à Raiatea, une île où il a déjà une histoire avec l'agriculture biologique. Il sollicite l'attribution de lots situés au lotissement agricole de Faaroa. Son projet pour ce nouveau site est ambitieux et diversifié. Il souhaite y développer de l'agriculture biologique maraîchère et fruitière, tout en incluant la culture de noni et de vanille. La commercialisation de ses produits serait étendue à l'île de Raiatea elle-même, mais il envisage également d'expédier ses récoltes vers Bora Bora et Tahiti, étendant ainsi son rayonnement commercial. Ce déménagement, bien que contraint, est perçu par Jean-Baptiste comme une opportunité de développer de nouvelles cultures et d'explorer de nouveaux marchés.

Les Kiwis et Kiwais : Une culture spécifique en Corrèze

Champ de kiwis et kiwais

Bien que l'histoire de Jean-Baptiste Tavanae se déroule en Polynésie, il est intéressant de mettre en perspective les défis et les succès de la culture des fruits, notamment celle des kiwis et kiwais, dans d'autres régions du monde. En France métropolitaine, par exemple, la ferme de Vertougit en Corrèze cultive ces deux fruits depuis plus de 40 ans. Denis Genier, arboriculteur à Voutezac, est une référence en la matière. Sa ferme, qui s'étend sur 18 hectares, cultive également cassis, myrtille, pomme, pêche, prune et baies de goji. Les kiwis et kiwais occupent une place de choix, sur près de 1,2 hectares, et sont appréciés pour leur richesse en vitamine C et leur goût exceptionnel, particulièrement celui du kiwai.

Conditions climatiques et plantation

La culture du kiwi et du kiwai est de préférence réalisée sous les 400 mètres d'altitude en raison de leur sensibilité au froid. À plus haute altitude, les jeunes pousses, qui débourrent tôt au printemps, risquent de geler ou de se casser sous l'effet du vent. Cependant, il est possible de récolter des kiwis/kiwais dans des régions plus fraîches, bien que la production puisse être moins régulière. À la ferme de Vertougit, ils réussissent à produire des kiwis à environ 500 mètres d'altitude en Corrèze, mais la récolte dépend fortement des conditions climatiques de l'année. En basse Corrèze, près de Beaulieu-sur-Dordogne, une culture réussie est même observée sur un terrain situé à 480 mètres d'altitude. Les kiwis et kiwais produisent sur les tiges de l’année, issues de bourgeons présents sur les tiges de l'année précédente.

Besoins nutritifs et gestion du sol

Les actinidias, nom scientifique des kiwis et kiwais, se réveillent assez tôt dans la saison, dès fin février. C'est à ce moment que leur besoin en nutriments est crucial. En agriculture conventionnelle, l'apport d'azote minéral est direct. En agriculture biologique, comme celle pratiquée par Jean-Baptiste Tavanae en Polynésie ou dans une démarche similaire en Corrèze, les engrais minéraux ne sont pas utilisés. La fiente de poule est une excellente source d'azote minéral rapidement assimilable, contenant neuf fois plus d'azote que le compost de déchets verts. Appliquer de la fiente de poule au pied des plants en février, en l'incorporant aux premiers centimètres du sol et en la recouvrant d'un paillage, peut significativement améliorer la production. L'urine est également un engrais organique, rapidement assimilé, naturel et disponible toute l’année. Une carence en azote peut entraîner un développement moindre des bourgeons et donc moins de fruits.

Les actinidias apprécient les sols bien drainés. En présence d'un sol trop argileux, il est conseillé de les planter sur butte, surtout si le sol est saturé en eau en hiver. Concernant le pH, le kiwi/kiwai supporte mal le calcaire. Si le sol est calcaire, le taux de réussite est faible, mais il est possible de tenter une approche en creusant un très gros trou et en le remplissant de matières qui vont acidifier le sol ou le maintenir neutre, comme du broyat, des résineux, de la terre de bruyère ou de la terre végétale. Il faut prévoir au moins 300 litres de ces matériaux, patienter un an en maintenant la zone humide avant de planter. Les systèmes racinaires des actinidias sont généralement superficiels, concentrés sur les premières dizaines de centimètres du sol, mais ils peuvent descendre plus profondément si les sols ne sont pas trop tassés. Par exemple, des racines de kiwis ont été retrouvées jusqu'à 1,2 mètre de profondeur. Pour l'exposition, les actinidias ont besoin de chaleur. Dans la moitié nord de la France, une installation contre un mur peut augmenter les chances de fructification en les protégeant du froid en sortie d'hiver et en limitant leur besoin en eau. Des apports réguliers d'eau tout au long de l'été sont essentiels pour une bonne production, surtout en période de sécheresse. Un paillage épais peut suffire pour les apports en minéraux, à renouveler annuellement avec des matières diversifiées.

Taille et fructification

La taille est indispensable pour les kiwis et kiwais, selon Denis Genier. Elle se pratique en hiver et en vert, fin juin. En hiver, il s'agit d'enlever 50% du bois ayant produit des fruits l'année passée et le bois mort, ainsi que de raccourcir les tiges ayant produit en ne conservant que trois bourgeons, ou en supprimant une partie pour aérer le plant. Cette taille favorise le renouvellement du bois et maintient les plants touffus, évitant un palissage complexe. En l’absence de taille, le plant s’élargit d’année en année. La taille en vert, fin juin ou juillet, consiste à raccourcir les tiges et à ne garder que quelques grappes par branche pour obtenir des fruits de bonne taille. Une taille incorrecte en hiver peut entraîner une alternance de production. Les kiwis et kiwais commencent généralement à produire quatre à cinq ans après la plantation et ce, sur une très longue durée. Les lianes plantées à la fin des années 80 à la ferme de Vertougit produisent encore abondamment.

Techniques de taille du kiwi

Ravageurs et maladies

Les kiwis et kiwais sont généralement des cultures saines, avec peu de ravageurs et de maladies. Cependant, une mouche, la Drosophila suzukii, apparue en France en 2009, est un véritable fléau en agriculture biologique. Elle contraint de nombreux agriculteurs à utiliser des filets pour protéger leurs cultures. Les particuliers peuvent parfois éviter ce ravageur grâce à la petite taille de leur jardin. Denis Genier installe des filets anti-insectes toute la saison. Des pièges à base de vinaigre de cidre, de vin rouge, d'eau et de liquide vaisselle dans une bouteille en plastique percée de petits trous sont également efficaces. La macération d'ail pulvérisée peut fonctionner, mais nécessite un renouvellement tous les cinq jours.

Drosophila suzukii sur un fruit

Pollinisation et tuteurage

Les kiwis et kiwais sont des espèces dioïques, ce qui signifie qu'il faut un sujet mâle et un sujet femelle pour la pollinisation. Les variétés autofertiles sont à éviter car elles produisent souvent peu de fruits ou des fruits de petite taille. Plus le sujet mâle fleurira, plus il y aura de chances d'avoir de beaux fruits sur le sujet femelle. La distance de pollinisation peut atteindre 50 mètres ou plus sans altérer la qualité. Pour le tuteurage, les professionnels optent pour des poteaux solides avec des T en métal. Il est possible de les faire pousser sur des arbres, mais il faut être vigilant à la concurrence et à la perte de rendement. Un tuteurage solide est essentiel en raison du développement rapide et du poids des lianes et des fruits. Des kiwais ont été observés envahissant un vieux châtaignier mort en quelques saisons, et des kiwis sont cultivés le long d'un grillage.

Récolte et stockage

La récolte du kiwai est simple : lorsque les fruits commencent à se ramollir, on peut cueillir en coupant les rameaux porteurs. Les grappes de kiwai sont souvent cachées sous le feuillage. Le kiwai est petit, mais offre une explosion de saveur. Pour les particuliers touchés par la drosophile et sans filets, il est souvent nécessaire de récolter rapidement pour ne pas perdre la récolte. Les kiwais continuent de mûrir après la récolte et sont prêts à être consommés lorsque leur peau se fripe et que le fruit ramollit.

La récolte du kiwi peut s'étaler dans le temps. Une première récolte peut être faite en octobre. Il est ensuite possible d'attendre juste avant les gelées pour une récolte plus tardive. Les kiwis peuvent être conservés pendant plusieurs mois dans une pièce fraîche et aérée. À la ferme de Vertougit, des kiwis ont été consommés jusqu'en avril après avoir été stockés dans un local légèrement ventilé et frais, avec une vaporisation hebdomadaire à partir de début février. Les kiwais, en revanche, se consomment frais sur une période plus courte, mais leur goût est exceptionnel.

Le Moulin de Boulogne : Des produits frais et un service en ligne

Boutique en ligne de fruits et légumes

Dans le domaine de la commercialisation des fruits et légumes frais, l'évolution des modes de consommation a conduit à l'émergence de nouveaux services, comme la boutique en ligne du Moulin de Boulogne sur Ollca. Cette initiative vise à répondre aux attentes des clients en leur offrant la possibilité de commander en ligne les produits de leur primeur de Boulogne-Billancourt. Les clients peuvent choisir entre la livraison ou le retrait de leur commande directement en boutique sur le créneau de leur choix, offrant un gain de temps considérable aux consommateurs pressés ou dans l'impossibilité de se déplacer. Ce service répond au désir de manger des produits de qualité et responsables, satisfaisant ainsi de nombreux épicuriens.

Le Moulin de Boulogne met un point d'honneur à sélectionner les meilleurs produits pour ses clients. Cela passe par une sélection rigoureuse de ses fournisseurs à Rungis et de ses producteurs locaux. Les fruits et légumes sont approvisionnés quotidiennement et sont issus d'une agriculture raisonnée, garantissant fraîcheur et qualité. L'objectif est de retrouver les plaisirs gustatifs et les saveurs des fruits et légumes de saison. En plus des fruits et légumes, la boutique en ligne propose un rayon d'épicerie avec des produits de qualité comme l’huile d’olive la plus primée au monde, du miel et du thym réputés et labellisés BIO. Ces initiatives, qu'elles soient à Papeari ou à Boulogne-Billancourt, illustrent la diversité des approches pour offrir des produits frais et de qualité aux consommateurs, tout en s'adaptant aux spécificités locales et aux évolutions des marchés.

tags: #jean #baptiste #fruitier